‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 45 sur 191 · A UN PERE EN DEUIL · texte numérisé non relu

A UN PERE EN DEUIL

Quand les nouvelles me furent premièrement apportées de la mort de maître Glaude(Féray) et de votre fils Louis, je me trouvai tellement tout éperdu et confus en mon esprit que, par plusieurs jours, je ne pouvais rien faire sinon pleurer. Et, combien qu'en la présence de Dieu je me confortais aucunement et soulageais par les aides qu'il nous fournit en temps d'adversité, toutefois, devant les gens, il me semblait que je n'étais point moi-même. Pour vrai, quant à toute la besogne que j'ai accoutumé de faire, je ne m'y trouvais non plus disposé que si j'eusse été un homme demi-mort. Car d'un côté, je me contristais d'avoir perdu un si bon et fidèle ami, au temps où il nous faisait plus de besoin : voire un personnage avec lequel j'avais si grande familiarité qu'il n'est pas possible de voir gens mieux mis ensemble que nous étions nous deux. D'autre part, me saisissaient deuil

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