‹ Anthropométrie, ou, Mesure des différentes facultés de l'hommeChapitre 14 sur 111 · PropàrtïoHs' bh/ê£ les Èb'rhUins · texte numérisé non relu

PropàrtïoHs' bh/ê£ les Èb'rhUins

Les Romains n'ont pas eu de sculpture nationale; ils ont continué la sculpture des Grecs, ^,en employant le plus souvent les artistes de ce peuple. Par ce motif, je n'ai point hésité à. ranger parmi les statues grecques celle d'Antinous, qui paraît dater du temps d'Adrien. Je ne puis cependant passer sous silence quelques proportion^ qui nous ont été dpnnées |)ar ]in| écrivain latin dont l'o.^vrage fait foi dans les arts,, je veux "parler, du ^trgi^^ Vitruve sur l'architecture^. L'auteur, au livre III,. ciapitre P'" de son ouvrage, parle avec quelques détails de la. symétrie, c'est, ainsi qu'il nommait, la thépjçie, des pro-

^ Lysippe, peintre et sculpteur, natif cle Sicyone,, vivait vers 334 avant Jésus-Christ.

2 PoJycUte, page 22 et suiv,

3 Vitruvius PoUio, architecte, de l'empereur Auguste, florissait au commencement de l'ère chrétienne : çn n^ connaît ni l'époque précise de sa naissance, ni cerie de sa'mort.

portions du corps humain, et à ce sujet, il assigne aux principaux membres les grandeurs qu'ils doivent avoir. I^e, nom de Vitruve ne permet pas de rejeter sans examen les nombres qu'il cite, bien que plusieurs soient évidemment fautifs; pour les autres, il faut les considérer plutôt comme des nombres approximatifs que comme des valeurs représentant réellement les dimensions du corps humain. L'auteur aura voulu donner des expressions simples, sans tenir à une grande exactitude.

;;^evrapporterai les paroles mêmes de Vitruve, pour que chacun puisse se faire une idée exacte de leur interprétation. Elles sont d'autant plus remarquables que les proportions sont indiquées non pour une figure en particulier, mais d'une manière plus générale, et comme s'il s'agissait de désigner les proportions moyennes d'un même modèle, pouvant servir de type à celles qu'on aurait à représenter : Corpus enùn hominis ita natura composuît, uti os capitis a mento ad frontem smmiiam et radices imas capilli esset decûnae partis • item manus palma ab artieido ad extremum médium digitum tantundem : capid a mento ad summum veHicem octavae tantunde^n ah imis cermcihus aj} swnmo pectore ad imas radices capillorum seœtae : ad summum verticetn quartae. Ipsius autem oris altitvdinis tertia pars est àb imo mento ad imas nares : nasus ab imis naribus ad finem mediurn superciliorum tantundem; ab ea fine ad imas radices capilli, ubifrons efficitur, item tertiœ partis. Pes vero altitudinis corporis seœtae : cubitus Quartae p)^^^'^ quartae. Eeliqua quoque monbra siios habent co?7imensus proportionis, quibiis etiam antiqui pictores et statuarit nobiles usi magnas et infinitas laudes sunt assecuti. Similiter vero sacrarum œdium memb?^a ad universa7n totius magnitudinis summam ex partïbus singulis conve-

pROPORTtiDï^â W' co^ïir's:' fiuMAiN.

nieniissimum debent habere àommensuum responsmn. Item corporis centrim médium nàttiraliter est umbelicué)^ namqiie si homo collocatus fuerit supimcs, manibus et pédibus pansis, circinique collocatum centrum in umbilico ejiis, circumagendo rotundationem utrarum qiie manuuifi et pedum digiti linea tangentur. Non minus quemad- 7nodum schéma rotundationis in corpore efjîcitur, item quadrata designatio in eo invenitur. Nam si a pedibus imis ad summum caput mensum erit, eaque mensura relata fuerit ad manus pansas, invenietur eadem latitudo uti altitude, quemadmodum areœ, quœ ad normam sunt qutt^ dratœ. Ergo si ita natura composuit ' corpus hominis, uti proportionibus membra ad summam figurationem ejus respondeant, cum causa constituisse videntur antiqui, ut etiam in operum perf^ctionibus singulorum membroruTii ad universam figurœ speciera habeant commensus exactionem^.

Ce passage de Vitra ve mérite d'être remarqué'^ ^<3>iï' y trouve en effet, surtout dans la dernière partie, différents rapprochements sur la régularité et la symétrie des memibres qui ont été souvent cités depuis par les modernes',' sans que ceux-ci aient indiqué l'ouvrage où ils avaient puisé leurs comparaisons.

Nous donnons, dans le tableau suivant, les proportions principales qu'il fait connaître, en plaçant en regard les valeurs que nous avons trouvées de notre côté.

' M. Vitnivii Pollionis de architectura, livre III, chap. I, pp. 69 et suiv. de l'édition Schneider, 2 vol. in-8°. Leipzig, 1807.

.VIIAMUIÎ^NTHROPQMÉÏRIE- ; ; :]i

PARTIES DU CORPS

PROPORTIONS pu CORPS.

■ li'^PRËS VlTRUVB. " :

aOMMSS

belges.

Face. DuriïiBiïtp^n^au ^hf utjT^ij, ^Vfinty^ liprigueur jde ;la jsaaijajineg. fii . . Tête. ]>u naëntori, au 'sàmmét ' . >^ be la l'"? vertèbre apparente, au som

Du li^^ut de 1^ pQitriue, à la naissance des clieveux

i^iqo'i ,^i.rlrr nof/ gcnôo'iif) ùc-i'i Du naut de lapoitrine,^u sommetde

la tête

Du ba^ Wâ^nton, au Aez

Du bas des hann'es, 'au milieu des . ; Bourcils . V

Du milieu dés> kbiltèîlsÇ â 'laîinaîysyAd'è 4es pbevpu^ , . ^ , . : , ...

IjopSHgaS *gg^e|V^. . . . . .

" delà «(^udéB

Poitrine J

De'i'ombilic, aux exti'émités du corps

fJ , I0|:lfi0yjk9j0.,lll 0,125 îUCf î'jO,13D

La première mesure qui établit une égalité entre la longueur de la main et la distance du menton à la hauteur du front, est exacte dans son rapport, mais sa valeur effective ne l'est pas : chacun des membres du rapport est trop faible d'un dixième, il en est de mênid-de la hauteur de la tête et de la distance de la première vertèbre apparente au sommet de la tête.

Mais ce qui semble surtout avoir subi une altération chez les copistes, ou bien encore un malentendu chez les traducteurs, c'est la hauteur de la poitrine au sommet de

PROPORftÔÏ^S''' Î^Û ■ 'àC^^^ •'HUMAIN .

jlOête. quî^ ael)^50- fu^^ F^sH iSchnei'der, le "commentateur de ViljrRve, a fort bien vu 4 [difficulté quand il a, : l^equens quartœ suspectum fm^ \gaMano, qm quintœ scrihenduM.C33Sdymé fortç v^^ \medio pedore interciderint ; en partant du milieu delà ipoitrine, on se rapprocherait en effet de la vérité.

Le texte de l'architecte romain semble présenter d'au- ;tres erreurs encore. L'une se trouve dans les mots, cuhi \tus quartœ; pectus item quartœ, le dernier membre dé lia phrase doit également avoir été altéré : la hauteur d( . ila poitrine ne forme guère que le sixième de la stature; | L'ombilic n'est pas le milieu du corps nçn plus, commi (le font entendre les p^-roles de Vitruve. ta remarque ei avait été faite anciennement par Varron lui-même. ' i Ôii trouve aussi, dans le 7^ livre, de l'Histoire naturellfi ile Pline ^, quelques notions sur la grandeur de l'hommej jmais elles sont perdues au milieu d'exagérations de tout( jespèce que lé célèbre nâtutaliste avait recueillies pour en 'composer ses ouvrages. Au chapitre XVI par exemple| ;,il cite quelques tailles dont il soupçonne lui-même l'exail îgération, mais il paraît plus exact en citant la statur^ ide différents nains, dont le plus petit était de deux pieds et une palme (métriquement O^SOQ).

Chez l'homme, dit-il, la longueur est la même depuis les pieds jusqu'à la tête, que d'une main à l'autre, les deux bras étant étendus et la mesure étant prise sur les doigts les plu,s longs. .iK .ii-. trois ans , ajoute-t-il un peu

• N'est-ce pas 1/6, au 'lieu lf4, ' yu'rT faudrait prendré? Cëtté covreetioa d'une eri'eur assez pi-obg,ble rendrait ,à peu près exaicteirient la vailenr du haut de la poitrine au sommet de la tête. Il en est de même pou^ la grandeur de la poitrine ; au lieu de 1/4, cette valeur 1/6 donnerait 0™167 de la grandeur totale ; c'est à dire 'à: peu près la même valeur 0"^172 que j'ai trouvée de mon côté.

* Il périt eni 79, avons-nous dit, dans une éruption du Vésuve ; il avait alors 50 ans.

plus haut, chacun a la moitié-de Ja taille qu'il aura, cela est certain » . On voit du moins que ces mesures ne s'écartent pas beaucoup de la vérité et que dès lors elles avaient fixé l'attention^ j> {'

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