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CHAPITRE II

ARCHITECTURE

| 1. — Le Temple.

Les Atech-gah oupyrées sont plutôt des autels que des sanctuaires. Celui de Nakck-i-Rousten est un roc naturel dominant la plaine où s'élèvent deux autels carrés dont chaque côté porte un cintre à colonnes en bas-reliefs. Le sommet offre le creux propre à un feu. A Pasagarde, on trouve le soubassement d'autels semblables.

Comme ces autels se rencontrent par paires, Flandin s'est demandé si ce n'était pas la trace d'un culte dualiste, honorant le bon principe et conjurant le mauvais simultanément? Mais ailleurs, on trouve l'atech-gah par unité. C'est, en somme, un dolmen construit auquel on parvient par des marches et qui ne correspond qu'à la

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présence des Mages allumeurs et conjurateurs du feu sacré. On est surpris de la disproportion entre Pédicule religieux de cette race et l'importance de son livre sacré, l'Avesta.

Flandin raconte, dans sa relation, qu'un jour, dans les hypogées de Persepolis, il fut troublé parla présence dedeux vieillards, des marchands, qui ramassèrent du menu bois, et formèrent un petit bûcher sur le bord de l'escarpement et l'allumèrent en priant.

« Pendant que ces deux guèbres priaient devant leur feu, je levai les yeux sur le bas-relief supérieur du caveau funéraire. La scène s'y trouvait figurée toute semblable à celle dont j'étais témoin. »

L'Egypte et la Kaldée seules furent vraiment créatrices, ce sont les civilisations mères et il faut atteindre la Grèce pour trouver une nouvelle période d'invention et de beauté réalisée : mais la succession du génie des races ne s'opère que par de longues et lentes pénétrations et on ne peut négliger les arts de transition, surtout s'ils représentent, comme ceux de la Perse, le passage de l'hégémonie des races sémitique et touranienne à la nôtre. Les Perses offrent cet intérêt à notre étude qu'ils sont nos consanguins, selon le Iaphétisme biblique et aussi d'après TAryanisme.

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Si on compare l'art phénicien à l'art persan, c'est à ce dernier qu'on trouvera une originalité relative, non pour des inventions de formes, mais pour des combinaisons de profils déjà connus.

Le Temple tient peu de place dans les ruines venues jusqu'à nous : le palais seul exprime la race. Il faut dire à l'excuse des Iraniens qu'ils se trouvèrent subitement entourés de civilisations accomplies, et que Cyrus et Cambyse les rendirent maîtres du vieux monde. Ils furent donc subjugués esthétiquement ; leurs vassaux leur fournirent un art complet.

La tendance aryaque fut toujours d'idéaliser les supports, de développer la verticale.

A Persepolis, des colonnes de vingt mètres ont comme diamètre le rapport du treizième.

| 2. — La Tombe.

Du plus beau marbre blanc, le tombeau de Cyrus ressemble à un habitacle à fronton triangulaire, posé sur une réduction de ziggurrat, c'est-à-dire de sept terrasses en retrait les unes sur les autres.

Après trois jours, l'âme quittait la terre. Un

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Anubis Rashnou la pesait ; juste elle passait le pont du paradis, impure elle était précipitée en enfer.

Brûler le corps, ou le noyer, ou l'enterrer, c'était pour l'Iranien souiller l'élément où on le mettait. Pour le jeter en terre, on l'enduisait de cire ; on l'exposait dans des tours rondes sans toit « dakhmas », où les vautours les dépeçaient à leur aise.

| 3. — Le Palais.

Ahoura-Mazda n'ayant que des autels, sur les montagnes, l'architecture se résume chez les Perses dans le palais royal ; à Ecbatane, à Persepolis, à Suze.

Selon Strabon, qui cite un certain Polyclète, chaque roi se fait construire un palais, comme en Égypte il se faisait construire une tombe.

A Pasagarde, Cyrus vainqueur d'Astyage, avait beaucoup construit. Il reste des colonnes de 5 mètres, et aux piliers d'angle on retrouve la place des poutres de la charpente.

A Persepolis, sur une vaste esplanade où Ton monte encore par un large escalier de cent onze marches qui porte sur le roc vif, s'élevaient les Propylées et la salle aux cent colonnes.

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Le mur de l'esplanade porte l'invocation de Darius à Àhoura-mazda.

« Persepolis était, après Suze, la ville la plus grande, la plus belle de tout l'empire perse. »

Les piliers de 11 mètres montrent le taureau de Ninive : la restitution de Ch. Chipiez nous donne un pylône, œuvre de Xercès. Mais le chefd'œuvre de cet art devait être la salle hypostyle. On parvient par des rampes, où la paroi émaillée montre un garde à chaque marche, à une terrasse où treize colonnes se dressent encore : c'était une salle du trône. Avec beaucoup de sagacité, M. Perrot a démontré que cette salle était ouverte de tous côtés, il en a donné l'ornementation luxueuse et polychromée. On peut faire d'intéressants rapprochements entre l'hypostyle de Karnack et celle de Xercès avec ses soixante-douze colonnes.

Pour en bien juger, il faut se figurer cette salle ouverte, élevée au-dessus de la plaine.

De la salle aux cent colonnes, par files de dix, il ne reste que la trace des bases ; elles avaient près de 12 mètres de hauteur et le fût moins d'un mètre. Plutarque raconte qu'Alexandre, poussé par la courtisane Thaïs, aurait incendié le palais des rois des Perses : on a trouvé des traces de cendres, en effet.

Les autres palais offrent la disposition des

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propylées, mais les ruines montrent des portiques égyptiens.

Pour compléter l'évocation de ces monuments, il faut se souvenir que le mot paradis est persan, qu'il signifie parc et que ces lieux de séjour royaux participaient au caractère de la villa romaine à l'époque de la Renaissance. La végétation se mariait à l'architectonique pour produire l'effet le plus merveilleux qui soit, le mariage de l'art monumental et de la nature. Le palais Achemenide garde sa physionomie en face du palais Sargonide. Loflus, le premier, a affirmé que l'hypostyle de Xercès à Persepolis et celle d'Artaxercès à Suse étaient ouvertes de tous côtés ou closes seulement de tapis.

M . Dieulafoy, qui a fouillé VA padana de Suze, en a donné une restauration qui l'identifie à l'hypostyle de Xercès.

Autant la colonne persane par sa fusée élégante et sa fine cannelure plaît, presque à l'égal d'une chose grecque, autantson chapiteau contredit à la raison et au goût.

La tête de l'animal pourrait en agrafant les cornes à l'abaque donner quelque chose, mais les jambes repliées, la tête courbée sous la poutre, le taureau perd sa signification. La logique veut que son sabot pose sur le sol et qu'il soit le libre gardien du seuil, il représente l'idéal

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même de la sentinelle vigilante et redoutable : adossé à lui-même, rabougri, il ne fournit plus qu'un ornement de fourreau. Pourquoi les Iraniens choisirent-ils cette forme pour la répéter sans trêve : est-ce par souvenir de l'agriculture tellement honorée dans l'Avesta qui proclame le labour supérieur à la prière et l'œuvre des champs plus efficace que celle de la dévotion?

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