‹ Anthropologie spéculative générale (volume 2)Chapitre 60 sur 70 · I. Des sensations et du système nerveux en général · texte numérisé non relu

I. Des sensations et du système nerveux en général

« Les sensations , de même que les autres fonctions de l'économie animale, sont le résultat de l'action des organes, et sont par conséquent essentiellement actives. » — L'auteur commet ici deux fautes : il attribue complètement à l'organisme ce qui ne lui convient qu'en partie, et prend le mouvement pour l'activité.

— « On peut dire que, pour la forme et la couleur, il n'y a pas deux nerfs qui se ressemblent. »

— « C'est en s'anastomosant, que les nerfs forment des plexus. »

— « La substance des nerfs jouit des mêmes

^ Voir d'ailleurs, pour l^appréciation du matérialisme contenu dans Touvrage de V Irritation et de la Folie, le chapitre III, 1. 1, de la Physiologie de M. Blaud; et, pour la réfutation du matérialisme du môme auteur, exposé dans ses Leçons de Phrénologie, la fin du présent Livre sur le Rapport du Physique et du Moral.

propriétés que la substance cérébrale (?), et chaque nerf reçoit des artérioles nombreuses relativement à son volume, et présente des radicules veineuses en nombre proportionné. »

— « L'action des nerfs doit être rangée parmi les actions vitales, qui ne sont susceptibles, dans l'état actuel de la science, d'aucune explication. Ni la vibration des cordons nerveux, ni le prétendu fluide nerveux^ ni même V électricité, ne sont des explications satisfaisantes de la transmission des sensations. Et cependant, nul doute que les nerfs ne soient des agents de la transmission des sensations. » — Il est vrai qu'on n'explique point la sensation par aucune cause mécanique, physique, ou même chimique. Il y a plus : on ne l'expliquera jamais. Ce sont là deux ordres de phénomènes qui sont essentiellement différents : jamais donc il n'y aura entre eux la moindre liaison mécanique ou logique. L'auteur s'abuse donc complètement dans ses espérances. La raison de cette erreur tient à cette autre erreur, que les sensations sont transmissiblcs.

— « Les nerfs sensibles ont pour caractère anatomique d'offrir un ganglion près de leur origine. »

— « On ignore complètement l'utilité des anastomoses nombreuses entre les nerfs; les suppositions qu'on a faites pour en expliquer l'usage , ne font que montrer que la physiologie est encore à son berceau. »

— « Les os, les ligaments, les cartilages, et même plusieurs nerfs, les tendons, les aponévroses, sont insensibles dans l'état sain, et peuvent

même être brûlés, coupés, déchirés, sans que le cerveau (le moi) en soit averti. »

— « Rien n'est plus compliqué , plus difficile en anatomie, que l'étude de l'organisation du cerveau. »

— ■ « La plus grande partie des hémisphères du cerveau, sinon la totalité, est insensible aux piqûres, aux déchirements, aux sections, et même aux cautérisations. »

— « Un animal peut vivre plusieurs jours, et même plusieurs semaines, après la soustraction totale des hémisphères. »

— « Cette soustraction, sur certains animaux, tels que les reptiles, ne produit presque aucun changement dans leurs allures habituelles; il serait difficile de les distinguer d'animaux intacts. »

— « Les sensations n'ont pas leur siège dans les hémisphères, puisqu'elles subsistent après l'ablation de ces parties : la vue seule est anéantie par suite de cette opération. »

— « Il faut distinguer les nerfs du mouvement de ceux de la sensibilité. On voit souvent une même partie se mouvoir et être insensible , et réciproquement. Les racines antérieures des nerfs spinaux président aux mouvements de toutes les parties du tronc et des membres. »

— « La volonté est l'occasion du mouvement; mais elle ne le produit pas directement. »

Elle est, au contraire, la cause animique première des mouvements volontaires. Elle fait mouvoir les muscles par le moyen des nerfs. Elle est donc plus qu'une cause occasionelle; les nerfs et

les muscles ne sont que des causes instrumentales, et non la cause efficiente du mouvement volontaire du corps. INous ne voyons donc pas bien ce que veut dire l'auteur dans la proposition suivante: «Des expériences ont démontré que, chez les hommes et les animaux mammifères, la volonté a plus particulièrement son siège dans les hémisphères cérébraux; tandis que la cause directe des mouvements paraît, au contraire, siéger dans la moelle épinière. » Ce qui fait penser à l'auteur qu'on peut ainsi distinguer la cause des mouvements volontaires en deux causes particulières, l'otie animique, et l'autre organique, c'est que « si l'on sépare la moelle épinière du cerveau par une section faite derrière l'occipital , on empêche la volonté de déterminer et de diriger les mouvements, sans empêcher les mouvements eux-mêmes. » — Mais il nous semble qu'alors les mouvements ne doivent plus s'appeler volontaires. Du reste, l'auteur fait à ce sujet une réflexion historique qui mérite d'être pesée : « C'est qu'on peut expliquer les obsessions des temps d'ignorance par les maladies qui livrent des individus à des mouvements bizarres et involontaires. »

— « On parle beaucoup, dans les ouvrages modernes de physiologie, de la sensibilité propre aux bouches absorbantes veineuses : elles sont douées d'un tact fin et sûr par lequel elles discernent les substances utiles et s'en emparent, tandis qu'elles repoussent les substances nuisibles. Ces suppositions ingénieuses, qui ont un charme particulier pour notre esprit avide d'images, sont

détruites aussitôt qu'elles sont soumises à l'expérience. »

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