‹ Anthropologie spéculative généraleChapitre 28 sur 72 · APPAREIL OSSEUX. — OSTEOLOGIE PHTSIOGNOMIÇUE ET COMPARÉE DE XA FACE · texte numérisé non relu

APPAREIL OSSEUX. — OSTEOLOGIE PHTSIOGNOMIÇUE ET COMPARÉE DE XA FACE

On ne s'attache ici et dans les numéros suivants qu'à rénumération des parties qui intéressent la physionomie. Les os de cette espèce et leurs points les plus importants sont :

t bosse frontale ,

1^ Os frontal. — Points importants < bosse sourciuere,

(arcade sourcilière;

2» Temporal { ''pTp.TsfLtcae:

3° Pommettes;

4*^ Mâchoire supérieure if P'^P'^^f.'"''"*^"'"''

1 l bord alvéolaire ;

«angle de cette mâchoire,

5*^ Mâchoire inférieure< apophyse coronoide,

icondyle;

6® Arcade zygomatique ;

7° Fosse canine ;

S^ Os propre du nez;

9*^ Occipital i

10« Pariétal.

Je suppose qu'on a des notions d'anatomie suffisantes poursuivre cette indication parla pensée: autrement, il faut recourir à des planches, soit dans le livre de Lavater (p. 131, t. iv), soit ailleurs. Même observation pour tous les détails de ce genre.

Obsei^vations. Le grand trou occipital est à peu près au centre de la base du crâne. — Chez les ani-

maux , il est d'autant plus reculé que la distance qui les sépare de l'homme est plus grande: — son plan est horizontal dans l'homme quand la tête est droite; il est incliné au bas dans les animaux, même dans les singes , et passe au-dessous de la mâchoire inférieure.

L'arcade zygomatique est de plus en plus arquée, saillante, depuis les herbivores jusqu'aux carnassiers. Cette saillie est en général un signe de force.

La grande étendue de la fosse temporale indique aussi la force et le courage.

La forme arrondie et proéminente de l'arcade et de la bosse sourcilières est très-importante aux yeux de Camper. C'est en observant cette ligne chez les hommes et les animaux, qu'il fut conduit à mesurer le degré d'intelligence par l'angle facial formé par une ligne horizontale parallèle à la base du crâne, et une ligne qui passe par la base du front, prise dans la partie la plus renflée, et par la mâchoire supérieure. A mesure que le front recule et s'aplatit, l'angle diminue d'ouverture. Il n'a que quarante - deux degrés dans un singe à queue; l'oreille alors remonte, est plus en arrière.

L'angle facial du Nègi'e est de 70 degrés, celui des Européens de 80. Les artistes l'ont élevé de 85 à 100 degrés.

Les singes ont été classés d'après ce point de vue, et il se trouve que leur intelligence et leur moralité (si l'on peut ainsi dire) décroît en raison de l'angle facial, depuis les orangs-outangs jus-

qu'aux mandrils ou babouins, en passant successivement parles sapajous, les guenons, les macaques et les alouates.

Il en est à peu près de même des races humaines :1e plus haut degré de l'idéal est de 100°, le deuxième degré de l'idéal de 95**. La réalité présente les degrés suivants dans les quatre races généralement admises :

1^ Caucasien du deuxième degré, 90"*;

2" Caucasien du premier degré, 80**:

3«Tartare, 75**;

4** Américain, 73**-2 ;

5** Nègre; 70**.

Cette estimation peut manquer quelquefois d'exactitude en ce qui regarde le volume du cerveau, à cause des sinus frontaux, surtout chez certaines espèces d'animaux, comme, par exemple, la chouette.

Le nez aquilin manque aux Nègres et à tous les peuples indigènes de l'Asie. Les Grecs ne l'ont pas donné à leurs statues, sans doute parce qu'ils le faisaient à peu près perpendiculaire.

Ostéologie physiognomiqiie et comparée de la face.

C'est dans l'appareil osseux qu'il faut chercher les traits bien arrêtés de l'âge , des races, des variétés nationales.

Dans l'Apollon, trois lignes menées l'une du front au menton (la ligne faciale de Camper), les deux autres du trou auditif au front et au menton, forment un triangle équilatéral, qui ne se retrouve

120 RAPPORTS SPÉCIALX

pas dans les têtes dont Tangle facial n'est pas droit ou à peu près.

La mâchoire inférieure devient de plus en plus lourde, son angle plus ouvert, à mesure qu'on descend de la race caucasique vers la race nègre.

On pourrait n'admettre que trois races : la caucasique ou blanche, l'atlaïque ou noire, la mongol ique ou tartare.

La première est remarquable par la forme ovoïde de la face. La seconde s'en éloigne beaucoup, et devient carrée; les arcades zygomatiques sont trèsproéminentes. La troisième n'a pas les arcades zygomatiques aussi fortes que la seconde, mais la mâchoire est beaucoup plus saillante. — Ces différences, et beaucoup d'autres qu'on pourrait indiquer, sont la conséquence de l'inclinaison plus ou moins grande de la ligne faciale.

Dans le Kalmouck, le trou occipital est beaucoup plus reculé que dans les autres variétés de l'espèce humaine. La disposition contraire se remarque dans le Nègre.

La race asiatique a la mâchoire inférieure fort large. La race américaine, qui n'en est sans doute qu'une variété, a cette mâchoire moins forte et les pommettes moins saillantes (jne les Kalmoucks; le nez est moins écrasé que dans le type nègre.

La forme osseuse de la tète sert aussi à distinguer les habitants d'un même pays suivant les provinces et les climats.

En général, la tète est moins grosse dans le Midi que dans le Nord.

Les habitudes, les usages, certaines professions, impriment aussi des caractères particuliers aux os de la tête, par exemple chez les porte-faix, les tonneliers, les tisserands, les cordonniers, les tailleurs, etc. — Les chaussures modernes déforment jusqu'aux os des phalanges. Les corps à baleines, dont les demoiselles et les dames de condition faisaient un usage si funeste dans le siècle dernier, rendaient leur squelette difforme, et facile à distinguer, pour un anatomiste, des squelettes des femmes du peuple.

La physionomie des âges ne se dessine pas moins dans les os de la tête , que celle des races et des habitudes, comme on peut le voir dans les galeries du muséum anatomique de l'Ecole de Médecine de Paris. Ainsi, dans l'embryon, dans l'enfant, la tête est très-volumineuse en comparaison avec le reste du corps. Elle ne se développe par conséquent pas, après la naissance , dans la même proportion; elle semble presque décroître. Elle ne varie pas moins quant à la forme : elle est d'abord ronde, elle s'alonge ensuite d'une manière remarquable à l'époque de l'accouchement. Vers l'âge de quatre ou cinq ans, elle prend la forme convexe. La position du trou occipital change pendant les deux ou trois premiers âges; elle est plus rapprochée de la face dans l'enfant que dans l'adulte. La face du fœtus et de l'enfant très-jeune est presque nulle; elle n'est que comme un accessoire du crâne. Des changements non moins sensibles ont lieu dans l'ethmoïde , dans la mâchoire supérieure , dans les fosses temporales, mais surtout dans Tan-

gle de la mâchoire inférieure , qui est d'abord de 160 degrés environ, et qui se rapproche ensuite de plus en plus de l'angle droit, jusqu'à l'époque de la vieillesse; alors la courbure diminue un peu, et se trouve moins éloignée de l'inclinaison qui caractérise le premier âge. Voir à ce sujet les recherches de Tenon : Mémoires de l'Institut, sciences mathématiques et physiques, vol. i, p. 221.

Le caractère le moins équivoque des tètes d'hommes comparées aux tètes de femmes dans des squelettes, ce sont des saillies plus prononcées. Mais ces caractères, dans l'un et l'autre sexe, dépendent beaucoup du genre de vie des sujets.

Les caractères de la vieillesse consistent principalement dans l'altération du nez et de la bouche par suite du changement qui s'opère dans la forme des mâchoires.

isÉs GÉNÉRAiii: SE i.'affari:ii. musculaire

Page 1