‹ Anthropologie spéculative généraleChapitre 46 sur 72 · SECTION DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SECTION DEUXIÈME

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INTRODUCTION

La phrénologie, si elle était une science, ne serait rien de moins que la connaissance exacte des parties de l'encéphale qui correspondent à chacun de nos penchants, à chacun de nos sentiments, à chacune de nos facultés perceptives et intellectuelles.

Ainsi , tout de même qu'il y a un organe spécial pour les couleurs, un autre pour les sons, etc., de même il y aurait dans l'encéphale une division qui serait affectée par la nature à chacun de nos principaux états et de nos principales facultés, soit qu'elle en fût le siège ou la cause, soit qu'elle n'en fût que la condition ou l'instrument.

Parmi les phrénologistes, les uns, les matérialistes, voient dans les différentes protubérances et circonvolutions de l'encéphale le siège dernier ou la cause première de nos manières d'être et d'agir, de nos capacités et de nos facultés; d'autres, et ce sont les spiritualistes, n'y voient que des conditions organiques.

Ce qu'il y a de certain , c'est que les capacités et les facultés sont une chose, et les organes qu'on dit leur correspondre une autre chose. Cela est si vrai, qu'on a connu long-temps les faits animiques

iS'2 RAPPORTS SPÉCIAUX

sans pouvoir leur assigner des portions de l'encéphale à titre de siège ou de cause; de même qu'on a long- temps disséqué des cerveaux sans rien apercevoir de leurs propriétés phrénologiques. La psychologie et l'anatomie ont donc été fort longtemps indépendantes. Qui sait l'une ne sait donc pas nécessairement l'autre. C'est le rapport de l'une à l'autre qui constitue ce qu'on appelle maintenant la physiologie du cerveau, et, dans un sens tout spécial, la phrénologie. Il y a cette différence entre la physiologie du cerveau telle qu'on l'a reconnue depuis l'époque la plus reculée de la science de l'homme, et la phrénologie, que l'on considère, sous le premier point de vue, l'encéphale en général comme contribuant aux états et surtout aux opérations de l'ame, tandis que la phrénologie prétend assigner la part précise qu'y prend chaque partie de ce viscère.

Il ne faut pas confondre la cranioscopie avec la phrénologie : la cranioscopie serait un art si la phrénologie était une science; cet art serait celui de reconnaître à la vue, et surtout au toucher, la prépondérance de certaines capacités ou facultés sur toutes les autres , d'après le développement extraordinaire et disproportionné qu'auraient pris les parties correspondantes de l'encéphale. D'où l'on voit que la cranioscopie, comme art , suppose la phrénologie comme science.

Il est facile d'apercevoir aussi les principales différences qui existent entre la phrénologie et les systèmes précédents sur le rapport du physique et du moral. La phrénologie ne s'inquiète point,

nu PHYSIQUE ET DU MORAL. 183

avec Cabanis, de l'influence des viscères abdominaux et thorachiques sur le cerveau, sûre qu'elle croit être que si cette influence est réelle , importante, elle se montrera dans ses effets organiques à la surface de l'encéphale. Elle néglige mille circonstances accessoires et beaucoup de traits principaux que Lavater mettait à profit pour arriver à la connaissance de l'animique par le corporel, tels que la démarche, l'attitude, la forme et l'expression des parties molles de la face, la forme géométrique du crâne, son volume, etc. Elle ne tient compte que des enfoncements et des protubérances relatives , qu'elle regarde comme des images fidèles de l'absence ou de la présence d'un renflement dans la partie correspondante de l'encéphale.

Un assez grand nombre d'auteurs ont écrit sur la phrénologie, depuis Gall et Spurzheim, qui ont rajeuni et développé cette idée , s'ils ne l'ont pas créée. Nous choisissons principalement pour représentant du système les Leçons de Broussais, parce que c'est un des ouvrages importants les plus récents sur la matière, et l'un des plus opposés à la psychologie tant expérimentale que rationnelle.

Notre dessein est beaucoup moins de faire l'exposition historique et dogmatique de cette opinion, que d'en tracer simplement le cadre, d'en faire connaître brièvement les résultats, et enfin d'en apprécier la méthode et la valeur scientifique.

Voici donc la division des capacités et facultés généralement admises par les phrénologistes, et

par conséquent la liste des organes particuliers qu'il convient de distinguer dans l'encéphale.

amativité.

philogéniture.

iiabitativité ( concentrativité)»

- -p. , j affectionivité (adhésivité).

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