‹ Anthropogénèse, ou génération de l'homme, avec des vues de comparaison sur les réproductions des trois règnes de la natureChapitre 7 sur 14 · SC · texte numérisé non relu

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force de leur tribut, déterminer la masculinité du fœtus ; c’est ce qui est exprimé dans les passages suivans du livre De Genitura. « Quand la femme doit concevoir, la semence , au lieu desortir, reste dans l’utérus qui , alors , se ferme pour la retenir, par le resserrement de son orifice que provoque ce liquide , et en meme temps il se fait un mélange de ce qui procède du père et de la mère. H y a dans l’homme une semence féminine et masculine , de même que dans la femme (1). Si le produit séminal de chacun est vigoureux, il en résulte un garçon; s’il est faible, une fille.... L’on est en droit de conjecturer qu’il y a une semence femelle et une semence mâle, tant dans l’homme que dans la femme , d’après des résultats manifestes ; car la plupart des femmes qui ont d’abord donné des filles à leurs maris.

(i) Ceci, pris dans le sens littéral, est contestable ; car un être ne peut reproduii’e que des parties similaires aux siennes , et l’on sait que les boutons des plantes dioïques ne reproduisent que le sexe dont on les a détachées. J’aimerais autant qu’on dise qu’un âne peut engendrer un cheval , et un cheval un âne , parce qu’il résulte de leur accouplement un animal qui a plus ou moins de l'un ou de l’autre. Si un mari a des filles avec une femme, et des garçons avec une autre, cela ne prouve l’ien autre chose, sinon que le sexe de l’un n’empcchc pas que celui de l’autre ne se développe par une prédominance relative des principes de la génération : Tftmo (lal quod non habet. Pour affirmer qu’il y a une semence mâle et une semence femelle dans l’homme comme dans la femme, il faudrait que l’un pût engendrer sans l’autre, et engendrer seul les deux sexes. Or, comme cela n’est pas, il en résulte

engendrent des fils avec d’autres; et les memes hommes dont les femmes ont engendré des filles , produisent des garçons avec d’autres femmes, et s’ils ont eu un enfant mâle , ils obtiennent des filles avec d’autres femmes. Il en est de meme

dans les brutes , tant pour la semence que pour la génération des mâles et des femelles. Si c’est le mari qui fournit le plus pour la génération , l'enfant lui ressemblera davantage, et si c’est la femme, il aura avec elle une ressemblance plus marquée. — Mais il arrive parfois qu’une fille ressemble plus au père, et un garçon plus à la mère ; ce qui , avec tant d’autres preuves^ vient à l’appui de l’opinion précédemment exprimée , qu’il y a, tant dans l’homme que dans la femme , une faculté de produire les deux sexes (1). » Dans le livre De

qu’Hippocrate s’est trompé, ou a compris qu’il y a aptitude chez l’homme et chez la femme à fournir des élémens qui peuvent concourir à la formation de l’un et de l’autre sexe , comme il l’explique par le privilège qu’il accorde ailleurs a la prédominance relative pour les ressemblances.

(i) Quod si conceptura sit, semen minime foras produit, sed in ipso utero manet. Eo namque acceplo, utérus clauditur et retinet, ejus nimirum osculo ob humiditatem contracto , simulque miscetur tum quod a viro, tum quod a mulierc procedit. — Et in viro tum muliebre, tum masculum semen inest , codemque modo in mulierc se habet. — Si quod ab utroquc semen prodit, robuslius fuerit , mas gencralur, si débile, fœmina. — Quod autem tam in mulierc quam in viro, tum fœmineum, tum masculum semen insit, ex bis quæ manifeste contingunt, conjicere licet. Plcræque cnim mulieres suis viris fœminas jam peperere, quæ cum aliis congressæ ex iis filins suscepcrunt. El illi vi ri ipsi quibus

Victus ratione, Hippocrate dit que, « pour engendrer une lille , il faut user d'un régime froid et aqueux, qui est celui dont les femmes profilent , et que , pour engendrer un garçon , il faut un régime sec et chaud dont s’accommodent les hommes (1). »

Si le régime froid et aqueux est favorable à la femme, et le régime contraire, c’est-à-dire ^ chaud et sec , à l’homme , ce précepte peut être regardé comme vrai , parce qu’il résultera du premier régime que la femme sera mieux portante et moins affaiblie que l’homme, et du second régime que l’homme aura sur la femme la prédominance de

mulieres fœminas peperere, cum aliis mulieribus congressi masculam prolem genuer uni , et quitus masculus fœtus suscipiebatur, cum aliis mulieribus congressi fœminas genuerunt. — Eadcm vero in brutis tum lœminam tum marem procreandi seminisque est ratio. — Cumque plus ex viri quam ex mulieris corpore ad genituram accesserit, fœtus illc patri magis erit similis ; cum vero plus ex mulieris prodierit, matrem magis referet. — Ut interdum contingit , ut nata liiia majore ex parte patrem melius quam matrem référât, et cciitus filius non nunquam matris magis quam patriS similis existit; atque hæc mihi tamque multa sunt superioris sententiæ argumenta, quod tum in mulicre, tum in viro, et masculæ et feminæ prolis generandæ facilitas inest. Ilippocrat., De Genitura, p. 233 et suiv.

(i) Fœrninæ vero ab aqua magis, et ex frigidis, bumidis ac mollibus, tum cibis, tum potibus, et vitæ institutis incrementum accipiunt ; at mares ab igné magis , ex siccis scilicet et calidis cibis reliquaque vitæ ratione. Si igitur fœminam procreare est animo , victus ratione ad aquani tendente est utendum ; si vero marem, victus ratio quæ ad ignem spcctet, instituenda est. Hipp., De Victus ratione, 1. 1, scct. iv, p. 34/.

force, et qu ainsi la plus forte part à l’acte de la génération appartiendra à la femme dans le premier cas, et à l’homme dans Je second. Mais le précepted’Hippocrate ne soutiendrait pas 1 épreuve de l’expérience , si l’on en déduisait que la production du sexe féminin résulte d’un affaiblissement à peu près égal de l’un et de l’autre parent.

D’après la conformité de doctrine qui règne dans tous les passages que je viens de citer , l’on est surpris de trouver ce qui suit dans le livre De Superfœtatione . « Si l’oh veut engendrer un mâle, il faut voir la femme à la cessation des règles , en portant très-profondément le sperme; et, si l’on veut engendrer une fille, lorsque les menstrues ont déjà beaucoup flué sans avoir cessé, en liant, autant que cela est supportable, le testicule droit , et le gauche si l’on désire la procréation d’un mâle(i).» On trouve aussi dans le sixième livre , septième section Des Maladies vulgaires, ce passage: «C’est parce que les mâles sont conçus dans la partie la plus chaude et la plus solide de la matrice, qui est la droite , qu’ils sont noirs et beaucoup plus bilieux , avec des veines plus saillantes au de-

(i) Cum marem procreare volet , mensibus desinentibus aut ccssantibus, uxorem adeat, et quam penUissime intrudat, dum semen exccrnit. At ubi fœminam generare volet , cum plurimi menses mulieri fluxerint needum cessarint. Dexter autem testis , quoad maxime lerri potcsl, obligandus, sinister vero, si maris procreatio expetitur. Ilipp. , De Superfœtatione, sect. m, p. s65.

hors (i). )> Ces deux derniers passages n étant pas en harmonie avec les précédais , donnent lieu de croire qu’ils ont été interpolés avec d’autant plus de vraisemblance , que les bons critiques ont toujours regardé le livre sur la Superfétation comme supposé et indigne du père de la médecine. Si l’on n’admet pas que ces deux derniers passages aient été prêtés à Hippocrate par des copistes infidèles qui , sous prétexte de rectifier ou de compléter sa doctrine, l’auront défigurée, en y mêlant leurs idées , il faut les regarder comme des corollaires des autres , et les interpréter dans le même sens; ce qui me paraît d’autant plus raisonnable, que Galien, le meilleur et le plus savant interprète d’Hippocrate , dont il partage presque toujours les opinions, en donne lui-même l’idée en s’exprimant de la manière suivante : « De même que le sang pur est plus chaud que le sang excrémentiel , les parties droites qui en sont nourries sont aussi plus chaudes que les gauches , même lorsque celles-ci, par leur nature, l’auraient été davantage dans le principe, il nous a souvent été démontré qu’Hippocrate a eu raison de dire , que les parties placées dans la même direction , ont

(1) Quoniam in calidiorc solidiorcque , dexlra scilicet utcri parte, marcs concipiuntur, idcoque nigri sunt et vcnæ extra proéminent, longcque biliosiorcs existant. (Hipp., De Morbis vulgar . , 1. vi, sect. vit, p. 1170.)

nécessairement entre elles une communication plus grande et plus avantageuse ; il ne faut donc plus s’étonner que la partie droite de la matrice et le testicule droit, étant non-seulement différemment nourris que les même parties du côté gauche, mais étant aussi placés dans la direction du foie, soient beaucoup plus chauds que ces dernières. Or, si cela est démontré , et que l’on accorde d’ailleurs que le mâle est plus chaud que la femelle, il est probable aussi que les mâles s’engendrent à droite, et les femelles à gauche; à quoi se rapporte ce qui a été dit par Hippocrate (1). » Pour prévenir la fausse interprétation que l’on pourrait faire de cette doctrine , Galien explique ensuite qu’il peut y avoir des individus où, par exception, le testicule gauche sera le plus fort , comme il y en a dont l’œil droit est le plus faible ; d’où l’on peut conclure que

(i) Qucmadmodum enim sanguis purus excrementoso est calidior, ita et partes dextræ , quæ ex ipso nutriuntur, sinistris fiunt calidiores, tametsi natura prîncipio superabant. Dcmonstratum enim nobis sæpius est, id quoque ab Hippocrate rccte fuisse dictum , quod partes quæ sccunduiu reelitudinem sunt sitæ, necessario plus sese communicant ac fruuntur : non igitur amplius miraberis, si matricum dextra , ac tesiiculorum dexter, non solum quod secus ac sinistra nutriuntur, sed quod etiam secundum hcpatis rectitudinem sunt locata , sinistris admodum sunt calidiora. Atqui si hoc est dcmonstratum, ac prætcrca conceditur masculum fœmina esse calidiorem, probabile etiam est partes dextras masculorum , sinistras fœminarum esse génératrices. Eodem ccrte pertinent et quæ ab Hippocrate sunt dicta. (Galon. De CIsit part. corp. lium., I. \l\, p. 646, t. i. Lugd. , i55o.)

Galien et Hippocrate savaient que tous les males n’étaient pas un produit des organes génitaux droits , ni toutes les femelles un produit de ceux du coté gauche. Ce qui le prouve encore , c’est l’aphorisme 4$ de G section v, où le père de la médecine dit que « les enfans males sont plutôt à droite, et les femelles à gauche (1). S’il restait quelque doute sur ce point . il serait entièrement dissipé par le passage suivant , où Hippocrate explique, conformément à sa première et plus saine doctrine, comment il se fait que les jumeaux ne soient pas toujours du même sexe : « Voici comment je pense qu’il arrive que , dans les jumeaux, l’un est male et l’autre femelle. Dans la femme et dans l’homme , de meme que dans chaque individu d’une espèce quelconque d’animaux, la semence est tantôt moins et tantôt plus puissante, et l’éjaculation ne s’en fait pas du premier coup , mais aussi du second et du troisième, et il s’ensuit que dans le premier et le dernier elle n’est pas de la même force. Or, quel que soit le côté où arrivera la géniture la plus consistante et la plus énergique, il s’y engendrera un male, et quel que soit celui où se portera la plus humide et la plus faible , il y aura une femelle. Mais s’il y a de l’un et de l’autre côté une géniture forte,

(i) Fœtus, mares quidem in dextris, fœminæ vero in sinistris mugis (//odAwv). /iph , ^8, sert. vu. 1. v.

il naîtra deux mâles ; s’il y en a une faible , deux femelles. » Je ne sais ce que l’on pourrait opposer à ce passage, qui est clair et positif, pour prétendre que le père de la médecine donnait aux organes génitaux du coté droit la faculté exclusive de procréer les mâles, et à ceux du côté gauche, celle de procréer les femelles (1). S’il ne se trouvait toujours des esprits faux et inconséquens qui, en interprétant les auteurs, leur font dire, dans un sens absolu , ce qu’ils n’ont dit qu’hypothétiquement ou dans un sens relatif, l’on se serait facilement aperçu que l’idée d’une différence de force et de chaleur entre les organes de droite et ceux de gauche , ne pouvait être venue que de la manière dont on concevait anciennement la nutrition des parties corporelles par le sang qu’on faisait distribuer directement par le foie aux organes subjacens , ne connaissant pas alors la circulation dont Guillaume Harvey ne publia la découverte

(i) Quod autem ex gemellis unus mas sit, alter fœmina, id ideo contingere assevero. In muliere et in viro, et in quovis animalium généré, in uno quoque tum imbecillior, tum valcntior, genitura inest, neque unico impeUi genitura prodit, sed et secunda et tertia jactatione cmiltitur, neque fieri potest ut quæ prius et quæ posterius exil, ejtisdem sint roboris. Quemcumque ergo sinum crassior validiorque genitura subierit, in eo mas procreatur; quemcumque vero bumidior ac imbecillior, in eo Ibemella generatur. Atsi in utrumque valida subcat , ambo mares nascuntur, sin debilis in utrumque, fœmellæ. (Hipp. , De Naturel pueri, sert, ni.)

qu’en 1628, après l’avoir déj^ fait connaître verbalement.

Quoique l’importante découverte du médecin anglais, ait établi que la nutrition des organes génitaux par le sang, se fait à l’inverse de ce qu’en pensaient les anciens , c’est-à-dire qu’au lieu de venir directement du foie qui est plus à droite, le sang pur et régénéré vient du cœur qui est à gauche , il s’est encore trouvé dans les temps modernes des médecins qui ont voulu maintenir des corollaires , que le père de la médecine et son meilleur interprète 11’ont, par les principes généraux qu’ils ont établis et par les explications qu’ils en ont données , laissé à personne l’honneur de réfuter, puisqu’ils les avaient déduits et les faisaient dépendre d’un mode de circulation hypothétique que personne n’admet plus. C’est ainsi que Millot , accoucheur des princesses de France, membre des collège et école de chirurgie de Paris, de plusieurs sociétés savantes y etc. , a, par une inconséquence assez ordinaire à ceux qui dévorent plus de science qu’ils n’en peuvent digérer , voulu maintenir les privilèges des parties sexuelles droites sur les gauches , dont il devai t savoi r pourtant que les titres avaient été détruits par Harvey, et a publié, en 1806 , un ouvrage intitulé : L art de procréer les sexes a volonté , où il conseille sérieusement de s’appuyer sur le côté droit, pendant le

coït, pour avoir des garçons , et sur le côté gauche pour avoir des filles; erreur dont un grand nombre de faits et d’expériences ont fait une justice complète , en constatant que des hommes privés d’un testicule et des femmes privées d’un ovaire ou d’une trompe, ont procréé des enfans des deux sexes, et que les brutes ont également engendré les deux sexes tant d’un côté que de l’autre.

En résumant la doctrine d’Hippocrate sur les ressemblances, nous voyons qu’il en déduit la cause générale des élémens de première composition, fournis par les deux parens , dont il suppose le. mélange , pour expliquer la fusion de leurs qualités physiques et morales dans l’être qui en doit provenir ; qu’il proportionne la ressemblance de l’enfant à la mesure du tribut de chacun d’eux pour sa formation, et qu’il fait résulter le sexe masculin d’une plus grande force ou d’une plus grande abondance de matière première , sans accorder explicitement plus d influence à un sexe qu’à l’autre. Cependant en conciliant ensemble toutesles explications qu’il donne, et elles devaient se concilier dans son esprit , il en résulte des probabilités pour que le sexe soit masculin, quand le mari contribue le plus à la génération, et féminin dans le cas contraire, d’après l’axiome qu’il ressemble le plus à celui qui apporte le plus à sa

production; ce qui n’implique aucune contradiction avec l’admission de la faculté d’engendrer les deux sexes , qu’il accorde à chacun des deux païens, puisque cette faculté reste sous l’influence d’un tribut plus ou moins fort de part et d’autre. Quant à la spécificité attribuée aux organes génitaux de droite pour produire le sexe masculin , et à ceux de gauche pour produire le sexe féminin, j’ai fait voir quelle ne pouvait être regardée, si on l’admet comme doctrine d’Hippocrate , que comme un corollaire des principes antérieurement établis; or, les corollaires et les conséquences que l’illusion fait découler d’un principe, n’ayant de valeur, quels qu’ils soient, que par leur justesse, tombent dès que leur fausseté est démontrée , sans que le principe d’où on les a déduits en soit altéré. D’où je conclus, en conformité de ce qu’a dit Hippocrate, que le mâle doit déterminer jusqu’à un certain point la formation de son sexe dans l’individu à naître , toutes

les fois que son produit génératif prédomine par son énergie celui de la femelle, et vice versa ; ce que les faits rendent très-vraisemblable , car il est d’observation que les vieillards et les hommes faibles, ainsi que ceux dont le développement viril n’est pas achevé , engendrent plus de filles que de garçons , quand leurs femmes sont plus fortes et plus développées qu’eux, et que dans les

circonstances contraires , le contraire a lieu. Cependant, comme il arrive quelquefois qu’un garçon ressemble plus à sa mère, et une fille plus à son père dans leurs traits extérieurs et dans leurs mœurs, il faut aussi admettre que la force des principes génitaux plus parfaitement élaborés peut vaincre leur abondance dans une élaboration moins parfaite; autrement il en résulterait que chaque époux est apte à produire le sexe contraire au sien par la seule force de son tribut dans l’acte de la génération, opinion que semble autoriser le sens littéral de quelques passages d’Hippocrate, qui, en faisant mention de ce phénomène, se contente de le faire servir de preuve à la faculté qu’a chaque époux de produire l’un et l’autre sexe, sans nouvelle explication. Ce qui prouve encore que chaque sexe n’est point apte à produire le sexe contraire au sien , c’est que dans le puceron , la daphnie-puce, etc., où les sexes sont séparés et ou un seul accouplement suffit pour plusieurs générations, il ne naît dans les dernières que des femelles qui ont besoin de l’approche du mâle pour produire des mâles : or , si les femelles sont aptes à produire des mâles, pourquoi en produisent-elles dans les générations qui suivent l’accouplement, etpoint dans celles qui s’en éloignent.

Si l’observation met hors de doute que le fils ressemble parfois plus à son père , et la fdle

plus à sa mère, elle établit aussi le contraire par exceplion , et cette exception ne me paraît pas encore avoir été expliquée d’une manière satisfaisante. Ponrla concevoir, on ne peut s’en rapporter au sentiment d Hippocrate; il faut, je crois, admettre plus d’énergie dans les principes générateurs du père quand un fils lui ressemble plus qu’à la mère, et la meme chose dans les principes de première formation de celle-ci quand une fille lui ressemble le plus : dans les cas opposés , c’està-dire, quand la fille ressemble plus au père et le fils plus à la mère, il faut admettre une plus forte énergie avec une moindre abondance de principes vivifians dans celui qui obtient son sexe avec une moindre ressemblance dans les autres habitudes physiques. Cependant le phénomène de la ressemblance plus marquée de la fille avec son père peut encore tenir à ce que celui-ci a dans sa personne plus de traits de ressemblance avec sa propre mère et avec les ancêtres de sa femme , que celleci n’en a avec son propre père et avec les ancêtres de son mari, ce qu’il serait surtout raisonnable d’admettre quand la même ressemblance prédomine aussi chez les garçons, et vice versa. Une troisième influence, capable de produire une supériorité de ressemblance d’un côté, ce sont des traiis plus saillans au physique et au moral , un caractère plus décidé et plus impérieux dans l’un

des pareils. Pour les jumeaux de différens sexes , on les conçoit très-bien ; il suffit que, dans un coït répété, l’ardeur de l’un s’affaiblisse et que celle de l’autre des générateurs s’exalte après le premier acte, comme l’appétit vient chez l’un et se perd chez l’aulreen mangeant. Enfin, comme les formes et le caractère du sexe masculin se dessinent plus lentement et plus faiblement dans la première enfance que dans le sexe féminin, au point que les deux sexes se confondent alors, on peut encore admettre que les maladies et toutes les causes débilitantes qui ont assiégé l’enfance des garçons, ont dû leur conserver une ressemblance plus marquée avec le sexe féminin, surtout si leur éducation a concouru dans le même sens, comme la bonne santé et l’éducation plus mâle des fdles peut aussi les rapprocher du père par une ressemblance plus marquée, si celui-ci est fort, et que la femme soit faible avec des traits peu saillans. H y a des ressemblances sous tant de rapports , qu’il faut tout apprécier dans ce qui les produit.

M. Giron de Buzareingues s’exprime de la manière suivante (/. c., pag. 232), sur les ressemblances des animaux : « Si la femelle qui a atteint son parfait développement, est livrée à un très-jeune étalon, bien vigoureux d’ailleurs, elle fera probablement une femelle , qui ressemblera à l’étalon. Si une très-jeune femelle, bien dé-

veloppée pour son âge, est livrée à un veil étalon bien nourri , elle fera probablement un mâle qui ressemblera à la mère, et les résultats ne changeront point, quelle que soit la nourriture que reçoive celle-ci après l’accouplement. »

Ce passage vient à l’appui de mon opinion sur l’influence des principes prolifiques qui, ayant une élaboration plus parfaite avec plus de consistance dans la force de l’âge , obtiennent un surcroît d’énergie propre à déterminer la ressemblance du sexe, tandis que dans le jeune âge les mêmes principes, élaborés plus promptement et en plus grande abondance, ont moins de consistance, et, quoi qu’en partie majeure dans la synthèse vitale, ils subissent l’impulsion de première forme, laquelle est plus forte dans les principes de l’âge adulte , c’est-à-dire en abrégé , que la quantité de principes prolifiques subit la loi delà qualité. Si cela paraît souffrir des exceptions, c’est lorsque l’animal adulte n’a plus assez de force ou n’a pas eu le temps nécessaire , après un premier accouplement , pour arriver à une nouvelle élaboration assez parfaite des principes de la génération. Aussi M. Girou suppose que le vieil étalon est bien nourri , c’est-à-dire , qufil n’est pas affaibli , et il faut ajouter qu’en outre il doit n’être pas épuisé par une approche trop fréquente des femelles, mais avoir eu le temps nécessaire pour

réparer ses pertes ; autrement , il se retrouverait dans le cas d’un jeune étalon, auquel l’ardeur et I éréthisme de son âge occasionent des pertes de sperme plus fréquentes.

Quelle que soit la nourriture de la femelle après l’accouplement , les résultats ne changeront pas, dit l’auteur, en réfutation de l’opinion de ceux qui ont cru que le sexe est déterminé par la nourriture que prend l’embryon , soit dans l’œuf, soit dans l’utérus; réfutation appuyée d’ail • leurs sur l’observation qu’il naît plus de mâles que de femelles des petits œufs et des mères faibles, ou mal nourries , que de celles qui sont plus fortes ou mieux nourries.

Le meme auteur dit (/. c. , p. 5o4) : « Il est vraisemblable que souvent le mâle , qui ressemble à sa mère, contribue, autant et plus que la femelle , à transmettre le sexe féminin au produit. Il n’y a enfin aucune raison de douter que les formes sexuelles des ascendans ne deviennent latentes dans une première génération , et ne reparaissent dans une seconde aussi souvent que toute autre forme... Le sexe masculin est latent dans la femelle du puceron, jusqu’à ce que le lien qui l’enchaîne (l’exubérance de la vie de végétation ) soit trop faible pour le contenir: il reparaît alors, et la femelle seule le produit. On voit, par ce passage, que, dans certaines circonstances, M. Gi-

rou reconnaît, comme Hippocrate, à chaque sexe une aptitude à produire les deux sexes. Sans aller aussi loin, c’est-à-dire sans croire qu’un sexe puisse être donné par celui qui ne le possède pas, j’admets, comme très-v rai semblable, qu’un mâle qui ressemble beaucoup à sa mère peut transmettre à ses descendans des formes féminines patentes ou latentes, s’il les possède lui -même, et procréer par là des fils qui auront une double assimilation avec leur mère , l’une empruntée de celle-ci , et l’autre empruntée du père, comme je m’en suis expliqué précédemment.

Dans l’analyse des travaux de l’Académie royale des sciences, pendant l’année 1828 (partie physique ) , M. Cuvier rapporte ce qui suit des expériences faites par le même auteur sur la production des sexes: « Nous avons dit, en 1827 , que, d’après les expériences répétées de M. Girou de Buzareingues , sur la reproduction des animaux , le sexe du produit dépend surtout de la vigueurrelative des pères et mères. Ce résultat vient encore d’être confirmé d’une manière assez positive. Un troupeau de cinquante brebis de deux , trois, quatre, cinq et six ans , avait été partagé en deux moitiés , et l’on avait distribué les béliers de manière qu’une moitié devait produire plus de mâles , et l’autre plus de femelles. Sur la moitié composée des brebis les plus fortes, couvertes par

des agneaux de huit mois seulement , et Lien nourries, vingt-trois ont été fécondées, et elles ont donné sept mâles et dix-huit femelles : il y a deux doubles portées, dont une d’un mâle et d’une femelle , et l’autre de deux femelles.

» L’autre moitié n’a pas aussi bien répondu au but que l’on se proposait, qui était d’y multiplier les mâles ; mais M. de Luzareingues attribue ce défaut de réussite à l’indocilité d’un jeune berger, qui ne suivit pas scs instructions.

» Cet observateur a fait une remarque qui n’est pas étrangère au sujet, c’est que les brebis atteintes, avant la monte, de la pourriture, qui est une maladie du foie , donnent beaucoup plus de mâles, ce que l’on peut expliquer par leur faiblesse; mais, d’un autre coté, il a trouvé que les femmes phthisiques, et les vaches atteintes de maladiesdu poumon, produisent plus de femelles, ce qui semble contrarier le premier résultat: l’inverse a lieu dans les affections pulmonaires des mâles. »

» Dans les diverses naissances d’un agnelage , on remarque généralement une prédominance du sexe féminin dans le commencement et à la fin. C’est que, d’une part, les plus fortes brebis demandent le bélier les premières, et que, de l’autre , plusieurs de ces brebis fortes le demandent deux fois. »

Ces observations confirment ce que j’ai d’abord

établi sur les ressemblances sexuelles , que je fais dépendre d’une supériorité relative de forces ou d’une maturité d’âge plus accomplie dans l’un des parens. Si Hippocrate et Galien ont attribué aux organes génitaux du côté droit un surcroît d’aptitude pour produire des mâles , ne serait-ce pas pour avoir observé qu’une prédominance de chaleur et d’activité dans le foie, cliez les femelles, coïncide ordinairement avec la production des mâles, vu qu’ils fondaient leur opinion sur une relation plus directe des parties droites du corps avec le foie, qu’ils regardaient comme un foyer de chaleur et un agent de la nutrition qui, à en juger par la force relative des deux moitiés du corps , paraît en effet plus active à droite qu’à gauche. C’est ce qu’il est permis de conclure des explications données par Galien dans les passages précédemment cités, et de l’expérience de M. Girou , relativement aux brebis affectées de pourriture. Si, dans les affections pulmonaires, les femmes et les vaches produisent réellement plus de femelles ou d’individus de leur sexe , tandis que l’inverse aurait lieu chez les mâles , ne serait-ce pas à cause que l’inflammation des organes de la respiration ne permet pas des efforts assez grands ni assez soutenus, pour que le mâle, qui est actif dans l’acte de la génération , puisse suffire à l’éjaculation parfaite du sperme le plus

consistant, au lieu que la femelle, étant passive dans le meme acte , y fournit son contingent tout entier comme en parfaite santé? Les analogies et les spécialités physiologiques ne me laissent concevoir dans ce cas aucune autre cause plus probable de la différence des résultats dans les deux sexes, que l’impuissance qu éprouvé celui qui est actif dans l’acte de la reproduction , à porter son tribut complet à l’autre.

Ce qui donne un degré de probabilité de plus à mon explication , c’est que, dans toutes les humeurs composées , c’est la partie la plus ténue ou la moins consistante dont l’excrétion se fait le plus facilement et en premier lieu ; ce que n’ignorent pas les nourrisseurs de Paris et des environs, qui vendent la première partie de la traite d’une vache pour du lait , parce qu’elle est trèsaqueuse , et la seconde pour de la crème , parce qu’elle est plus épaisse, plus butireuse et plus consistante. Les affections pulmonaires, en donnant aux deux sexes des impulsions copnlatives plus fréquentes , manifestent une égale influence sur leurs sécrétions sexuelles.

D’après des calculs de probabilité confirmés par l’expérience des agronomes, à qui le produit des sexes n’est pas indifférent , dans l’économie rurale, il résulte (ce qui vient à l’appui des données précédentes) i° que des mâles ou des éta-

Ions, dans la force de l’âge , ni trop jeunes ni trop vieux , ni fatigués par des travaux ou des accouplemens trop fréquens, donneront un excédant de mâles avec de jeunes femelles qui n’ont point encore atteint toute leur force ni leur entier développement, ainsi qu’avec de vieilles femelles affaiblies par l’âge , les travaux ou une mauvaise nourriture; 2° que, dans les circonstances contraires, c’est-àdire lorsque l’avantage de la force , du parfait développement, delà maturité de l’âge , du repos et delà bonne nourriture, se trouveront du côté des femelles , leur sexe prédominera dans les produits de la génération; 5° que dans un troupeau où les mâles et les femelles se trouveront à peu près dans le meme rapport d’âge, de force, de développement , de fatigue, de repos, de nourriture et de constitution physique, il y aura à peu près égalité dans le produit des deux sexes. Si, en général, il naît plus de garçons que de fdles dans l’espèce humaine, c’est principalement parce que les femmes mariées sont ordinairement plus jeunes et moins dans la maturité de 1 âge que les hommes, dont l’éducation plus longue et l’établissement dans une carrière lucrative retardent le mariage. Cependant, un fait digne de remarque, noté par M. Giron (/. c. , p. 537), ces*; que, d’après les observations de M. Hufeland , il naît plus de fdles que de garçons chez les juifs de

Berlin , et que Gorcy s’est assure' qu’il en était de mcine chez ceux de Metz et de Bordeaux , probablement parce que, dans cette nation , les soucis et les soins du commerce, qui est presque leur occupation exclusive , sont plus le partage des hommes que des femmes ; et l’expérience prouve que rien n’est plus contraire au développement du physique qu’une trop grande activité intellectuelle, hors de proportion avec l’exercice corporel. On a remarqué, au contraire que, parmi les eufans de troupes, il y avait plus de garçons que de filles ; ce qui doit être , puisque l’on prend les hommes les plus beaux et les plus forts pour le service militaire.

L’acte de la génération , en rassemblant les e'iémens d’une nouvelle existence, y porte un foyer de vie qui doit régir et dominer jusqu’à la mort tous les matériaux qui viendront l’alimenter, et son principal attribut est de soustraire les corps qui en sont doués aux lois générales de la nature, pour les placer à part , comme de petits mondes ou des créations individuelles , dans le monde universel. La vie est donc un principe particulier de conservation et de développeinet graduel qui , inhérent à une substance isolée , lui assimile et lui incorpore des éléinens identifiables, et la protège ainsi contre la dissolution, et les lois générales de l’affinité. L’on ne peut mieux comparer

la vie qu’au leu. Lune et l’autre , répandus dans loute la nature , y restent comme assoupis, jusqu’à ce qu’ils soient provoqués par le frottement ou le mouvement , et mis en contact avec des élé— mens d’assimilation, c’est-à-dire, avec des matières alimentaires ou combustibles. Alors ces deux principes concentrés dans une sphère ou un foyer propre et isolé, se manifestent et se conservent par l’intermédiaire de l’oxigène atmosphérique, tant que leur force d’assimilation n’est arretée par aucun obstacle, avec cette différence, que le feu peut s’agrandir sans mesure , au lieu que la vie est limitée dans des proportions relatives aux espèces qui en ont communiqué le principe. Ainsi la mort est l’anéantissement de toutes les propriétés ou fonctions organiques capables de concourir à l’assimilation alimentaire d’un individu, et la maladie est une interruption passive d’harmonie dans l’exercice de ces mêmes fonctions. Plus les facultés sont multipliées dans un animal , plus le concours de toutes à l’exercice de chacune est nécessaire pour conserver la vie , mais aussi plus l’animal est parfait. Dans les espèces les plus parfaites, il y a aussi un plus grand nombre d’appareils ou d’organes avec un mode de vitalité différent dans chacun, et chaque mode de vitalité qui se manifeste prend le nom de fonction. Ainsi le cerveau, le cœur, le foie ,

jcs poumons , les organes sexuels , les nerfs , les muscles , etc. , ont chacun un mode de vitalité particulier ou leurs fonctions distinctes et spéciales ; et chacun de ces organes a besoin du concours de tous, pour la régularité et la conservation de ses fonctions ou de sa vitalité propre. Il n’en est pas ainsi dans les dernières classes d’animaux , tels que les vers, les polypes, dont une partie quelconque , séparée du tout , conserve la même vitalité et reproduit un individu semblable à celui dont elle a été séparée. La vie est donc soumise à ses propres lois , puisque toutes ses manifestations sont subordonnées , pour leur spécialité, à des différences de dispositions organiques , établies par elle-même , et tellement réglées sur ces différences, que l’altération de l’organe entraîne l’altération de l’action vitale qu’il doit reproduire. Ce qu’on appelle santé ne peut donc être que l’harmonie de toutes les fonctions vitales, établie sur l’intégrité de leurs organes respectifs pour chaque individu. L’on ne pourrait nier la justesse de ces explications sans être en contradiction avec les principes fondamentaux et différentiels de la physiologie, de la physique et de la chimie , ainsi qu’avec toutes les analogies du règne animal et du règne végétal.

Pour ne pas multiplier inutilement les citations relativement aux ressemblances , je me bornerai

ici au passage suivant de Cardan, qui est basé sur un fait assez curieux dans sa famille , dont Baricellus fait aussi mention, page 82 de son livre intitulé : Hortulus genialis. Voici comment il s’exprime. «Tous les fils ont coutume d’hériter de leur père ou de leur aïeul quelque chose de bien apparent, comme une verrue, une cicatrice, la figure, les mœurs, les lignes des mains. Dans notre maison , nous avons tous au bras une verrue de famille , et mon fils Marcellus l’a également reçue de moi. Cela provient du mélange des semences ainsi que de l’effusion des esprits séminaux des deux pareils et des aïeux. Voilà pourquoi il arrive que si , dans Facte delà génération, les semences sont bien mêlées et confondues jusque dans leurs parties les plus ténues, les enfans deviennent robustes. Ainsi les bâtards sont plus forts, parce qu’un amour ardent opère un mélange complet et intime des deux semences (1). »

L’on sait que Cicéron a été appelé ainsi du

(x) Filii omnes aliquid patrium aut avitum ad ungucm retinere soient, veiTucam scilicet , vel cicatricem , vel cffip,iem , vel mores aut manuum lineas. In domo nostra, omnes a parentibus verrucam in brachio habemus, et Marcellus , filius meus , ex me consimilitcr. Proveniunt hæc a seminum miscela spiriluumque utriusque parentis seminalium avorumque effusione; propterea succcdit (si semina in filiorum generatione bene miscentur atque in minimas partes jungunturj ut fœtus robusti évadant. Hac enim ratione spurii robustiores existunt. queniam ob amoris vebementiam utriusque semina multum beneque eommisoentur.

r si )

mot cicer, qui , en latin , désigne une espèce de pois, parce qu’il avait sur le nez un pois de naissance ; son nom patronimique était Tullius , auquel on ajoutait celui de la marque qu’il portait, pour le distinguer de ses homonymes. Beaucoup d’autres noms, tels que ceux de Rufus , de Caton, de Scipion-Nasica, de Strabon , de Capito , de Tacite, de Lentulus, deVaron, de César (1), etc., ont été dérivés de quelque caractère physique ou moral , propre à distinguer les familles romaines , où ils semblent avoir été héréditaires. Hippocrate parle d’une race de macro-céphales ou grosses têtes , chez les Grecs ; et les historiens nous ont transmis des notions sur une race de longue vie ( 7iiacrobii). Sans remonter si loin, n’avons-nous pas parmi nous des caractères généalogiques dans la couleur des cheveux et de la peau, dans le nez, la taille, la tête, le moral, qui , perpétués dans les familles, les ont fait désigner sous les noms patronimiques de Rousseau , Le Brun , Le Blanc, Noirot, Camus , Petit , Le Grand, Capet, Têtu, Bourru, etc. L’on reconnaît toujours les traits

(i) Quelques savans , d’après Pline, ont dérivé le nom du premier César d’une incision utérine pour le produire au jour. Mais d’autres prétendent qu’il est dérivé d’une belle chevelure (en latin cesaries )$ ce qui estplus vraisemblable, carlcsenfans qui voyaient le jour par l’opération césarienne, dontlenomvientde cccdere, cœsus, couper, coupé, ne s’appelaient pas Ccesar, mais Cœso , Cœsones, d’après Pline luimême, et c’est le nom d’une autre famille romaine.

des Bourbons , la grosse lèvre inférieure delà maison d’Aulriclie; et nous disons : une vue à la Montnùorenci , pour désigner une espèce de strabisme lié.éditaire dans celle famille . comme une belle voix l’est aussi dans la famille des

Garat.

Cependant les caractères primordiaux des iami lies s’effacent peu à peu par leur mélange reconnu nécessaire, et commandé par les lois de tous les peuples civilisés , parce qu’il est démontré, par l’expérience et l’observation de tous les temps, que les alliances consanguines sont moins fécondes, et font dégénérer les hommes. Les agronomes savent aussi que le croisement des races est nécessaire pour le perfectionnement des animaux domestiques. 11 suffit, au reste, de regarder autour de soi, pour remarquer des caractères distinctifs transmis par génération, tels que la force, la faiblesse, la longévité, la probité, l’amour de la justice, les dispositions au suicide, à l’apoplexie , à la phthisie , à la légèreté , a la superstition , à la débauche , etc. , de même que des marques et des taches physiques de toute espèce. S’il y a aussi des marques et des dispositions physiques et morales qui ne sont pas héréditaires , comme l’observation le prouve aussi , l’on ne peut nier que celles qui appartiennent à des causes fortuites 11e soient des exceptions ,

étant beaucoup moins nombreuses que les originelles. Les qualités des plantes et leurs maladies se perpétuent aussi , non-seulement par les semences que les agronomes ont bien soin de choisir en les prenant dans les belles espèces pour obtenir de beaux produits, et dans les précoces pour avoir des primeurs, mais aussi par boutures, comme ou le voit dans quelques variétés de sureau, de buis, de roseau, etc., dont les panachures, qui sont des couleurs acqu ses en état de maladie, se conservent et se propagent dans les branches et les jets que l’on en détache pour les transplanter. C’est ainsi que la leucæthiopie se naturalise dans quelques espèces d’animaux, tels que les lapins, les souris, les furets, les chevaux.

Le passage de Cardan, et les observations que nous venons d’y rattacher, viennent à l’appui de ce que dit Hippocrate, pour prouver que toutes les parties et les humeurs du corps fournissent leur contingent dans la génération, puisque tout y est représenté jusqu a la marque la plus insignifiante, comme une verrue. Néanmoins il ne faut pas prendre dans un sens trop étroit et trop rigoureux ce que disent ces auteurs ; car il est contraire aux lois de la nature , de faire concourir directement tout le corps, ou chacune de ses parties, à ce quelle réclame seulement d’un seul

appareil d’organes, que l’on appelle sexuels, relativement à leur partage, du latin secare , couper , partager , parce que chaque sexe n’est qu’une section de l’appareil complet ; organes de la génération , ou parties génitales , relativement à leur destination et à leurs fonctions : la pudeur leur a aussi fait donner la dénomination de parties honteuses , quoiqu’il y ait plus de honte à en être privé qu’à en être pourvu , et que leur ablation fasse perdre de leur hardiesse et de leur courage à tous les animaux.

Pour se convaincre de la vérité de ce que j’avance contradictoirement aux auteurs cités , il ne faut que réfléchir que les hommes et les femmes nés manchots et les amputés engendrent des enfans pourvus de tous leurs membres ; que les juifs et les Turcs, toujours circoncis, n’ont, point cessé, après une longue suite de générations, d’avoir des enfans munis de leur prépuce ; que les animaux écourtés^ tels que les chevaux , les chiens et autres, produisent des petits pourvus de queue et d’oreilles; que les papillons et les phalènes (1) de diverses espèces d’insectes, qui

(i) Phalène, du grec vodxivx., probablement dérivé depaw, je luis, je brille, d’où est aussi tiré le latin fax , flambeau, désigne les mouches ou moucherons qui viennent voltiger autour des flambeaux , et on applique aussi ce nom, par extension, b d’autres espèces après leur dernière métamorphose, avant laquelle on les désigne sous le nom de

reproduisent les chenilles, les vers-à-soic, les abeilles, etc. , n’ont plus les tuniques et les enveloppes dont ces derniers doivent se revêtir , comme les vers avant leur métamorphose en insectes parfaits.

Le mélange des semences , déjà admis par Hippocrate, Empédocle, Aristote, Epicure et autres, auquel Cardan donne tant d’importance , n’est point prouvé; car il n’a pas encore été démontré que la femelle ait une semence analogue à celle du mâle , et 1W ne peut considérer comme telle un suintement lymphatique et muqueux que le coït provoque chez les eunuques, comme chez les femmes et chez les hommes , indépendamment du sperme , dont il n’a ni les caractères ni les propriétés.

Il y a au col de la vessie une glande appelée prostate, d’où se fait un suintement d’humeurs qui se mêle au sperme à sa sortie, et qui lui ressemble jusqu’à un certain point. Une humeur analogue a suffi pour en imposer sur la semence des femmes , où cette glande n’existe pas , à la

larves , (du latin larva, masque), dans leur premier état de ver et de chenille, et sous ceux de nymphe, de crysalide oud 'aurélie, dans les métamorphoses intermédiaires qui les rapprochent de l’état de papillon ou de phalène : nymphe est un mot qui signifie une fdlc nubile, une jeune mariée ; chrysalide, du grec xpvaoç, or, et aurélie, du latin aurum, or, signifient l’un et l’autre une nymphe dorée ou de belle couleur.

vérité, quoique Barthol in et R. de Graaf aient cru l’y découvrir, mais où se trouvent d’autres glandes, telles entre autres que celles que Cooper a appelées petites prostates, ou prostates inférieures, lesquelles fournissent aussi un suintement visqueux. On doit toutefo s admettre que, dans le coït, la femme fournit aussi un liquide propre à sou sexe, soit enveloppé dans un vésicule en forme d’œuf avec une espèce de germe, soit autrement , puisqu’elle transmet sa ressemblance à ses enfans ; ce qui ne pourrait sc faire d’une manière aussi marquée, si elle ne fournissait que le réceptacle et les sucs nourriciers au sperme.

Il est des espèces telles que les poissons, quelques amphibies, et c’est probablement aussi le cas dans les abeilles, comme le pense i\I, Ducouédic , contradictoirement à MM. Hubert, Félurier et autres, où la fécondation n’a lieu qu’après la ponte des œufs; et dans les premiers, c’est ordinairement l’agitation de l’eau, dans des endroits abrités où elle n’est pas très marquée, qui rapproche les élémens de la fécondation, lesquels ne présentent certainement pas les caractères d’une similitude dans les deux sexes. Pour les plantes, dont la production a tant d’analogie avec cel.e des animaux , il ne paraît pas que le pollen , ou la poussière fécondante, se mêle avec quelque chose d’analogue provenant du pistil ou

de l’ovaire; et il serait ridicule de prétendre que la plante femelle a aussi un pollen, dont le mélange avec celui de l’individu nuile serait nécessaire pour la fécondation. L’expérience vient d’ailleurs renforcer l’induction analogique , car, dans les plantes à sexes séparés, comme le chanvre, les épinards et autres, l’on ne remarque pas, sur les tiges femelles, une poussière abondante telle que celle qui se détache des anthères des tiges males. D’ailleurs, les organes génitaux diffèrent trop dans les deux sexes, pour qu’on puisse assimiler leurs sécrétions. Ce que nous savons de positif, c’est que la semence des males est nécessaire, pour que le travail de l’évolution vitale se réveille dans l’ovaire des plantes, et dans la matrice ou les œufs des animaux. La manière dont cela se fait est un problème à résoudre, qui , dans l’opinion des anciens , où le système des semences de l’un et de l’autre sexe était admis , présentait moins de difficultés que dans le système des ovaristes, qui , plaçant la première ébauche de l’embryon dans les germes des œufs et des graines, me semblent ne pouvoir prétendre qu’à un produit toujours semblable à la femelle, si le sperme du male en provoque seulement l’évolution, sans entrer comme partie intégrante dans la composition ou la première synthèse. Le problème n’est pas plus facile à résoudre, si l’on suppose un ani-

malcule pour principe d’évolution; car alors le produit devrait être analogue à celui de la greffe, c’est-à-dire male , et exclusivement semblable au père, si l’animalcule vient du sperme; et femelle, et tout-à-fait semblable à la mère , s’il vient de l’œuf. Dans un travail soustrait à tous nos sens , et par conséquent à l’observation , n’est-ce pas favoriser tous les caprices et les écarts de l’imagination la plus vagabonde, que de s’affranchir des indices de l’analogie et des résultats de l’expérience, qui, dans tous les produits de la génération par les sexes, nous représentent constamment la fusion des caractères du mâle et de la femelle? Mais un animalcule ^ ou un germe, en fusion ou en dissolution , est un non-sens ou l’absurde même; car s’il n’y a fusion , il n’y a plus mélange, mais intus-susception, comme dans la greffe ; et s’il y a fusion , il n’y a plus animalcule ni germe, puisqu’il n’y a plus de synthèse primitive formée, mais qu’elle doit se former par co-union de deux principes , comme dans la formation des sels neutres par les acides et les alcalis. Quoi qu’il en soit du problème en question, voici quelques résultats du croisement des races et des espèces, propres à faire voir qu’il n’a pas encore été résolu d’une manière satisfaisante, et que, pour le concevoir, il faut admettre une fusion ou un mélange des principes prolifiques de l’un et l’autre sexe,

détermine par l’acte de la génération , sans préexistence d ébauché ou d’animalcule , procédant d’un seul des deux sexes.

D’apr ès la marche naturelle des générations par le mélange des deux races d’hommes les plus opposées dans leur couleur, i° il naît d’un blanc et d’une négresse le mulâtre à cheveux longs; 2° du mulâtre et d’une négresse vient le cabre ou quarteron , qui a trois quarts de noir et un quart de blanc ; 5° du quarteron et d’une négresse provient Voclavon, qui a sept huitièmes de noir et un huitième de blanc ; 4° de l’octavon et d’une négresse naît enfin le vrai nègre à cheveux entortillés. Quatre filiations en sens inverse blanchissent la peau, quand le climat s’y prête. Les descendais des premiers Portugais qui émigrèrent en Guinée vers l’an i45o, sont devenus aussi noirs que les indigènes dont ils ont pris exactement le coloris, la laine de la tète , de la barbe et tous les traits de la physionomie , en conservant les points essentiels d’un christianisme dégénéré et la langue du Portugal un peu corrompue par les dialectes africains; ce qui prouve l’influence du climat dans les modifications imprimées aux races d’hommes. L’on cite des métis qui n’avaient que la couleur de l’un de leurs parens , et, selon Bruce, il y aurait des villages dans le royaume de Tigré ouïes enfans sont toujours noirs, meme quand

il n’y a quun de leurs parens de cette couleur ; et l’union de l’Arabe avec la n caresse ne produirait non plus que des enfans blancs. Pour chercher à expliquer de pareilles anomalies, il faudrait en avoir d’autres preuves. (Voyez Recherches plii osophicjues sur les Américains par Pauw, p. 2 3o et suiv., 1. 1.)

Les agronomes qui ont étudie le croisement des races pour en tirer parti, croient, d’après leurs expériences, que les métis participent plus du caractère du mâle par l’extérieur et plus de celui de la femelle par l’intérieur, ce qui a des rapports avec la situation des organes respectifs de la génération, ceux du mâle étant plus excentriques que ceux de la femelle. Linnée, voyant que, dans les végétaux, les organes sexuels femelles occupent le centre de la fleur et de la tige , tandis que les organes mâles sont à la circonférence , en avait conclu que l’ovaire et les graines proviennent de la moelle, elles étamines avec la corolle des parties ligneuses et corticales. Athénée et Galien ont observé que le métis d’une chèvre accouplée avec un bélier porte une laine assez douce et soyeuse; et Linnée a constaté que les agneaux d’une brebis suédoise, accouplée avec un bél ier mérinos d’Espagne , offraient une belle laine longue et fine, tandis que la laine restait grossière, quand le mâle était de race suédoise et la mère

de race mérinos. De meme Je Loue d* Angora avec une chèvre d’Europe engendre des métis à poils longs, doux et soyeux, au lieu que des Loues d’Europe avec dos chèvres d’Àngora donnent des produits à poils rudes et grossiers. Columclle et BufFon ont remarqué que la couleur des mâles passe à leurs dcscendans; ce qui n’est vrai que pour quelques espèces , par exemple pour les lapins, car les descendans d’un lapin gris, accouplé avec une lapine blanche, sont gris. Les oiseaux métis ressemblent plus à leurs mères, s’ils sont femelles, et plus à leur père, s’ils sont mâles. Cependant le mulet et le bardeau sondaient tenir plus de la mère que du père, le premier ayant la taille, la force, le poil et la démarche de la jument sa mère, et le second la taille , les forces, la crinière et la queue de l’ànesse sa mère. Le mulet, dans les pays chauds et montagneux comme l’Espagne, est préféré à l’un et à l’au're de ses pa rens, pouvant être employé plus utilement au bât , au trait, en même tempsqu’il sertde monture.

On croit que le mâle transmet plus ordinairement les bonnes qualités dont il est doué aux mâles de sa progéniture, si elles lui viennent de son père, et aux femelles, si elles lui viennent de sa mère; et que pareillement la femelle donne plus aux mâles des qualités qu’elle tient de son père, et plus aux femelles de celles

quelle tient de sa mère. Cependant l’on peut déjà juger parles aperçus précédens, que Ton ne peut établir avec certitude une règle générale et constante sur la part des mâles et des femelles dans la production des métis, puisque ce quia lieu d^ns une espèce n’a plus lieu dans l’autre. L’on voit que la nature répugne et résiste jusqu’à un certain point aux croisemens disparates-; qu’elle revient promptement aux races et aux espèces primitives plutôt que d’en produire de nouvelles , et que, pour rentrer plus vite dans les limites qu’on l’a forcée de transgresser dans les productions de certaines variétés ^ elle rend même difficile la fécondité de certains métis, par exemple celle des mules ; ce qui a donné lieu au proverbe latin cum peperit mula, pour dire jamais. Ainsi, au milieu de toutes les influences accidentelles, la nature conserve une tendance si forte à l’homogénéité et à la conservation des races et des tiges primordiales, que l’accouplement entre des espèces trèséloignées l’une de l’autre reste sans produit; car , selon Buffon , le jumart, que l’on avait cru provenir de la jument et du taureau , n’a jamais existé. Mais il n’en est plus de même de l’accouplement entre des races voisines ou d’une organisation rapprochée , comme cela se voit entre les diverses races d’hommes, de chiens, de hêtes à laine, d’oiseaux en captivité, et comme on bob-

serve aussi dans les plantes , en les privant de leurs propres étamines , pour leur communiquer le pollen d’une espèce rapprochée. C’est par la tendance de la nature à conserver la pureté de ses premières créations, que les métis ou mulâtres, en continuant à s’unir à une race primitive , reprennent tous les caractères de celle-ci après trois générations, selon Twis et Ulloa; ce qui arrive encore plus promptement parmi les oiseaux que parmi les autres espèces ; car les métis du faisan et de la poule, en s’unissant à des faisans, ont des petits entièrement faisans.

Il y a des transmissions directes et des transmissions indirectes des pareils aux descendans. Les premières s’annoncent par des indices ou des apparences manifestes dès l’instant delà naissance ; telles sont les sexes, les couleurs, les formes, l’habitude du corps ou de ses parties, les poils. Les transmissions indirectes ou de simple tendance attendent , pour se manifester , l’influence de l’âge, de la nourriture, du climat, des saisons, d’un accouplement d’une tendance similaire et d’autres circonstances souvent inappréciables ; telles sont les maladies héréditaires et les couleurs qui ne se développent qu’avec l’âge ou qui , par un changement de nourriture et de climat, arrivent à représenter celles des ancêtres. On sait que les alouettes et les moineaux prennent une

couleur foncée quand ils se nourrissent de chénevis, que le plumage des corbeaux blanchit avec l’age , que les cheveux de l'homme blanchissent plus tôt ou plus tard, selon les familles , quand même les couleurs de 1 enfance se sont ressemblées ; que , dans le Nord, l'hermine, 1 écureuil , le renne et d’autres animaux changent en blanc ou en gris pendant l’hiver, leur couleur d’été qui est plus rembrunie. C’esL aussi par une transmission de tendance ou indirecte que les garçons qui , dans l’enfance , diffèrent peu des filles, s’en éloignent davantage parles formes, les traits, les goûts et toutes les habitudes corporelles en avançant en âge , et que le poulain qui naît avec un duvet qui représente la robe de sa mère, se couvre plus tard du poil de son père. C’est par une même tendance que les qualités ou les vices des aïeux reparaissent à la seconde ou à la troisième génération avec tou Le leur énergie, après avoir paru assoupisdans la descendance directe. Quand il naît des agneaux noirs dans un troupeau composé entièrement de bêtes blanches, il faut également en chercher la cause dans une transmission indirecte de la part des ancêtres, ou dans des circonstances accessoires de chaleur, de nourriture, etc.

Selon M. Latreille et la plupart des naturalistes , les abeilles ouvrières peuvent devenir reines et mères quand, à l’état de larves et dans les trois

premiers jours de leur naissance , elles reçoivent la nourriture et une cellule de reine.

L’on peut conclure de ces considérations qu’il est bien difficile, pour 11e pas dire impossible, d établir des règles constantes et invariables pour la transmission des qualités accessoires par le croisement des races et des espèces , et que même il y a des variétés imprévues dans la transmission d es ca r a c te res pri n c i pa ux . G epen d a 11 1 1 es c liass u r s disent chienne de chien et chien de chienne , pour marquer que les mâles héritent des qualités de la mère , et les femelles des qualités du père, ce qui n’est pas toujours vrai , mais peut le paraître souvent par des coïncidences dont j’ai fait mention en parlant de la ressemblance des fils avec leur mère , et de celle des filles avec leur père. Pour laisser moins de doutes sur cet objet, je vais ajouter quelques nouveaux faits aux précédées; en les empruntant à M. Girou, dont le livre se recommande beaucoup plus par ses expériences que par ses théories.

« Parmi les produits d’un coq sans queue, dit cet auteur ( /. c. , p. 120 et ss. ), et d’une poule ordinaire, j’ai compté beaucoup plus de poulettes que de poulets sans queue , et les poulettes étaient plus complètement que les poulets privées de queue.

» Sur les produits d’un coq frisé et de poules

ordinaires, j’ai remarqué que les plumes des poulettes étaient plus dénuées de barbe et mieux frisées que celles des mâles; tous les résultats de cet appareillement ont eu constamment les plumes plus ou moins frisées, comme celles du coq, mais sous le rapport de la couleur , plusieurs ont ressemblé spécialement à la mère.

» Une chienne de chasse au nez double, ou dont les naseaux étaient séparés par une solution de continuité, et issue d’un père au nez double et d’une mère au nez commun , a été accouplée avec un chien au nez commun , et sur huit petits issus d’une meme portée , il y a eu quatre mâles au nez double, et une femelle au nez commun.

» Une chatte domestique , alliée à un chat sauvage , m’a donné deux chats qui ressemblaient à la mère, et qui étaient doux et familiers à l’homme comme elle , et une chatte qui ressemblait au père, et qui était sauvage comme lui. Celle-ci, bien plus rusée que ses frères , avait appris d’elleméme ou par imitation, sans doute , à ouvrir une porte, en passant la pâte par un trou pratiqué immédiatement au-dessous du loquet.

» Ce dernier fait me rappelle les résultats obtenus par M. de Spontin , de l’accouplement d’un chien braque avec une louve ; le mâle avait le naturel du loup, et la femelle celui du chien.

>» Sur quatre poulains que m’a donnés une ju-

ment arabe , trois mâles ont eu le poil de la mère et une femelle celui du père.

» J’ai vu reparaître dans les poulains mâles le poil de leur aïeul , et dans les pouliches celui de leur aïeule , qu’on ne trouvait ni dans le père ni dans la mère; le dernier de ces faits a été plus rare que le premier.

» Parmi les veaux issus de taureaux noirs et de vaches rousses , il y a souvent des mâles qui , roux en naissant , deviennent noirs dans la suite ; et parmi ceux qui proviennent de vaches noires et de taureaux roux , on rencontre quelquefois des génisses qui , rousses en naissant , deviennent ensuite noires ; mais je n’ai jamais vu que le veau, teint en naissant de la couleur de son père , prît ensuite celle de sa mère, ni que la génisse , teinte d’ahord comme la mère , prît plus tard la couleur de son père.

» Presque tous les poulains issus d’un cheval noir et d’une jument blanche , ou d’un cheval blanc et d’une jument noire, sont gris ; l’observation en a été faite par tout le monde.

» Les taches des animaux gris s’entremêlent par masse dans leurs descendans.

« L’albinos transmet son blanc de lait, ou il produit des animaux gris , ou l’influence de sa couleur devient nulle sur ses petits.

» J’ai vu souvent les produits de chiennes qui

avaient reçu plusieurs chiens de différentes races; les uns tenaient d’un père , les autres d’un autre ; mais jamais le meme chien n’a ressemblé à deux pères différens. »

L’ouvrage de M. Girou de Buzareingues contient beaucoup d’autres faits aussi curieux que ceux que je viens de rapporter à l’appui des principes que j’ai établis, tant sur les transmissions di rectes que sur les transmissions indirectes. Mais ses théories ou les conséquences physiologiques qu’il en tire, ne me paraissent pas toujours rigoureuses ni au niveau des progrès de la science , etpour n’en citer qu’un exemple, il dit, page i32 : « La ressemblance des formes est souvent accompagnée de celle de l’intelligence , et la ressemblance de la couleur et de la peau est souvent unie à celle des penchans et du tempérament. » On sait aujourd'hui , et Gall l’a prouvé jusqu’à l’évidence , que l’intelligence et les penchans qui en sont des reflets, n’ont de rapport qu’avec le cerveau , sans que les formes et la couleur y soient pour rien. Le tempérament et le cerveau ont aussi un rapport de corrélation entre eux.

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