DE LA PSYCHOLOGIE RATIONNELLE
férents temps de mon existence. — Donc je suis numériquement le même ; donc je suis identique.
Quelle que soit la force réelle ou apparente de ces raisonnements, nous croyons devoir reproduire très-succinctement l'argumentation contraire de Kant : le lecteur décidera si la nouvelle métaphysique a tort ou raison contre l'ancienne. Quant à nous, nous nous abstiendrons ici de tout jugement de cette nature, attendu qu'il ne peut être que la conséquence d'une ontologie bien faite, et que nous ne pouvons par conséquent, sans tout confondre, motiver ici d'une manière suffisante le jugement en question. Nous sommes donc obligé de renvoyer encore à V Ontologie. En attendant, voici les réflexions de Kant :
Ce sujet est- il réellement une substance indépendante, une substance proprement dite? ou bien ne pourrait-il pas être l'attribut, l'inhérence de quelque autre chose à notre insu? — J'ajoute qu'il semble bien n'être ni substance , ni inhérence : mais une pure idée de nous-mêmes en tant que nous pensons; c'est, suivant toute apparence, la conscience de la pensée, la perception fondamentale et formelle qui l'accompagne. Mais si le sujet moi n'est pas substance, il suppose cependant une substance qui revête la pensée comme mode. Et c'est cette substance profondément inconnue qui constitue la réalité de l'aine, et qu'on appelle aussi 7noi par extension.
Le moi n'étant pas la substance pensante, il a beau être un, simple, identique : il ne s'ensuit nullement que la substance absolue ou relative