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« de l’emploi d’un grand sceau par une femme.
» Le sceau et le contre-scel employé par Edouard » III , comme duc de Normandie , n’ayant pas été » décrit jusqu’ici , j’ai cru devoir le faire graver éga- » lement( planche 2 , fig. 6. ) J’ai eu le plaisir de le » trouver avec ceux dont je viens de parler , dans la » collection de Thomas Astle ; ce sceau tient à une » charte qui porte la date du 26 mars , dans la 24e. » année du règne de ce prince ( correspondant à » i35i ) , et renferme une donation à William Bran- » dell , d’une maison dans la ville de Calais. Le » contre-scel représente quelques parties des ancien- » nés fortifications de cette ville.
» Le sceau d’Odon , évêque de Bayeux et comte de » Kent , est non-seulement fort rare , mais en même- » temps très-curieux par rapport aux figures qui y » sont représentées. Odon figure d’un côté comme » comte de Kent , monté sur un cheval de bataille , » revêtu d’une armure , et portant une épée de la » main droite ; le revers nous montre l’évêque » Odon , revêtu de ses habits pontificaux , et don- » nant sa bénédiction. Comme j’ai présumé qu’un » dessin de ce morceau curieux pourrait faire plai- » sir au lecteur , je l’ai fait graver ( planche 2 , fig.
» 7 , ) d’après un sceau encore attaché à un acte de » donation qui existe dans la bibliothèque de sir « Edouard Deering , baronet. Cette donation est écrite » en Latin et en Saxon,
» O do , Bajocensis Eps. , Lanfranco Archiepo. et » Hammoni vicecomiti , et omnibus Canturiensib. re~
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» gis fidelib. salutem. Notum sit vobis , quod ego , » Baiocensis Eps. et Cornes cantico., nostre matrique » in honore sce. Trinitatis constructce Canturiensi » Ecclie. , trado lias quatuor dennas terre , videlicet , » Lossenhamum et Adalardendenam, ^Blacecotam , » et Acdenam , à domino Lanfranco Archiepo. , et » omnibus successoribus ejus , perpetuo usu possi- » déridas , pro redemptione domini mei Guillelmi , » regis Anglorum , et mea , et eorum de quorum sa- » lu te specialiter injuncturn est mea procurare , et per » excambia XX. et V . acrarum terrce , quœ infià » parcurn meurn de Wikeham continentur. »
» Dans le cours de cet ouvrage , en décrivant le » monument sépulcral de Guillaume le Conquérant, » j’ai fait mention de deux épitaphes de ce mo- » narque , tirées d’un manuscrit de la bibliothèque » de Lambeth , parce quelles n’avaient pas été pu- » bliées jusqu’ici. J’espère qu’on me pardonnera cette » insertion , lorsqu’on verra que la prétendue copie « de ces mêmes inscriptions , imprimées par M. » Hearne dans le 3e. vol. de son édition de Guile. de » Neubourg , est imparfaite et remplie d’erreurs.
» La tapisserie historique conservée dans la cathé- » drale de Bayeux , est regardée comme un des mo- » numens les plus anciens et les plus authentiques de » la conquête de l’Angleterre par les Normands. Elle w retrace non-seulement les faits contenus dans les » Historiens Français et Anglais , mais on y décou- « vre encore une infinité de détails particuliers qui « nous étaient inconnus. J’ai inséré, dans l’appendice,
» une description très-exacte et très-circonstanciée » de cette tapisserie , qui avait été dessinée plusieurs » aimées auparavant par le docteur Smart Letliieul- » lier , correspondant de la Société royale et de celle » des Antiquaires de Londres.
» Lors de son premier voyage en France , cet Ân- » glais séjourna , pendant les années 1732 et 1733, » à Paris , où il se lia très-intimement avec MM. Lan" » celot , Foucault , de Boze , et plusieurs autres » Savans distingués qui contribuaient de tous leurs » moyens au progrès de l’étude des Antiquités ; mais , » comme il me l’a souvent répété lui-même , c’est » particulièrement aux soins du père Montfaucon , » qu’il dut le succès de ses recherches , et ce fut de » lui qu’il reçut les meilleurs et les plus exacts ren- » seignemens sur les Antiquités Anglo-Gauloises , qu’il » était parvenu à rassembler , à l’aide de sa corres- » pondance littéraire en France. On ne doit point » s’en étonner , si l’on considère que Montfaucon » fut d’abord élevé au milieu de cette réunion d’hom- » mes instruits que possédait l’ordre des Bénédictins, » aux soins desquels il dut une nombreuse collection » d’antiquités et de matériaux , qui lui servirent en- » suite à composer son immortel ouvrage des Monu- » mens de la monarchie Française , dans lequel il » a donné une description de cette même tapisserie.
» M. Lethieullier mourut en 1 760 , et son intéres- » santé collection de livres et de manuscrits fut ven- » due publiquement quelque temps après. Une des- » cription manuscrite de la tapisserie de la reine
Mathilde ,
» Mathilde , qui en faisait partie , fut achetée par « mon laborieux ami Thomas Tyndal , membre dis- » tingué de la Société royale des Antiquaires , qui me « permit , peu de temps avant sa mort , d’en prendre » une copie et de la faire imprimer , pour la corn- » muniquer au public.
» Comme cette description , Milord , pouvait être » beaucoup plus intelligible , en y joignant les des- » sins gravés de la tapisserie ; j’appris qu’on devait , « aux soins de l’Académie des inscriptions et belles- » lettres , six planches qui avaient été gravées en » 1733 , mais qu’elles n’avaient pas encore été tirées. » Ce fait m’étant confirmé , je sollicitai avec ins- » tance la permission de les faire imprimer ; » mais elle me fut refusée plusieurs fois. Enfin , » les difficultés que j’éprouvai auraient été insur- » montables , sans l’intervention généreuse du duc » de Nivernois , dont le mérite et l’instruction lui » valurent l’estime de ceux qui eurent le bonheur » de le connaître , lorsqu’il était ambassadeur de » France en Angleterre.
» Ce noble seigneur en fit tirer 4°° exemplaires , » qu’il eut la complaisance de m’envoyer aussitôt que » je lui en eus fait la demande. Je crois devoir ici lui té- » moigner ma reconnaissance et mes plus sincères re- » mercîmens pour une aussi grande faveur.
» La première planche de cette tapisserie , que l’A- » cadémie avait publiée en 1729 n’existant plus, j’ai » suppléé à cette lacune , en faisant graver une copie » exacte de celle qui avait été donnée par le père » Montfaucon. 4
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» Quant aux autres planches , les unes sont tirées » des monumens de la monarchie Française , mais » presque toutes les autres ont été gravées d’après » des dessins originaux faits à mes dépens , par » M. Noël , ingénieur du bureau des finances à » Caen.
Les » Infeudationes militum qui debent servitia » militaria Duci Normanniæ , ou, l’état des seigneurs » qui devaient fournir un certain nombre de soldats » au duc de Normandie , forment la seconde partie de » l’appendice ; cet état est soigneusement copié du » Liber Paiber Scaccarii ( ou livre rouge de l’échi- » quier ) , qui contient plusieurs excellens morceaux » réunis en un volume , par Alexandre de Swere- » ford , archidiacre de Shrewsbury , et l’un des offi- » ciers de l’échiquier sur la fin du règne de Henri II. » L ' Injeudationes militum fait partie d’un de ces mor- » ceaux , qui est intitulé , Escuagium tàm super prce- » lads quàm cœteris baronibus assisum , et qui con- » tient le certificat fourni par tous les prélats et ba- » rons d’Angleterre au roi Henri II , et la quantité de » rentes seigneuriales qu’ils lui devaient. Comme cet » état concerne la Normandie , qui fait maintenant » l’objet de mes recherches , et qu’il n’a été publié » jusqu’ici que d’une manière peu correcte par Du- » chesne , dans son Historiée Normannorum scripto- » res , sans qu’il ait même fait mention du manus- » crit dans lequel il avait puisé , j’ai cru rendre ser- » vice au lecteur , en l’insérant dans l’appendice.
» La troisième partie de ce même appendice con-
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» tient une description de cinq bas-reliefs curieux , » qui représentent l’entrevue d’Henri VIII , roi d’An- » gleterre , et de François Ier. , roi de France , entre » Guines et Ardres , en Picardie, le 7 juin i52o. » Cette description est principalement extraite des « Monumens delà monarchie française du père Mont- « faucon , ouvrage qui devient malheureusement très » rare.
» Attendue depuis long-temps , cette entrevue ex- » cita l’attention de toute l’Europe; et le goût pour » le faste et l’ostentation , qui régnait dans le coeur » des rois de France et d’Angleterre , fut encore ou- » vertement encouragé par leurs premiers ministres , » qui étaient connus , les uns et les autres , pour être » enclins aux mêmes goûts de splendeur et de repré- » sentation. Cette entrevue donna lieu à la conclusion » d’une convention entre les deux couronnes. Parmi » les différentes affaires qui y furent traitées , on sti- » pula avec le plus grand soin la qualité , l’ordre » et le rang des personnes qui devaient suivre les » deux monarques , ainsi que les deux reines. Quel- » ques particularités , et divers noms des personnes » de la suite ayant été oubliés dans cette convention ,
» on y fit quelques changemens , qui furent jugés » nécessaires. Dans la quatrième partie de l’appen- » dice , j ’ai donné une copie des dispositions prises » pour Henri VIII et la reine , telles qu’elles sont » insérées dans la convention , ainsi que celles qui » furent adoptées pour l’ordre et la marche des per- » sonnages qui devaient les suivre à l’entrevue. Cette