CHAPITRE III
SCULPTURE
| 1. — Le Type,
Le Phénicien a le nez juif, est très velu. Avide, lascif et cruel.
| 2. — La Forme humaine.
Aucun chef-d'œuvre même d'exécution : le moindre ivoire d'extrême-Orient l'emporte. Ce qui n'est pas copié est laid, terre cuite ou bronze et quand on rencontre un motif local, comme la femme tenant le disque, on constate l'impuissance de cette race à trouver un geste.
La stèle de Jewa-Melech réunit une Isis assise à un Persan en adoration, celle d'Amrit montre
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un Assyrien ayant les pieds sur un lion à la façon persane. Le seul motif personnel est l'insertion du disque dans le croissant lunaire, sans valeur plastique et ne signifiant que la prédominance des instincts par la coiffure d'Astarté (Istar).
La grande dame de Gebal et le bronze de la collection Peretié représente Astarté coiffée du disque cornu, comme Hathor, avec l'ureus comme Isis. Cette figure offre le type juif caractérisé.
Les cabires de Chypre, grotesques et lourdes caricatures d'enfants, ressemblent à des singes, Bès obscène et ridicule a été répandu à profusion : le touriste d'Orient en rapporte de toutes parts.
Le meilleur morceau connu serait encore le torse de Sarfend, qui est au Louvre. Au collier pend le disque cornu, la schenti s'orne de deux ureus opposés, et le buste d'Amrit, figure d'homme mûr et efféminé avec des mèches tordues.
Il existe plutôt un art cypriote qu'un art phénicien.
- On a trouvé à Dalit, à Athiéniou, des statues d'un charme voluptueux, le costume est égyptien mais le caractère souriant et efféminé, l'hésitation du sexe, la mollesse lascive des formes cons-
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tituent un style. Le fameux mouvement de la Vénus de Médicis se voit dans les terres cuites cypriotes, mais ne sont-elles pas des imitations de l'œuvre de Praxitèle ? Les dates flottent singulièrement pour l'attribution de la plupart des ouvrages.
Aux ondes molles ou écumeuses de Chypre on ne distingue, que par sa grâce, l'hellénisme corrompu par la lascivité sémitique : mais cette grâce victorieuse de l'épaisse sensualité revêt un caractère souriant, très distinct de la sombre expression du sensualisme tyrien.
Pour classer les œuvres phéniciennes au moins par période, il n'y a qu'à rechercher leur modèle.
Les plus anciennes imitent l'Assyrie, viennent ensuite celles qui pastichent TÉgypte, enfin celles qui imitent la Grèce. Pour la première série, il faut supposer le septième siècle, le sixième pour la seconde et le cinquième pour Tinfluence grecque.
Mais, l'objet souvent offre le mélange de l'Assyrie et de TEgypte.
Les dieux le plus souvent représentés sont Melquartet Astarté.
Les Figurines d'Alambra, œuvres dérisoires, maladroites, attribuables à des Polynés iens : les Vénus se pressant les seins du recueil d'Heuzey,
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terres cuites du Louvre, les Bès, le Géryon du Musée de New-York, les magots de la collection Piot, le groupe d'hommes couchés, la ronde des trois femmes du Louvre, l'homme à tête de grenouille, tout cela est bien sémitique et bien phénicien. Tandis que la frise du festin sur le sarcophage d'Athiénaou est une œuvre hellénique fort belle.
Sans doute pour les costumes et les symboles, il y a des souvenirs égyptiens, cependant la vision plastique est grecque dans presque toutes les têtes d'Athiénaou. Sous leklaf ou le bonnet phrygien, malgré les colliers et les ureus de la schenti, nous sommes en présence du grec archaïque.
M. Heuzey a remarqué que l'obliquité des yeux et le retroussement des coins de la bouche se trouve dans tout l'archaïque : cela est frappant dans la série des prêtresses du musée de l'Acropole à Athènes. Ce parti aiguise l'expression et lui donne un caractère de rosserie ou de perversité. Sans doute à Athiénaou, les yeux sont à fleur de tête, le nez est gros, le menton proéminent; c'est un type voluptueux, vicieux même mais un type spécial, le cypriote, qu'il est impossible de confondre avec les figures phéniciennes. Dans les . collections, l'objet phénicien n'a qu'un intérêt de date et d'évocation, le bronze ou la
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terre cuile de Chypre est à peu près toujours un objet d'art, d'un ordre inférieur par la sensualité, cependant doué de grâce, ce qui est impossible au sémitisme.
La terre phénicienne a été étudiée par un homme supérieur aux savants et explorateurs ordinaires et trop doué littérairement pour ne pas céder à la moindre excitation lyrique du monument.
La mission de Phénicie est accablante pour cette race de lucre et de vilenie. En manière de textes religieux, elle nous a laissé une inscription appelée le tarif de Marseille qui donne le prix des sacrifices. On a trouvé un autre de ces aviso sacro à Carthage. A Larnaca, on a trouvé un compte de sacristie. Il mentionne outre les sacrificateurs des barbiers chirurgiens qui opéraient les fidèles selon leur vœu, les bedeaux, et même les hiérodules.
Babylone nous a révélé, si nous en croyons Hérodote, des prostitutions sacrées, mais elle paraît avoir été réduite à une seule fois.
A Tyr, on excite les instincts, on en consacre les excès, comme des rites.
Si on réunit par la pensée les Phéniciens aux Juifs, ils suffisent à fournir à l'humanité le temporel et le spirituel : comme la contrefaçon syrienne résume grossièrement l'Egypte et la
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Babylonie, la Bible satisfait à tous les besoins moraux de l'Occident : mais tandis que le Phénicien adapte l'offre à la demande et façonne son produit sur le goût de l'acheteur, l'Occident s'est adapté au livre juif. Quelle que soit sa beauté littéraire, son adoption par les races occidentales reste le problème le plus insoluble de l'histoire, malgré qu'il doive sa fortune à son caractère de prologue de l'Évangile. L'instinct ethnique ne s'est pas soulevé et l'archéologie seule a commencé une réaction contre l'Ancien Testament.
On s'étonne de voir, dans la contemplation historique, l'œuvre humaine s'opérer par les moins purs, comme dans le spectacle de la vie. Comment ne pas admirer l'activité carthaginoise, quand on songe qu'après le périple d'Hannon sur la côte d'Afrique trois cents comptoirs y furent fondés. Un autre Carthaginois, Himilcon, alla jusqu'en Irlande.
Il est remarquable que Carthage disparut, du jour de son inutilité ; réplique providentielle à cette race si exclusivement utilitaire. Les monnaies du cinquième siècle sont frappées en Grèce ; de là leur beauté.
« On ne trouve rien en Phénicie qui n'ait été vu d'abord en Égypte, en Kaldée ou en Assyrie », dit avec autorité M. Perrot.
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Renan, Mission de Phénicie, 1864.
Perrot et Chipiez, tome III. Histoire de Varl : Phénicie. Cesnola, Cyprus. London, 1877.