‹ Anthropogénèse, ou génération de l'homme, avec des vues de comparaison sur les réproductions des trois règnes de la natureChapitre 6 sur 14 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De la conservation des espèces, des races et des ressemblances par les phanérogames ou les vivifications sexuelles manifestes.

Pour les vivifications manifestes, la nature est peu changeante , en ce sens qu’elle opère par un mode peu diffèrent dans les deux règnes organiques, car sous le rapport de ses productions, elle varie à l’infini. Nous avons vu qu’elle régénéré les plantes et les animaux d’une manière analogue par les deux sexes; que les œufs et les graines se ressemblent en plusieurs points , de même que le sperme et le pollen, qui ont tant de rapports entr’eux, que le dernier a, non-seulement des capsules en forme de vésicules séminales , mais qu’il répand même une odeur de sperme dans le châtaignier , le herberis , le citisicr, etc. Mais si la génération s’opère d’une manière analogue par les deux sexes, elle n’est cependant pas l’apanage de

tous les êtres organisés, et une analogie que l’on remarque encore entre les deux règnes , c’est qu’il s’y rencontre des eunuques naturels, c’est-àdire , des individus impropres à ln reproduction , tels que les ouvrières parmi les abeilles, les fourmis et autres ; tels aussi, pour les plantes, que les fleurs doubles dans les roses, les tulipes, les œillets , les cerisiers , etc. Il y a aussi dans les deux règnes des espèces bâtardes ou hybrides , auxquelles la faculté de; se reproduire n’est pas toujours accordée. Examinons maintenant comment s’opère la reproduction des êtres organisés au moyen des sexes , pour la conservation des espèces et des races, de même que pour leurs variétés et les ressemblances de nation , de famille et d’individus, tant au physique qu’au moral.

« J’assure , dit Hippocrate , que la semence ( yoyvj ) est un produit de tout le corps , des parties solides et des parties molles, ainsi que de l’humide universeldes di verses parties corporelles; ce qui le prouve, c’est la faiblesse qui résulte de Ja plus légère émission dans l’acte vénérien. La leinme fournit aussi une semence de son propre corps (i). » Quoique la preuve alléguée par Hip-

(1) Gcnituram ex toto corpore, et c.\ solidis et ex mollibus partibus, et ex universo totius corporis liumido seccrni assevero ; cujus rci islud est argumentant, quod ubi rem vcncrcam excrccmus, tantillo

pocrate ne soit pas très-convaincante , vu que la faiblesse dont il parle, résulte aussi de tous les efforts spasmodiques , vénériens et autres , dans la proportion de leur intensité , laquelle est moindre sans émission , l’on peut concevoir que les humeurs ou les sucs nourriciers du corps sont assimilés ou assimilables à toutes ses parties, et modifiés par les organes génitaux , de manière à donner des tissus et des formes homogènes , semblables à ceux des individus dont ils ont éprouvé l’action vitale, et, comme le pensent laplupart des naturalistes, que le germe contient déjà en miniature, ou au moins in potentiel , les parties essentielles de l’être qui doit en éclore. Le sang où se trouvent les élémens de toutes les humeurs, arrivant dans le cordon ombilical avec l’assimilation ou l’homogénéité convenable pour reproduire et figurer tous les organes de la mère, éprouve en passant dans l’embryon (1) une nouvelle modification , parce

emisso, imbecilles evadmius. Semen vero e corpore ctiam mittit millier. Hippocrat., De Genilura, p. 232, ex interprétations lursii. Francofurti, 162 !\. Toutes les citations que je ferai seront île la même édition.

(1) Embryon désigne le produit de la génération, ou le petit d’un animal quelconque, avant que les formes en soient bien distinctement dessinées. Ce mot est formé de deux mots grecs, ev, dedans , et ëpvn, je pousse , je crois. Hippocrate, et les anciens médecins qui l’ont suivi , désignent par le motyovv), en latin gènitura, les élcmens encore informes de la génération. L’embrvon prend le nom de fœtus , du latin fovet'e. Joins , fomenter, fomenté, lorsque les diverses parties du corps

que les particules qui en sont extraites , toujours proportionnées au volume et à laiorce clu fruit, obéissent à l’action vitale des premiers linéamens, qui ont une forme empruntée, non-seulement de la mère , mais aussi du père , puisqu’ils n’ont pu exister sans la participation de l’un et de l’autre. C’est ainsi que doivent s’expliquer les ressemblances qui ne représentent exactement ni l’un ni l’autre des parens , mais quelque chose de chacun , parce que les humeurs prolifiques, fournies par la mère , ont reçu de ses organes une élaboration propre à les faire servir à la reproduction de parties semblables aux siennes , et que celles fournies par le père ont également été modifiées pour une destination analogue*

Hippocrate enseigne que l’enfant ressemble le pi us à celui des deux parens qui a eu le plus de part à l’acte de sa production , et , dans la supposition d’une part égale de chacun d’eux , il attribue le sexe masculin à la vigueur des deux semences, et le sexe féminin à leur faiblesse; car, dans son opinion et celle des anciens , au lieu de fournir des œufs à la génération , les femmes y fournissaient un principe analogue à celui des hommes , et elles pouvaient aussi, par l’abondance ou la

ont pris une forme distincte et bien prononcée. Après sa naissance, le loelus humain s’appelle enfant, du latin infans , qui ne parle pas.

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