BERNARD PALISSY
Bernard Palissy est né à la Chapelle-Biron, en Périgord, vers 1510, et mort à Paris en 1590. 11 était, comme il le dit lui-même, « un simple artisan, bien pauvrement instruit aux lettres». Il fut d'abord peintre et verrier, puis arpenteur et géomètre. C'est ce dernier métier qui le conduit à voyager en Béarn, on Bigorre, en Armagnac, en Poitou, etc., observant partout avec curiosité la nature du sol, les procédés de culture, les eaux, les actions chimiques naturelles. Installé à Saintes en 1539, il s'y marie et, pour nourrir sa famille, cherche le « secret de la faïence ». La vue d'une coupe émaillée a décidé de sa vocation de céramiste. 11 a raconté lui-même ses travaux et ses déboires pour arriver à la découverte des émaux de différentes couleurs. Aux environs de 1S46, il avait embrassé la Réforme ; il fut un des fondateurs de l'Église de Saintes. Arrêté en 1S62 pouri cause de religion, il dut sa mise en liberté au connétable de Montmorency. En 1570, il travaillait à la décoration des Tuileries. Il échappa à la Saint-Barthélémy, et, en 1575 et 1576, il exposait à Paris, dans des leçons publiques, ses doctrines scientifiques. En 1588, il est à la Bastille. On ignore à quelle dateily est entré. On sait par le Journal de l'Etoile qu'il y est mort en 1590. Il avait écrit en prison son prc-
raier ouvrage : Recette véritable par laquelle tous les hommes de la France pourront apprendre à multiplier et augmenter leurs trésors (1563). Son autre grand ouvrage est intitulé : Discours admirables de la nature des eaux et fontaines, tant naturelles qu'artificielles, des métaux, des sels, etc. C'est un recueil de douze traités. « La science de Palissy, dit M. Lanson, n'est point abstraite... : il ne peut parler agriculture et chimie sans répandre au dehors son originale et forte nature, sa large intelligence, sa haute moralité, son ample expérience de l'homme et de la vie. 11 y a, dans cet inventeur des rustiques Jigulines, un philosophe qui jette des vues profondes auxquelles nul ne lait attention, et que la postérité s'étonnera de trouver chez lui, quand le progrès de la science y aura lentement ramené les hommes... Il y a aussi dans Palissy un observateur sans illusions comme sans amertume... ; il y a même chez lui un poète sensible aux impressions de la nature, aux formes des choses, et qui mole aimablement dans son amour de la campagne un profond sentiment d'intime moralité et de paix domestique. Enfin, sans y penser, sans y prétendre, Palissy est un écrivain : il y a, dans son style si net et si spontané, une force d'imagination qui fait jaillir l'expression non seulement adéquate à l'idée, mais représentative de la vie. » {Histoire de la littérature française, p. 298.) Consulter :E. Dupuy, Bernard Palissy (1894).