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CHAPITRE II

ARCHITECTURE

§ 1. — Généralités.

La Chine sacrifia d'abord sur les montagnes et construisit en bois ses palais ; traditionnelle comme on la connaît, elle conserve encore ses formes primitives; la plus caractéristique est la pagode, tour polygonale à treize ou quinze étages, correspondant chacun à une zone spirituelle : si ce genre a quelques relations avec la ziggurrat, cette tour carrée à étages, ils sont difficiles à établir.

§ 2. — Le Temple.

Nous avons le dessin et la description du temple de la lumière (Ming-tang) sous les

LA CHINE

trois premières dynasties Hia, Chang, Tcheou.

Sous les Hia, le temple composé de cinq salles n'avait aucun ornement, l'escalier de l'entrée avait neuf degrés. Sous les Chang, ces cinq salles étaient soutenues par des colonnes et surmontées d'autres colonnes qui supportaient un second toit.

Sous les Tcheou, on revint à la simplicité primitive, il n'y eut ni colonnes, ni toits élégants.

Le temple des purifications fut élevé par Tcheou Koung.

Aucun pays ne possède des annales aussi complètes, aussi lointaines, ni une littérature aussi riche. Malheureusement, les édifices en bois ne durent pas et l'empereur Hoâng Ti, au troisième siècle, au lieu de marteler le cartouche des prédécesseurs et de le remplacer par le sien selon la mode pharaonique, fit démolir les grands ouvrages.

Lord Matcarney faisant son grand voyage de Canton à la Tartarie fut reçu par l'empereur dans une véritable tente. A peine vit-il quelque différence entre elle et les édifices qu'il avait considérés par milliers. La tente est le type architectonique des jaunes : un palais ressemble à un groupement de tentes et la tour elle-même n'est qu'une superposition de tentes. La résidence impériale donne à peu près les lignes

LES IDÉES ET LES FORMES

d'un campement : le pilier de bois sans chapiteau ni base porte un toit convexe qui se retrousse et se prolonge à ses angles. Le second caractère est de tendre à la forme pyramidale. Le temple très petit n'a qu'une chambre (ting) sur une cour et des galeries.

Les édicules commémoratifs (miao), sortes de pavillons à perrons et à balustrades et les tours polygonales (toa) dédiées aux esprits, à six ou dix étages en retrait, constituent, avec le temple réduit à la cella, l'architecture chinoise. Cependant, on ignore communément que la grande muraille se développe sur six cents lieues, crénelée et flanquées de tours, offrant à ving-cinq pieds de hauteur l'épaisseur nécessaire au passage de six cavaliers marchant de front. Un certain M. Barrow a calculé que les matériaux employés suffiraient à entourer notre globe de deux enceintes de six pieds de haut sur deux d'épaisseur.

§ 3. — La Tombe.

Les annales racontent que l'empereur Tsin se fit creuser une montagne « jusqu'aux trois sources » et qu'il la surmonta d'un mausolée de cinq cents pieds ; ce qui amena une révolution. On

LA CHINE

peut citer le pont Loyau avec ses trois cents piles couvertes de Tune à l'autre par des linteaux monolithes.

Les Chinois ont su faire grand et même énorme. Ni les remparts de Babylone, ni les pyramides, ni les ponts romains ne remportent sur la grande muraille, le tombeau de Tsin et le pont Loyau. Mais l'utilité ou la folie d'un despote seules leur firent entreprendre ces travaux. Leur goût ne s'émeut pas au grandiose : ils recherchent la sveltesse des profils et la légèreté des proportions. Pour nous, leurs édifices ne sont que des édicules, des kiosques ou des pavillons, des fantaisies propres à orner un coin de parc. Ce qui leur donne leur aspect monumental à nos yeux est une polychromie violente, tuiles vernissées, plaques de porcelaines et enluminures criardes.

Une civilisation, qui conserve pour ses temples la forme initiale de l'habitation, la tente du nomade et du pasteur, ne cherchera jamais la ligne plastique, c'est-à-dire l'idéalisation du corps humain. Nous ignorons les œuvres antérieures à l'expansion bouddhique.

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