‹ Anthropologie spéculative générale (volume 2)Chapitre 8 sur 70 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De la Vie humaine proprement dite.

SECTION PRE3IIÈRE.

Oes itifférentes JFoncUoÈts tle t'ante hutnalne, ot€ fie la T'ie itètetiecttëetle»

Il faut remarquer avant tout que ce que nous appelons la vie humaine proprement dite contient une multitude de choses communes à la vie animale, par exemple les sensations, les perceptions, l'instinct, etc. Nous nous sommes cru obligé de ne pas donner exclusivement sous ce titre ce qu'il y a de propre à l'homme, par la raison : 1° que les capacités ou facultés qui ne se trouvent qu'en lui sont intiniement liées cependant à celles qui lui sont communes avec les animaux; 2^ que la différence n'est quelquefois qu'en degrés; 3*^ que la méthode analytique ne permet pas de distinguer encore avec précision , dans l'étude de la vie d'un

degré supérieur, ce qui est spécial à ce degré, et ce qui lui est commun avec les degrés inférieurs. Ce n'est donc que dans la synthèse qui terminera, en forme de résumé, ce travail analytique sur la quadruple vie de l'homme, que nous pourrons faire la part de chacune d'elles d'une manière plus stricte.

Maintenant, pour déterminer le nombre des fonctions ou aptitudes de l'ame humaine, nous ne pouvons qu'observer les différents états de cette ame, et les concevoir de manière à obtenir les divisions et subdivisions nécessaires. Nous procéderons ainsi a ^posteriori et a priori tout à la fois. Or, nos aptitudes peuvent très-bien se diviser d'abord en passives et contemplatives , ei en actives et pratiques.

Les premières sont : 1* la sensation, 2*^ la perception, 3" l'entendement, 4° la raison, 5° le sentiment, C° la conscience et la réflexion; — suivant qu'il s'agit d'une sensation ou affection corporelle, de la perception des choses extérieures, du travail de l'esprit sur les matériaux sensibles de la connaissance, des conceptions ou notions qui sont le produit immédiat de la raison quant à la matière et quant à la forme tout à la fois, des affections morales qui naissent à la suite de certaines conceptions, enfin de la connaissance vague spontanée ou réfléchie que nous avons de tout ce qui se passe en nous.

Les secondes, qui correspondent aux premières, sont : 1^ l'instinct, 2" la locomotilité, 3" la parole,

A° la volonté, 5^ les passions, 6" la liberté et l'empire de soi.

Cependant cette division et cette classification * n'ont rien de bien rigoureux : nous ne sommes ni toujours passifs et contemplatifs dans le premier ordre de facultés, ni toujours actifs dans le second. Il y a un autre inconvénient encore dans cette distribution des aptitudes : c'est que le second moment d'un phénomène interne complet se trouve renvoyé trop loin de celui dont il dépend; la réaction tient immédiatement à l'action.

Mais ces inconvénients., et tous ceux qu'on pourrait signaler encore, sont la conséquence nécessaire de tout ordre qu'on cherche à établir dans l'étude des fonctions de l'esprit. Un ordre quelconque destiné à faciliter l'étude par le moyen de l'abstraction et de la classification, est désordre si on le compare avec la nature; tout ordre brise des rapports naturels : car rien n'est plus intimement un que le mécanisme intellectuel; l'analyse fait donc toujours abstraction d'un rapport, et cependant nous ne pouvons étudier qu'à la condition de décomposer ainsi.

Il n'y a donc point de division ni de classification en psychologie qui soient à l'abri de tout reproche, parce que les parties du tout à diviser sont entre elles dans un rapport mutuel constant et universel.

Voici la division et la classification que nous adoptions autrefois, mais qui présentent aussi des inconvénients.

^Sensibilité pliy- < externe, l il

sique l interni'.

t" moment — Capacité/ /-téléologique.

/ , ^ pnysique \ .iijjqup,;,

/ Sensil)ililé ^ vicgique. •

Î Instinct.

Emotion.

Inclination.

Hahitudc.

Passion.

^Perception externe. —RécepliAilé.

AniTiDES / I i'T moment -- Capacités l Perception interne. -- Conscience.

ilii mi'i ^ / (Conceptions. — Raison.

S Mémoire.

Association des idées. Imagination.

Abstraction.

I considérées i^ifîfii^i'f "«"' lthéoriquement./S-;^f,"-

l I Déduction.

s \ Signification ( lan-

I \ gage)-

2' moment-- Facultés / /Esprit, bon sens,

\ j finesse.

1 Sagacité , pénétra- B tion.

composées t Subtilité.

relali\ement J Profondeur.

aux / Etendue, élévation,

précédentes , ^ Ingéniosité, ou celles-ci 1 Bonne tète, considérées 1 Talent, pratiquement. S Originalité, j ,> . .

[invention. }('eme.

1 Tact social , arlis- ^ tique. ~ Goût.

Il y a dans toute détermination du moi activité, soit fatale, soit spontanée, soit volontaire ou libre. C'est pourquoi nous ne donnions aucune place distincte à l'activité et à ses différentes formes : elle n'est nulle part spécialement, parce qu'elle est partout.

Nous suivrons notre première division, mais en y ajoutant, par forme de complément, les facultés relativement composées qui se trouvent à la fin de ce tableau, et qui ne sont que des dénominations données par le vulgaire à l'exercice com-

plexe d'un certain nombre de capacités et de facultés fondamentales.

En sorte que cette première partie de l'anthropologie (la vie normale intellectuelle générale) se résume ainsi :

Î primitives et relativement simples / |^"|; i'rat'i'ftiè'^"'^' secondaires et relativement composées. — Voir le Tableau précédent. Nous examinerons plus tard s'il n'y aurait pas de réduction possible.

La correspondance immédiate des fonctions physiologiques avec les aptitudes de l'ame peut être indiquée à peu près de la manière suivante :

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