‹ Anthropologie spéculative générale (volume 3)Chapitre 6 sur 69 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

1® Le mot vie ne peut encore être employé que dans un sens peu. précis, parce qu'avant d'en approfondir et d'en bien déterminer la signification, il est nécessaire d'étudier les différentes manifestations de la vie. Or, si l'on entend provisoirement par vie la force inconnue qui produit les divers ordres

de phénomènes, on peut distinguer autant de sortes de forces vitales qu'il y a de ces espèces de phénomènes. De là notre division de la vie en quatre espèces.

2® Mais ces quatre espèces de vie ont entre elles une liaison si intime, que la division qu\)n en fait ne peut être qu'arbitraire à ^beaucoup d'égards. C'est là, du reste, le défaut commun à toutes les divisions et à toutes les classifioations des choses naturelles : on sépare souvent ce qui doit être uni, comme on unit souvent ce qui doit être séparé. Et cependant, sans^ divisions et sans clas^ sifications, il n'y a ni science ni étude possibles. On saura donc qu'il ne faut pas prendre à la rigueur les dénominations de vie intellectuelle^ animale, végétative et physique.

3® Peut-être la dénomination de vie physiqueou cosmique n'est-elle pas très -propre pour indiquer les phénomènes de notre corps qui sont dus aux lois purement physiques, aux lois générales qui régissent la matière ; mais , outre qu'on dit la* vie universelle y ce qui comprend les phénomènes purement physiques, nous n'avons pas trouvé d'expression plus convenable pour rendre notre pensée. Il suffit, d'ailleurs, que nous l'expliquions.

4*^ Nous ne voulons pas dire qu'il y ait réellement dans l'homme plusieurs principes de vie; notre division porte plutôt sur des ordres de phénomènes que sur différentes espèces^de forces vitales: mais nous ne pouvons pas dire non plus si tout le pbénoménalisme de l'homme est dû à un principe

unique : c'est une quei^tiou que nous examinerons plus tard.

5^ Les vies animale, végétative et physique, ne seront quMndiquées : autrement, nous ferions rentrer la physique, Thistoire naturelle et la médecine, dans la philosophie, et même dans Tanthropologie , ce qui n'est point notre intention.

6^ Il n'est pas moins certain cependant que rhomme est le lien entre la matière et Dieu, puisqu'il résume dans son être quelque chose de ces deux extrêmes. Il est plus qu'un microcosme, comme l'appelaient les anciens; c'est un micro-théo- CQsme.

7^ Nous n'avons poussé nos divisions de l'anthropologie qu'au point qui nous a paru nécessaire pour donner une idée de l'ensemble de cet ouvrage et de ceux qui devront le compléter; les subdivisions se trouveront dans chaque partie du traité*

8^ L'anthropologie spéciale a pour objet les effets divers résultant des différenteis influences auxquelles l'homme peut être soumis ; elle suppose , par con3équent, une certaine connaissance historique d'individus réels ou collectifs, dont l'histoire devra être étudiée d'abord avec l'attention de noter tous les caractères anthropologiques qui les distinguent. Pour faire cette étude d'une manière méthodique , il faut commencer par dresser une table de tous les caractères anthropologiques, tai^t dç la vie normale que de la vie anormale : cette table devra donc être conçue de telle façon qu'elle comprenne les différentes parties de la philosophie ,

e'est-à^ire la Psychologie expérimentale dans le sens le plus large du mot, la Cosmologie et la Théo* logie rationnelles, le Droit naturel, TEudémonique, la Morale , l'Esthétique et la Logique. Puis , en voyant l'histoire d'un individu, d'un peuple, ou de l'humanité entière, on indiquera dans chaque partie de la table ce qui caractérise ce peuple ou cet individu, et les changements qui se sont opérés dans le genre humain ou dans l'une quelconque de ses grandes parties. Cette méthode est, comme on voit, celle de Bacon.

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