‹ Anthropométrie, ou, Mesure des différentes facultés de l'hommeChapitre 20 sur 111 · COUDE · texte numérisé non relu

COUDE

Nouveau-né 4 ig,ois

1 an.

1 1/2 an

Grand Héros

moy

enno

1 Polyclète, p. 31.

Remarquons d'abord que, dans les colonnes de ce tableau, il n'existe pas de continuité dans les nombres. Ainsi, l'enfant de 2 ans et demi a la tête aussi haute que les enfants de 3 ans et demi : à 4 ans, elle est de même hauteur que pour les enfants de 5 ans. Un changement s'opère à 6 ans; puis la tête conserve encore la même hauteur jusqu'à 13 ans, époque à laquelle il s'opère un nouvel accroissement. Une pareille discontinuité dans les nombres s'observe aussi pour le pied, pour la main et pour les autres parties du corps, et montre assez que l'auteur ne fait que citer des valeurs individuelles. C'est ce qui résulte, du reste , de ses propres expressions , et spécialement à la page 44, où il dit : Les deux figures « ont été dessinées et mesurées d'après nature. » Ailleurs a encore, il reconnaît quele modèle qu'il suit, n'a pas des proportions tout à fait avantageuses. Ainsi, à la page 53, on lit : « Les deux bras de la figure sont un peu trop « courts : au lieu de 9 pouces, on pourrait fixer la « mesure du bras levé à 9 1/2. »

Le second tableau que je donne ici comprend les proportions de l'homme fait, de moyenne taille, exprimées en pieds et en pouces du Rhin. Dans une seconde colonne, toutes ces mesures sont proportionnellement réduites, en prenant pour unité la hauteur totale de l'individu. J'ai placé en regard les nombres correspondants calculés pour l'homme belge de grandeur moyenne.

^Proportions de Tliomme de raoyenne taille, d'ajprès Schadow.

(Le pied du Rhin vaut 12 pouces, le pouce vaut 12 lignes, la ligne 8 minutes.)

PARTIES DU CORPS

d'après sùhadow.

Taille totale

Vertes au bord orbital

» du bord orbital au bord inf. des narines

» du bord orbital à la bouclie . .

» " au bas ùyi menton.

»> au bas du menton (tête) . . .

Visage, face (naissance des cheveux au

menton)

Nez

Largeur du nez

« de la bouclie

Grandeur de l'œil

Distance externe des yeux

Hauteur du front

Diamètre antéro-postérieur de la tète.

Menton aux clavicules

» à la ligne des mamelons. . .

De la ligne des mamelons au nombril.

Du nombril sous les fesses

Distance des mamelons . •

Clavicules aux mamelons

" à la ligne des mamelons. .

Diamètre du cou . . . '

Bord inférieur des narines au nombril.

Nombril au-dessus delà rotule 2. . .

Bord supérieur de la rotule au sol. .

Bord inférieur

Hanche au milieu de la rotule. . . .

Longueur du bras et de la main . . .

»» de la main

Coude à la naissance de la main. . .

Haut du bras (humérus et acromion)^.

Diamètre du bras pris du poignet . .

» de la main

Longueur du pied

Largeur »•

Hauteur du pied au cou-de-pied. . .

Vertex au pubis

66 p^es

3 fois 5/6

4 fois

» Calcul.

' La rotule est supposée d'une hauteur de 2 pouces

3 Cette valeur est grande; ajoutée aux précédentes, elle donne plus que la longueur du bras.

PROPORTIONS DU CORPS HUMAIN

Schadow s'est aussi occupé de déterminer les proportions de la femme ; il donne quelques nombres pris sur le modèle vivant et d'autres d'après l'antique. Il fait connaître par exemple les proportions de la Vénus de Médicis, qui ont été données également dans l'ouvrage d'Audran ; il est assez remarquable que ces deux artistes ne sont pas du tout d'accord sur la plupart des proportions. C'est une nouvelle preuve de la difficulté qu'on éprouve à obtenir des déterminations exactes en mesurant le corps humain, même sur le marbre ou sur le plâtre \

Tandis que le statuaire Schadow prenait pour guide la nature telle qu'elle s'offrait à ses yeux, le célèbre physiologiste de Dresde, Carus, suivait une autre voie. Dans un ouvrage spécial concernant les proportions humaines ^ ce savant a imaginé les formes qui conviennent au beau tel qu'il l'a conçu. Il suppose une figure, dont il fait

1 Je ne puis m'empècher de rappeler ici les mesures comparatives prises par un des savants dont l'Allemagne s'honoi'e le plus, l'illustre S. Th. de Sômmerring. Il s'était occupé d'observer la croissance en hauteur sur les deux enfants de son fils. Dans ce but, il avait marqué leur taille, à différents âges, sur une boiserie de sa bibliothèque. Lorsque j'eus l'honneur de le voir, en 1829, je lui parlai de mes recherches, auxquelles il parut prendre un grand intérêt. J'ai reproduit ses mesures dans mon Mémoire sur îe poids de l'homme, pag. 40, tome VII des Mémoires in-4° de l'Académie royale de Bruxelles, 1833. Le» voici :

Adolphe, né le 24 mai 1827,

2 pieds 2 pouces 7 1/2 lignes

le 4 mai 1828.

» 24 oct. 1828.

» 12 mai 1829.

Nannette, née le 7 octobre 1825,

2 pieds 4 pouces 9 lignes

le 29 juin 1827.

» 7 oct. 1827.

» 4 mai 1828.

» 7 oct. 1828.

» 10 sept. 1829.

2 Die Proportions-Lehre der menschUchen Gestalt, von Cari. Gustar Carus, in-plano, Leipsig, 1854; avec 10 planches lithographiéos.

exécuter le modèle par un sculpteur habile ; et, admettant la variation de certaines parties, selon les sexes, il en déduit et les formes de l'homme et ceUes de la femme.

Pour tâcher de rendre -fidèlement la pensée de Carus, j'emploj^erai le plus possible les expressions dont il s'est servi en me transmettant sa pensée, « J'ai considéré, ditil, les proportions de l'homme comme un objet de morphologie; et j'ai tâché de trouver, en conséquence, des lois physiologiques pour fixer ce qu'on pourrait nommer le canon, ou, d'après l'expression des architectes, quand il s'agit des colonnes, le module (modulus) de notre organisation.

« Je vais vous tracer en peu de mots la marche de mes idées ; mais comme j'avais une occasion favorable pour vous faire parvenir la petite statuette que notre fameux statuaire Rictochel a fait exécuter selon mes indications, elle vous servira d'explication.

« Or, il y a déjà vingt ans et plus que j'avais répété en plusieurs endroits de mes écrits : « Si l'on veut trouver la « vraie clef de nos proportions, il faut partir de la colonne « vertébrale, qui est pour ainsi dire la vraie aune orga- « nique, divisée en 24 pouces (vertèbres libres). «

« Quand on ouvre l'œuf d'un mammifère dans le commencement de sa formation, on trouve, comme premier modèle de l'animal futur, la plaque germinative sillonnée au milieu par une ligne qui sera plus tard l'épine dorsale Cette ligne s'allonge, et l'on observe, comme un

modèle, déjà un peu plus complet de l'animal futur, une division de cette ligne par les rudiments des vertèbres.

« A proprement parler, cette forme est donc le premier canon de toute autre organisation du squelette futur, car, d'après son mode de production et de développement, doit se régler toute l'organisation.

PROPORTIONS DU CORPS HUMAIN. 137

« Or, il y a des rapports extrêmement intéressants quand on examine les relations de longueur de la colonne vertébrale libre dans Venfant nouveau-né et dans l'adulte. Chez le premier (c'est à dire à la fin de la vie fœtale), on trouve que la longueur de toutes les 24 vertèbres libres (du premier atlas jusqu'à la dernière vertèbre lombaire) correspond, dans un enfant normal, très précisément à \ de la longueur de la même colonne vétébrale libre, 24 vertèbres, mesurées chez l'adulte, à la fin de l'époque de la croissance, par une ligne perpendiculaire du iirocessus spinosus atlantis jusqu'au processus spinosus vertebrae lumbaris ultimae.

« .... Je ne veux pas entrer dans de plus grands détails; mais vous voyez, d'après cela, combien ce module est important pour toute division organique de notre corps; et comme preuve que les dimensions sont justes, vous n'avez qu'à regarder la statuette canonique que je vous envoie, et sur laquelle vous trouverez marqués tous les points de la mesure du module ^ Or donc, on peut dire qu'un modale (qui est, pour notre corps, la même chose que le module de l'architecte pour la colonne) est trouvé, et qu'il est trouvé et établi sur une base physiologique et philosophique; on aura, pour ainsi dire, par cette construction, le juste milieu mathématique de la proportion de notre organisme; je dis juste, puisque cette mesure, prise avec toute la rigueur mathématique, serait un idéal qui ne pourra jamais se réaliser entièrement dans une

» Cette statuette, faite sur des proportions ti^és-réduites, représente à la fois l'homme et la femme; on conçoit que, par cela même, elle doit montrer des dimensions que l'on peut concevoir, mais qui n'ont aucune existence réelle. Le nom distingué de l'auteur nous a porté à reproduire ses observations, car il peut être intéressant de connaître , sur le sujet qui nous occupe, les idées d'un savant aussi justement estimé par ses travaux.

nature humaine. Je n'ai pas fait donner de sexe à cette statuette module '; et il est facile de voir que, pour former une individualité vivante, il faut toujours faire varier un peu ce module ou canon. Par exemple, si je voulais construire le corps d'une femme, je donnerais un peu moins de largeur aux épaules, et je donnerais aux membres un tant soit peu plus de volume, etc. Je ferais le contraire pour construire un corps d'homme. De même pour faire varier les individualités de l'homme, si je voulais représenter un Cicéron ou un Leibuitz, je donnerais à la tête plus qu'un module de hauteur et de longueur, et moins aux extrémités. Au contraire, si je voulais représenter un athlète ou un géant, je donnerais plus aux membres, et je prendrais 10 modules ou davantage pour toute la longueur du corps. On pourrait même parvenir ainsi à exprimer toute espèce de proportion par une formule algébrique, où l'on aurait toujours les mêmes éléments, mais augmentés ou diminués dans leur valeur r,

Un des derniers ouvrages publiés en Allemagne sur la théorie des proportions de l'homme est le traité que fit paraître à Leipsig, en 1854, M. le professeur A. Zeising ^ Ce travail, remarquable sous plus d'un rapport, commence par un aperçu de l'histoire de la science des proportions, qui complète les renseignements que nous avions déjà sur cette branche intéressante de l'art.

L'auteur présente ensuite ses propres recherches, en les mettant en parallèle avec les travaux de ses devanciers. 11 n'a considéré que l'homme, sans s'arrêter aux formes de la femme ; il se tait également sur tout ce qui se rapporte aux proportions des différents âges de l'homme;

1 Neue Lehre von den Proportionen der menschlichen Kôrpers, etc., 1 Yol. in-S" avec 177 figures. Leipsig, chez Rudolph Weigel; 1854.

PROPORTIONS DU CORPS HUMAIN

l'ouvrage néanmoins présente de l'intérêt, car l'auteur a traité son sujet d'un point de vue élevé. La dernière partie I renferme des rapprochements ingénieux, puisés dans différentes parties des sciences qui peuvent avoir des rapports avec l'économie de l'homme et l'histoire de ses proportions.

C'est aussi vers la même époque (1849) que M. Cari Schmidt, peintre d'histoire, avait fait paraître, à Stuttgart, un atlas (Proportions-Schlussel) pour l'étude des premiers principes du dessin et de la peinture. Cet ouvrage est d'une grande simplicité : il se compose de trois planches, avec un livret explicatif qui indique les proportions du corps humain. Les dimensions sont puisées , comme l'auteur le fait connaître, dans les données de son expérience et dans celles que j'avais publiées de mon côté.

M. Franz Liharzik, d'une autre part, a publié, à Vienne, en ' 1858 \ un ouvrage sur les proportions humaines et sur les causes qui peuvent s'opposer à leur étude. L'auteur avait principalement en vue de suivre la croissance de Vhomme et déjuger, par des comparaisons, si le développement humain a des corrélations avec le développement des animaux ou celui des plantes. Ces différentes recherches sont intéressantes et ont sans doute pour but des lois d'une extrême importance, mais elles s'éloignent des résultats généraux que nous cherchons à constater.

En 1861 parut encore, à Leipsig, un ouvrage de Frédéric G. Rober, sur la construction et la nature de l'homme-. Ce travail, entièrement mathématique, tend

* Bas Gesetzdes menschlichen Wachsthumes, etc., lyolAn-S°, Vienne,

* Elementar-Beitràge zur Bestimmung der Naturgesetzes der Gestaltung und des Widerstandes, und Anwendung dieser Beitrâge auf Natur

uo

plutôt à faire connaître les idées systématiques de l'auteur sur l'homme et la nature en général, qu'à fournir aux sciences naturelles des appréciations exactes sur les lois de son développement.

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