‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 21 sur 191 · JEAN CALVIN · texte numérisé non relu

JEAN CALVIN

Jean Calvin — proprement Chauvin ou Cauvin^ traduit en latin Calvinus — est né à Noyon, en Picardie, le 10 juillet 1509, et mort à Genève, le 27 mai 1564. Il étudie d'abord dans sa ville natale, puis, à Paris, aux collèges de la Marche et de Montaigu (1523-lo27). Il y devient un humaniste distingué. Son père, qui l'a d'abord destiné à la théologie, le pousse soudain vers l'étude du droit et l'envoie aux Universités d'Orléans, où il est en relations avec l'helléniste Melchior Wolmar, et de Bourges, oii son cousin Robert Olivétan l'initie, sans qu'il s'y convertisse encore, aux idées nouvelles (1528-1533). Revenu à Paris, il rédige, pour le recteur Nicolas Cop, un discours nettemeni hérétique (1'''' novembre 1533) et pour lequel il est inquiété. Il se rend en Navarre, auprès de la reine Marguerite, et, dans les premiers mois de 1534, il passe décidément à la Réforme. Il se retire alors à Strasbourg, puis à Bàle, et là, en 1535, il écrit son Institution chrétienne, qu'il publie d'abord en latin (1536), puis en français (1541). Dans l'intervalle de ces deux éditions, il a été retenu à Genève; par Farel. Il y donne des leçons de théologie et remplit les fonctions pastorales. Un conflit avec le Conseil politique sur la discipline ecclésiastique le fait bannir de la ville, en

1538. 11 retourne à Strasbourg, prçnd part aux colloques de Ratisbonne et de Worms, est rappelé à Genève en 1540 et y fait rédiger, en 1541, les Ordonnances ecclésiastiques qui devaient transformer Genève et en faire la citadelle de la Réforme. Mais il a conservé de son ancienne religion le dogme de l'intolérance, et la, tragédie de Michel Servet, brûlé en 1553, met en lumière ce dont le calvinisme avait à se débarrasser pour être conséquent avec le principe de la Réforme. Le 5 juin 1551), Calvin fonde l'Académie de Genève, qui devient immédiatement un des plus brillants foyers de culture intellectuelle. De Genève, sa pensée rayonne sur la France, les Pays-Bas, ï'Écosse, l'Angleterre, la Pologne, jusqu'au jour où il succombe à sa prodigieuse tâche .

L'œuvre iMmense du réformateur a été réunie en une édition définitive par MM. Baum, Gunitz et Reuss (1863- 1900). M. Jules Bonnet a publié, en 1854, un recueil de Lettres françaises de Calvin. Le bibliophile Jacob (Paul Lacroix) a donné, en 1842, un recueil d' Œuvres françaises. Une réimpression du texte de la première édition dte Vinsiïtuiion chrétienne a été faite en 1911, sôus la dîrectian dé M. Abél Lefranc, par MM. Ghatelâiii ôt J. Pannier. Cousiil'téi* : A. Lefranc, la Jeunesse de Calvin (1888) ; W. Walker, Jean Calvin, Vhomme et Vœuvre (1909) ; Ertiile DoiVmergue, Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (5 volumes ont paru, 1899-1917). On a vu' plus haut, dans l'introduction, les appréciations littéraires de MM. Brunetière, Brunot, Lanson.

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