‹ Anthropologie bolivienneChapitre 123 sur 199 · CHIQUITOS · texte numérisé non relu

CHIQUITOS

La répartition de l'état civil chez les Indiens Chiquitos et Mojos se rapproche sensiblement de celle que nous observons en Europe, où les habitants mariés ou veufs forment la moitié de la population. On se souvient que les chiffres du dénombrement ne fournissent pas la même proportion (voir p. joo); cela tendrait à prouver ou que les renseignements du dénombrement sont absolument inexacts, ou bien que l'ensemble de la population vit dans des conditions sociales inférieures à celles où se trouvaient jadis les Indiens dans les missions des Jésuites.

Il est peut-être permis de déduire encore de ce tableau le nombre des enfants vivants par famille au moyen du calcul suivant. Si nous supposons que le nombre des ménages n'a

ENQUETE DÉMOGRAPHIQUE DE LA MISSION. 277

numériquement pas varié, on peut considérer le nombre des enfants masculins et féminins vivants au-dessous de \ f\ et 12 ans comme issus des ménages (mariés, veufs et veuves) constatés par d'Orbigny dans chacune des deux provinces. Cela donnerait :

D , ru. .. , r . (3,253 -f- 2,633) x 100 Pour î oo ménages Chiquitos : î 1 1\ entants —, — - — , , „ , :

Tl > w • r p (5,107 + 5,3o3) X 100

Pour 100 ménages Moios : 107 entants ' , , , „ , r „ —

0 J ' 5,708 -f- '|.5/| -\- ùSô

D'où cette conclusion que les Mojos ont plus d'enfants vivants par famille que les Chiquitos ; c'est également ce que nous indiquera l'enquête directe de d'Orbigny sur le nombre des naissances annuelles par famille. Mais je me hâte d'ajouter cependant que les épidémies terribles qui déciment parfois certaines régions se chargent de bouleverser les moyennes les mieux établies.

Je ne veux pas oublier de faire remarquer que ces chiffres sont fort au-dessous de ceux que j'ai trouvés par l'enquête laite a l'aide de mes questionnaires pour les Aymaras (35'i) et les Quéchuas (262) [voir p. 273].

Le tableau suivant montre que : i° chez les Chiquitos et les Mojos, le nombre des naissances masculines est un peu plus élevé que celui des naissances féminines : 102 garçons pour 100. C'est un chiffre ta peu près normal, et on se souvient que je me suis étonné de ne l'avoir pas trouvé dans l'enquête de la Mission (voir p. 273).

20 Le nombre des naissances annuelles pour 100 ménages est de 2 7 chez les Mojos et de 24 seulement chez les Chiquitos, ce qui est, somme toute, une faible natalité (la moyenne générale de la France est de 26) , surtout si on considère les conditions tout à fait particulières où elle est obtenue.

Ce tableau, dit d'Orbigny^', paraîtra peut-être d'autant plus intéressant qu'il donne les résultats obtenus sur une population dont aucun membre n'est inutile à l'augmentation de la société, sous la zone torride, en des

1 Loc. cit. , p. •.* 1 .

ENQUÊTE DEMOGRAPHIQUE DE LA MISSION

lieux où l'on semble avoir réuni tous les moyens propres à obtenir, d'un nombre déterminé d'habitants, tout ce qu'on peut en attendre pour la reproduction de l'espèce, — les administrateurs et les curés prenant le plus grand soin à ne laisser que les vieillards libres de ne pas se remarier. Il existe même une coutume singulière, instituée par les Jésuites : celle de faire réveiller, une heure avant la messe, tous les habitants, sans les obliger à se lever, de même que l'habitude de ne laisser pousser les cheveux aux femmes que lorsqu'elles ont été mères. (Les jeunes couples qui n'ont pas d'enfants sont désignés sous le nom depelados.)

ANNÉES OliSERVÉES.

NAISSANCES

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