‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 166 sur 191 · PIERRE BAYLE · texte numérisé non relu

PIERRE BAYLE

Pierre Bayle est né le 18 novembre 1647, au Garlut (pays de Foix), où son père était pasteur ; il est mort le 28 décembre 1706, à Rotterdam. Passionné de lecture et d'étude, il fréquenta d'abord l'académie protestante de Puylaurens, l)uis l'université de Toulouse. Là, sous l'influence des Jésuites, il abjura la Réforme en 1670, mais pour revenir, peu de mois après, au protestantisme. Pour éviter les peines qui menaçaient les (( relaps », il se rendit à Genève, d'où il revint à Paris, cinq ans après, dans la maison dn comte de Beringhen. 11 obtint alors la chaire de philosophie à l'académie protestante de Sedan. Celle-ci ayant été supprimée par Louis XiV en 1681, il fut appelé, pour y enseigner la philosophie, à Rotterdam. C est là qu'il fonda sa revue, les Nouvelles de la République des Lettres. Parmi ses nombreux ouvrages, il faut citer ses Pensées diverses sur la comète de i 680 {iQS'i), sa^Critique générale de VHistoire du calvinisme de M. Maimbourg (1682), son Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus-Christ : « Contrainsles d'entrer » (1686), et surtout son Dictionnaire historique et critique (1695-161)7), qui n'a pas eu moins de onze éditions. Bayle a soutenu, surtout contre Pierre Jurieu, d'interminables et violentes polémiques. 11 a agi à la fois sur la

libre pensée et sur le protestantisme. D'une part, il a dans sa lignée authentique Voltaire, Ilelvétius, d'Holbach, tous les incrédules du dix-huitième siècle. « Il enseigne, dit M. Lanson, à ne pas croire, à se réserver. Sa doctrine i)0sitive est la haine de l'intolérance et l'amour de la paix : il n'y a pas de vérité assez certaine pour valoir qu'on s'égorge. » D'autre part, il a donné aux réformés la conscience claire du principe de libre examen et, en mettant l'accent sur la souveraineté de la conscience, il a préparé, sans s'en douter, les théories modernes sur l'inspiration et une apologétique fondée sur les exigences de la morale. En politique, il est beaucoup moins avancé que Jurieu sur la question dos droits du peuple, mais il a donné la formule définitive de la tolérance.

Consulter: G. Lsiiisoiiy Histoire de la Littérature française; — F. Brunctière, Éludes critiques, t. V ; — Faguet, Dixhuitième siècle; — Frank Puaux, les Précurseurs français de la tolérance : — A. Monod, De Pascal à Chateaubriand.

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