MONNAIES NORMANDES
ï l règne une telle obscurité dans cette partie de l’histoire de notre province , qu’il deviern presque impossible de compléter un travail dont nous avons à peine les premiers élémens. En général , les écrivains des XIe. , XIIe. et XIIIe. siècles ont pris si peu de soin de nous faire connaître les monnaies de nos Ducs , cpi’on a même de la peine à trouver dans leurs ouvrages les noms d’elles portaient et leur valeur intrinsèque. Si l’on joint à ce silence déjà si pénible des- écrivans - contemporains, la rareté des espèces monnayées de ces temps éloignés , on ne sera plus étonné que ces difficultés aient arrêté jusqu’ici un grand nombre d écrivains , qui sentaient cependant que cette partie de l’histoire du duché méritait d’être expliquée.
^ Rebuté moi-même par ces difficultés , et n’ayant pas les élémens nécessaires pour débrouiller le vague qui enveloppe l’histoire des premières monnaies normandes , je me bornerai , dans cette courte notice , à donner une simple description de quelques-unes
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dos monnaies de nos Ducs , qui n’avaient pas été publiées jusqu’ici ; elles serviront à établir une partie de la collection monétaire depuis Guillaume le Conquérant ; car toutes mes recherches ont été vaines pour retrouver quelques indices des monnaies frappées par ses prédécesseurs ; je les réunis dans une seide planche à celles que Ducarel a disséminées dans son ouvrage.
Le grand nombre de monnaies du Bas-Empire qu’on retrouve journellement dans les villes Gallo- Romaines , dont il reste tant de vestiges en Normandie , ainsi que la conformité du poids de nos anciennes monnaies avec celles des Empereurs Romains du déclin de l’empire , feraient présumer que ces dernières ont été long-temps en usage dans la Neustrie , après l’expulsion des Romains de la Gaule Celtique. Postérieurement peut-être , les Saxons ou les Danois , en s’impatronisant dans cette province , y importèrent-ils aussi leur légère monnaie ( dite Bractéate ) , qui , par sa grande ténuité , se détériora promptement et s’est perdue dans la circulation,
On a , il est vrai , présenté une médaille comme une monnaie saxonne ; mais cette prétention n’a pas été admise ; car il est certain qu’aucune monnaie des peuples du Nord venus au VIIIe. siècle , n’est parvenue jusqu’à nous , quoique nous ayons plusieurs exemples de leur manière de travailler l’or et l’argent. C’est donc avec fondement que les Antiquaires prétendent que ces peuples n’ont jamais
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frappé de monnaie dans la Neustrie : ce cpii fait considérer tontes les dénominations que l’on rencontre dans quelques anciennes chartes , comme des poids indiquant une quantité de métal non frappé.
Le Domesday Book , en donnant quelques détails particuliers sur les monnaies et les valeurs usuelles à l’époque de la conquête , serait peut-être le seul ouvrage que l’on pourrait consulter pour établir le rapport des monnaies normandes ; mais les termes qui en expriment la valeur varient et se confondent tellement , qu’on ne peut déterminer quelles sont celles qui appartiennent exclusivement à la Normandie. Quelquefois un compte se trouve établi en livres , sous et deniers , comme il le serait de nos jours ; souvent en livres ou en schillings , etc. On peut voir , par les citations suivantes , combien ces dénominations diffèrent entre elles.
1°. Un a marka argenti. — i°. Très markas auri. — ■ 3°. Novem uncias auri. — 4°- G solidos et unam un ciam auri. — 5’. XXIV libras et unciam auri. — 6°. XX libras et unam unciam auri et union marcum. — 70. XXV libras ad pond. — 8°. L libras appretiatas. — 90. XIV libras arsas et pensatas et Y libras ad numerum. — io°. CYI libras arsas et pensatas et X libi'as ad numerum. — 1 1°. XXII libras de alb. denariis ad pensum hujus comitis. — 1 2°. XVI libras de albo argento. — i3°. XLYII libras de albo argento X\I denariis minus. — \l\°. XXIII lib.denar. de XX in ora. — i5°. XY libras de XX in ora. —
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160. III solid.de den. XX in ora et XXVI denar. ad nurnerum. — — 17°. V o ris argent i. — 180. I denar ium. — 19°. I obolurn. — 20°. I quadrantem. — 21°. VIII libras et XX denar. (1)
Les seules monnaies normandes qu’on retrouve dans les collections , ne remontent pas au-delà de la fin du XIe. siècle ; celles qui sont attribuées à Guillaume II , sixième duc de Normandie , furent frappées , ainsi que celles de ses successeurs , à Rouen, Bayeux , Lisieux , Evreux , etc. Les monnaies frappées à Rouen portaient pour légende les mots Rotliomagus , Rothomacis , Rotliomaeil ; celles de Bayeux se remarquaient par les mots H. Baiocas civitas (2) ;
(1) Le sens des expressions arsas et arsuram , appliqué aux monnaies de ce temps, est expliqué dans le livre noir de l’échiquier, comme monnaie d’essai. Une monnaie pouvait être égale en nombre et en poids , mais différer cependant par la qualité ; ainsi , il n’y avait aucun moyen de découvrir si 20 schillings , qui formaient un poids d’une livre , valait réellement une livre d’argent , parce qu’on pouvait y mêler du cuivre ou tout autre métal. C’est par ce motif qu’on institua l’Arsura.
(2) Le chapitre de Bayeux avait aussi le droit de battre monnaie. Ces pièces de cuivre portaient d’un côté un aigle à deux têtes , avec Ja légende MONETA CAPITULE Le revers portait au centre la lettre V et à l’entour BAIOCENSIS. Il y eu a aussi au même 'coin où , à la place du V , sont deux II barrés dans le milieu. Le chapitre de Bayeux conservait , dans son chartrier , les coins qui servaient à frapper cette monnaie , mais ou ne connaît pas la charte de concession de ce droit , qui était fort commun dans plusieurs diocèses. On voit , en effet , par une ancienne ordonnance , que Charles le Simple accorda le droit de faire battre monnaie à l’évêque de Langres « Ad » utilitatem jam prœdictarum ecclesianun , earumque reeloris pro- » visionew. volumus pertinere. »
Lisieux ,
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Lisieux , par Lixovius cw. ; Evreux , par Ebrocas civitas. D’autres furent aussi frappées dans l’Hyemois, canton particulièrement occupé par les Saxons^ auquel ils avaient même donné le nom de Saxe (1). Ces monnaies portaient pour légende H. Curtis sassonnien. qui est probablement le Ponto Curtis Saonis in Pago Oximensi , qu’on trouve cité dans d’anciennes chartes.
Mais ces monnaies varièrent beaucoup , et les divers affaiblissemens qu’on introduisit successivement dans la valeur et le poids de celles de France, eurent une grande influence sur celles de la Normandie. Ces dernières , presque toutes composées de zinc et de cuivre , ou de ces deux métaux alliés avec l’argent , dans des proportions plus ou moins considérables ( quelquefois un tiers ou un demi d’alliage ) , ne permettent pas d’en déterminer la valeur d’après leur poids comparatif.
Ces réductions , toujours progressives depuis ioy3 jusqu’à 1 1 44 5 étaient d’autant plus désastreuses pour les peuples , quelles avaient presque toujours lieu à la suite de quelques calamités publiques , ou même lorsque les Rois manquaient d’argent , parce qu’alors il n’y avait ni tailles ni aides pour subvenir aux besoins ’pressans de l’état.
Le seul document sur lequel on puisse s’appuyer
(1) Ou trouve souvent dans les conciles , l’évêque de Séez désigné
sous le nom d’évêque de Saxe. ( Saxia. )
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pour fixer , d’une manière précise , la valeur réelle des monnaies normandes , ne remonte pas au-delà du milieu du XIIe. siècle. Il est tiré d’une ordonnance du roi d’Angleterre , donnée à Rouen en il 58 , par laquelle on sait qu’un peu avant cette époque , le marc d’argent valait 53 sous 4 deniers tournois. Cette ordonnance , intitulée ( de Mutatione Monetce ) (i) , sert à faire connaître non-seulement la valeur des monnaies normandes , mais encore celles de Tours , d’Angers , du Mans , et même celles d’Angleterre , qui ont beaucoup moins varié que celles de France. Rymer nous a aussi donné , en publiant ses monnaies anglo-françaises , plusieurs ordonnances d’Henri IV et d’Henri Y , rois d’Angleterre , à l’effet de faire fabriquer à Rouen des quarts
(i) Cette ordonnance s’exprime ainsi qu’il suit : « Ita ordinatum » est apud Cadomum communia senescaltiæ Normaniæ Concilio fra- » tris hanur , et concilio baronum Normaniæ quod marca ( ou la » livre de monuaiejde Cadomo, Dunesensi, Perticensi et Vendosilenci » capiatur ad scacarium pro i4 solidis et IX deuariis et de Giun- » ganpü pro i3 solidis et IX denariis et de Andegavensi pro i5 so- » Lidis Turonensibus , et nulli liceat nec cambitori , nec alio , portare » monetam prohibitam extra terrain domini regis , sed ad cam- » bium , vel ad custodes monetæ , et illi qui debent argentnm do- » mino régi reddant pro marca i3 solidos et 4 denarios sterlingorum » de custodia , vel 53 solidos et 4 denarios Turonenses, vel 2 C> so- » lidos et 8 denarios Cenomaneuses , et mandatum est ex parte domini » regis quod de debitis quæ debentur ei sicut promissum in ballia » noslra de illis qui non habent Turonenses , vel Cenomatienses alios » denarios recipiatis , et similiter facialis fieri de debitis qui debeu- » tur alii genti ad marcam Rothomagensem i4 solidos , Genganpü » i3 solidos, Andegav* i4 solidos et 3 denarios » R. Trésor royal. Cotte 8 1'. 46.
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de gros , des doubles maneois , des petits deniers , des nobles d’Angleterre et des petits moutons (1) , etc. Les Rôles Normands de la Tour de Londres contiennent aussi des titres et des notes relatifs aux monnaies frappées en Normandie et en France depuis la cinquième jusqu’à la dixième année du règne d’Henri Y ; mais ces ordonnances et ces titres étant postérieurs au gouvernement des Ducs en Normandie , ne jettent aucune nouvelle lumière sur le système monétaire de ces mêmes princes. C’est pourquoi je passerai de suite à la description de celles de leurs monnaies qui nous restent , en suivant l’ordre chronologique des Ducs depuis Rollon en 912 , jusqu’à Jean Sans - Terre inclusivement ; j’indiquerai ensuite les princes de la maison de France qui furent décorés du titre de Ducs de Normandie , jusqu’à l’infortuné Louis XYII , mort au Temple à la suite des mauvais traitemens qu’on lui fit éprouver.
Monnaies des Ducs de Normandie.
Rollon , Ier. duc de Normandie de 912 « 917.
Une partie considérable de la plage occidentale et maritime de la Neustrie , désignée , par Albéric
(1) Tlie Anglo-Gallic coins Published in Rymer’s fœdera. Tom. 9.
p. 798 et 847.
ncjG APPENDICES,
de T fois-Fontaines , sons le nom de Nova-Francia (i) , fut démembrée pour former un duché particulier , que Charles le Simple , roi de France , donna à Rollon , chef des barbares du Nord qui ravageaient la France depuis près d’un siècle. Suivant Adrien de Valois , cette concession aurait eu lieu en 89G. Du Tillet , dans sa Chronique des rois de France , la fixe à l’an 912 , et quelques mémoires particuliers reportent meme cette date à 919. Malgré cette dernière assertion , on fixe généralement l’inféodation du duché de Normandie à l’an 912 , époque à laquelle Rollon , déjà maître de cette province qu’il avait envahie, se reconnut vassal du roi de France Charles le Simple , qui lui donna sa fille Giselle en mariage pour le déterminer à embrasser le christianisme et pour cimenter cette concession.
On 11e connaît pas jusqu’ici de monnaies de ce prince , qui n’en fit sans doute point frapper pendant le peu de temps qu’il gouverna le duché. On lui attribue cependant l’introduction en Normandie des monnaies dites bractéates dont 011 se servait alors en Suède et en Danemark (2).
(1) Alberic de Trois-Fontaiues donna le nom de Nova-Francia à la Neuslrie , pour la distinguer de l’Austrasie , qui portait celui de Francia : « successit Dagoberto 1. Jilius ejus Clodoveus in Neustriâ , ici est » Nova Francia. »
(2) Cette monnaie du moyen-àge est formée d’une feuille de métal fort mince , presque toujours d’argent , et chargée d’une empreinte grossière d’hommes , d’animaux , ou d’emblèmes divers frappés en creux , et , par conséquent , d’un seul côté. Ou doit plutôt la regarder comme une médaille que comme une monnaie propre au commerce.
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Ce prince mourut en 917 , après avoir occupé le duché pendant cinq ans.
Guillaume Longue Éfée , IIe. Duc , de 917 à 924.
Giselle de France étant morte sans enfans en 915 , Rollon épousa à Rouen la belle Pope ou Popée , fdle de Béranger , comte de Rayeux , afin de légitimer le jeune Guillaume , qu'il avait eu d’elle. Ce prince , désigné par son père pour lui succéder , reçut de l’archevêque de Rouen , en présence des seigneurs Normands et Bretons , la couronne , le manteau ducal et l’épée qui , étant extrêmement longue pour son âge , lui attira , dit-on , le surnom de Guillaume Longue-Épée.
On ne trouve point de monnaies frappées à l’effigie de ce prince , quoiqu’il ait régné sur le duché pendant vingt-cinq ans. Il fut poignardé le 18 décembre 9/p , à Pequigny , près Amiens, à l’instigation d’Arnould , assassin du comte de Flandres.
Richard Ier., IIIe. Duc de Normandie , surnommé Sans-Peur ou Fearnought , de 942 à 996.
Richard Ier. , fils de Guillaume Longue -Épée , n’avait que dix ans lorsqu’il succéda à son père et qu’il reçut , avec la couronne ducale de Normandie , 1 hommage des barons Normands et des comtes de Bretagne , qui lui jurèrent fidélité sur les Saintes
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Ecritures. Peu de temps après, Louis IV , dit d’Outre-Mer, qui convoitait en secret le duché , s’empara par surprise du jeune duc , qu’il retint prisonnier à Laon. Celui-ci ayant trompé la vigilance de ses gardes , s’échappa de sa prison et se retira chez Je comte de Senlis. Se joignant ensuite aux Danois et aux Frisons que Bernard , comte d’Harcourt , avait appelés à son secours , il tailla en pièces l’armée que Louis avait mise sur pied pour s’emparer de la Normandie , le fit lui-mëme prisonnier , le contraignit à signer une paix honteuse et à ne rien prétendre sur son duché.
On ne connaît pas de monnaies à l’effigie de ce prince , mort à Fécamp en 996 , après avoir gouverné son duché pendant cinquante-quatre ans.
Il fit recevoir , pour son successeur , son fils Richard , qu’il fit légitimer après l’avoir reconnu ; il avait eu ce fils de l’adroite Gonnor , belle-sœur d’un de ses forestiers.
Richard II, dit le Rov , IV*. Duc de Normandie ,
de 996 à 1026.
Richard II succéda au trône ducal de la Normandie , sans aucune opposition de la part des seigneurs et barons qui l’avaient reconnu et lui avaient juré fidélité et hommage la veille de la mort de son père. Il épousa Judith , fille de Geoffroy , duc de Bretagne , dont il eut deux fils , Richard et Ro-
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bert , qui lui succédèrent l’un après l’autre.
Ce prince , fort aimé des Normands , mourut le 23 août j 026 , après avoir gouverné assez paisiblement la Normandie l’espace de trente années.
Il 11e reste de ce prince aucunes monnaies bien désignées.
Richard III , Fe. Duc de Normandie , de 1026 à
Richard le Bon , en mourant , avait laissé le duché de Normandie à son fils aîné Richard III , et donné le comté d’Hyemes ou Exmes à Robert son second fils , pour le tenir à foi et hommage de son aîné ; mais Robert oublia bientôt les sermens qu’il avait faits à son père. Soutenu du comte d’Alençon , il arma contre son frère , qui l’ayant assiégé dans la ville de Falaise , où il setait retiré , le contraignit à se soumettre et à lui jurer de nouveau fidélité- Mais à peine Richard était-il arrivé «à Rouen , qu’il mourut subitement le 3 février 1028. Plusieurs autres seigneurs de sa cour éprouvèrent le même sort , ce qui fit supposer qu’il avait été empoisonné.
Le règne de ce prince a été trop court et trop agité pour qu’on puisse présumer qu’il ait fait frapper des monnaies à son effigie ; du moins on 11’en trouve dans aucune collection monétaire.
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Robert , dit le Libéral ou le Magnifique, Fe. Duc de Normandie , de 1028 à io35.
Richard III , frère aîné de Robert, étant mort sans enfans , ce dernier , par sa magnificence et sa générosité , se rendit agréable aux Normands , malgré l'inquiétude que sa conduite antérieure leur inspirait. Mais autant sa jeunesse fut orageuse , puisqu’elle lui avait fait donner le nom de Robert le Diable , autant il sut, par la suite , mettre de modération dans le gouvernement de son duché. Il conserva , par sa valeur , non -seulement le trône ébranlé d’Henri Ier. , roi de France , mais il rétablit Eeaudouin , comte de Flandres , que son propre fils avait dépossédé de ses états , et il força , en outre , Canut , roi de Danemark , à partager le royaume d’Angleterre , qu’il avait usurpé , entre Alfred et Edouard. Robert , avant de partir pour la Terre- Sainte , en io35 , assembla ses Barons et les engagea à reconnaître , après sa mort , le jeune Guillaume , surnommé le Bâtard , qu’il avait eu d’Arlette , fille d’Herbert ou Yerpray, Pelletier à Falaise , et qu’il avait épousée secrètement, lorsqu’il n’était encore que comte d’IIyemes. Henri Ier. , roi de France , voulant reconnaître les services que Robert lui avait rendus , donna en même-temps au jeune Guillaume l’investiture du duché de Normandie , et l’emmena avec lui pour veiller à son éducation pendant le pèlerinage
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nage de son père à la Terre-Sainte. Ce dernier mourut à Nicée , le 2 juillet io35.
Toutes mes recherches ont été vaines pour retrouver des monnaies ou des médailles de ce prince , qui n’a régné que sept ans.
Guillaume le Bâtard, surnommé le Conquérant, VID. Duc de Normandie , de io35 à 1088.
Aussitôt après la mort de Robert, Henri Tr. , qui avait gardé près de lui le jeune Guillaume , alors âeé de huit ans , le remit entre les mains du connétable Raoul de Gacé ou de Yassy , qui le conduisit à Rouen , où les états de Normandie le reconnurent et lui jurèrent fidélité.
Plusieurs factions s’élevèrent contre ce prince pendant sa minorité.Il eut à lutter non seulement contre ce même Henri , qui avait déjà oublié les services cpie Robert sonpère lui avait rendus en l’affermissant sur son trône, mais encore contre Tostain de Goz ( fils d’Onfroy le Danois 1 , qui le trahit en essayant de livrer au roi de France le château de Falaise ; et enfin , contre Tosny , qui , fier de descendre d’un oncle de R0II011 , employa toutes les ruses possibles pour se défaire de Guillaume, qu’il attaqua ouvertement à la tète de 18,000 hommes. Mais Raoul de Yassy envoya contre lui Roger de Beaumont , qui , après un com-
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bat opiniâtre , dispersa son armée et tua Tosny luimême.
Ces diverses conjurations contre le jeune Duc ne furent que le prélude des guerres qu’il eut à soutenir lorsqu’il prit les rênes du gouvernement de son duché. Henri Ier. , roi de France , s’étant mis à la tête de 22,000 hommes pour soutenir le parti de Guillaume de Talon, comte d’Àrques, qui s’était déclaré le véritable héritier de la couronne et du duché de Normandie; Roger de Beaumont le sauva encore de cette catastrophe , et força Henri de rentrer dans ses états et d’abandonner le comté d’ Arques. Mais, à la fin , Guillaume , incapable de résister aux forces réunies des seigneurs Normands , commandés par Guy de Bourgogne ( qui prétendait aussi à la couronne ducale , comme descendant d’une fille de Richard second ) , se vit contraint de se jeter dans les bras de ce même Henri , qu’il avait vaincu peu de temps avant. Mais Henri , incapable de profiter des malheurs du jeune prince , et jaloux , au contraire , de s’acquitter envers le fils des obligations qu’il avait eues à son père , marcha avec Guillaume contre les rebelles , les réduisit à la célèbre bataille de Valmerey , près de Caen , et rétablit ce jeune prince dans la possession de son duché.
Guillaume , profitant de ce moment de tranquillité apparente , épousa Mathilde , fille de Beaudoin , comte de Flandre. Ce fut au degré de consangui-
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nité qui existait entre ce s deux époux , que nous devons la fondation des deux célèbres abbayes de St.-Etienne et de Ste. -Trinité de Caen , ainsi que des quatre hôpitaux bâtis à Caen , à Rouen , à Bayeux et à Cherbourg.
Le bonheur dont jouissait Guillaume fut encore troublé par la jalousie qu’il inspira à Henri Ier. , qui vit avec peine les domaines du Duc s’accroître par le testament d’Hébert , comte du Mans , qui lui laissait son comté. Henri s’allia avec les comtes de Chartres , de Poitiers et d’Anjou , marcha avec une armée sur Evreux ,'et dirigea l’autre sur Mortemer ; Guillaume divisa également ses forces , marcha contre le Roi , tandis que son second corps fondit sur l’armée de Mortemer , qu’elle mit en déroute , ce qui précipita la retraite d’Henri et le força à signer une nouvelle paix.
Celle-ci ne fut pas de longue durée : Henri , pour se venger de la perte de la bataille de Mortemer , fit une nouvelle alliance avec Geoffroy , comte d’Anjou ; pénétra dans le Perche et l’Hyêmois, et ravagea le Bessin à la tète d’une armée de cent mille hommes. Guillaume le poursuivit partout , le força à repasser la Dive , dont le pont , venant à se rompre au moment du flot , lui livra la moitié de l’armée de Henri , que ce prince eut la douleur de voir massacrer sans pouvoir lui porter aucun secours.
Ainsi finirent ces dissensions intérieures , qui
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firent considérer Guillaume comme un des plus grands capitaines de son siècle , et lui firent concevoir le hardi projet de conquérir la couronne d’Angleterre , qu’Edouard lui avait laissée par son testament , et dont Harold s’était emparé au moyen d’un parti qu’il s’était fait en Angleterre. Lever une armée considérable , faire construire une flotte proportionnée , s’embarquer à Saint- Valéry , aborder en Angleterre et conquérir ce royaume , tout cela fut aussi promptement exécuté que conçu par Guillaume , qui , par sa fermeté , sut maintenir cette couronne sur sa tète.
On attribue à ce prince les monnaies suivantes ( fig . io3 , io4 , io5 , 106 et 107 , planche 34 ) ; les trois premières paraissent avoir été frappées avant la conquête d’Angleterre ; elles portent d’un coté , pour légende , le mot WILELMVS , avec une croix pleine dans le centre. Les deux premières se distinguent du numéro jo5, parce que cette dernière n’a pas de points dans les quatre angles de cette même croix. Le revers du numéro io3 porte le mot ROTOMACIS au lieu de Ilothomagus , pour désigner probablement la ville de Rouen , où l’on frappait la monnaie du prince. Le numéro io4 porte le mot ROTOMAE1L , qui veut sans doute exprimer la même ville ; et le numéro io5 , celui de ROTOMALIS , qui paraît être une corruption du mot ROTOMACIS , de la figure io3. Ces trois pièces de monnaie diffèrent encore entre elles sous le rap-
port des figures placées dans les quatre quartiers de la croix du revers. Le numéro io3 présente trois croissans et un gland ou une espèce de fleur de lis dans les quatre angles de la croix. Le numéro 104 n’a que quatre croissans , et la figure io5 n’a ni croissans ni fleurs de lys ; les figures 106 et 107 diffèrent essentiellement des trois premières. La pièce d’argent , figure 1 06 , bien conservée , pèse 20 grains ; elle représente Guillaume , la tète tournée du coté droit, tenant de la main gauche un sceptre surmonté d’une fleur épanouie , au-devant duquel est un petit anneau ( sans doute le point secret de la monnaie ) (1). La légende porte PILEM REX AN. Le revers offre une rose écartelée par une double croix , qui traverse tout le diamètre de la pièce et divise en quatre la légende qui porte les mots N. IYLIOBINA , ce qui semblerait indiquer qu’elle a été frappée à Juliabona ou Juliobona , qui , suivant les géographes , serait Lillebonne , ville assez considérable du diocèse de Rouen , où Guillaume tint un concile provincial dans la i5e. année de son règne , l’an 1080 (2).
(1) Le point secret n’e'tait connu qiue des officiers de chaque monnaie ; celui de Paris se plaçait sous le dernier E du mol Benedictus , et celui de Rouen sous le B du même mot.
2) <c Coucilium Juliobouense quod à Willelmo Anglorum rege , » cnm episcopis et proceribus Normanuiæ , apud Juliambonam cele- » bratum est , in feslivitate Pentecostes , auno Chiisti 1080. Gie- » gorii VIL papæ anuo VIII. Philippi francorum regis XX. « Vide » Labbei Concilia, t. X. p. 3gt. Ibid. » Iucipit coucilium quodhabi-
A PPENDICES.
Quoique le nom de Guillaume soit écrit dans la légende par un P au lieu d’un V ou d’un double W , tel qu’il l’est dans les trois premières pièces , on ne peut cependant mettre en doute qu’il ne désigne ce même prince , si l’on compare surtout la couronne et le sceptre qui sont placés sur sa tète , avec les memes objets représentés dans une figure de ce prince peinte à fresque sur les murs de l’abbaye Saint-Etienne de Caen ( dont on a donné la figure dans la planche XV. fig. 3i. }
La figure 107 (ï) , quoiqu’altérée , présente encore une plus grande différence avec celles décrites
» tum est in Normannia , in territorio captivo ( caltino seu caletensi ), » villa regia , quam Juliambonam antiqui dixerunt , modo vulga- » riter Lisleboua vocatur , ubi multa constituta sunt , quæ maxime » in Normannia conservantur , anno ab incarnacione domini Jesu » Christi 1080. Labbei Concilia , t. X , p. 3q5.
Quelques Géographes ont voulu appliquer ce nom de Juliobona à Dieppe plutôt qu’à Lillebonue. Mais les nombreuses médailles , les tombeaux , les aqueducs , et surtout le vaste théâtre romain trouvé à Lillebonne , déposent assez fortement en faveur de l’antiquité de celte ville, dans laquelle on vient encore de découvrir récemment une fort belle statue fruste eu bronze doré de six pieds deux pouces de hauteur, qui représente un jeune homme nu. M. Langlois vient d’en publier les dessins avec une notice de M. Revers , de Rouen.
(1) Cette médaille curieuse appartient au Muséum de la Société royale de Londres,- elle a été communiquée à M. Lambert , de Bayeux , par l’infortuné Stockard , qui vient de mourir en Angleterre victime de son amour pour la recherche des antiquités. On doit à ses soins les beaux dessins ( faits à la Caméra Lucida ! de la broderie historique de Bayeux , dont on publie les planches maintenant à Londres.
ci-dessus. La face du Roi est tournée à gauche , son sceptre est surmonté de trois boules ; sa couronne , en forme de bandeau , ornée d’un grenetis de perles , n’a aucun rapport avec celle qu’il porte sur la pièce numéro 106. Cependant les lettres de la légende , qui subsistent encore et qui permettent de lire LEMVREXÀ , ne peuvent laisser douter que dans leur entier elles n’eussent exprimé Wilelmus Rex Angliæ. Sur le revers, on voit une croix formée de quatre doubles trèfles à jour avec un grenetis qui la sépare de la légende , mais il est difficile de l’expliquer , à cause de l’interruption des lettres. On en voit cependant encore près des deux tiers , savoir , ACONGLLPECEI. En les prenant isolément, elles seraient sans doute susceptibles dVme multitude d’interprétations , qu’il serait également facile de réfuter , puisqu’on n’a même pas la totalité de la légende.
En comparant cette pièce avec celles d’Edouard-le- Confesseur et de Guillaume-le-Roux , frappées en Angleterre , on ne peut douter que celle-ci n’ait été frappée dans ce royaume , où ce prince en fit faire beaucoup après sa conquête. Celle-ci est fort rare et n’a pas été publiée en France.
On fesait aussi usage des florins d’or du temps de Guillaume-le-Conquérant : les auteurs contemporains disent que , lorsque Harold envoya un messager à Guillaume avant la bataille d’Iîasting , afin de l’engager à quitter l’Angleterre , ce Duc fit
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présenta ce messager d’un coursier, d’une tunique et de quatre florins d’or.
Robert Courte-Heuse , ou le Courtois , VI1F. Duc de Normandie , de 1087 à 1 106.
Robert Courte-IIeuse , fds aîné de Guillaume-le- Conquérant , fut , aussitôt après la mort de son père , reconnu duc de Normandie , et reçut le serment des Comtes et Barons qui lui jurèrent fidélité. La faiblesse de ce prince l’emporta sur sa vaillance naturelle , et son gouvernement , continuellement agité par des factions , n’eut de remarquable que la fameuse croisade de 1096 et la bataille de Tinchebray contre son frère Henri Ier. , roi d’Angleterre, où il perdit, le 27 septembre nofi, sa couronne ducale de Normandie et sa liberté.
Robert , digne d’un meilleur sort par sa vaillance , termina sa triste existence aveugle et prisonnier dans le château de Cardiff , dans le comté de Glamorgan , où son frère Henri Ier. le retint pendant vingt-huit ans , après en avoir régné dix-neuf sur la Normandie , et s’ètre vu deux fois enlever la couronne d’Angleterre par ses frères Guillaume-le-Roux et ce même Henri.
On attribue à ce prince une pièce de monnaie ( planche 34, figure 108 ) , qui a été trouvée en 1G84 à Catal , près de Wetherby , dans l’Yorkshire ; elle représente ce prince à cheval , tenant une épée
de
APPENDICES. 3o<)
de la main droite , la tète couverte du casque normand , avec le nazal tel qu’on le voit sur la broderie historique de Bayeux ; une très-petite couronne ( si on peut lui donner ce nom ) paraît être figurée sur ce casque. La légende , séparée par un grenetis, porte les mots RODBERTVS CSTV. On voit au revers une croix barrée aux extrémités avec quatre fleurs épanouies , qui sortent de chacun des angles de cette croix ; un cercle en grenetis sépare diverses figures , qui tiennent la place de la légende (1). Cette pièce pèse 1 8 grains.
Le numéro 109 provient du cabinet du comte de Pembroke. Cette pièce , quoique brisée , laisse cependant voir , comme dans la précédente , le prince à cheval , avec le nazal en tète. La partie inférieure de la cuirasse ressemble au Squamata vestis dont sont revêtus la plupart des guerriers figurés dans la broderie de Bayeux. La légende porte également le mot RODBERT , mais le reste de l'inscription n’existe plus. Au revers , la croix est beaucoup plus large et n’est point barrée à ses extrémités ; les fleurs figurées dans les angles de cette croix diffèrent aussi de celles du numéro 108. Quant aux
(1) Ces figures , dont le dessin est peu détermine’ , ont cependant quelque ressemblance avec celles que l’on voit sur les capotes des pèlerins de Jérusalem ; elles peuvent faire présumer que cette pièce a été frappée au retour de la croisade de 1096 , où le duc s’engagea par grandeur d’âme , et où il refusa , dit-on , la couronne de Jérusalem.
3io
APPENDICES
ornemens qui remplacent la légende , ils sont les mêmes que dans l’autre ; cependant on peut distinguer un I et un D.
Malgré ces légères différences , ces deux pièces appartiennent au même prince ; mais on ne peut pas dire quelles soient réellement du duc Robert , fils de Guillaume-le-Conquérant , puisqu’on ne peut fonder cette assertion que sur le mot de Rodbertus , qui se trouve sur l’une et sur l’autre.
Quoiqu’on ne puisse pas considérer Guillaume-le- Roux , roi d’Angleterre , comme duc de Normandie , puisque Robert , son frère aîné , ne fit que lui engager son duché en 1096, lorsqu’il partit pour la Terre-Sainte , et qu’il n’en fut , par conséquent, que le régent ; cependant , en cette dernière qualité , j’ai cru devoir donner ici l’explication d’une pièce ( planche 34 , fig. ï J o ) attribuée à ce prince (1) , parce qu’elle n’est pas connue en France. Cette médaille , ou cette pièce de monnaie , présente la figure du prince vue de face ; elle est surmontée d’une couronne en forme de bandeau , de chaque côté de laquelle pendent trois lannières ou bandelettes , dont une est plus courte que les deux autres. Cette cou-
(1) Cette médaille , communiquée également par M. Stockard , appartient à la Société royale de Londres , qui l’attribue à Guillaumele-Roux. Elle est beaucoup mieux conservée que celle du numéro 107 , que cette Société donne à Guillaume-le-Conquérant. Comme jusqu’ici elles paraissent uniques , on ne peut vérifier ni confirmer cette assertion.
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ronne est beaucoup plus large que la tète , qui est portée sur un long col figuré par trois doubles lignes perpendiculaires. La légende porte une petite croix avec les mots VILLEMVS REX. Le revers porte une croix étoilée , dont les quatre extrémités sont terminées par une pointe avec deux crochets recourbés ; elle est entourée d’un grenetis qui la sépare de la légende , sur laquelle on lit GOIIRI- CONLVNI. Elle est terminée par une croix ou la lettre X. Cette suite de lettres sans aucune intersec- • tion , est susceptible de toutes les interprétations possibles. La forme des lettres pourrait cependant faire croire qu’au lieu du C , on a voulu faire une L , et que la lettre L , qui vient après , serait un D qui n’a pas été totalement terminé dans la gravure du coin , ce qui permettrait de lire LONDVNI au lieu de CONLYNI.
Cette dernière supposition aurait une apparence de fondement , parce qu’on ne peut pas douter que cette pièce n’ait été frappée en Angleterre. En général , les interprétations forcées d’une légende , quelque clarté apparente quelles présentent , séduisent quelquefois l’imagination , mais elles emportent rarement la conviction.
Hexri Ier. , Roi d.' Angleterre , surnommé Reauclerc (i), IXe. Duc de Normandie , de 1106 à n35.
La réunion du duché de Normandie à la cou-
(1) Ce prince s’adonna à la culture des lettres , ce qui lui fit donner
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ronne d’Angleterre , fut le résultat des cruautés qu’IIenri Ier. exerça sur son malheureux frère Robert , avec lequel il ne voulut jamais se réconcilier, ni même restituer la Normandie à son neveu Guillaume , quoiqu’il eût lui-même perdu son fils unique qu’il venait de faire reconnaître comme son successeur au duché de Normandie. Il ne restait plus à Henri qu’une fille ( Mathilde , veuve de l’empereur d’Allemagne), remariée à Geoffroi Plantagenet, comte d’Anjou , qui ne put jouir de suite du duché de Normandie , quoique ce prince eût déclaré sa fdle légitime héritière du trône d’Angleterre et de la Normandie. Henri mourut en n35 , après avoir régné vingt-neuf ans sur le duché de Normandie , qu’il avait usurpé. La ligne mâle des Rollon , qui , depuis 996 , gouvernaient cette province , s’éteignit dans la personne d’Henri Ier.
Toutes mes recherches ont été infructueuses pour me procurer des monnaies ou des médailles de ce prince , quoique pendant son long règne il eût amassé de riches trésors , qu’il tenait cachés dans le château de Falaise.
te nom de Beauclerc. M. l’abbé De T,a Rue lui attribue la traduction des Fables d’Esope ; quoique les Chroniques Saxonnes en fassent honneur au roi Alfred ; et c’est en partie sur cette assertion qu’il s’appuie pour prouver que la reine Mathilde ou les femmes de sa cour n’ont pu broder la tapisserie historique de Bayeux , parce qu’en effet on y voit représentés quelques-uns des apologues du fabuliste phrygien.
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Eüstache de Boulogne , Xe. Duc de Normandie , de 1 1 35 à n43.
Henri Ier. venait de mourir à Lyons , et son corps enveloppé d’une peau de bœuf 11’était pas encore arrivé à Reading , où il devait recevoir les honneurs de la sépulture , que son neveu Etienne de Blois s’était déjà emparé du trône d’Angleterre , que ce prince avait laissé par testament à Mathilde sa fille , épouse de Geoffroy Plantagenet , comte d’Anjou , et veuve de l’empereur d’Allemagne. Non content de ce trône , il s’empara encore du duché de Normandie , malgré le serment de fidélité qu’il avait prêté à cette même Mathilde , et le donna à son fils Eüstache de Blois et de Boulogne. Malgré sa jeunesse et son inexpérience , Louis YII , dit le Jeune , Roi de France, lui donna en n36 l’investiture du duché de Normandie, et le maria à sa sœur Constance de France.
Ce prince se vit successivement enlever plusieurs des villes de son duché par le comte d’Anjou , qui le harcela continuellement en Normandie pendant que le parti de l’impératrice Mathilde poursuivait ses succès contre Etienne de Boulogne , son père , qui avait usurpé sur elle le trône d’Angleterre.
Enfin , ce dernier ayant été vaincu , et renfermé dans la tour de Brettow , les Normands rejetèrent son fils Eüstache , qu’il leur avait imposé comme
3i4 APPENDICES.
duc de Normandie, et en n43, ils reconnurent
en cette qualité Geoffroy Plantagenet.
On attribue à Eustache de Boulogne une pièce de monnaie ( figure 1 1 1 ) tirée du cabinet de M. de Boze , dont la légende porte d’un côté le mot EVSTACHIYS , et dans le centre , un nœud ou une espèce d’entrelacs. Au revers , on lit VRBS BONONIE, avec une croix dans le centre.
La figure 112 représente le comte debout , la tète couverte du casque normand , et tenant une épée de la main droite , au-dessous de laquelle est un petit palet, et derrière le dos du comte , on voit une espèce de gantelet. La légende porte les mots EYSTAC1YS. Au revers est une croix entourée d’une rosace à quatre feuilles dans les angles de laquelle il y a quatre petits palets. La légende est inintelligible. Plusieurs lettres sont effacées et celles qu’on distingue encore, telles que OMIISFIL..SVL.. ne présentent aucun sens. Cette pièce de monnaie est tirée du cabinet du comte de Pembroke.
La figure n3 est une pièce d’argent du poids de 18 grains , dont le centre représente une figure plus facile à dessiner qu’à décrire. Il est probable qu’on a voulu représenter un cheval passant sur un pont de cinq arches. La légende porte le mot EYSTA...IVS. La partie qui en est brisée ne laisse aucun doute qu’elle devait porter le mot de EYSTACIYS. Le revers porte une croix a pomètes fleuries , avec quatre espèces de flèches ou d’ornemens divers dans
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les quatre angles. La légende , autour de cette croix, est remplacée par diverses figures qui n’ont ni aucune forme ni aucuns caractères susceptibles d’être expliqués. Cette pièce de monnaie est tirée du cabinet du docteur Gifford.
La figure 1 1 4 , plus altérée que la précédente , est également d’argent et ne pèse que i3 grains. Sa figure est aussi difficile à déterminer , et la légende altérée ne contient plus que les mots STAOHL... Quant au revers , il présente à-peu-près les mêmes caractères que la pièce numéro 1 1 3 , mais la croix pomelée est moins large et plus chargée d’ornemens.
La figure n5 est mieux conservée que les deux précédentes ; son poids est de 18 grains i quart: sa légende porte les mots EISTACH1YS. La figure qui est au centre , ainsi que la croix du revers , diffèrent peu des deux autres. Cette pièce est tirée du cabinet du collège Corpus Christi , à Oxon.
Il est difficile de déterminer auquel des quatre comtes de Boulogne du nom d’Eustache (1) on doit
(i) Eustache Ier. , comte de Boulogne , vivait du temps de Robert, roi de France. Son fils Eustache II épousa Ida , fille de Godefroy , duc de Brabant. Cet Eustache II eut trois fils , savoir : Godefroy et Beaudouin , qui furent successivement rois de Jérusalem , ainsi qu’Eustache III , qui n’eut qu’une fille , laquelle épousa Etienne de Blois , qui s’empara du trône d’Angleterre et donna le duché de Normandie à son fils Eustache , IVe. comte de Boulogne , que les Normands chassèrent du duché pour le donner à Geoffroy Planlagenet. ( Voyez Saudford , page 43 , et l’abbé de Longuerue , p. 5b, in-folio. )
3i6 APPENDICES,
attribuer ces monnaies , et si parmi celles-ci , dont les noms sont écrits si différemment , il y en a d’Eustache , fils d’Etienne, roi d’Angleterre. Je crois cependant que celle du n°. 1 1 2 , qui porte le casque normand , appartient à ce prince (1).
Geoffroy Plantagenet , XIe. Duc de Normandie , de n43 à 1 i5o.
Les Normands , fatigués des guerres continuelles qui leur avaient été suscitées par l’usurpation d’Etienne de Blois , et l’inexpérience d’Eustache de Boulogne , son fds , qu’il leur avait imposé pour les gouverner , le chassèrent et rappelèrent Geoffroy Plantagenet , comte d’Anjou , auquel ils offrirent la couronne ducale. Ce dernier avait , en effet , au défaut de la ligne mâle de Rollon , quelques droits à ce duché par sa femme Mathilde , fille et héritière d’Henri Ier. , dernier prince de cette famille.
Pour conserver la paix , qu’il avait ramenée en Normandie , Geoffroy ne voulut pas prendre la croix lors du départ de la seconde croisade , prèchée en ii45 par St. Bernard; et voulant assurer le duché à son fils Henri , il le fit reconnaître comme duc par les seigneurs et barons en 11 43 ,
(1) Il y a aussi, dans le cabinet de Thoresby , une pièce d’argent du poids de 19 grains , qui est attribuée à ce même prince : elle porte d’un côté le mot Eu&tacius , et au revers Eboraciedts.
lorsqu’il
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lorsqu’il eut atteint sa seizième année ; mais cependant Louis YII , roi de France , troubla un moment la tranquillité qui régnait en Normandie lorsqu’il revint de la Terre-Sainte , et Geoffroy s’empressa de rétablir la paix en lui rendant Girard , seigneur du Bec, qu’il tenait captif, et qui avait été le prétexte apparent de cette guerre. Henri se retira à Lisieux , après avoir été reçu à hommage par le roi Louis YII ; et son père Geoffroy Plantagenet , lui ayant abandonné le duché de Normandie , vint habiter son comté d’Anjou , où il mourut peu de temps après , en n5o.
Il est à présumer que ce prince ne fit point frapper de monnaie à son effigie pendant le peu de temps qu’il gouverna le duché de Normandie ; du moins je n’ai pu m'en procurer.
Henri II , Roi cT Angleterre , XIIe. duc de Normandie , de n5o à 11 8g.
Henri II , dit Court-Manteau , roi d’Angleterre , duc de Normandie et d’Aquitaine , comte d’Anjou, fut surnommé en Angleterre Fitz Emperess , à cause du mariage de sa mère Mathilde avec l’Empereur d’Allemagne. Ce prince, par son alliance avec Eléonore , épouse répudiée de Louis VII , roi de France , devint maître de la Guyenne , du Poitou et de la Saintonge , qu’il réunit au duché de Normandie et à la couronne d’Angleterre.
Les monnaies de ce prince étaient extrêmement
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rares , mais la démolition récente de la chapelle de la Maladrerie , dite de Beaulieu , a fait découvrir une assez grande quantité de monnaies des ducs d’Aquitaine , des comtes du Mans , de la ville de Tours et d’Henri II , roi d’Angleterre et duc de Normandie. Suivant la Chronique de Caen et celle de Robert, abbé du Mont-Sain l-Michel , dans ses additions à la Chronique de Sigebert , ce prince fonda auprès de Caen, dans le courant de l’année 1160, un hôpital pour des lépreux (1).
Je dois à la générosité de M. Dieiz , directeur de la maison centrale de Beaulieu , les trois pièces de monnaies suivantes , qu’il a sauvées de la rapacité des ouvriers , qui les trouvèrent dans les démolitions de la chapelle. La figure 116 est d’argent du poids de 28 grains. Ce prince y est représenté la tète couverte d’une espèce de bandeau de perles , surmonté d’une feuille de trèfle ; il tient de la main droite un sceptre terminé par la même figure. On lit autour HENRICUS REX. Le revers porte une double croix , dont chaque bras est terminé par un double palet ; les quatre angles sont remplis par quatre petits palets disposés en lozange. Un grenetis règne autour de la légende , qui indique probablement le nom du monnayeur. Elle porte les mots
(1) On a vu précédemment , page 1 35 , la construction particulière des cheminées des chambres destinées aux lépreux , dont la forme parait indiquer que ces derniers étaient soumis à des fumigations telles que celles qu’on fait subir aujourd’hui aux darlreux et aux galeux.
APPENDICES. 3io
NICOL f WALTER. ON. Ces deux dernières lettres sont , sans doute , une abréviation du mot moneta.
La pièce de billon , figure 117, porte au centre le monogramme des carolus entouré d’un grenetis , avec les mots , COMES CENOMANNIS. Au revers est une croix pleine avec deux palets dans les deux angles supérieurs , et les deux autres présentent d’un côté la lettre A suspendue à l’un des bras de la croix , et un espèce de cor ou un fer de cheval au bras opposé. On lit autour de la légende , SIGNVjVI DEI VIVI.
D’autres pièces de billon de la ville de Tours se trouvaient aussi dans cette même fouille. Le numéro 1 18 porte au centre la figure de cette ville avec les mots TYRONYS CIVIS. Le revers présente une croix pleine et la légende LYDOVICVS REX. ( Sans doute Louis YII , qui répudia Eléonore. )
On attribue aussi à ce prince une pièce de monnaie d’argent , figure 119 , tirée du cabinet de l’abbé Yenuti. Elle porte au centre une croix simple et la légende HENRICVS REX. Le revers offre une petite croix entre deux palets , au-dessous desquels on lit AQVITAN1E. Cette dernière lettre se trouve placée entre deux autres palets.
On trouve une plus grande quantité de monnaies de sa femme Aliénor ou Eléonore , duchesse d’Aquitaine , séparée de Louis VII , son premier mari , avec le consentement du pape Eugène III , et en vertu d’un concile tenu à Beaugency , sur les bords
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de la Loire , lequel décida qu’ils étaient parens dans les degrés de consanguinité prohibés par l’Eglise. On en trouve aussi qui réunissent le nom d’Aliénor avec celui de son premier mari , Louis VII. Mais cette monnaie étant frappée avant son second mariage avec Henri II , duc de Normandie , elle ne doit point figurer parmi celles de ce duché.
Ce prince , accablé de douleur de se voir abandonné de ses enfans , et d’avoir été chassé par son fils de la Touraine et du Mans , tomba malade à Chinon , où il mourut trois jours après , le 6 juillet
Richard Coeur-de-Lion , Roi cl' Angleterre , XIIIe Duc de Normandie , de 1189 à 1 199.
Richard , surnommé Cœur-de-Lion , succéda à son père Henri II ; il fut le quatrième duc de ce nom en Normandie , et possédait , outre le trône d’Angleterre , la Guyenne , le Poitou , l’Anjou , le Maine et la Touraine.
On ne connaît de monnaie de ce prince que celles frappées dans le comté de Poitou , dont il avait été créé comte du vivant de son père , et dans le duché d’yVquitaine , dont il rendit hommage au roi de France dès l’année 1 1 68 (1). Une de ces monnaies , figurée ( planche 3/j , n°. 1 20 ) est tirée du cabinet du Roi ; elle pèse , suivant l’abbé Barthélémy , j 9 grains et demi. Elle porte d’un côté une pe-
(i)Sandford , p. 64 et 76.
APPENDICES. 3ai
tite croix avec le mot RICA RD VS , au-dessous duquel sont figurés deux petits cors de chasse ou deux fers de cheval. Le milieu du revers présente une grande croix pleine , entourée d’un double cercle. On lit dans la légende le mot AQVITANIE.
La pièce de monnaie , sous le numéro 12 1 , est tirée du cabinet de Charles Frederick , écuyer, elle ne diffère de la précédente que parce qu’il n’y a pas de cercle intérieur autour de la croix du revers ; elle porte également les mots RICARDVS et AQVI- TANIE (1).
Enfin, la pièce de monnaie sous le numéro 122 est attribuée à Richard , comme comte de Poitou ; elle porte au centre une croix pleine , avec une autre plus petite qui sert probablement pour indiquer la marque de la monnaie ; on y voit pour légende les mots RICARDVS REX , et le revers est rempli par celui de PICTAVIENSIS. On trouve encore d’autres pièces de monnaies du même comté , qui ne diffèrent de celle - ci que par un croissant figuré dans un des quartiers de la croix, mais elles sont plus petites que la précédente.
On ne doit pas être étonné de la pénurie et de la rareté des pièces de monnaie de ce prince (2) ,
(1) L’abbé Venuti , dans sa Dissertation sur les Monnaies frappées par les Anglais dans l’Aquitaiue on dans les autres provinces de France , attribue cette pièce à Richard II , roi d’Angleterre.
(2) Cependant Richard 1er. fit battre monnaie en Normandie , à Tours , Angers et le Mans , ainsi qu’on le voit dans l’ordonnance déjà citée de ce Roi, datée de Rouen en n58 , dans la 6e. année de sou règne.
322 APPENDICES
quand on considère qu’il fut forcé de payer , pour sa rançon , à l’empereur d’Allemagne , plus de cent cinquante mille marcs d’argent pur , poids de Cologne (1) , somme immense pour ce temps , puisque sa mère Eléonore fut plus d’une année pour pouvoir réunir seulement cent mille marcs. (2)
Jean Sans-Terre , Roi cT Angleterre , XIIIe. Duc de Normandie , de 1199a 1204.
Richard étant mort à Chaluz , le 5 avril 1199 , n’avait laissé , pour héritier de la couronne d’Angleterre et du duché de Normandie , qu’Arthus , duc de Bretagne , fils posthume de Geoffroy , frère aîné de Jean Sans-Terre. Celui-ci , profitant de la jeunesse d’Arthur , son neveu , s’empara de la couronne d’Angleterre, du duché de Normandie, et fit conduire ce jeune homme dans la tour de Rouen , où il le tua de sa propre main , le Jeudi Saint 7 avril 1202.
Jean , ajourné à la Cour des Pairs par Philippe- Auguste , pour se justifier de ce meurtre , ayant refusé d’y comparaître , fut déclaré rebelle , coupable de félonie et de trahison. Toutes les terres et sei-
(1) Daniel , Histoire d’Angleterre , p. io3.
(2) « Le dit roi Richard pour payer sa dicte rançon fist de grans » tailles et exactions , tant sur les lais que gens d’église , et prinst » des églises les croix , calices et autres joyaux d’or et d’argent , }> tant en Aquitaine qu’Angleterre. » Annales d’Aquitaine , du Bouchet , in f°. , Poitiers , ibb-j , page 88.
^neuries qu’il tenait dans le royaume , à charge de foi et hommage, furent confisquées en 1204, par jugement de la Cour des Pairs de France. Philippe- Auguste , à la tète d’une armée considérable , fit exécuter ce jugement et s’empara du duché de Normandie , qui devint une province du royaume.
Je n’ai pas été assez heureux pour découvrir des monnaies ou des médailles de ce prince pendant qu’il possédait le duché de Normandie. On sait seulement que le retour des croisés et le commerce que Caen fesait alors dans les Echelles du Levant , introduisirent dans cette ville une grande quantité de besans d’or et d’argent: espèce de monnaie de Bysance , qui était admise dans les paiemens faits à l’échiquier de Caen , et qu’on retrouve encore dans presque toutes les collections numismatiques. M. l’abbé De La Rue , à la page 1 44 de ses Essais historiques sur la ville de Caen , dit , d’après le Rotul. chartar. an 1. Johan. regis, etc., « qu’en l’année » 1 200 , le duc Jean Sans-Terre donna à Henri du » Pont-Audemer , la propriété de la halle au blé , » à charge de payer tous les ans dix besans d’or à v l’échiquier de Caen. »
Mais bien que cette monnaie bysantine fût réellement admise en Normandie , je n’ai pas cru cependant devoir en donner le dessin , parce quelle n’appartenait pas à cette province ni à l’Angleterre.
Par suite de la félonie de Jean Sans-Terre , le duché de Normandie fut réuni à la couronne. Cependant , quelques princes de la maison de France
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furent , par la suite , décorés du titre de ducs de Normandie ; mais comme ce titre n’était pas héréditaire et qu’il n’était considéré que comme l’appanage des princes titulaires , par conséquent , ils n’y firent point frapper de monnaie. Je me contenterai seulement d’en indiquer les noms.
i°. Jean de France , fils aîné de Philippe YI , qui le créa, en i332 , duc de Normandie et pair du royaume.
20. Charles de France , fils du roi Jean , porte le premier le nom de Dauphin , et est créé par son père duc de Normandie.
3°. Charles de France , fils de Charles VII , fut successivement duc de Berry , de Guyenne et de Normandie , province que son père avait reprise sur les Anglais , défaits à la bataille de Formigny ; mais il ne posséda pas long-temps ce titre , que son frère Louis XI lui avait donné en appanage , et qu’il lui reprit par ses intrigues en 1466.
4°. Enfin , Charles-Louis-Xavier de France , second fils de Louis XVI , fut décoré en naissant du titre de duc de Normandie. Ce jeune prince , devenu Louis XVII , après l’horrible assassinat de son père , mourut peu de temps après , par suite des mauvais traitemens qu’on lui fit éprouver dans la prison du Temple, où il était détenu.
Nota. Voyez à la page 64 pour les numéros 124, jî5 et 126 , médailles rlu cardinal de Bourbon ; et à la page 69 , pour la médaille de Georges d’Amboise, n°. ia3.
A BAYEUX