‹ Antiquités anglo-normandes de DucarelChapitre 44 sur 56 · APTE ND ICE S · texte numérisé non relu

APTE ND ICE S

» A l’égard du roman de Zahyde, il y a sujet de » sestonner qu’il se trouve des gens assez inconsi- » dérez pour parler affirmativement de faits qui » leur sont entièrement inconnus , et de contre- » dire sur ces mesmes faits des personnes qui les » savent d’original , et qui en ont esté témoins. » Plusieurs personnes de Caen ont ouï dire à M. de » Ségrais que Mme. de La Fayette avoit composé cet » ouvrage , et qu’il n’avoit fait que lui prester son y> nom. Plusieurs personnes de Paris ont ouï dire y> la mesme chose à Mm*, de La Fayette. Mais sans y> avoir recours à ces preuves , qui peut mieux es- }) tre informé de la vérité que moi , qui ay été dans )) une estroite liaison avec cette dame , qui lui ay » vu composer ce livre , et à qui elle l’a communi- » qué pièce à pièce , à mesure que son travail s’ay> vançoit? Je vous feray voir quand il vous plaira, » Monsieur , des lettres de Mme. de La Fayette , par » lesquelles elle me mande qu’elle m’envoye quel- » ques parties de Zahyde , qu’elle me prie de les » lire , de lui en dire mon sentiment , et d’y faire » des remarques avec le crayon. Il y a bien plus : on » voit à la teste de ce roman un Traité de l’Origine » des Romans ; ce traité est de ma façon et a esté » fait pour Zahyde , comme il paroist par le traité » mesme ; peut-il tomber dans l’esprit d’une per- » sonne raisonnable que j’aye fait ce traité pour le » livre de Zahyde, et que l’auteur de Zahyde les ait » fait imprimer ensemble , sans que j’aye sceu

APPENDICES

» qui estoit l’auteur de Zahyde ? M. de Ségrais a ouï » souvent Mme. de La Fayette me dire que nous )) avions marié nos enfans ensemble.

j) Après cette explication , jugez , Monsieur , de » quel côté est la médisance , et qui est plus véri- » tablement médisant ou de moy , qui n’ay rien » dit de M. Ségrais que d’honorable et de vérita- » ble , ou de ces Messieurs de Caen , qui trouvent » dans mon livre des médisances imaginaires , et » médisent très-indiscrettement de moy. Us ne s’ar- » rêtent pas à cette médisance , mais ils controu- » vent encore de prétendus sujets que j’ai eu de » maltraiter M. de Ségrais , et que j’ignore entière- » ment ; mais il y a long-temps que je suis aguerri » aux coups de bec et aux langues venimeuses de » ma chère patrie, qui , pour reconnoissance de l’afy> fection sincère que j’ay tousjours conservée pour elle » n’a perdu guère d’occasion de me faire paroistre » peu d’estime et encore moins d’amitié. Ilonorez- » moi tousjours de la vostre , et me croyez , etc. » P. Dainiel , A. Ev. d’Avranches.

»A Aunay , 27 aoust 1705.»

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