DE LA. VIE VÉGÉTATIVB
juridiques , morales et religieuses ; il l'est par le libre arbitre , par la paille, l'éducabilité et le perfectionnement deTindividu, de Fespèce; il Test par la personnalité, parla position de lui-même, ce qui rend Tindividu respectable à ses propres yeux et à ceux de ses semblables.
Cest à ces avantages que nous devons aussi beaucoup de maux et de misères auxquels les animaux ne sont pas.sujets : par exemple la folie et le suicide. La folie et Timbécillité tiennent surtout, Tune aux fausses applications des conceptions de la raison proprement dite, l'autre à l'impuissance de cette faculté, et quelquefois aussi à l'imagination productive (dans le cas d'hallucination et de monomanie par exemple). Le suicide tient immédiatement à la réflexion.
L'âme des animaux difl'ère donc spécifiquement de celle de l'homme, et non simplement en degrés.
Préexiste-l>elle comme substance et comme ame à la naissance de l'animal, ou commence-t-elle avec lui? Je ne sais : mais il paraît plus raisonnable d'admettre qu'elle n'est créée, si la substance peut l'être , que pour le besoin actuel de l'animation, et que, comme ame, elle n'existe que du moment où elle informe le corps. Survit-elle à la mort de l'animal? Oui, comme substance, à moins d'un acte spécial de la Divinité pour la détruire, si toutefois la substance, l'être, peut être détruit; mais nous ne pouvons dire si elle survit naturelJcment comme ame; car on ne peut trouver dans la justice et la bonté divines des raisons suffisantes de croire à l'immortalité de l'ame des bêtes.
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Les raisons tirées de la justice sont peu sensibles : car, d'une part, les animaux, étant dépourvus de la réflexion, souffrent beaucoup moins queJ'homme. Ils ne souffrent d'ailleurs jamais que du présent et du réel , tandis que l'homme souffre du passé et de l'avenir, exalte sa douleur, et multiplie ainsi le mal réel. D'un autre coté, il y a peut-être compensation de biens et de maux pour l'animal sur la terre; peut-être aussi que, n'étont pas des êtres doués de moralité , les animaux n'ont pas de droits à la rémunération , de même qu'ils échappent au châtiment. Mais ne seraitwl pas plus digne de la souveraine justice de leur tenir compte du mal physique qu'ils ont souffert, et de les en dédommager? Et puisqu'ils sont des êtres sensibles, ne serait-il pas digne encore de son infinie bonté de les rendre heureux? Serait-il contraire à sa puissance et à sa sagesse de les rendre indéfiniment perfectibles ainsi que l'homme?
Où commence et où finit l'animalité? Y a-t-il des êtres supérieurs à nous, mais semblables à nous, c'est-à-dire ayant un corps et une ame? L'univers aurait-il été créé pour la terre seule , ou tous les corps célestes les uns pour les autres , et chacun pour être le séjour de créatures sensibles et raisonnables? Ou bien riH)i&me, en quittant la vie, ne pourrait-il pas, avant de devenir esprit pur, s'éleyer par degrés à cette nouvelle condition, et subir ainsi des transformations indéfinies? La marche progressive et assez graduée de la nature, la sagesse dt la bonté divine , ne s'opposent point rationnellement à la réalité de ces hypothèses.