‹ Antiquités anglo-normandes de DucarelChapitre 21 sur 56 · T 76 ANTIQUITÉS · texte numérisé non relu

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anglais , tandis que l’eau-de-vie de vin ne peut être vendue au-dessous de dix-sept sous pour la même mesure de quantité (1).

Les récoltes de blé sont souvent peu abondantes en Normandie : ce qui provient plutôt de 1 état de gêne et d’oppression du petit fermier , que de la nature du sol ; car , comme le fermier est obligé d’acquitter toutes les taxes qui lui sont imposées , souvent d’une manière arbitraire , sans avoir égard à la nature de sa terre , s’il a le bonheur d’avoir une meilleure récolte , il est certain aussi de payer en conséquence ; c’est pourquoi il n’est jamais tenté de faire des améliorations à sa terre ; mais ceux qui , par état , n’éprouvent pas ces vexations , tels que les fermiers des terres qui appartiennent à des maisons religieuses , ont des récoltes au moins aussi belles que toutes celles que produit l’Angleterre.

La plus grande partie des villages sont placés dans des bas-fonds. Les maisons des paysans ( si on peut leur donner le nom de maisons ) sont bâties avec des murs de terre battue , et couvertes de chaume. Les vieilles maisons , dans la plupart des grandes villes , sont moitié en plâtre et moitié en bois ; le premier étage se projeté sur la rue ,

(1) Un auteur français, dans un ouvrage intitulé Perroniana , imprimé à Cologne en 1669 , dit à la page 53 , que l’art de faire le cidre vint originairement d’Afrique, où cette boisson était en usage depuis long-temps ; qu’il fut d’abord introduit en Biscaye et eu Espagne, et de là eu Normandie. Outre cela, il ajoute que St. Augustin en fait mention dans ses e'crits contre les Manichéens^

ANGLO-NORMANDES. 177 le second sur le premier (1) ; le toit de ces maisons est formé d’une faîtière qui s’élève au milieu , et déverse les eaux pluviales à droite et à gauche ; on voit à chaque bout du gable un tuyau de cheminée en briques. On trouve plusieurs maisons semblables à celles-ci dans le comté d’Hereford et dans diverses autres parties de l’Angleterre , et , sous cet aspect , la Normandie ressemble tellement à la vieille Angleterre , qu’on peut douter souvent si l’on est en France. La classe la plus distinguée des habitans passe ordinairement l’hiver soit dans les grandes , soit dans les petites villes , où elle a des hôtels bien bâtis ; mais il y a , outre cela , beaucoup de maisons de campagne dans les deux Normandies , où les gentilshommes passent toute l’année , sans être obligés de faire aucune dépense pour le luxe , ni pour leurs vêtemens , et où l’on trouve d’abondantes provisions de toute espèce à un tiers au-dessous du prix de celui des grandes villes. En abattant plusieurs de ces vieilles maisons de bois , on a reconnu qu’une grande partie de la charpente était de bois de châtaignier ; et comme il n’y a aucune forêt de cette espèce de bois en Normandie (2) , les habitans croyaient, par tradi-

(1) Ce que l’on dit des maisons en bois ne peut s’appliquer qu’à quelques villes telles que Rouen, Lisieux et Evreux ; mais à Caen r à Alençon , à Argentan , etc. , elles sont bâties en belle pierre de taille calcaire , ou en brique , ou même en granit.

(2) Ducarel se trompe ici. « On trouve le châtaignier fort com- » munément dans la Basse-Normandie , notamment dans la partie

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tion , que ce s bois venaient d’Angleterre. Plusieurs constructions semblables peuvent donner quelque crédit à cette assertion , car beaucoup de maisons , en Angleterre , contiennent une grande quantité de cette espèce de bois. Plusieurs des maisons , dans le vieux palais de la cour, à Westminster , et dans les environs , qui furent démolies pour construire le parlement et le pont , étaient en bois de châtaignier , et la même remarque a été faite à l’hôtel Black Swan , dans Holburn , et sur plusieurs autres vieux bâtimens abattus dans différens cantons de l’Angleterre, (i)

occidentale du département de l’Orne , et au midi de celui de I» j> Manche. Quant aux anciennes charpentes , que l’on croit être de i> châtaignier , la plupart sont de bois de chêne. BuiTon l’avait soup- )> çouné. 11 vérifia ses conjectures , et constata que le chêne blanc » ( chêne gravelin , chêne à grappes ou à longs pédoncules , Quer- » eus racemosa de Laraarck , ) prenait , en vieillissant , le conp- » d’œil et même le grain du bois de châtaignier. Le savant et ju- » dicieux Daubenton prouva aussi que les belles charpentes du Louv vre , que l’on avait regardées comme étant faites de ce bois , étaient » composées de fortes pièces de chêne blanc. Varenue de Fénille , » quelque temps après , s’occupant de la même matière , s’exprime )) ainsi : « Le bois de chêne a tant de rapports avec celui du châtaignier , qu’il est très-ordinaire de les confondre , et quelquefois trèsdifficile de les distinguer. La disposition des pores et des fibres longitudinales , la qualité du grain et de la couleur paraissent les mêmes à l’extérieur : la teiule du châtaignier est seulement un peu moins obscure , et le contact de l’air ne la rembrunit pas autant que celle du chêne. » ( Extrait d'un Traité inédit de M. Louis Du Bois ,

sur le Châtaignier et ses fruits. )

(:) Le châtaignier étant actuellement fort rare en Angleterre, on a généralement été porté à croire que celte espèce d’arbre n’avait

La plupart des églises , en Normandie , sont d’assez beaux édifices bâtis en forme de croix et en pierres de taille , que la province produit en

jamais été indigène dans cette ile. Quelques légères observations peuvent complètement réfuter cette assertion , et prouver que ce bois n’j est pas exotique. Il est suffisamment attesté que toutes les anciennes maisons de la cité de Londres sont bâties avec ce même bois. Il ne croissait , sans .'oute , pas loin de là , et il provenait de quelque forêt près de la ville. Fitz-Stephens , dans sa Description de Londres , écrite sous le règne d’Henri II , parle d’une belle et vaste forêt située au nord de cette ville. Rudhall , ancien château de la famille de ce nom , situé près de Ross , dans le comté d’Hereford , a été bâti en bois de châtaignier qui provenait sans doute de cette terre ; car quoiqu’il n’existe plus maintenant aucun arbre de ce genre sur cette même terre , on ne peut cependant mettre en doute que cette essence de bois ne fût naturelle aux forêts de cette contrée , puisque l’on trouve que Roger , comte d’Hereford , fondateur de l’abbaye de Flaxley , dans le comté de Glocester , par sa charte de donation imprimée dans le Monasticou de Dugdale , lom. Ier. , page 884 , concéda aux moines la dîme des châtaignes de la forêt de Deane , à sept ou huit milles au plus de Rudhall. Cette donation latine s’exprime ainsi : « Singulis annis totam décimant castanearum de Uenâ. » Dans la cour d’Hagley - Hall , château du lord Lyltleton , dans le comté de YVorcester , il existe encore deux superbes châtaigniers qui paraissent avoir deux ou trois cents ans; et M. Evelyn , dans sa Sylva , p. 2 02 , parle d’un trèsgrand arbre de celte espèce , situé à Tortfworth , dans le comté de Glocester , qui a servi de limite à cette propriété depuis le règne d’Etienne. Cet arbre existe encore, et est entouré de plusieurs autres de la même espèce , semés des fruits de l’arbre même. M. Evelyn ajoute aussi, qu’il y avait un grenier entièrement construit de châtaigniers qui avaient été coupés dans les environs. Dans la forêt de Kent , joignant celle de Sussex , il existe encore quelques vieux châtaigniers que les gardes forestiers laissent subsister pour servir de limite , soit avec la paroisse , soit avec des propriétés particulières. Outre cela , on rencontre journellement dans le nord-est du comté

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abondance , mais plus particulièrement les environs de Caen. Cette pierre qui, par sa couleur et sa qualité , ressemble beaucoup à celle de T île de Portland , est fort estimée. On en exportait annuellement des blocs considérables sur des vaisseaux , dans différentes provinces du royaume d’Angleterre , mais son exportation hors de France était sévèrement prohibée , et lorsqu’on en transportait par mer , le propriétaire du bâtiment et de la pierre étaient obligés de donner caution quelle ne serait pas vendue aux étrangers (i). Il est rare de voir des

de Kent , de grandes forêts uniquement peuple’es de châtaigniers. Dans la paroisse de Milton , près de Settengborne , il se trouve un château nommé Norwood-Caslenay , ou plutôt Chestenay , à cause de sa situation au milieu d’un bois de châtaigniers qui s’étend le long de la grande route de Londres à Douvres , lequel doune son nom à une montagne entre Newington et Settengborne , d’où lui est venu celui de Chestnut-Hill , ou Montagne du Châtaignier. Cet arbre se plaît beaucoup autour de cette montagne et dans les bois des environs , qui s’étendent à plusieurs milles à l’entour. Suivant un bail particulier des terres de la Couronne dans le comté de Kent , fait du temps d’Elisabeth , et inscrit rôle ni , page 8 , il paraît qu’il y avait , dans la même paroisse de Milton , un bois de deux cent soixante-dix-huit acres et demi , nommé Cheston , ou plutôt Chestnut-Wood. Enfin , mon savant ami Edouard Hasled , Ecuyer, membre de la Société royale et de celle des Antiquaires de Londres , m’a dit qu’un de ses fermiers avait défriché depuis peu un bois de quarante acres entièrement peuplé de châtaigniers.

(1) On portait autrefois une immense quantité de cette pierre en Angleterre. Le pont de Londres , l’abbaye de Westminster et plusieurs autres édihees publics en furent bâtis. Voyez la Description de Londres de Slow , édit, de i683 , p. 3i , 32 , etc. Voyez aussi Rot , Liter. Palnut. Norman, de anuo 6 Hen. 5. p. I. « De quarre- » vis albas petræ in suburbio villæ de Caen annexandis dominio retours

tours aux églises de cette province. Les clochers sont presque toujours terminés par une flèche ou une aiguille , dont quelques-unes sont si bien travaillées à jour , qu’on peut voir au travers le mouvement des cloches.

Le clocher s’élève ordinairement du milieu de l’église , parce qu’il est souvent placé sur l’intersection de la croix de l’édifice , excepté dans le peu d’églises qui n’ont qu’une nef ; dans ce cas, il est le plus souvent bâti à l’extrémité occidentale. Cependant cette règle n’est pas invariable , car ceux de l’église de Muicls et de Gaillon sont placés au midi.

On descend presque toujours trois ou quatre degrés pour entrer dans les églises , malgré l’assertion de M. Stavely , qui dit que les Normands les construisent avec des degrés pour y monter.

» gis pro reparatione ecclesiarum , castrornm et fortallitiorum , lara » in Auglià quam in Normauniâ. » Voyez aussi Rot. Normanuiae de anno 9 lien. V. m. 3i. « De arrestando naves pro transportalione » lapidum et petrarum pro conslructione abbatiæ Sancti Pétri de » Westminster a partibus Cadomi. » Et ensuite , p. 3o : « Pro domo » Jesu de Bethleem de Shene, de lapidibus in quarreris circa vil- » lam de Cadomo capiendis , pro conslructione ecclesiæ , claustri, » et cellarum domûs prædiclæ. » Voyez aussi de anno 35 Henr. VI : » Pro salvo couductu ad supplicationem abbalis et convenlûs Beati » Pétri Westmonasterii , pro mercatoribus de Caen in Normanuiâ » veniendis in Angliam cum lapidibus de Caen pro ædificatione mo- » nasterii prædicti. Teste rege apud West., i5 die Augusti. » Voyez » également de anno 58 Henr. VI : « De salvo couductu pro nave » de Caen in reguum Angliæ veniendà cum lapidibus de Caen pro v reparatione monasterii de Westminster. Teste rege apud Wesm. » 9 die maii. »

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Les principales églises sont composées d’une nef , de deux ailes latérales , ainsi que d’un choeur semicirculaire , derrière lequel se trouve presque toujours la chapelle de la Vierge. Le baptistaire ou les fonts sont toujours placés à l’ouest ; ils sont ou en marbre , ou en pierre ; mais généralement d’une forme hexagone ou octogone. L’eau bénite se met dans une pierre oblongue placée en différentes parties de l’église , mais près des portes. Dans plusieurs églises, on voit souvent au-dessus du jubé, qui sépare le chœur de la nef , une croix de bois , sur laquelle est une figure du Christ , ayant à droite la vierge Marie , et à gauche Saint Jean. Le buffet d’orgues , dans les cathédrales , est généralement adossé au mur à l’ouest , afin de ne pas nuire à l’effet de la perspective , et par ce motif il n’y a point de banc-d’œuvre dans les églises normandes. Le peuple se sert de chaises. La chaire n’est pas placée comme dans les églises anglaises , près du pupitre , mais dans la nef, près de la grille qui la sépare du chœur.

Les Normands sont insensibles à la majesté d’une grande sonnerie en volée , que l’on aime tant en Angleterre ; leur usage est de ne sonner que trois cloches à-la-fois ; ces cloches se font entendre le matin , à midi et le soir , soit pour appeler le peuple à l’ouvrage , soit pour dire un Ave Maria , etc. ; elles servent aussi à faire connaître les. décès , et dans ce cas , un son particulier annonce au public

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s’il est mort un homme, une femme , un garçon ou une fille.

Le Couvre-feu (Curfew-Bell) ou la cloche qui sonne le Couvre-feu est en visage dans presque toute la Province ; mais telle est l’ignorance du peuple , qu’il n’en connaît pas l’origine. A Caen , on lui donne le nom de la Retraite ; aussi se figure-t-il que le Couvre-feu n’a été institué que pour faire rentrer les soldats dans leurs quartiers. Dans d’autres endroits , on croit que c’est pour appeler le peuple aux derniers offices de l’église Romaine , ce qui avait lieu autrefois à huit heures du soir , et maintenant à cinq. On attribue généralement l’introduction du Couvre-feu à Guillaume-le-Conquérant qui ordonna , dit-on , lors de sa conquête de l’Angleterre , que la cloche serait sonnée à huit heures du soir , heure à laquelle tous les habitans devaient se retirer dans leurs maisons respectives , sans feu , ni lumière , afin de prévenir toute assemblée et toute cabale parmi les Anglais, dont il redoutait l’esprit porté à la révolte. Il introduisit cette même coutume en Normandie , après en avoir éprouvé les bons effets en Angleterre. Plusieurs personnes pensent cependant , avec quelque raison , que le Couvre-feu fut institué par Guillaume , avant la conquête d’Angleterre , en 1061 , d’après la circonstance suivante. Le Duc ayant , dit-on , convoqué un concile provincial dans l’église de Sainte-Paix de tous les Saints, qu’il venait de faire bâtir à Caen , prit les plus gran-

des précautions pour éviter toute espèce de bruit et de désordre pendant la tenue de cette assemblée , et il lit une ordonnance qu’il nomma la Tri'eve de Dieu , afin de maintenir la plus grande tranquillité dans la ville. Trouvant ensuite que cette ordonnance avait produit un bon effet , il en prescrivit la continuation dans toutes les villes de la Normandie , d’où il la transporta en Angleterre, (i)

Les arcs des portes et des fenêtres des anciennes églises normandes sont ou à plein cintre , ou en ogive , ce qui sert à déterminer leur degré d’ancienneté.

Avant de parler des deux espèces d’arcs dont on a déjà fait mention dans le cours de ce voyage , il est peut-être nécessaire de faire quelques observations sur la construction des anciennes églises d’Angleterre.

Il est constant que la religion Chrétienne a été introduite en Angleterre dès les temps les plus reculés , quoique nos historiens ne soient pas d’accord sur la première personne qui vint prêcher l’Evangile dans cette partie du monde. Cette grande et pé-

(i) En Normandie, cette cloche appelle le peuple aux e'glises. Elle a eu peut-être autrefois^ même but en Angleterre, où on a pu la conserver pour faire connaître au bas peuple, qui n’avait ni horloge , ni almauachs , en quel temps il vivait. On sonne encore la cloche du Couvre-feu de Saint-Martin d’Oxford et de quelques autres endroits de l’Angleterre, non-seulement pour indiquer au peuple qu’il est quatre heures du matin ou huit heures du soir , mais encore pour lui faire connaître le jour du mois.

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rilleuse entreprise fut attribuée à Joseph d’Arimathie , à St. Pierre , à St. Paul et à Simon Zelotes , qui tous ont des avocats pour prouver qu’ils ont les premiers planté la croix dans la Grande-Bretagne. Comme ce n’est pas ici la place de discuter cette controverse , on renvoie le lecteur à l’évêque Goodwin , à sir Henri Spelman , à l’archevêque Usher , au docteur Cave , et particulièrement à l’évêque Stillingfleet , qui a développé toute cette matière dans ses Origines Sacrce.

Les premières églises de cette île furent probablement bâties en bois et couvertes en chaume comme les maisons des Bretons. Sir Henri Spelman , dans son Concilia, vol. I , p. n, nous a donné un dessin imaginaire de la prétendue chapelle bâtie par Joseph d’Arimathie à Glastonbury , laquelle , d’après l’autorité d’un ancien historien de cette Abbaye , avait, dit-il , soixante pieds de longueur sur vingt-six de largeur , et était bâtie en fortes branches , revêtues et tressées de baguettes ou lattes , dans le genre des claies modernes. On ne peut déterminer si cette chapelle a réellement existé , mais il est certain que les anciens historiens font mention de plusieurs églises chrétiennes bâties en bois dans diverses parties de la Bretagne dès les premiers temps du Christianisme. Presque toutes ou au moins la plus grande partie y furent détruites , soit pendant la domination des Romains , soit par les ravages qu’y exerçaient les Saxons

A NTIQUITÉS avant leur conversion ; de sorte qu’on a totalement perdu la connaissance de la manière de bâtir de ces temps. Il existe cependant encore dans le Royaume une église qui , bien que bâtie par les Saxons , semble avoir été construite sur le plan des anciennes églises bretonnes; les côtés et la façade sont entièrement formés de larges planches ou madriers en bois. Cette église remarquable est située à Greensted en Essex. La Société royale des Antiquaires de Londres en a publié un dessin , il y a quelques années (i) avec une description faite sur les lieux par Smarth le Theuiller , Ecuyer , insérée dans la note ci-dessous (2).

De toutes les églises bâties en pierre , la plus ancienne connue parait être celle qui a été citée par

(1) Mémoires de la Société Royale des Antiquaires de Londres , vol. II , planche 7.

(2) La nef ou corps de cette église si remarquable est entièrement composée de poutres de gros chênes , fendus et grossièrement taillés des deux côtés ; elles sout toutes placées debout , et pressées les unes à côté des autres , et arrêtées dans le pied et dans le haut par une espèce de seuil auquel elles sont fixées par des chevilles en bois. Tel était l’état primitif de cette construction si singulière qui subîiste encore entière , quoiqu’extrèmemeut rongée des vers et dertériorée par l’effet du temps. Elle a vingt-neuf pieds neuf pouces de longueur , quatorze pieds de vide , et cinq pieds six pouces de hauteur sur les côtés qui supportaient le toit ou la voûte primitive. Les habitaus répètent par tradition que le corps d’un roi fut déposé dans cette église , tradition qui semble en quelque sorte confirmée par les documeus que nous ont laissés quelques vieux historiens ; car dans un manuscrit intitulé Eila et Passio Sancti Edmundi , on lit le passage suivant : « A : D : M: X, et anno regis Ethelredi XXX , S. Edmi/n- D^dus propler infestationem Turkilli , Comitis Danontm , Londoniarn

AN-GL O-NORM ANDES. 187 Guillaume de Malmesbury, qui dit «que le confesseur v Ninias ou Ninian( placé par la chronologie vers l’an » 432 ) , bâtit une église de pierre blanche sur les con- » fins de l’Ecosse et de l’Angleterre , qui fut regardée » comme une merveille par les Bretons , et qu’on

» est ab Ailwino translatas ; sed tertio anno scquente ad Bedrices- » worthe est reversas. » £t ensuite il est dit : « Quidam apud Sta- » pleford hospitio recipit corpus ejus in redeundo de London. ( Bij> bliothèque Lambeth , n°. 362. ) » Et dans un autre manuscrit cité dans le Monasticon , et intitulé Registrum Coenobii Sancti Edrnundi , il est encore dit : « lclem apud Aungre hospitabatur ubi in ejus memoriâ lignea capella permanet usque hodie. ;> ( Voyez Dugdale , Monast. Anglic. , vol. 1er. , p. 293 ). On sait non-seulement partradition , mais encore d’après plusieurs vestiges encore visibles de cette église , que la paroisse d’Aungre ou Ougar , est maintenant réunie à celle de Gveensled , où est située cette église; et que l’ancienne route de Londres dans le Sufl'olk traverse Olford , Abridge , Stapleford , Greensted , Dunmow et Clare. U semble donc assez probable que cette grossière construction a eu primitivement la forme d’une espèce de cirasse ou de tombeau , pour y déposer le corps de St. Edmond , qui , en revenant de Londres à Bedricesworlh ou Bury , fut porté dans un colfre , suivant Lydgate , ( Vie manuscrite du roi Edmond ) ; et , ainsi qu’il est rapporté dans le Registrum Coenobii ci-dessus mentionné, on la laissa subsister en mémoire de cette translation. Ce monument , par suite des temps , et après avoir été beaucoup aggrandi, a sans doute été converti en église paroissiale ; car on trouve dans Newcourt , que Simon Feverel succéda en 1028 à Jean Lodet , comme Recteur de Greensted , prèsd’Ougar. Il ajoute également que Richard de Lucy divisa probablement les paroisses de Greensted et d’Aungre , lorsqu’il fit bâtir l’église d’Aungre , sous le règne d’Henri II, et que ces deux églises , qui ne sont éloignées l'une de l’autre que d’un quart de mille , furent réunies sous le règne d’Edouard VI , et subdivisées de nouveau sous celui de la Reine Marie. (Voyez le Répertoire de Newcourt, vol. 2, p. 288 et 44g. )

ANTIQUITÉS » lui donna alors le nom de Candida Casa (i). » Bède (2) lui donne le meme nom , et Cambden (3) dit quelle est située dans un endroit nommé Whit- Ilern , (4) qui est en Galway , au midi de l’Ecosse.

Les Saxons s’étant convertis au Christianisme dans le VIIe siècle , changèrent quelques-uns de leurs temples en églises chrétiennes , et peu de temps après , ils commencèrent à construire leurs cathédrales , leurs couvens et leurs églises en pierre , au lieu de bois , comme ils le faisaient précédemment (5). Plusieurs de ces édifices existent encore, et l’on en donne la description dans la note ci-dessous (6).

Pour avoir une idée de l’architecture saxonne , le lecteur peut se reporter à la planche 3i ( fig. 78, 79 , 80 et 8 1 ) , dans laquelle sont dessinés la porte

(1) Candida Casa , vocatur locus in extremis Angliæ , juxta Scotiam, finibus , etc. ( William de Malraesbury , de Gestis ponlificum angl. , lib. III. )

(2) Locus ad provinciam Berniciorum pertinens vulgô vocatur ad Candidam Casam , eo quod ibi Niuias ecclesiam lapide , insolito Britonibus more, fecerit. Bedæ hist. , lib. lit , cap. 4.

(5) Britannia , vol. II , p. 1200.

(4) Ce nom , mentionné dans la Chronique Saxonne, p. 21 et 60 , est dérivé d’un mot Saxon qui signifie blanc , et d’un autre qui a rapport à quelque place particulière.

(5) En io65 Edouard-le-Coufesseur ( suivant les Annales de Stow , p 97 ) , bâtit eu pierre blanche l’église de Wilton , qui était précédemment en bois.

(6) L’église de Slowkeley , dans le comté de Buckingham ; celle de Warwick , près de Carlisle , dans le Cumberland ; la vieille maison de l’ile d’Exeter , l’église de Studland , dans le Dorset ; celle de Barfres-

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au midi de leglise de Tikencote , et plusieurs autres édifices évidemment Saxons.

Les Saxons , à leur arrivée en Angleterre , prirent une idée de la manière de bâtir des Romains , en voyant les édifices qu’ils y avaient laissés , de sorte que ce qui est généralement désigné sous le nom d’architecture saxonne , n’est réellement que l’architecture romaine dégradée , et chargée d’ornemens sans goût , comme le sont ceux des peuples du nord. C’est peut-être pour cela que Bède (i)et sir Henri

ton , dans le Kent ; deux ornemens de bois autour de la porte de l’église de Palrickesburne , dans le Kent ; l’église de Crowle , dans le Lyncolnshire ; celle d’Iffley , dans l’Ox('ordshire ; partie de celle de Hales-Owen , dans le Shropshire , ainsi que la chapelle de Keuelm , dans le même canton; le clocher de Saint-James à Saint-Edmond , dans Suffolk ; l’église de Tutbury, dans le Staffordshire ; la chapelle de Sainte-Marie , au midi de l’église paroissiale de Kingston sur la Tamise; l’ornement du portail de l’église de Pedmore , dans le Worcestershire ; la cour inférieure de la cathédrale de Worcester ; la chapelle souterraine de Sainte-Marie , dans la cathédrale d’York; les ruines de l’hôpital de Saint-Léonard, dans York; le porche de la chapelle d’House-Bridge , à York ; les piliers et les arcs de l’ancienne chapelle de Saint-Guillaume-su i-House-Bridge , à York ; l’église d’Addle , près de Lead , dans l’Yorkshire ; la porte de l’église de Saint-Denis en YValengate , à York; la chapelle d’Édouard-le- Confesseur, âlslip, dans l’Oxfordshire ; l’église Saint-Pierre, à Oxford; le porche de l’église Sainte-Marguerite , à York ; le portail de la chapelle de Saiute-Madeleine , près du palais de l’évêque , à Hereford ; la cour inférieure delà cathédiale de Canterbury ; l’escalier conduisant au greffe , près de la même cathédrale ; la partie du nord du prieuré des Bénédictines , à Canterbury; l’église de Greeusted , en Essex ; l’église dans le château de Douvres , etc. , etc.

1) Hist. ecclésiastique de Bède , Livre V , chap. 22.

Spelman (i) disent que Naitan (2), Roi des Pietés, envoya vers l’an 714 à Godefroi , Abbé du monastère de Saint-Pierre et Saint-Paul , quelques architectes habiles pour lui bâtir une église en pierre, more Romanorum.

En examinant les églises Saxonnes encore existantes , on est porté à croire que l’arc à plein cintre fut la seule partie de l’architecture Romaine, que retinrent les Saxons , et encore la défigurèrentils par les ornemens étrangers qu’ils y introduisirent. Cette construction diffère essentiellement des arcs pointus , qui 11e furent en usage qu’à la fin du XIIe. siècle.

Les Normands , pendant la même période , semblent avoir adopté le même genre d’architecture, en construisant leurs cathédrales et leurs édifices religieux; mais ils ne le surchargèrent pas d’ornemens bizarres , comme les Saxons. Ce fait devient évident , si l’on compare l’église de Saint- Tliomasl’Abattu ( planche 25 ) , ainsi que les planches i5 , 16, 17, 18 de l’Abbaye-aux-Dames , avec les bâtimens Saxons de la planche 3i ( fig. 78 à 81). Peu

(1) Spelmanni Concilia, tom. I, fol. 220.

(2) Naitanus misit legatarios ad virum venerabilem Ceolfridum , Abbatem raonasterii bealorum apostolorura Pétri et Pauli , quod est ad ostium Uvyri amnis et juxta amnem Tiuam , in loco qui vocatur Ingrivum , et architectos sibi mitti peliit, qui , juxta morern Romanorum , ecclesiam de lapide ingente ipsius fecerunt ; cujus religiosis votis ac precibus favens revérendissimus abbas Ceolfridus misit architectos quos petebat. Spelman. Concil. , vol- 1. p. 220.

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de temps avant la conquête , les Normands paraissent avoir entièrement délaissé ce genre bizarre , qu’ils considéraient comme plus orné, mais il fut encore conservé par les Saxons. Depuis ce temps , les premiers ont toujours employé l’arc à plein cintre avec des moulures et modillons , mais sans aucune autre espèce d’ornemens , ( fig. 82 et 83 ), excepté dans quelques églises où il y a des zig-zags ou dents de scie , comme dans celle de Bourg-Achard dont on a déjà parlé ( figure 84 ).

Les deux abbayes de Saint-Étienne et de Sainte- Trinité de Caen étant des fondations royales , on peut en conclure qu’elles furent bâties dans le genre prédominant à cette époque ; en effet , les églises de ces deux abbayes , qui subsistent encore aujourd’hui, prouvent suffisamment par leurs belles proportions que l’architecte excellait dans son art. Partout , dans ces deux édifices , les arcs des portes , des fenêtres , ainsi que ceux qui séparent la nef des ailes latérales , sont à plein cintre. On doit cependant en excepter les arcs de l’intérieur du choeur de l’église Saint-Étienne , extrêmement endommagés en i562 par les Calvinistes , qui minèrent les piliers qui supportent la voûte du milieu de l’église , et détruisirent une partie du choeur (x). Cette même

(1) Ce fut en cette même année i562, que les religionnaires détruisirent le clocher du milieu de cette église ; ils l’avaient sappé , espérant qu’il renverserait par sa chute tout le reste de l’édifice ; mais il ne ruina qu’une partie du chœur, qui fut depuis réparé. ( Huet t Origines de la ville de Caen , in-8°. , Rouen , 1702 , p. 248.

partie fut restaurée depuis ; mais on construisit les arcs en ogive , suivant la mode de ce temps. On peut , en effet , regarder l’arc à plein cintre comme appartenant à l’âge du Conquérant , et conforme à la simplicité de ces temps. On a vu par les planches précédentes , que dans les deux abbayes de Saint-Étienne et de Sainte-Trinité , il n’y avait aucune espèce d’ornemens ; et cette même observation peut s’étendre à toutes les autres églises où se trouve l’arc circulaire , et quoique je 11’en aie cité qu’un très-petit nombre dans cet ouvrage , il en existe encoi'e beaucoup en Normandie ; mais je n’ai pas jugé à propos de donner leurs noms , préférant prendre ces deux abbayes comme le type ou le modèle de ce genre , étant certain de la date de leur fondation.

Je ferai encore remarquer qu’aux églises de campagne qui ont été aggrandies et auxquelles on a ajouté quelques bâtimens nouveaux , le côté de l’ouest conserve toujours l’arc circulaire sans ornemens , ce qui porte à croire que cette partie de la plupart des églises de France est la plus ancienne. Mon opinion se trouve confirmée par la partie occidentale de l’Abbaye Royale de Saint-Denis , regardée comme la plus ancienne qui conserve encore des arcs circulaires. D’après ces observations , je crois qu’on peut regarder ceux-ci , lorsqu’ils sont dégagés d’ornemens bizarres , comme étant véritablement l’architecture moderne des Normands, peu de temps

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ANGLO-NORMANDES. ig3 avant et depuis la conquête d’Angleterre : on introduisit dans la suite l’arc en ogive avec les ornemens dont il est surchargé. Mais je dois aussi faire observer que le vide ou l’ouverture des fenêtres en ogive est beaucoup plus large que celui des fenêtres des deux abbayes, ainsi que de toutes les autres églises où il y a des arcs circulaires. Cette conjecture est d’autant plus probable , qu’il y a en Normandie beaucoup plus d’édifices en ogive qu’avec des arcs circulaires , ce qui semble donner la priorité du temps au premier genre de construction. Plusieurs savans Anglais ont attribué aux Saxons les moulures et les ornemens qui décorent les anciennes églises où il y a des arcs circulaires , parce qu’il s’en rencontrait dans de semblables édifices en Angleterre; mais cette opinion ne peut être admise lorsqu’on a vu les monumens de la Normandie, et il est bien plus probable qu’ils ont été bâtis par quelques architectes normands qui suivirent le Conquérant en Angleterre , où celui-ci introduisit non-seulement les lois, les coutumes et la langue des Normands , mais plus particulièrement encore leur manière de bâtir (i) ( planche 3a , fig. 86 à 97. )

(1) La planche que je donne ici confirme l’opinion de Ducarel sur l'introduction de l’architecture normande en Angleterre; elle est d’autaut plus juste , qu’on peut voir, par les modèles d’ornemens architectoniques réputés Saxons , que j’ai tirés des Essays on Gothic Architecture de Warton , Bentham, capitaine Grose et Millier, que tous ces ornemens sont évidemment calqués sur ceux de l’Abbayeaux-Dames de Caen , notamment le modillon Étrusque de la ii-

Quant k quelques édifices que j’ai signalés comme réunissant un mélange d’arcs circulaires et pointus, tels que la façade à l’ouest de l’église de Pont-Àude-

gure 86 ; les moulures à facettes carre'es , fig. 89 ; les chaussetrapes, fig. 90 et 91 , ainsi que les chevrons ou dents de scie de la figure 94 , etc.

Les Anglais de bonne foi qui , comme Ducarel , ont été à portée de comparer l’architecture Saxonne et Normaude, conviennent qu’ils 11e doivent qu’à la conquête l’introduction en Angleterre du genre proprement nommé Normand. Si l’opinion contraire s’est accréditée parmi eux, il faut le dire à notre honte, c'est qu’en général les artisUs et même les antiquaires français ont pris peu d’intérêt à la décoration architectonique normande , et ne se sont point occupés à décrire des oruemens pour lesquels même il n’existait pas de termes propres à les différencier et les désigner.

C’est par ce motif que j’ai cru devoir réunir dans la planche 32 1111e partie des oruemens donnés comme Saxons par les Archéologues que je viens de citer , afin qu’ils servent de point de comparaison avec ceux que nous possédons dans nos riches abbayes , et pour leur donner en même-temps des noms caractéristiques qui puissent les faire reconnaître et désigner d’une manière plus claire et plus précise qu’on ne l’a fait jusqu’ici.

Je joins à cet effet le nom Anglais à celui que je propose de lui substituer en Français.

Figure 86. ( The Embattled frette. ) Étrusque ou cordon formant alternativement les trois côtés d’un carré ; figure connue sous le nom A' Etrusque , qu’on peut appliquer à cet ornement , et qu’011 rencontre dans presque tous les architraves de l’Abbaye- aux-Dames , à Caen.

Fig. 87. ( The Naï/ head. ) On peut désigner cet ornement par le nom de Tête de Clou ou Pointe de Diamant.

Fig. 88. ( The hatched rnoulding. ) Moulure hachée en dents de scie.

Fig. 89 ( The billet ornaments.) Moulure gaufrée ou à facettes carrées.

Fig. 90 et 91. ( Horizontal rnoulding.) Cet ornement a beaucoup

ANGLO-NO Pv MANDE S. Tg5

mer , où la fenêtre du milieu est en ogive , et beaucoup plus large que les autres qui sont à côté , lesquelles sont à plein cintre; il est à présumer que cette fenêtre d’abord circulaire aura été trouvée trop étroite , et quelle aura été agrandie dans le temps de la mode de bâtir en ogive. Je ne puis porter

de rapport avec l’étoile de mer ou la chausse-trape qui sert à arrêter les chevaux ; on pourrait lui donner l’un ou l’autre de ces noms , en le qualifiant de double , lorsqu’il se trouve répété comme dans la fig. 9'.

Fig. 92. ( The billeted mottlding.) Cordon ou baguette tronquée , double ou simple.

Fig. g3. ( The triangular frette. ) Étrusque triangulaire , puisque cet ornement ne diffère de l’Étrusque proprement dit , fig. 86 , que par la figure du triangle formé par le cordon.

Fig. q4. ( The cable , the billet , the zig-zag. ) Ce morceau présente le cable, le double cordon tronqué, le chevron simple et la double torsade , avec les colonnes rubannées et nébulées.

Fig. g5. ( The prismatical ornament with festoon. ) Ornement prisviatique festonné.

Fig. 96. ( The chevron worh or zig-zag ornement. ) Chevrons , zig-gag ou dent de scie , simple , double ou triple.

Fig. 97. ( The nebule ornament . ) Ornement nébulé ( en termes de blason), ou fanons de bannières.

Les corbeaux simples ou composés , placés en corniche à la naissance des toits ; les squammati ou ornemens en coquille ; les chaînons entrelacés , les pampres et divers autres ornemens qu’on a pu remarquer dans les planches de cet ouvrage , appartiennent exclusivement au genre de décoration employé dans l’architecture normande, et demanderaient, ainsi que les chapiteaux variés de cette architecture , une description plus détaillée et plus étendue que 11e le comporte une simple note.

aucun jugement sur un bâtiment situé dans la cour de Saint-Étienne de Caen , dont la moitié est bâtie en ogive , tandis que l’autre est à plein cintre. La première a sans doute été ajoutée depuis ; car si la totalité de l’édifice avait été construite dans le temps où les arcs pointus étaient en usage , il n’est guère possible de supposer que l’architecte eût voulu entremêler ces deux genres pour embellir et pour varier l’édifice. Ce mélange se rencontre aussi dans l’église de Malmesbury , à la tour de l’abbaye de Tewkesbury, au portail occidental de New Slioreham , et particulièrement à l’hôpital Sainte- Croix , qui fut bâti pendant le règne d’Étienne.

Je 11’ai plus maintenant à ajouter à mes observations que l’expression du désir que je forme de voir quelques savans et judicieux antiquaires qui dessineraient mieux que moi , entreprendre le même voyage , pour rectifier les erreurs que j’aurais pu commettre involontairement.

et

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