‹ Antiquités celtiques et antédiluviennes (volume 2)Chapitre 14 sur 30 · VIII. Terrain secondaire. Craie blancbe · texte numérisé non relu

VIII. Terrain secondaire. Craie blancbe

Les assises de bois taillés, ou solives, se trouvent entre le sable Itmoneni et le terrain diluvien détribque.

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n est bien entendu qn'en indiqaant l'épaisseur des couches, nous avons dû prendre un terme moyen. Ces couches ne peuvent être partout égales ; cependant cette in^alité n'est pas aussi grande qu'on pourrait le croire.

Le conuneocement des fouiUes ne portant, comme on l'a vu, quesur des remblais composés de sable et de terre tourbeuse dans laquelle étaient mêlés quelques restes d'anciennes bâtisses , ne pouvait présenter qu'un intérêt niinime.

L'excavation étant parvenue à 3 mètres, et le tuf atteint, les ouvriers commencèrent à réunir une assez grande quantité d'os de quadrupèdes, dont l'examen sara l'objet d'une notice à part. Ces ossemens étaient d'ailleurs trop près de la superGcie et des terres rapportées, pour appartenir à une époque très-reculée. Mais mi mètre plus bas , un fragment de corne de cerf sur lequel je crus reotanaltre quelques traces d'œuvre, m'engagea à recommander aux ouvriers de redoubler d'atteiftion.

La couche de tuf venait d'être traversée ; on arrivait au sable bleu.

Le 8 août , au moment où je descendais dans les travaux , le terrassier Cordier que j'avais spécialement chargé de fouiller à l'endroit d'où l'on avait retiré le fragment de corne de cerf, vint me dire qu'il venait d'y trouver trois coins , c'est ainsi que les terrassiers appellent les haches en pierre, et il me les remit immédiatement.

De ces trois morceaux du plus beau poli et d'une parfaite conservation , deux sont en silex gris-bleuté et

l'autre en jade vert. Ils étaient ensemble dans ce sable bleu, à 7 mètres environ de la superficie et à 2 mètres 1|2 au-dessous du niveau de la Somme.

La plus grande des haches en silex a 1 8 centimâtres de long sur 7 de large. La seconde a la même largeur, mais 2 centimètres de moins en longueur. Celle de jade, dont la forme est des plus élégantes , a aussi 1 8 oeoti'-mètres de long sur 7 à sa plus grande largeur* Elle n'est point aplatie à l'extrémité opposée au tranchant, comme le sont ordinairement ces instrumeos; elle est arrondie. Sa coupe est si régulière et l'ensembto de ses proportions si juste qu'on croirait qu'elle a été faite au compas. Des nombreux instrumens de cette espèce que j'^ vfis, c'est un des mieux faits, et il a dâ demander un temps très-long à l'ouvrier.

Ces trois haches, dont on me montra la place et les empreintes qu'elles y avaient laissées, étaient dans le sable bleu, immédiatement au-dessous du tuf, à environ 30 centimètres l'une de l'autre et placées perpendiflulairoment, le tranchant en haut.

Cette position indique qu'elles n'étaient pas là acei«» dentellement, mais qu'elles y avaient été mises peut-être en mémoire de quelque chef, comme souvenir d'un combat ou de tout autre événement.

Ce qui tend à confirmer cette opinion, c'est le fini de ces haches et leur bon état ; on voit qu'elles n'ont point servi, et que vraisemblablement fidtes pour être déposées en cet endroit , elles l'ont été immédiatement après leur confection.

L'avaient -elles été sans leurs gaines ou montures?

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C'est ce qu'il importait de savoir. Ces montares n'étaient point avec les haches à Tinstant où les ouvriers les découvrirent; inais elles pouvaient avoir été mises à peu de distance. J'y fis fouiller, on n'y trouva rien, et j'avais renoQcé à toute autre recherche sur ce point , quand j'eus la prasée de vérifier de nouveau les ossemens recueillis la veille. Dans le nombre de ceux que recouvrait encore un épais enduit de tuf, de tourbe ou de sable, qui , au premier abord , empêchait d'en distingua la forme, je finis par reconnaitre une très-belle gaine en corne de cerf, un second instrument également en corne, enfin un troisième en même matière dont je donnerai la description en parlant des manches, car il a pu aussi servir à cet usage.

Les ouvriers, qui avaient confondu avec les autres ossemras , ces morceaux travaillés assez difficiles à distinguer parmi les dékim qui les entouraient , ne purent pas m'indiqner précisément la place où ils les avaient rmcontrés. Le sable et le tuf qui y sont encore attachés prouvent qu'ils proviennent des mêmes terrains que les haches ; cependant ces montures n'avaient pu servir i aucune d'elles. Ces haches sont de celles qui, en raison de leur taille, n'avaient vraisemblablement point de gaine, et dont nous avons indiqué la destination présumée.

Cette découverte fit que j'examinai avec plus d'attention les os ramassés la veille, et je reconnus que la plupart portaient des traces de la main humaine, peu visibles, il est vrai, mais pourtant certaines. Sur quelquesunes, c'était une simple entaille, sur d'autres, il y avait eu commencement d'œuvre.

Un grand nombre de ces os étaient simplement rompuSi mais de manière à former une sorte de manche ou de poignée grossière , de la hauteur de celle d'une épée ordinaire.

A quelques-uns de ces fragmens, un trou, comme pcMir les suspendre à un lien, avait été pratiqué. Dans d'antres, le trou était naturel et néanmoins semblait avoir servi.

Cette disposition ou cette analogie de fracture entre tous ces os provenait*elle du hasard , ou bien avairatnls été rompus à peu près comme le sont ceux des morceaux que les bouchers destinent à la vente 7 L'un ou l'autre est possible , mais on peut croire également qu'il y avait là une intention.

La couche de tuf étant dépassée, on continua à creuser dans le sable. Des débris d'animaux portant des traces de blessures furent encore trouvés ; mais on ne rencontra aucun squelette entier. Je ramassai seulement une tâte de castor et quelques côtes ayant appartenu à un individu de même espèce. J'ai envoyé le tout au Muséum de Paris.

Je me procurai aussi quelques défenses, de 10 centimètres de hauteur et de 6 de circonférence , annonçant de très-vieux sangliers. Ces dents avaient probablement servi d'ornements ou d'outils , ou du moins avaient été apportées là isolément , car aucun autre ossement de ces animaux ne fut aperçu aux environs.

Immédiatement au-dessous du tuf , et à peu près sur le plan où étaient les trois haches , la pioche touchait à chaque instant des morceaux de bois de 1 5 à 20 centimètres de longueur et de 4 à 5 de largeur. Quoiqu'ils

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fusseot plus ou moins endommagés et que beaucoup, qiiand on les d^ageait de leur croûte de sable ou de tourbe , tombassent en décomposition , on voyait qu'ils avaient été taillés; et, en les observant avec soin, je reconnus qu'ils présentaient tous une forme rapprochée de celle des haches celtiques , celle d'un ovale très-allongé ou d'une navette.

Le nombre de ces bois taillés qui me parurent être de chêne, était si considérable que les ouvriers en firent plusieurs tas qui furent vendus au portier-consigne de la Portdette, pour son chauffage. Un plus grand nombre entièrement décomposés tombèrent en poussière. La quantité totale relevée dans les terrains fouillés pouvait tBiire la charge d'une charrette.

A 6 mètres environ de l'endroit où étaient les haches , mais moins profondément, un ouvrier déterra une petite statuette en ivoire , de la hauteur de 8 centimètres , d'un assez bon travail, représentant un homme tenant une palme et une sorte de gril ; c'était probablement un Saint Laurent. Cette figurine qui paraissait provenir des remblais, appartient au moyen-âge. Je ne la cite ici que comme renseignement.

Je fis pratiquer une tranchée. Ce fut une opération assez longue ; toutefois , quelques ossemens d'un intérêt réel me parurent un dédommagement suffisant.

Un matin , j'éprouvai un véritable désappointement quand les ouvriers m'annoncèrent qu'une quantité de ces mêmes os dont, suivant eux, plusieurs étaient travaillés , et deux cornes de cerf également ouvrées , leur avaient été volés pendant la nuit.

Nul doute que ces os avaient été pris par les enfiua» pour être vendus aux fabricans de noir. J'envoyai chex celui dont les magasins sont près de la Portelette; il me fit répondre que rien ne lui avait été apporté depuis la veille.

Je fus à Tautre entrepôt , situé en-dehors de la porte du Bois. Le propriétaire me dit qu'il avait reçu le matin un sac d'os de ceux que les marchands nomment os de terre, et qu'ils avaient été immédiatement versés sur les autres; s'étant rappelé la place, il me l'indiqua, y en vis en effet beaucoup d'une apparence semblable à ceux de la fouille , et environnés de sable et de tuf. Dans le nombre , étaient deux morceaux ayant reçu un Itravail assez complet ; néanmoins n'ayant point constaté la découverte de ces objets, et l'un portant quelques traces d'ime teinture bleue , je n'oserais assurer qu'ils provinssent effectivement de la Portelette.

Il en est de même d'un silex de 3 centimètres , enchâssé dans un fragment de corne de cerf, qui me ftit vendu par un enfant qui disait l'avoir trouvé dans les terres rejetées de la fouille ; ce qui est possible , mais je ne puis l'affirmer.

Le 14 août on découvrit encore, d'après le dire des ouvriers, une très-belle hache, à quelques mètres du lira où avaient été rencontrées les trois premières. Je n*ai pas vu cette hache, qui fut vendue à un passant. Il est i désirer qu'elle ne soit pas perdue pour la science.

Cependant la couche de tuf et le premier lit de saUe bleu étant traversés, on avait atteint la tourbe ; l'on était alors à environ 8 mètres 50 centimètres au-dessous de la surface.

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L'étude du terrain devenait difficile par la quantité d'eau qui inondait les travaux et qui , malgré Taction continue de la pompe, ne les laissait à sec que pendant peu d'heures, si même on peut appeler à sec une boue noire et fétide dans laquelle les ouvriers travaillaient, enfoncés jusqu'aux genoux : largement récompensés, ils ne se décourageaient pas.

Le 16, les recherches amenèrent quelques os d'un travail assez délicat, et ressemblant à des épinglettes. Depuis , j'en ai trouvé plusieurs de même forme.

Le 17, je déterrai moi-même un nouvel instrument en corne de cerf, et une gaine de même matière.

La couche de tourbe, en cet endroit épaisse de 2 mètres , contenait moins de débris que le tuf et le sable.

Le premier lit de sable bleu n'avait offert que peu ou point de matière pierreuse. Arrivé au-dessous de la tourbe et au second lit de sable, on rencontra en grande abondance des silex noirs , figurant , au premier coup d'œil, de simples éclats; mais en les considérant de près, il fut fieu^ile de remarquer que beaucoup avaient subi un travail plus ou moins prononcé. Tous ces silex présentaient un tranchant redoutable : un ouvrier en fut assez gravement blessé à la cheville ; d'autres me montraient leur chaussure réduite à un piteux état. Sans trop approfondir si tout le mal venait bien des cailloux , on leur en donna de neuves.

Parmi les découvertes de ce jour étaient deux boules en silex , de la grosseur d'une pomme ordinaire , et deux instrumens en os ou en corne de cerf.

A côté de ces objets on trouva les débris d'un petit

vase en pâte noire, à deux anses grossièrement façonnées* Le tont gisait sur une boue noire qui paraissait composée de poteries décomposées , de cendre et de chari[)on, dont on ramassait aussi des morceaux entiers.

J'ai dit que ce mélange de charbon , de tessons , d*o$ brisés et d'éclats de silex , nous avait semblé d'abord étendu par sédiment, en couches horizontales, mais qu'avec plus d'attention , nous avions reconnu que ces débris étaient le plus souvent par masse, ou par taches, variant de 1 mètre 1|2 à un li2 mètre de circonférence.

Quand une tache était isolée , elle se dessinait nettement dans le sable où elle décrivait un rond assez régulier. Plus ordinairement, le sable environnant, imprégné d'une infiltration noire, allait rejoindre une autre tache, et formait ainsi une zone tranchant sur la nuance claire du sable. C'est ce contraste des couleurs qui m'avait fait croire à un nouveau lit de touribe.

Nul doute que chacune de ces taches n'eut été produite par la décomposition de la terre noire des urnes brisées dont il restait d'innombrables tessons, ou par celle des os calcinés , des cendres et charbons que ces vases de grandeurs diverses avaient dû contenir.

Il était non moins visible que ces vases avaient été enfouis, à l'endroit même où on les trouvait, dans un sable d'une finesse extrême, ainsi qu'on en peutjugerpar im échantillon pris dans la partie qui a été garantie de l'eflet de la décomposition subie par les charbons et les poteries.

D'après ce qui précède , on voit qu'il était facile de découvrir la place de chaque vase ou plutôt de chaque

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groupe de vases, car ils étaimt toujours poncés cinq, six, ou sept ensemble; aussi, dès que les pompes avaient mis à sec le fond de l'excavation, chaque ouvrier courait à Tune de ces taches pour y fouiller : il n'avait que l'embarras du choix. Au premier coup de pelle il était sûr de mettre au jour un certain nombre de tessons , ou s'il s'y prenait avec précaution , le vase entier , mais qui toiabait en morceaux dès qu'on le dégageait de la terre environnante. Cette terre ou ce sable était mêlé de charbon de bois, d'éclats de silex, d'os brisés et calcinés.

Parmi ces os, il y en avait de travaillés.

Les os travaillés étaient, le plus souvent, de cerfs ou d'hommes.

Les os entiers mm ouvrés étaient de sangliers , d'unis , de bœuf, de chien, de cheval, jamais d'homme. Je présume qu'il y avait de ces derniers, parmi les os calcinés et brisés, mais ils étaient méconnaissables. Dans les fouilles de la Portelette, je n'ai trouvé qu'une tête humaine. Elle est aujourd'hui au Musée de Paris. *

Les silex placés près des urnes étaient de pâte noire ou grise : si quelques-uns étaient entiers ou avec leur éeorce, toujours ils étaient d'une forme bizarre; on voyait qu'ils avaient été choisis et mis là à cause de cette forme.

Parmi les éclats, on apercevait des ébauches de haches.

* Nous avons joint à eet envoi d'autres têtes provenant des tombelles, notamment de celles de Noyelles, ou des tourbières ; Tune de ces têtes a?ait un anneau de fer soudé au cou. Le squelette entier avait été trouvé à 2 à 3 mètres de profondeur , non loin du Crotoy.

de couteaux, et d'autres apparences dans lesquelles IMI croyait reconnaître des figures d'animaux.

Les urnes étaient le centre de ces amas d'objets <pii semblaient s'en échapper. Avaient-ils été déposés dedtt» ou autour? C'était difficile à vérifier.

J'ai dit que tous ces vases étaient brisés. Ce n'était paëla pioche des ouvriers qui les brisait , ils l'avaient été avant la fouille. Le poids des terres entassées dessus jufiNiaf& h hauteur de 8 à 10 mètres, ou peut-être antérieur^nciët i cette superposition, le piétinement de ceux qui les avaient enfouis, avait pu ainsi les écraser. Le temps et l'hun^ité avaient fait le reste. La pâte spongieuse et mal liée dont ils étaient pétris , expliquait ce peu de résistance.

Il est encore une cause à laquelle on peut attribuer ce bris général. Nous avons vu qu'une partie de ces poteries, quoique cuites au soleil, portaient intérieuremrat des tnièes de feu ; il est à croire qu'on y avait enfermé des cendres, des os , des charbons encore brôlans , et que c'est oe ifà les a fait éclater.

D'autres portaient ces marques de feu à l'ext^irar comme à l'intérieur . Ils avaient donc été enteirrés dakis les cendres chaudes , ou bien après les avoir posés dam un trou , en terre , on les avait entourés de combns^ tibles où l'on avait mis le feu.

En définitive, c'est inutilement que j'avais promis Ane forte récompense à l'ouvrier qui m'apporterait un vase complet ; c'est sans plus de succès que j'en ai fait transporter chez moi une vingtaine, dans leur gangue de sable, de cendre et de charbon : en retirant minutieusement tous les tessons, je n'ai pu recomposer

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aocunTase entier. Un seul, et non pas des plus anciens, a pu rétre aux trois quarts.

Comme nous Tavons vu, il y en avait de diverses pâtes et probablement de plusieurs époques, car dans quelques mdroits, on en trouvait de superposés. Ceux du dernier plan étaient d'une pâte ordinairement plus grossière , et c'étaient probablement les plus vieux , tandis que ceux qui se rapprochaient de la surface semblaient un milieu entre la poterie celtique et la poterie gallo-romaine.

La contenance de tous ces vases, qoelle que fut la profmideur où on les trouvait, variait d'un à quatre litres; ils n'avaient donc pu contenir toute la masse de cendre , de charbon , d'os brisés ou calcinés , qu'on apercevait à côté d'eux , et encore moins les silex.

Bruts ou taillés, la plupart de ces silex étaient de cette espèce noirâtre que produisent abondamment nos falaises; cependant on en ramassait de loin à loin, de rouges, de blanchâtres, de bleuâtres, de blonds, de blancs, toutes variétés qui, sans être étrangères au pays, l'étaient pourtant à cette place même ou ils avaient évidemment été mis. "

* Les silex noirs sont ceux qui abondent dans la craie blanche. Les silex blonds et rougeâtres, beaucoup moins communs, proviennent de la craie tuf au, amenée avec le dUuvium dont ils font partie ; on les trouve sur la surface du sol, ou reposant sur la craie même.

Les silex blancs sortent des marnes diluviennes.

On voit que ces silex des lits funéraires , s'ils n'ont pas été ramassés sur le terrain même, Font été à peu de distance, car toutes ces espèces de silex appartiennent au bassin de la Somme.

U Êiut d'ailleurs soigneusement distinguer dans les silex , la couleur

On ramassait près des urnes , des morceaux de grès du poids d'un à deux kilogrammes , des débris de polissons que je crois marins, de grosses huîtres d'une espèce à large charnière, qu'on ne trouve plus en œ pays qu'à l'état fossile. Ici encore , j'ai reconnu des traces de feu. L'une de ces coquilles a dû avoir M renfermée dans un vase; peut-être servait-elle à en boucher l'orifice.

Le 19 et le 20 août on recueillit parmi les poteries et les charbons , plusieurs silex taillés en boules , et des grès auxquels on avait, par le frottement, donné la même forme. Puis quelques haches en bois semblables à celles du plan supérieur , et qui peut-être en provenaient.

De ce nombre étaient une hache en craie et une autre en grès ; leur forme n'était qu'indiquée.

interne de la couleur externe; celle-ci n^est que la teinte de leur éooroe, teinte qu'ils doivent à leur entourage et qui ne change en rien la nuance de leur pâte. Quant à la couleur interne , chacun sait que kt silex ne la prennent que par infusion, et dans le temps où, ayant peu deconsistance, ils ne forment encore qu'une gelée molle et dès-lors perméable; ainsi, leur couleur jaune peut venir de la dissolution de la masse d'argile qui reposait sur eux. Mais ceci, ou la coloration interne ne pouvait avoir lieu dans les gissemens diluviens, où ils n'arrivaient qu'après avoir pris toute leur consistance.

La couleur des silex peut aussi dépendre de la composition primitive de la pâte qui, n'étant pas homogène, contient des oxides et des hydrates de fer à divers degrés, et inégalement répartis. D'autres fois encore ce sont des dépôts de silice gélatineuse qui se sont réunis et ag^omérés ou enveloppés successivement, ayant chacun dès -lors une composition différente quant aux matières étrangères qui s'y trouvent mêlées.

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Le 23, on découvrit un poignard en os de cerf d'un poU remarquable , et qu'on aurait cru revêtu d'une sorte d'ânail ou de trempe. J'en donnerai la description.

Dans la nuit du 24 au 25 août, l'eau ayant envahi les travaux, il fut impossible de continuer les fouilles.

Elles ne furent reprises qu'au 4 septembre. Je continuai à les suivre.

La quantité de tessons, de silex, de charbon, que l'on rencontra fut toujours la même. Parmi les silex , j'en ramassai un taillé en lancettes, d'un travail trèsdélicat.

Le 5 septembre on releva, au milieu des tessons, deux masses d'ocre rouge ou hématite, et quelques firagmens de bois annonçant un travail ; ils tombèrent en décomposition.

Le 7, un morceau de fer, le premier qu'on eût observé dans la fouille où peut-être il s'était introduit accidentellement. A côté étaient deux pierres coquillières calcinées .

Le 9, une petite hache en porphyre vert, polie; un firagment de la même substance , également poli, ressemblant pour la forme à une pierre à aiguiser, mais ayant eu probablement une autre destination.

Le 1 1 , après avoir percé une nouvelle couche de sable bleu, et lorsqu'on était à 4 mètres au-dessous du niveau de la Somme , on atteignit un autre lit d'une boue noire que je reconnus pour être entièrement formée de charbons, de cendres et de poteries brisées.

Sous ce lit était encore une assise de soliyeaux placés horizontalement. Je pus les suivre et les faire extraire

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