DB VUES
différente de celle de ranimai, puîsqu'il^n'y a pas, entre les phénomènes de la pensée animale et iceox de la pensée humaine, une différence telle que l'on doive affirmer l'impossibilité absolue de la pensée humaine par l'ame animale, si celle-ci était douée d'une plus grande énergie, ou placée ^ans des circonstances organiques plus favorables. La chose est naturelle : l'animal doit tenir de l'homme comme il tient du végétal; il est le milieu entre ces deux extrêmes.
Mais reprenons notre question principale, et voyons si une force spéciale est nécessaire, comme il le parait, pour concevoir la pensée.
S'il en était autrement, il faudrait en conclure que les forces typiques des minéraux et des végétaux, les forces agrégatives et organisatrices, seraient aussi des forces pensantes. Y a-t-il, ou n'y a-t-il pas là impossibilité?
On ne peut pas répondre ici, comme on le fait, en supposant, contre le matérialisme, et avec le matérialisme lui-même, que, l'étendue étant l'essence de la matière, et l'étendue n'étant pas pensée, l'étendue (ou plutôt, — quoique un peu sophistiquement), — ce qui est étendu, ne peut pas penser : car nous n'avons pas affaire ici à l'étendue, mais à des forces, à quelque chose d'un et indivisible.
La force, comme force, ne répugne nullement à produire un effet quelconque, sans quoi il y aurait des effets qui ne seraient dus à aucune cause.
Mais, d'un autre côté, la force en général n'étant qu'un point de vue abstrait de l'esprit, la
force, à ce titre, n'existant pas, chaque t&ree ét^urt essentiellement ce qui la distingue de toute autre, ayant sa réalité dans cette essence même^ étant universellement déterminée comme tout ce qui est : il est naturel de penser que des phénomènes aussi di£férents que le sont ceux de la vie orga* nique et de la vie animique sont dus à des causes différentes. Mais, qu'on ne l'oublie pas, cette différence ne peut consister en ce que l'une serait inétendue , simple , active ou tendant à l'action , et l'autre pas : car tous ces caractères sont communs à toutes les forces, depuis les premières jusqu'aux dernières. La différence consiste donc dans ce qui est la raison suffisante de la différence même des phénomènes. Et comme cette dernière différence n'est pas en plus ou en moins, c'està-dire en degrés, mais bien en ilature ou en essence, nous en concluons que les causes correspondantes doivent avoir entre elles le même rapport de nature.
Quelle est» maintenant, cette nature propre à chaque espèce de forces, et quels sont aussi les attributs communs intrinsèques (et non extrinsèques ou de conception, tels que l'unité, l'indivisibilité, etc.) de la force, ou plutôt de toute espèce de forces, ou mieux encore > de toutes les forces particulières? C'est ce que* l'homme ne peut savoir : il ne connaît et ne connaîtra jamais l'en soi ou l'essence intrinsèque de rien; il ne saura jamais des choses que des attributs relatifs, qu'il nommera différemment suivant leurs manifestations diverses.
Reste à savoir, maintenant » quel est le rapport du principe propre de la vie animique avec les trois autres principes que nous avons déjà reconnus. Il y a ici 9 comme là, corn pénétration harmonique des énergies : seulement, le mot compénétratioa est doublement impropre, parce qu'ici noa*seulement la cause, mais aussi Teffet, la phénoménalité animique, n'est pas conçue dans Fespaee. Ce n'est donc pas un rapport d'intériorité ou d'extériorité qu'il faut chercher ici , mais un simple rapport de fusion^ dynamique. L'organisme, ou plutôt la force vitale qui l'exprime, parce qu'elle en est l'effet visible dans l'espace, la force vitale organique, disons-nous, est en rapport intime avec la force animique ; elle l'excite , en favorise l'essor, et en reçoit une réaction dont le contre-coup s'étend (médiatement ou par le moyen de la force vitale) à l'organisme même.
C'est à cette correspondance purement dynamique au fond, qui a lieu entre des principes d'action qui sont également inétendus , indivisibles , uns et énergiques, quoique produisant des effets très-divers, qu'est dû le. rapport du physique .et du moral, rapport qui ne peut être un objet d'intuition ni interne ni externe (puisqu'il n'est pas un phénomène, mais le principe de phénomènes), mais qui ne présente plus aucune contradiction à notre point de vue.
406 DES DIFFÉBENTES ESÏ^ÈCISS
SECTION DEUXIEME
01 rtEëBenee éie ehi&Que eB^pèee éie Vie e#l te
itieifte pour UnUem»
Nous avons posé , dans la section précédente, des principes explicites^; nous les avons tellement développés 9 qu'il ne nous reste guère qu'à nous résumer ici et dans tout ce qui va suivre.
Nous dirons donc que, tout comme les trois genres de phénomènes de la triple vie ont quelque chose de commun et quelque chose de divers , de même leurs trois principes ont des attributs communs , mais aussi une essence propre à chacun : que ces attributs sont plutôt des manières d'être conçus, des qualités extrinsèques , comme on disait si bien autrefois; tandis que les attributs essentiels , c^està* dire ce qu'il y a de réel dans les trois forces vitales, sont différents, tout en étant de nature à former entre eux une sorte de système invisible , de manière à produire concurremment et harmoniquement un effet d'une triple nature, mais profondément complexe, effet qui ne se dissout , dont la. complexité ne cesse d'être, que par suite de la rupture de l'équilibre des trois forces. L'antagonisme qui existe entre elles , la mort qui en est la conséquence , sont encore un argument très -puissant en faveur de la distinction des trois forces dont nous parlons. La vie animique est en général la première à disparaître de l'ensemble ; la vie organique s'évanouit aussitôt; là vie inorganique elle-même le cède à la force primitive , seule permanente dans toutes les formes momentanées que