‹ Anthropologie bolivienneChapitre 47 sur 199 · II · texte numérisé non relu

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les hommes. Néanmoins elles sonL caractérisées par des fronts étroits et des fosses nasales larges, mais non débordantes jusqu'en dehors comme chez les hommes; les dents sont blanches, régulières. Les mains et les pieds sont toujours petits, mais carrés.

En ce qui regarde l'ensemble considéré au point de vue anatomique, on peut dire qu'il est beau par l'harmonie énergique de la ligne et le galbe des membres.

A partir de 12 ans, les jeunes fdles matacas se marient et gardent pour quelque temps encore les restes de leur beauté passée , malgré les mauvais traitements et la vie brutale à laquelle le mariage les condamne; mais tout cela dure peu, et il n'est pas rare de rencontrer des vieilles femmes affreuses qui ont à peine 'jo ans, couvertes de cicatrices causées par les épines de la forêt ou par une main

r'ig. 83. - - indien Mataco fumant la pipe. Colonie Crevaux (Grand Chaco bolivien.)

Observations. — Sa pipe est en bois et ressemble un peu à une embouchure d'instrument de cuivre. Le

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de 1 embouchure. Le tirage n est pas ia< ne , ei t est pom cela qu'il tire fortement. A remarquer l'espèce de gilet de tricot sans manche qu'il porte sur le corps. C'est une cotte de mailles faite en caraguala ou chaguar. Cette cotte de mailles a jusqu'à un centimètre d'épaisseur ; elle amortit parfaitement les coups et garantit des blessures des flèches.

gie de la tribu.

Chez les hommes la nudité est complète, excepté les colliers de plumes et une ceinture de cuir d'où pend une vieille lame de couteau, un petit sac où se garde la pipe, un peu de tabac et les couleurs pour se peindre. Il faut y ajouter une série de menus objets très

128 GRAND CIIACO BOLIVIEN. — MATACOS.

divers — sortes de reliques — qui rappellent à leur propriétaire les faits les plus importants de sa vie. Faisant un jour l'inventaire de ces rclirjues, M. Amédée Baldrich(1) a trouvé des restes de cendre, des pointes de flèche, des fragments de côte ensanglantée, des écailles de poissons, des plumes d'oiseau, des feuilles sèches, des touffes de cheveux, des peaux de serpents, etc.

« Interrogeant le propriétaire sur tout cela, et lui demandant de me déchiffrer cette énigme, l'Indien, en me regardant avec défiance, médita un instant et ensuite, retirant du sac tous ces objets, les plaça d'abord devant lui en ligne. Un instant après, il me fit connaître, sans émotion apparente, les événements que chaque objet lui rappelait. Pour moi ces reliques bizarres étaient sans signification, pour l'Indien c'était un livre qu'il lisait couramment sans hésiter, livre tantôt trivial, tantôt plein de pages palpitantes, amoureuses, criminelles; tout était riant ou sombre.

C'est, en quelque sorte, en petit et pour un individu, l'histoire et les vicissitudes d'une race en une pénible succession de siècles innombrables. »

Les Indiens (jaisnayes campent dans tout le territoire dit de Piquiranda. Ils sont grands et forts. Ils ont l'aspect féroce, la figure barbouillée de rocou et de noir de fumée. Ils sont tous armés de longs couteaux. Ils ont de nombreux troupeaux de brebis, de chevaux, de bœufs. Une peau de mouton leur sert de vêtement; ils se nourrissent de farines et de viande rôtie, des fruits de la tusca, de caraotta et de \njlor d'œnea. Du chahar ils préparent une boisson fermentée semblable à la chicha des Tobas.

(1) «EoslndiosMataguayos», conférence Boletin rlel Instituto argentino , t. X, 1889, par le capitaine D. Amadeo Baldrich. In p. 2 1/1-233.

TOBAS.

2. Les Tobas sont disséminés dans les bois entre le Pilcomayo et le Berniejo.

La tribu des Tobas — dit M. A. Thouar'1' — est une des plus considérables de celles qui peuplent le Grand Cbaco boréal ; il est difficile de lui fixer des limites géographiques, car ces Indiens sont tous nomades; on les rencontre au loin sur les rives du Pilcomayo, associés aux Chorotis, aux Matacos, auxGuisnayes, qui paraissent être de même race. Us sont grands, d'une taille au-dessus de la moyenne, forts, robustes et bien musclés; la couleur de leur peau est un peu plus foncée que celle des Chiriguanos; ils se tatouent la figure . la poitrine et les bras ; dans le lobule de l'oreille ils introduisent la rondelle de bobo, souvent fort large, qui constitue un de leurs plus précieux ornements; leur vêtement est un poncho de grosse laine, roulé le plus souvent autour de la ceinture. Ils sont paresseux, portés au vol et au pillage, se livrent exclusivement à la pêche et à la chasse et ne font aucune culture; leurs mains sont si délicates qu'à manier une hache, ce qui n'est point dans leurs habitudes, il leur vient facilement des ampoules.

Leur case, de forme conique, est faite de branches d'arbres; l'entrée est basse et étroite; ils vivent en groupes, commandés par un capitaine. Ils ont un profond sentiment de la famille et un grand respect pour les vieillards. Les naissances ne sont marquées par aucune des cérémonies en usage chez les Chiriguanos; ils se moquent d'ailleurs de leurs jeûnes fréquents et prolongés.

Quand la fille d'un capitaine atteint fàge de puberté, sa famille l'enferme deux ou trois jours dans la case. Tous les Indiens de la tribu vont alors à la chasse et à la pêche et s'efforcent de rapporter le plus possible de gibier et de poissons, qu'ils font rôtir chaque soir, afin de mieux le conserver pour le jour de la i'ète. Un Indien mataco est appelé pour jouer du pin- pin. Placé en face de la hutte et armé d'une baguette, il frappe sur l'instrument comme sur un tambour, et, par un mouvement de déhanchement rapide, met en cadence le channa-channa, ceinture attachée autour de ses reins à laquelle sont suspendus de petits morceaux de bois , des graines, des écailles de tortue, des os d'animaux, etc. H commence à tapoter dès le premier jour, de bonne, heure, et, chantant et dansant, il continue ainsi sans interruption jusqu'à ce que se termine la fête, qui dure nuit et jour pendant deux ou trois semaines. On lui apporte à manger et à boire.

(I) Loc. cil. , p. 60-66.

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