Taille absolue. — Moyenne et limites aux différents âges
Fixons d'abord notre attention sur les nombres généraux que présentent les tableaux qui vont suivre, et comparons la taille totale, pour chaque âge, à celle qui lui correspond respectivement dans la table de croissance.
On ne perdra pas de vue que, dans cette dernière table, les âges ont été déterminés avec soin. D'après ces nouvelles recherches, l'âge moyen de chaque groupe ne correspondait pas toujours exactement à celui donné dans la table de croissance : ainsi le groupe des jeunes gens de 13 à 15 ans ne donnait pas nécessairement, pour âge moyen, 14 ans. Par suite, leur taille n'était pas rigoureusement comparable à celle de la table de croissance. (On a eu égard à cette différence, comme il a été dit précédemment, non sur la valeur même des tailles, mais sur les résultats qui en étaient déduits). A cette époque, qui est celle de la puberté, il se fait un changement considérable dans le développement du corps humain. Ce chcingement s'opère par des transformations assez soudaines et assez imprévues, qui n'ont pas lieu exactement au même âge chez tous les individus : c'est ce qui rend assez difficile l'appréciation de la grandeur des changements.
MOYENNE DE LA CROISSANCE
Table générale de la taille de Vhomme et de la femme
en Belgiq^ue.
Ages.
Croissance en hauteur :
Différence ea hauteur des deux seies.
nautenr de la femme, l'homme étant i.
Croissance par an :
TAILLE
l'indiiidu dételoppé étant représenté par \ :
Hommes.
Femmes.
nommes
Femmes.
Hommes,
Femmes.
Sais-
an.
2 ans.
po
po
Les colonnes 2 et 3 du tableau qui précède, font connaître les tailles des deux sexes pour les âges indiqués dans la première colonne. Je n'ai pas craint de recourir, pour les adultes, à des mesures prises en partie sur des soldats d'un régiment d'élite, afin d'établir les grandeurs relatives des membres. Il en est résulté que les valeurs absolues des tailles, dans la deuxième colonne et pour les âges de 20 à 40 ans, étaient un peu plus grandes que celles de la table de croissance, où les nombres se rapportent à tous les hommes en général. Mais, dans quelques cas, il a été fait une légère réduction de ce chef, qui était nécessaire pour suivre l'ordre établi : celle qu'exigeait la taille totale était appliquée ensuite proportionnellement à chacune des parties du corps.
Les nouvelles recherches ont en général peu modifié les nombres donnés, il y a plus d'un quart de siècle, par mes premières tables de croissance et pour les femmes surtout. Les écarts les plus sensibles se rapportent à l'entière croissance des hommes, que j'avais regardée comme trop tôt terminée, en m'en rapportant surtout à des documents ■pris sur des miliciens dont les tailles n'avaient pas été suffisamment bien mesurées. On peut considérer la croissance comme entièrement terminée à 30 ans^ ; cependant l'augmentation qu'elle reçoit, après 23 à 25 ans, est déjà '^â peine sensible.
La longueur totale des enfants qui viennent de naître,
1 C'est à peu près l'Age qu*adb"pte âûSSi 'M. John Beddoe, président de la Société Anthropologique de Londres , dans son mémoire : On thb
STATURR AND BULK OP MAN IN THE BRITISH ISLKS ; reud before the A7lthrO'
pologicaV Society of London, (1867). « With respect to limits of âge, (ditil,} the observations of Quetiîlet, Dawson and Aitkin, seems to indicate the âge of twenty-three as tbat when the average man as attained his full stature and bulk, if not absolutel'y and always, yétj nearly enough for purposes of practical investigation. »,
MOYENNE; DEl LA CRWSSANCE.
ainsi que leurs proportions, diffèrent peu clans les deux sexes : les différences qui existent entre eux ne pourraient être bien déterminées que par de nombreuses mesures. C'est par ce motif que, pour les six premiers mois, j'ai pris mes moyennes sur tous les enfants, sans faire la distinction du sexe.
Je ne m'arrêterai pas à établir des comparaisons entre les nombres qui résultent de mes nouvelles recherches et ceux qui se trouvent dans mes tables anciennes ; mon examen portera plus spécialement sur les tables corrigées, d'après l'ensemble de tous mes travaux antérieurs.
Il est certain que l'inégalité des deux sexes existe cependant déjà dès la naissance : les garçons sont un peu plus grands et ils pèsent plus que les filles. C'est peutêtre à cette différence que sont dus les dangers plus imminents que court l'enfant mâle en recevant la naissance, et même pendant son séjour dans le sein de sa mère. La mortalité relative, pour les deux sexes, est vers l'époque de la naissance de 4 à 3 environ : ce rapport se soutient même pendant toute la période de l'allaitement, mais en s'affaiblissant. Cette circonstance tend à déterminer en grande partie la différence numérique que l'on a reconnue depuis longtemps entre les naissances masculines et les naissances féminines.
Quoiqu'il en soit, l'homme, dès sa naissance, est plus grand que la femme. La différence, faible dans la jeunesse, se maintient jusqu'à leur entier développement; c'est de quoi l'on peut juger plus facilement, en jetant les yeux sur les 4™® et 5""° colonnes du tableau précédent.
A égalité d'âge, c'est donc, pendant les premières années de la vie, que la femme diffère le moins de t homine . Le rapport des tailles est de 1 à 0,988 jusque vers quatre ans, en prenant celle du garçon pour unité. Ce rapport
diminue très faiblement d'abord; puis, après l'âge de puberté, d'une manière plus marquée. Il en résulte que, vers l'époque du complet développement, les tailles sont à peu près dans le rapport de 1 à 0,937, ou de 16 à 15.
Le tableau précité donne la croissance de l'homme et de la femme d'année en année ; il fait connaître aussi comment après avoir atteint un maximum de hauteur, tous deux commencent à diminuer ensuite, vers l'âge de cinquante ans, jusqu'au terme extrême de la vie. Cette diminution progressive est assez sensible ; après l'âge de 50 ans, on peut, en effet, l'estimer en totalité à 0^016 environ pour l'homme, et à 0^070 pour la femme.
En considérant les grandeurs absolues, la croissance devient d'autant moins rapide qu'on s'éloigne davantage de l'époque de la naissance. Dans la première année, le développement en hauteur est de près de deux décimètres pour les filles comme pour les garçons ; pendant la seconde année, il se trouve déjà réduit de moitié et ne s'élève pas à un décimètre. L'accroissement annuel est réduit au quart ou à cinq centimètres vers 12 ans; et il continue à diminuer encore jusque vers l'âge de 20 ans, .où il devient à peu près nul pour les filles ; pour les hommes, il se termine un peu plus tard.
La stature de la femme est moindre que celle de l'homme par trois causes différentes : P la femme naît ■ un peu moins grande ; 2° son accroissement annuel est un peu plus faible ; 3° sa croissance est terminée environ deux ans avant celle de l'homme. C'est à cette dernière cause que doit être attribuée surtout la différence des hauteurs ; car, même à l'âge de 14 ans, elle n'est guère de plus de deux centimètres, tandis qu'après le complet développement, elle s'élève à un décimètre environ.
L'enfant, vers l'âge de trois ans, atteint la moitié de la
MOYENNE DE LA CROISSANCE
hauteur à laquelle il doit parvenir un jour. En naissant, il a un peu moins du tiers de cette hauteur ; vers sept ans, il atteint les deux tiers; et vers dix ans, les trois quarts.
Pour connaître tout ce qui se rapporte à la taille, il ne suffit pas d'en avoir les hauteurs moyennes, il est de la plus grande importance de connaître aussi les grandeurs maxima et minima entre lesquelles elle oscille pour les différents âges ; nous pouvons en prendre une idée , à la vérité assez incomplète , par le tableau suivant :
Moyennes et limites de la taille de Thomme et de la femme
en Belgique.
Ages.
Croissance