‹ Anthropologie spéculative générale (volume 2)Chapitre 59 sur 70 · IV. Raison. — Les conceptions. — Le raisonnement · texte numérisé non relu

IV. Raison. — Les conceptions. — Le raisonnement

« La raison, conçue comme faculté spéciale (ou comme fonction particulière de l'intelligence), est une création hypothétique.» — Et cependant l'auteur entrevoit la différence entre les conceptions, les idées et les intuitions, quoiqu'il appelle tout cela du nom commun de perceptions ou d'idées. Mais il fait des unes et des autres des modifications cérébrales. Toutes nos idées, dit-il, sont associées à des mouvements de la matière nerveuse comme des effets à leurs causes.

Y. Sentiments. — Broussais confond certaines conceptions avec les sentiments qui les suivent, et qu'il appelle sentiments supérieurs. C'est pour-

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quoi il dit qu'ils sont tous représentatifs. Mais il ne voit en eux que des instincts supérieurs; tels sont : le sentiment de la sociabilité , le sentiment religieux; celui du devoir, de la justice ( qu'il donne aux animaux), etc.

VI. Conscience et réflexion. — « L'idée de la conscience vient elle-même des sens : elle n'est pas antérieure à toute perception. Ce qu'on appelle ses phénomènes doit éprouver des interruptions. Elle est dépravée dans la folie , nulle dans la démence.»— V. n'' IL

VII. Instinct. — « Règne seul chez l'enfant naissant; naît dans l'encéphale; est perçu parla représentation personnelle; se mêle aux idées, aux sentiments ; est un effet de l'appareil nerveux. » —V. n« II.

VIII. Locomotion. — « Les muscles sont mis en mouvement par la matière nerveuse. » — V. n*' II.

IX. Langage. — « Produit par des sons et des signes.» — V. n*^ IL

X. Volonté. — « Dépend du développement des organes de la comparaison et de la causalité; est un résultat de l'action de la substance cérébrale ; est détruite par l'excès d'excitation. » — V. n° IL

XL Passions. — a Le physiologiste ne peut voir dans l'émotion agréable ou pénible qui sert de pivot à la passion, et de mobile aux actions de l'homme autre chose qu'une excitation du système nerveux ; et, en observant l'homme toujours de plus près, il finit par se convaincre que ses mobiles doivent leur puissance sur la volonté à la part qu'y prennent les viscères. En effet, l'amour-

propre, s'il est satisfait, réveille le sentiment de joie; s'il est blessé, il développe le sentiment de tristesse, qui est bientôt suivi du sentiment de colère. Or ces trois sentiments , dont l'origine est dans l'encéphale, ont pour effet constant une stimulation de l'appareil nerveux viscéral; et cette stimulation, réfléchie sur l'encéphale aussitôt que produite, est la puissance secrète qui fait cesser notre hésitation et détermine nos actes.» — V. n'* II.

XII. « La liberté, suivant Broussais, n'est pas un fait de conscience; et, quoiqu'il nous semble que nous soyons libres, nous ne le sommes réellement pas. Des impulsions secrètes nous déterminent toujours. Le fou, le monomane, ne se croit pas moins libre que nous. La liberté se rattache à la perception cérébrale. » (n, p. 141-146.) — V. n*' IL

« La pensée tout entière n'est donc que le résultat de l'action de la substance cérébrale. » (n, p. 63.)— V. n« IL

Quant au principe pensant lui-même, il ne peut être, suivant Broussais, qu'un phénomène intermittent, destructible, subordonné à l'état de la matière nerveuse encéphalique. « L'ame, ne pou- » vaut être une substance, n'est rien; et si elle » est quelque chose, c'est un sentiment qui existe » uniquement dans notre cerveau, et qui se dé- )> veloppe avec une représentation du concret. Si » cela est , ce n'est pas la peine d'en parler. J'ai- » nierais mieux mettre l'ame dans la représenta- » tion personnelle, qui est, comme nous l'avons » prouvé, un acte du cerveau; et c'est effcctive- }> ment ce qu'ont fait les derniers psychologistes.

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» à l'exemple de Descartes (t. i, p. 563). » — C'est là une erreur historique née du besoin d'une autorité à l'appui d'une erreur dogmatique. Descartes et les spiritualistes modernes entendent par a?>ze quelque chose de plus que la conception de soimême comme pensée: ils conçoivent par-là un sujet substantiel dont la pensée est le mode ou l'état. Ils expriment, il est vrai, ces deux choses réunies par le mot personne; mais il ne faut pas leur faire dire que la notion de sujet réel est exclue de la représentation personnelle.

Broussais attribue pour rôle au système nerveux <( de transmettre les stimulations d'une partie de l'économie à l'autre, et dit qu'en le remplissant, il fait paraître cinq ordres de phénomènes : l'' les mouvements oscillatoires du cœur et du système vasculaire ; 2** les mouvements contractiles des fibres musculaires viscérales; 3** les mouvements des muscles respirateurs, toujours coordonnés avec ces derniers et attestant l'intervention de l'encéphale ; 4" les mouvements de ces muscles et de ceux de la voix et de la locomotion dans un ordre et dans un but que l'on peut saisir, mais sans opération intellectuelle; phénomène de pur instinct, qui n'est lui-même que l'expression des premiers besoins donnée par l'appareil nerveux encéphalique; 5*^ enfin, les mêmes mouvements sous la direction de l'intelligence , qui tantôt les coordonne d'après les suggestions qu'elle reçoit de l'instinct, et tantôt d'après les désirs, qui ont leur source dans le besoin d'observation. » (P. 119 et

Nous croyons inutile de nous livrer ici à des observations critiques, qui ne seraient, en grande partie, que la reproduction de celles que nous a suggérées la doctrine de Cabanis ^

SECTION QUATRIÈME

lU. MageiMlie,

Nous insisterons peu sur ce physiologiste, par la double raison qu'il s'est beaucoup moins occupé des phénomènes animiques que les deux précédents , et parce que M. Mùller, qui a écrit après lui, reproduira celles de ses observations qui nous intéressent le plus.

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