‹ Anthologie protestante française, 16e et 17e sieclesChapitre 86 sur 191 · LE BON MÉNAGER · texte numérisé non relu

LE BON MÉNAGER

Je m'adresse au gentilhomme et à autre vertueux personnage capable de raison qui, ayant délibéré faire valoir le bien que Dieu lui a donné ou par ses antécesseurs ou par ses honnêtes acquêts, &e résout à prendre joyeusement la peine de le faire cultiver, par serviteurs domestiques ou par fermiers, pour sur telle matière lui donner des avis du tout nécessaires, qu'il amplifiera lui-même par son bon sens et ses expériences.

Ce lui sera un grand support et aide que d'être bien marié et accompagné d'une sage et vertueuse femme, pour faire leurs communes affaires avec parfaite amitié et bonne intelligence. Et si une telle lui est donnée de Dieu, que celle qui est décrite par Salomon, se pourra dire heureux et se vanter d'avoir rencontré un bon trésor ; étant la femme l'un des plus importants ressorts du ménage, de laquelle la conduite est à préférer à toute autre science de la culture des champs. Où l'homme aura beau se morfondre à les faire manier avec tout art et diligence^ si les fruits en provenant, serrés dans les greniers, ne sont par la femme gouvernés avec raison. Mais au contraire étant entre les mains d'une prudente et bonne ménagère, avec honorable libéralité et louable épargne seront convenablement distribués : si qu'avec toute abondance les vieux se joindront aux nouveaux avec votre grand et commun profit et louange. Aussi,

On dit bien vrai, qu'en chacune saison La femme fait ou défait la maison.

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