IV
11 est identique.
Le moi, ainsi que toute réalité simple, est nécessairement identique : car si le changement l'affectait , ce serait pour l'anéantir. En effet ,qu'est-ce que changer, non pas de manière d'être, mais de réalité , si ce n'est disparaître, périr? Mais le sujet,
346 DE l'immatérialité
le moi une fois atteint, une fois qu'il a cessé d'être , il ne peut plus être sujet d'aucun attribut : il n'y a donc pas de changement possible en lui, à proprement parler : car une chose qui change doit revêtir au moins deux modifications. Or, pour les revêtir, il faut qu'elle existe, qu'elle persiste :ie changement n'est donc concevable que par rapport aux manières d'être conçu. Ce qui trompe ici, c'est qu'on ne fait pas attention que l'identité dont il s'agit porte sur le sujet, le moi, et non sur ses modes. Changer ou être divers sous ce point de vue, ce ne peut être que cesser d'être. Reste à savoir maintenant si le moi ne peut être attaché à une substance passagère , si toutefois la proposition a quelque sens , puisque la substance privée de ses modes est inconcevable et en dehors du temps.