II. Les mesures de l'enfant nouveau-né
1 Voir différents extraits de ses lettres insérés dans les Bulletins de l'Académie royale de Belgique.
2 Voici à ce sujet quelques passages de sa correspondance particulière : « Le journal de mon atelier touchant la marche des beaux-arts en Prusse, « depuis l'année 1776, m'occupe et ne me laisse guère de temps pour ma •i correspondance, » 20 août 1847. Je m'occupe encore à écrire l'histoire •< de mon atelier et de l'état des beaux-arts à Berlin depuis Frédéric-le- " Grand, « 22 août 1848. — Schadow comptait alors 84 ans.
3 Le texte allemand dit que ces mesures ont été prises d'après trois individus bien portants. Voici ce que m'écrivait à ce sujet le savant artiste dans une lettre datée de la fln de 1842: Quant â la taille de l'homme, je crois être le premier qui ait donné les mesures de l'enfant nouveau-né, prises sur trois individus qui étaient presque égaux. Les peintres avant
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III. L'indication des termes dans la croissance des enfants mâles ' .
IV. L'expansion lente de la boîte du cerveau en comparaison de l'expansion prompte des parties du visage plus en hauteur qu'en largeur.
V. Le peu de croissance de l'iris et des instruments de l'ouïe, qui tous deux ont presque leur grandeur totale en naissant.
VI. Cinq proportions différentes de la femme. Jusqu'ici les traités sur les proportions ne contenaient qu'une seule femme.
VII. Trois planches contenant la progression de la croissance de la tête d'une année à l'autre, parce que l'œil humain n'a pas- la perception suffisante pour saisir cette croissance, et que, pour s'en convaincre, il faut se servir du compas.
Remarquons, avant tout, que G. Schadow n'a point donné ses proportions d'après des idées préconçues, mais qu'il les a prises dans la nature, qu'il les a mesurées sur le modèle vivant.
Il resterait à savoir quelle marche il a suivie, et si les nombres qu'il donne sont des moyennes déduites de plusieurs modèles, ou si les mesures sont prises sur un individu seulement, considéré comme régulièrement conformé. Je crois pouvoir conclure de ses propres assertions qu'il a suivi l'une et l'autre marche, mais que le plus souvent il ne mesurait qu'un seul modèle. Quand il a recours aux
Raphaël faisaient de convention l'enfant Jésus nouveau-né ; dans toutes les proportions se trahit leur ignorance. Raphaël est aussi le premier qui s'est aperçu que l'oeil des enfants de deux ans est aussi grand que celui des adolescents, etc. » Bulletin de l'Académie royale de Bruxelles, t. IX, 2« partie, p. 620.
^ L'auteur veut dire les proportions humaines,. aux principales époques de la croissance.
moyennes, il ne les déduit que d'un très petit nombre d'individus. Ainsi, pour l'enfant nouveau-né, dont il regarde les proportions comme d'autant plus importantes qu'elles n'avaient jamais été données avant lui, dit-il, il se borne à prendre les moyennes sur trois individus. Quand il en vient à l'âge de 17 ans, il écrit : « Je n'ai pas réussi à à trouver dans la nature les individus convenables pour ii' fixer les proportions de 15 à 19 ans. Le développement à de la puberté offre tant de variétés, que j'abandonne à « d'autres le soin d'entrer dans plus de détails à ce sujet'. »
En décrivant l'homme de grandeur moyenne, il emprunte quelques proportions à Vitruve, et il a soin de citer l'écrivain latin. Pour la taille héroïque, il rappelle les proportions observées sur des individus qu'il nomme, en sorte que ses mesures sont plutôt individuelles que générales.
n est à remarquer, du reste, que Schadow n'a suivi ce développement du corps humain que chez les. garçons ; les différences des deux sexes ne sont indiquées que pour les adultes.
L'ouvrage, Polyclète ou théo^ne des mesures de t homme selon le seœe et râge, se compose de deux parties : 1° d'un volume in-4° de 100 pages, écrit sur deux colonnes en allemand et en français ; 2" d'un atlas in-folio de dessins, représentant l'homme aux différents âges, et vu, comme dans l'ouvrage d'Albert Durer, de face, de profil et par derrière. On reconnaît que les dessins ont été faits âv6(î soin et rendus avec vérité, mais ils ont malheureusement beaucoup perdu par la lithographie, qui leur a ôté leur fermeté et leur caractère. L'écriture placée auprès des figures et les nombres qui indiquent les proportions, sont à peu près illisibles. D'une autre part, le texte français laisse à
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désirer sous le rapport de la clarté ; il est presque indispensable de recourir au texte allemand, qui est très infidèlement rendu dans la traduction.
Dans l'espèce d'introduction qu'il donne à son ouvrage, Schadow commence par faire connaître Y Histoire de la théorie des proportioiis, résumant succinctement ce qui a été fait sur le sujet dont il va s'occuper. Il est à regretter néanmoins que ces détails soient purement historiques et qu'il n'ait point examiné la valeur des proportions données par les principaux auteurs qu'il cite.
Quand il en vient à parler de ses propres travaux, il néglige de nous apprendre, ainsi que je l'ai fait remarquer déjà, la marche qu'il a suivie pour arriver aux modèles qu'il donne comme exemples. S'il a cru pouvoir se passer de l'autorité de la science, il a su se prévaloir habilement de celle de la pratique et d'une étude, approfondie de son art. Les proportions sont exprimées en pieds du Rhin; le pied lui-même est partagé en 12 pouces et le pouce en 8 lignes. L'ouvrage est terminé par des réflexions d'un grand intérêt sur les proportions humaines, dans lesquelles l'auteur passe en revue les ouvrages de différents artistes distingués, pour en faire, soit la critique, soit l'éloge. Les tailles extrêmes, comme celles du géant et du nain, n'ont pas échappé à son attention ; il fait connaître ce qui les caractérise.
Entrons maintenant dans quelques détails plus spéciaux sur les proportions qu'il assigne aux différents âges.
Schadow fait connaître d'abord les proportions de la tête, du pied et de la main. Dans l'homme de grandeur moyenne, c'est à dire de 5 pieds 6 pouces, il estime que la longueur du pied est égale à celle de la coudée (ulnaj et vaut 10 pouces, qui est le double de la longueur du visage. « Le pied doit surpasser la longueur de la tête, dit-il.
« Les anciens ont toujours strictement observé cette loi « dans leurs productions ; Michel-Ange fut le premier qui « donna au pied une longueur trop petite ^ r>
Le tableau qui suit donne une idée des proportions assignées par l'auteur aux principales parties du corps, pour les différents âges. J'ai traduit les mesures rhénanes en mesures métriques, pour permettre d'établir des comparaisons avec les nombres qui ont été donnés dans les précédents articles.
Proportions après Schadow,
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