APTITUDES. ORGANES CORRESPONDANTS
i° Instinct De nutrition et de reproduction.
2o Locomotilité Muscles , nerfs.
3' Langage Organes phonétiques. —Phonation.
4° Volonté Cerveau ( ?;
5" Passions Viscères.
6" Liberté et empire de soi Cerveau (?)
SECTION DEUXIÈ3IE.
Ordre à awivre Aans t'étutie ttes AMttituéies ae l'atne»
Mais quel ordre suivrons -nous, maintenant, dans l'étude des fonctions de la vie animique? Un ordre inverse à celui que nous avons établi précédemment par rapport aux différentes déterminations spéciales de la vie. ÎNous commencerons
par le caractère le moins élevé de la vie animique, la sensation et Y instinct, et nous finirons par le. plus élevé, la conscience et la liberté.
La raison de cette dernière marche est double : 1° la facilité plus grande à faire la description des phénomènes psychiques en procédant ainsi qu'en suivant la marche inverse; 2° l'ordre chronologique du développement de nos idées.
Les déterminations intermédiaires aux quatre ci-dessus mentionnées sont, d'une part, la perception , l'entendement, la raison et le sentiment; d'autre part, la locomotilité, la parole, la volonté et la passion.
Ainsi, et en résumé, nous avons six moments dans la première série, et six moments dans la seconde. Ils se correspondent d'une série à l'autre de cette manière : l'instinct à la sensation , la locomotilité à la perception, le langage à l'entendement, la volonté à la raison, les passions aux sentiments, la liberté et l'empire de soi à la conscience et à la réflexion.
La sensation est un des deux points par lesquels l'homme touche à l'animal ; l'instinct est l'autre de ces points. Il y a donc là comme deux séries distinctes, l'une contemplative, l'autre pratique. Les deux points de départ (sensation, instinct) tiennent à la brute; les deux points aboutissants (la raison et la conscience) touchent à Dieu.
L'homme est donc le véritable anneau entre le ciel et la terre. C'est parce qu'il résume tout, qu'il est plein de contradictions et de misères; mais c'est là aussi ce qui fait sa grandeur. Cette na-
ture mixte, intermédiaire, devait être ce qu'elle est : il n'y a rien de mystérieux dans la double nature de l'homme, dès qu'on l'envisage sous ce jour; et, loin de ne pouvoir la comprendre sans recourir à une explication cent fois plus obscure encore que cette nature, on ne conçoit même pas que l'homme , ayant la destinée qu'il a , puisse être autrement qu'il est.
C'est déjà là une première échappée très -profonde, très-féconde, et très-claire en même temps, que nous ouvre l'anthropologie; mais la psychologie seule ou la physiologie seule ne pouvait nous la faire connaître.
Cette contradiction n'est point particulière à l'homme : elle est universelle; tout est dualistique: l'unité elle-même n'a un nom, n'est conçue, que par opposition à la multiplicité; l'opposition est la condition de l'existence et de l'ordre \
< Nous ne ferons qu'indiquer ici très -sommairement les
points de vue fondamentaux opposés des principales sciences
et des principaux arts.
1° Sciences physiques : Le plein et le vide (la matière et l'espace), l'opposition respective des forces ou des atomes (l'impénétrabilité), la cohésion et la répulsion (différentes formes des corps : gazeux, liquides, solides). — Le positif et le négatif des propriétés des corps (du calorique, de la lumière , du son, de l'électricité).
2° Sciences mécaniques : Le repos et le mouvement (statique, dynamique). — Statique: équilibre de forces opposées. Dynamique : puissance et résistance (la force, en soi, n'a pas de point d'appui). — Astronomie : Attraction et impulsion.
5° Sciences mathématiques : L'unité et la multiplicité, le pair et l'impair, l'addition et la soustraction, ,etc. Arithmétique. L'unité et la multiplicité, etc. , indéterminées. Algèbre.
Mais il nous reste encore à savoir, pour compléter la solution de la question qui nous occupe
Le point et la ligne, la ligne et la surface (périmètre^ aire, figure) ; la surface en tout sens et la solidité (forme ,solidité). Géométrie.
L'application du nombre à l'étendue ( extensive , protensive, intensive), et le rapport de l'unité absolue à la multiplicité absolue. Calcul infinitésimal, lio Sciences naturelles : Opposition des grandes masses terrestres, unité de la diversité. Géologie.
La force atomistique et les atomes ; affinités positives et négatives. Minéralogie (Cbimie inorganique.)
Force vitale opposée aux forces physiques ; — corps organiques (fluides et solides).
Inertie et développement ; — assimilation et déperdition ; ■ — deux sexes (plantes). Botanique.
Matière et sensibilité, inertie et activité, corps et ame : Zoologie.
50 Sciences chimiques: Affinités positives et négatives des corps 1° simples, 2° composés inorganiques; — organiques (force vitale inconnue, recomposition artificielle impossible; — opposition des forces physiques et des forces vitales). 6° Sciences médicales : La santé et la maladie, la vie et la mort. 70 Sciences métaphysiques : Opposition de la matière et de l'esprit.— Psychologie rationnelle : Moi et Non-moi.
Opposition du visible et de l'invisible dans le monde. Cosm,ologie rationnelle.
Opposition de Dieu et du monde, — du Dieu manifesté et du Dieu rationnel pur. Théologie rationnelle.
Opposition de l'être et du néant, de l'être et de ses déterminations rationnelles. Ontologie j)ure.
Rapport d'opposition entre la pensée et l'être. Logique objective.
Formes nécessaires de la pensée : matière et formes de l'idée, du jugement, du raisonnement. Logique subjective. — Méthode (analyse et synthèse, définition, division, classification.) 8p Sciences morales : Du juste et de l'injuste {^Droit)', — du
actuellement, si nous épuiserons la première série (celle des capacités) avant de passer à l'étude de la seconde (celle des facultés), ou si nous ne
bien et du mal (Morale); — de l'utile et du nuisible (^Economie domestique et sociale.) 9° Arts utiles : Moyen et fin.
10° Beaux arts : Unité dans la diversité, — forme et matière. I |o Jrts plastiques : Nature et art (matière et forme). 12o Jrts expressifs : Pensée et expression. l5o Grammaire : Sujet et attribut.
1 4" Eloquence : Refroidit le cœur en paraissant éclairer ou en éclairant réellement l'esprit, et trouble l'esprit en échauffant le cœur.
i3o Poésie : Enthousiasme, imager les idées de la raison pure
et idéaliser les images. 16° Jrts moraux : Législation: Art d'organiser la lutte des passions et des intérêts. — Economie politique : Art d'organiser les industries contraires, et de les mettre toutes d'accord avec la destinée de l'homme. — La Pédagogie : art d'organiser les mobiles contraires de l'homme , pour qu'il marche plus sûrement et plus rapidement à sa fin. L'histoire atteste ce duel : partout, en politique, en philosophie, en religion, il y a mouvement et repos, vie et mort, liberté et contrainte. Le défaut d'antagonisme est le repos de la mort ; c'est plus que cela, c'est le néant de la pensée : car toutes nos conceptions se constituent par opposition; l'opposition est donc la condition de toute genèse, de toute existence, de toute pensée.
La reHgion chrétienne est fondée sur des idées ainsi opposées : telles sont celles de latrinité (=dualité-|- rapport), de Dieu fait homme (=Dieu et homme -}- rapport) , etc.
D'ailleurs, il y a long-temps que cette conception d'une opposition universelle a frappé l'esprit humain; elle remonte au moins à Platon, aux Eléates, à Heraclite (sp<y), à Pythagore, qui faisait delà dualité indéterminée (àop/ffTof S'va.i) le principe des choses. Cette dualité engendre trinité , et unité par le rapport de ses termes. La dualité est ce qu'il y a de premier et de réel dans ses termes; le rapport de ces deux termes n'existe pas au même titre qu'eux; la trinité est donc ontologiquement, logiquement et chronologiquement inférieure à la dualité.
24 DE LA VIE nUMAIIVE
passerons pas alternativement de l'une à l'autre, en faisant suivre immédiatement chaque capacité de la faculté qui lui correspond.
Si la liaison entre la capacité et la faculté correspondante était en général plus intime que celle qui existe entre les diverses capacités; si surtout les capacités et les facultés n'avaient pas dans chaque série une analogie plus grande que celle qui existe d'une série à l'autre, nous pourrions suivre la seconde marche, c'est-à-dire étudier les capacités et les facultés par couples de deux formés en prenant dans l'une et l'autre série; mais, comme nous croyons que c'est le contraire, nous suivrons la première marche, c'est-à-dire que nous épuiserons l'étude de la première série avant de passer à la seconde.
SECTION TROISIÈME
Des AptiÎMdea première*»
De la fSensatlon.