NAIN GRANDEUR MOYENNE GÉANT
Ici encore, nous aurons à déterminer plus particu-
faculté de l'homme, est simplement la courbe binomiale de Newton. Son axe des abscisses est, pour chacune des courbes, la série des grandeurs de l'homme depuis le nam jusqu'au géant; ensuite, ces abscisses ont successivement pour ordonnées :
1° La taille de l'homme, le nombre étant numériquement représenté par la longueur de l'ordonnée ;
2° Le poids de l'homme, le poids étant relativement représenté par la longueur des ordonnées ;
3° La force de l'homme, cette force étant relativement représentée par la longueur des ordonnées;
4° Etc.
Telle est la marche simple et uniforme que nous avons suivie poup nous former une idée nette de l'accroissement et du décroisseiïient de tous ces nombres. Nous avons conservé leur unité pi'opre, parce que, d'une part, la science n'a pas encore déterminé exactement les valeurs qui nous étaient nécessaires ; et que, de l'autre, il était tout aussi facile de suivre la grandeur des éléments, en substituant leurs valeurs relatives à leurs valeurs réelles. Ce sont ces valeurs relatives que nous consultons ici plus particulièrement.
Cette uniformité d'ailleurs ace grand avantage de permettre, pour ainsi dire d'un coup d'œil, d'apercevoir toutes les nuances que présentent ces divers éléments. Malheureusement la science est encore trop jeune, pour qu'on puisse remplir avantageusement ce cadre,
lièrement deux lois qui règlent, ainsi que pour la taille de l'homme : V Comment le poids augmente successivement avec la taille ; 2° Comment se partagent les poids entre les individus formant les groupes de chaque âge. D'une part, on a la moj^enne d'année en année ; et, de l'autre part, on voit comment, pour chaque année, cette moyenne se place entre les poids individuels qu'elle représente.
Pour la première loi concernant l'homme, et dont l'objet est de déterminer, la croissance moyenne que "prend successivement son poids pendant le développement, nous avons des données satisfaisantes. Nous avons essayé déjà de les faire connaître dans le second volume de notre Physique sociale. Nous rapprocherons ces nombres de ceux qui résultent de nos travaux particuliers destinés spécialement à cet ouvrage, et je pense que nous pourrons déduire de leur rapprochement une table qui remplira le vide fâcheux qui existait dans la science à cet égard. Il est vrai que les nombres ne sont rigoureusement valables que pour la Belgique, et même plus spécialement pour Bruxelles : mais l'unité de valeur peut varier pour les différents climats , sans que la loi de développement change d'une manière sensible. Ainsi, l'augmentation du poids est très remarquable pendant la première année : l'enfant pèse 3 kilogrammes environ en naissant et ce poids se trouve triplé pendant l'année suivante. Cela ne s'observe plus à aucun autre âge de la vie. L'accroissement relatif diminue bientôt; dès la seconde année, il n'est plus que de 2 à 4 kilogrammes pour les enfants des deux sexes; il diminue même, mais faiblement, jusqu'à l'âge de 8 à 10 ans. Le poids reprend ensuite des accroissements plus grands,- qui sont annuellement de plus de 3 kilogrammes pour la femme à 12 ans ; et pour l'homme de 13 à 14 ans.
Vers 15 ans, l'accroissement relatif est le plus rapide chez la femme : il devient annuellement de 4 kilogrammes chez l'homme; il s'élève même à plus de 4 kilogrammes et demi de 16 à 18 ans. Après ces termes maxima, mais moindres relativement que chez l'enfant naissant, l'augmentation de poids diminue chez la femme et devient à peu près nulle vers 23 à 24 ans; chez l'homme, l'augmentation continue encore sensiblement pendant trois à quatre années ^
Cet accroissement de poids dont je parle, et qui tient au développement de l'homme et de la femme, ne cesse pas toujours à cet âge. Quelques fois il continue sous les rapports les plus remarquables ; il ne tient plus alors aux lois de développement dont nous parlons ici, mais à des circonstances qui concernent d'autres sciences que celle dont nous nous occupons.
On trouvera ci-après les tables que nous croyons pouvoir donner pour l'accroissement de l'homme et de la femme dans nos climats^.
Essayons d'abord de nous rendre compte de la manière dont le poids se développe chez l'homme en même temps que la taille. Le tableau suivant , d'après les numéros d'ordre, indique les poids de l'homme et les différentes tailles correspondantes, au premier, au second et au troisième degré. Pour rendre la comparaison plus facile, nous avons placé, dans les trois dernières colonnes du
' Comme nous l'avons dit dans une note précédente, l'accroissement et le décroissement du poids ne se font pas d'après la loi de l'accroissement et du décroissement des tailles, mais les variations en plus et en moins s'opèrent en même temps, avec des valeurs différentes, dont nous n'avons pas ici à tenir compte.
* "Voyez aussi le tome 7 des Mémoires de l'Académie royale de Bruxelles, année 1832, ainsi que mes Recherches sur le poids de l'homme aux différents âges. On voit, d'une autre part, dans ma Physiqtce sociale, que le poids croît un peu plus rapidement que le carré de la taille.
tableau, les nombres de la colonne des poids et ceux des deux colonnes des carrés et des cubes des tailles, mais en les réduisant de manière à présenter, pour plus de facilité, l'unité comme premier nombre de la série.
Rapport de la taille et du poids de L'homme.
AGE
Taille i.
Poids.
Taille 2.
Taille 3.
Poids relatif.
Taille 2 relalivc.
1 aiiiC'^ rdalire.
Naissance . . .
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POPULATION MOYENNE
D'après cette disposition des nombres, on verra que, dans la première colonne des poids et sur la ligne de 15 ans, le poids du jeune homme de cet âge vaut 41^-2; et que, dans la table réduite, ce nombre devient 13'' -29 : il se trouve compris entre les deux nombres 9, 16 et 27,71 , qui suivent dans la colonne horizontale. Le poids réduit du jeune homme est donc plus grand que 9,16, de 4,13; et plus petit que 27,71, de 14,42. C'est à dire que le poids 13,29 vaut plus que le carré et moins que le cube de la taille relative donné dans les deux dernières colonnes. Ainsi, le poids de l'enfant, vers sa naissance, croît, à peu près comme le cube de sa hauteur : après la première année, cette croissance devient moins rapide et diminue successivement ; vers quatre à cinq ans, elle n'a plus qu'une valeur entre la seconde et la troisième puissance de sa hauteur. Vers 12 à 13 ans, ou bien vers le temps qui précède l'adolescence, le poids relatif du jeune homme a le moins de développement : puis, sa croissance devient plus rapide. Vers l'âge de 30 ans, et l'on peut dire depuis l'instant où il est formé comme homme, son poids est un peu au-dessous de la valeur qu'il aurait entre deux hommes ayant eu une croissance l'un comme les carrés, l'autre comme les cubes de sa hauteur.
DE
POIDS DU CORPS