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CHAPITRE PREMIER

GÉNÉRALITÉS

| 1. — Le Pays.

Borné au sud et à Test par la mer, à l'ouest par des montagnes, au nord par des déserts, ce pays forme un cercle de 600 lieues de diamètre destiné par la nature à une évolution isolée. Le climat, sibérien au nord, torride au midi, voit également des rennes et des éléphants.

Les faits. — Révélée à l'occident par Batou Khan (1240} qui prit Moscou et détruisit Cracovie, la Chine était si indéterminée que Colomb crut aborder au Cathay de Marco Polo.

Cathay ou Kitaï ressemble singulièrement aux Khetas, Hettéens. Thsina (China) est un mot hin-

LES IDÉES ET LES FORMES

dou; le véritable nom est Tchoung-Koué, empire des hommes du milieu (de la terre).

Le premier dictionnaire chinois est de i8i3.

| 2. — La Race.

Les trois Hoangs dont les uns avaient un corps de serpent, les seconds un visage de fille et les troisièmes un corps de dragon, mènent aux périodes Ki, dragons à têtes humaines.

A la septième période Ki, les Troglodytes, sortirent des cavernes et les lacustres s'établirent sur terre.

A la huitième, les chars royaux s'attelaient de six licornes.

A la neuvième, Tsang-Kie invente les caractères.

Fo-Hi (3468 av. J.-C.) de Ho-nan, inventeur des huit symboles, trois lignes formant soixantequatre combinaisons (cunéiformes). Il les traça sur le dos d'un dragon qui sortait d'un lac(Oannès de Kaldée). Le dragon volant composa les livres ; le dragon qui se cache fit le calendrier, le dragon sédentaire garda les bâtiments, etc.

Fo-Hi était fils de Hoa-sse (fleur espérée) ; elle fut fécondée en marchant sur la trace du grand

LA CHINE

homme. Fo-Hi a des cornes com ( Moïse. Il eut une sœur, son épouse et vierge tout ensemble.

Chin-Noang (32 18) instaura l'agriculture et la médecine; il connaissait l'aplatissement delà terre aux pôles.

Hoang-Ti (2637), il fondait des cloches.

En 1767, l'empereur fit établir la chronologie nationale par les Han-lin et on établit comme première date 2687.

Le Souverain suprême Chong-ti eut un temple.

Loue-tseu, femme de Hoang-ti, enseigna au peuple Fart d'élever les vers à soie.

Chao-Hao (2697), il y eut une nouvelle musique et les lettrés prennent pour emblème le Tounghoang (phénix).

Yao, il donne son nom au premier desKings.

On peut voir à la Bibliothèque nationale le Li-taï-ki-sse, 100 volumes in-folio imprimés à Péking.

Chun recommanda les cinq devoirs du père, des enfants, du roi, des époux, des vieillards et des amis.

En 2255, Chun examine l'instrument orné de pierres précieuses qui représente les astres (sphère céleste) et le tube mobile qui servait à les observer. La grande cérémonie commença par la musique à neuf parties (Siao-chao).

176 LES IDÉES ET LES FORMES

Il visite les quatre montagnes Yo (aux points cardinaux) et sur chacune, il offre des sacrifices; il abolit la mutilation.

Le nombre cinq : cinq devoirs ; cinq habits ; cinq supplices.

SousHaong-ti (2637) un étranger vint du sud, il montait un cerf blanc et offrit une coupe et des peaux.

Sous les Hia (22o5) des insulaires apportèrent des vêtements brodés de fleurs.

Sous lesChang (1785), les Youe-Yéou de Test, aux cheveux courts, aux corps tatoués apportèrent des caisses de peaux de poissons, des épées courtes.

Sous les Tchéou, les communications furent ouvertes avec huit nations barbares.

Les œuvres d'art de la Chine s'appellent pour nous des magots et les savants n'ont pas mieux accepté ses autres titres à notre estime.

Hegel estime qu'il vaudrait mieux pour la réputation de Conf ucius que ses ouvrages n'eussent jamais été traduits.

En France, on a sur la Chine un jugement de matelot ou de collectionneur, on se moque de traits tartares ou mandchous, ou on ne voit de ce vaste empire qu'une tasse de porcelaine.

Confucius n'est ni un réformateur, ni un fon-

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dateur, ni un philosophe, c'est simplement le collectionneur de la tradition. Bibliothécaire sous la dynastie des Tchéou, il compulsa les archives de la race et il en donna une rédaction pieuse, un abrégé des livres de la doctrine sacrée immuable, livres par excellence. Il propagea l'ancienne doctrine.

De son temps, il n'existait plus que deux morceaux de l'ancienne musique et en les entendant son émotion fut telle, qu'il garda deux mois le lit.

| 3. — Les Idées,

Pas de révélation : les sages découvrent la vérité par l'opération de leur génie. Sauf les dragons de la période primitive, point de fables. Un ministère des Affaires célestes, sacerdoce astronomique.

L'inscription de Yu, sur un rocher de Hong- Chou (182, Haller), est en vieux caractères Ho- Téou, à forme de têtard.

2278. Chars magnétiques, comme leurs boussoles montrent le sud.

Le Tao de Lao-tseu examine l'origine des formes matérielles, tout vient du Tao ou Raison suprême; les sans-culottes rie savaient pas qu'ils pensaient en chinois.

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On a tiré un culte et un sacerdoce de cette philosophie : « Celui-là seul est éclairé qui se connaît ; fort, qui se dompte ; riche, qui connaît le nécessaire. »

Confucius(Khoang-fou-tseu, 55i av.J.-C). Le mot de charité est répété plus de cent fois dans le Lun-You, 5oo ans av. J.-C. (Pauthier.)

Meng-tseu dit : « Les sectateurs de Yong proclament : « tout doit se rapporter à nous ; ceux de Mé, nous ne distinguons point entre les êtres, de hiérarchie », et il les blâme.

On lui éleva un temple, en ioo5 de J.-C. et on plaça sa statue dans le temple de Confucius.

La Chine primitive est monothéiste : mais elle conjure les esprits élémentaires, particulièrement ceux des montagnes. La notion philosophique de la sagesse tient chez elle la place de la piété et des dévotions : elle était toute préparée au bouddhisme. On observe trois courants chez les jaunes, Tastrolâtrie, le culte des ancêtres et le rationalisme : ce sont ces deux-là qui ont prévalu : leurs livres sacrés ont un caractère moralistique sans mysticisme.

En Chine, l'empereur est toujours orthodoxe, en tant que souverain il est grand pontife et il conserve la tradition même si dans son privé il est bouddhiste comme les tatars mongols.

Les Génies tutélaires et les mânes ne consti-

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tuent pas un polythéisme, le Chinois adore le Chang-ty, suprême seigneur, comme il brûle du papier-monnaie aux obsèques pour payer les dettes du défunt dans l'autre vie.

De temps immémorial, l'empire a eu sept historiographes qui se sont renouvelés sans interruption.

Le Y-Kin est une genèse, le Chou-Kin est un livre d'exemples historiques ; le Ly-Ky donne les devoirs professionnels.

Or, il faut remarquer que les Kin sont d'une rédaction antérieure à l'exode de l'Asie centrale.

Le Y-Kin, livre des changements (le livre du passage perpétuel du repos au mouvement, le livre des générations et des corruptions) commence par une période d'harmonie. « Alors le ciel et la terre avaient chacun la place qui leur convient et la terre était soumise au ciel et le ciel protégeait la terre : entre eux une douce et continuelle correspondance.

« Une femme à longue barbe a été le principe de nos malheurs. Ce désordre n'est point venu du ciel, il est venu de cette femme. C'était à l'homme à observer la justice ; la complaisance pour la femme le précipita. Sa ruine se lia avec l'arbre aux trois mains. »

Il y a aussi la tradition d'un suprême Seigneur Oiang-ty qui entraîna dans sa chute neuf troupes.

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|4- — Les Dates,

Les Chinois sont les inventeurs de l'astronomie, au même titre que les Kaldéens. Ils divisaient la sphère selon les saisons en quatre grandes constellations. L'orient est le dragon ; l'occident, le tigre ; leurs têtes à Test, leurs queues au nord. Ceux du midi forment la figure d'un oiseau et ceux du nord d'une tortue, la tête est à l'ouest et la queue à Test. Les Chinois vivant sous le 35e degré de latitude boréale, pour fixer l'époque où ils symbolisèrent la sphère, il faut remonter au temps où la colure équinoxiale du printemps passait au Scorpion, 25o degrés de l'écliptique: en rétrogradant selon la précession des équinoxes, cela donnerait l'an 16916 av. J.-C.

Quand on distingua les étoiles levantes et couchantes, on leur donna des noms. Il y eut une troisième division astronomique pour les nouveaux astérismes et celle-là est de 400(> avant J.-C. Le premier empereur historique est de 2802 av. J.-C.

Les Chinois croyaient à des déluges périodiques ; « la tribu aux cent familles, le peuple aux cheveux noirs », ainsi ils se désignaient.

LA CHINE

L'àme se compose du ling ou intellectualité et du houen, affectivité, d'après le Père Hue. Leur psychologie ne diffère pas de la noire, mais leur société basée sur la famille ne tient aucun compte de l'individu. La perfection matérielle où ils sont arrivés très tôt dans tous les arts mineurs correspond à un utilitarisme de race qui ne se démentit à aucune époque. 2200 avant notre ère, il y avait une intendance de la musique. Le livre des rites dit : « Etudiez avec soin la musique : c'est l'expression et l'image de l'union de la terre avec le ciel. Avec les rites et la musique, rien n'est difficile dans l'Empire. »

246 avant notre ère, Thsin-Chi-Thoang-ti fit détruire tous les monuments des précédentes dynasties et construisit la grande muraille. Elle a six cents lieues et va de la mer Jaune à l'extrémité de Chin-Si.

Elle est faite de deux faces de mur chacune d'un pied et demi d'épaisseur dont l'intervalle est empli en terre. Elle est crénelée et flanquée de tours : la fondation est en pierre de taille jusqu'à la hauteur de 6 pieds ; chaque 5oo toises, une tour carrée.

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