‹ Anthropologie spéculative générale (volume 2)Chapitre 12 sur 70 · DES SENSATIONS EXTERNES ET DES PERCEPTIONS · texte numérisé non relu

DES SENSATIONS EXTERNES ET DES PERCEPTIONS

Le sens le plus ingrat, en fait de sensations, est celui de la vue. Il n'en donne, en effet, que quand il y a irrégularité dans ses fonctions : le plaisir esthétique qui est la conséquence de la vue des ob-

^ Nous traiterons sous un même titre des sensations et des perceptions, pour ne pas séparer des faits qui se tiennent étroitement, qui sont soumis aux mêmes conditions externes et organiques, et même aussi pour ne pas revenir plusieurs fois sur les mêmes choses.

jets beaux, est bien moins une affaire de sensation que de sentiment; il est beaucoup moins dû par conséquent à la perception qu'à la raison. C'est ce que nous ferons voir en son lieu (V. l'^'^thétique). Il en est de même du plaisir de l'ouïe, ou de la musique. Les couleurs , telles que nous les concevons maintenant, supposent l'étendue, qui n'est pas une sensation, ni même une perception, mais une conception. Nous l'établirons plus tard.

Le toucher est susceptible d'une foule de sensations, mais particulièrement de celles de chaud et de froid, de sec et d'humide. Celles de poli, de raboteux, etc., supposent aussi l'étendue.

Il y a des parties du corps beaucoup plus sensibles au toucher et à certains modes du toucher que d'autres.

L'odorat et le goût sont enfin les deux organes de sensations par excellence.

Suivant Cabanis, la pulpe nerveuse serait de plus en plus mise à nu , suivant le degré de délicatesse de plus en plus grand de l'organe, c'està-dire depuis le toucher jusqu'à la vue, en passant par les intermédiaires du goût, de l'odorat et de l'ouïe.

Puisque les organes de l'odorat et du goût sont les instruments les plus exclusivement appropriés à la sensation, nous commencerons l'étude des sens par ces deux organes, et nous continuerons par l'ouïe et la vue. Si nous finissons par le toucher, ce n'est pas que ce sens donne moins de sensations proprement dites que l'ouïe et la vue,

puisque au contraire il en donne davantage; mais c'est qu'il est le seul qui donne primitivement à la raison une occasion suffisante de poser l'extériorité , et qu'il est ainsi l'organe perceptif et surtout objectif par excellence.

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