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LA PHRYGIE

§ i. — Le Pays.

Le pays occupait la vallée de PHermos et du Caystre. Le Méandre la séparait de la Carie.

La Lydie, Méonie d'Homère, nous est connue par l'ouvrage perdu d'un Lydien, Xanthos, dont Strabon nous donne des fragments.

Trois dynasties y auront régné, les Alyades, les Héraclides et les Mermnades, celle-ci fondée par Gygès.

| 2. — La Race.

Hérodote affirme que les Cariens, les Lydiens et les Mysiens étaient consanguins; ils

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avaient la religion phrygienne. Les Phrygiens étaient Thraces et les Arméniens Phrygiens; en tout cas, ce sont des Aryas, des Grecs orientaux : ils ont donné à la Grèce Dyonisos et Orphée. Hérodote assure que les Phrygiens ont le droit de se dire les plus anciens des hommes, voisins et alliés des Troyens. Les inscriptions portent les noms de Gorgos et de Midas : on a l'alphabet phrygien.

Midas serait de Tan 7oo, le Midas qui change en or ce qu'il touche : Midas est-il un homme ou dynastie? Les Dardaniens passent pour avoir vaincu Tantale; c'est l'aïeul de Priam, le fondateur de Troie, le roi du Sipyle.

A Magnésie, à Smyrne, il y a des tracesde cités identifiables à la légende Tantaléenne. Strabon dit: (( Les Grecs ont aussi appelé Phrygiens Pélops, Tantale et Niobé. »

Selon Perrot, les Tantalides seraient élèves des Khettéens.

§ 3. — Les Idées,

La religion phrygienne nous est venue sous les anathèmes des Pères de l'Église. Gybèle, mater Kibilé, semble être la grande divinité. Men, dieu lunaire, et Atys (Adonis).

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Le rite semble avoir pris un caractère théâtral, surtout au printemps. C'est clans le délire des cérémonies que les dévots se mutilaient. Le mode phrygien, qu'on l'étende de la lamentation sur la mort du dieu ou de sa résurrection, devait être frénétique.

Cybèle, assise sur un lion ou sur un trône avec des lions ou sur un char traîné par ces mêmes animaux, a une allure de style sévère, mais les orgies phrygiennes semblent aussi plus tragiquement passionnées que les lascivités cypriotes.

§ 4- — L'Art phrygien.

Le Sipyle s'étend entre l'Hermos et le golfe de Smyrne. « Il y a dans notre pays des preuves du séjour de Tantale et de Pelops, le lac de Tantale, son tombeau, le trône de Pelops, le hiéron de la Mère Plastené et ce rocher qui semble une femme en pleurs. »

Au nord de Smyrne, se dressait l'Acropole avec une porte en ogive tronquée.

Le tombeau de Tantale a io5 de diamètre en pierres sèches, la chambre a 2 m. 85 sous voûte ; il a eu 27 d'élévation. On suppose que le sommet se couronnait d'un phallus.

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A Kumbet, non loin de Pessinunte, beaucoup de chambres dans le tuf ont été des tombeaux : le tombeau du roi Midas, une face rectangle avec un fronton triangulaire. Des losanges, quatre par quatre, forment une espèce d'étoile à angle droit avec un carré au milieu : c'est un méandre et, au milieu des vides, il y a alternant avec le carré médian des croix grecques, le tout de i3 centimètres de relief. L'inscription dit que cela fut fait pour le roi Midas.

A Delikilach, Perrot a découvert une façade dans le rocher à fronton aigu, « au tiers une porte simulée avec double chambranle, l'inscription reproduit des caractères déjà vus sur les fusaïolestroyennes ». Ces façades sculptées seraient seulement commémoratives, au lieu d'avoir servi de tombe.

On a voulu voir un sanctuaire assez loin de la rive sur un mamelon qu'on appelle Ada, « clé ». Il reste la chambre de Cybèle, ou du bétyle et ce serait le sanctuaire de la mère Plastenée, le hiéron cité par Pausanias.

Le temple phrygien est un temple en plein air, selon la mode primitive des Aryas, on trouve des esplanades avec traces d'un mur d'enceinte des façades taillées dans le roc et des autels précédés de marches.

A Arslonkaïa, deux lionnes dressées contre

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leur maîtresse Cybèle, silhouettes informes.

Des sphinx, des griffons et comme ornements des méandres et des croix grecques. Dans la citadelle à Pichmih kalé, on lit en caractères de 9 centimètres : « Il n'y a qu'un seul dieu » ; l'inscription n'est pas ancienne.

A Boudja, à l'est de Smyrne, un buste de i m. îo avec les mains se joignant sous le cou et des cornes à la place d'oreilles.

A Kumbet, un bélier et des chèvres sauvages.

Le bas-relief de la tombe brisée où un guerrier porte un coup de lance à une figure énigmatique, tête à peine humaine sur un socle. Le cimier, le nasal, le bouclier rond font penser aux armes décrites dans l'Iliade. Le nez est bien grec, une barbe en pointe et point de moustache. Cette tombe s'ornait de deux lions affrontés.

L'art phrygien qui ne donne à Cybèle que l'aspect d'une lourde poupée est meilleur dans la représentation animale. Dans les rinceaux et les méandres, il y a des choses d'un goût classique.

Pâtre, laboureur, éleveur, vigneron, le Phrygien du Sangarios manifeste le caractère agriculteur de l'Arya. S'ils ne furent pas des poètes, ils inventèrent la flûte que Platon n'admet pas dans sa république, car la flûte est orgiaque.

Au point de vue esthétique, la Phrygie ne nous

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livre ni un temple, ni une statue, mais dans le va-et-vient des courants civilisateurs, elle joue un rôle qui diminue celui des Phéniciens. On attribue à tort à Tyr et à Sidon toute pénétration syrienne sur les côtes méditerranéennes. Les Phrygiens ont tiré de la Syrie des idées et des formes, le culte de Cybèle et d'Athys, son rite d'émasculation et le phallus comme symbole.

« L'art phrygien est à l'art khettéen, à peu près ce que ce dernier est à l'art de PAssyrie », dit Perrot.

Le Phrygien reste inférieur comme artiste au Cappadocien.

C'est en Phrygie que les Hellènes ont pu trouver les premiers modèles de l'ordre dorique, du chapiteau ionique, et du fronton triangulaire. Les Thraces de l'Asie Mineure seraient donc, à l'époque delà prise de Troie, les élaborateurs de l'architectonique grecque.

Fréquemment on retrouve le même édicule rupestre, orné de méandres dont la tombe de Midas est le type.

A Ayazuvin, deux lions colossaux sculptés dans le roc gardent l'entrée d'un sépulcre; à Ya~ puldok comme à Kombet, les façades sont de véritables façades monumentales.

M. Hirschfeld, dans la Paphlagonie montueuse

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et boisée qui avait sur la côte Sinope, a retrouvé des tombes. Xénophon parle d'un chef paphlagonien Carylas.

A Hombarkasa, un beau portique dorique à trois colonnes. Dans une roche et devant ces bases, trois lions couchés.

A Is Kelib, même façade avec une base ronde et saillante à la colonne. Au tympan des amours ailés, des Éros.

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