DES TERRAINS ENTOURANT ABBEVILLE
était rempli d'une terre blanchâtre ressemblant à de la cendre , et entièrement distincte du sable et de la tourbe d'où ces objets avaient été retirés. Cette terre ou cendre était mêlée de petites tiges que j'ai cru être des débris de Uiym et de mousse ; nous en donnerons la description.
Le 7, je trouve trois os façonnés, et qui paraissaient l'avoir été dans l'intention de représenter des animaux. J'en parlerai au chapitre qui concerne ces sortea d'images.
Le 8, je mesure exactement le terrain avec M. le capitaine du génie. Nous sommes à 2 mètres 1|2 audessous du niveau de la Somme , fort basse en ce moment et à 33 centimètres au - dessous de son lit , à la Portelette.
Le même jour, nous découvrons plusieurs couteaux de silex et des os portant trace de main d'homme.
Les ouvriers me font remarquer à cette place même une quantité prodigieuse de noisettes. Je fais sonder jusqu'à une profondeur de 5 mètres au-dessous du niveau de la rivière , la sonde ramène toujours des noisettes ; on aurait pu les transporter par brouettes. C'est à ces fruits que l'on reconnait la tourbe bocageuse , qui est considérée comme diluvienne.
Cette tourbe bocageuse contenait beaucoup de tessons de pâte celtique, des charbons, des silex brisés, et quelques os ; il y en avait même dessous : cette circonstance ne serait pas la moins étrange de la fouille.
Le 9, je trouve une grande hache de silex ébauchée , deux morceaux de grès polis, plusieurs silex taillés, et des os façonnés.
Le reste de l'année se passe sans découvertes dignes
d'être citées: les objets rencontrés de loin à loin ne différaient en rien de ce dont je viens de parler.
En 1840 et 1841, on s'occupe à la Portelette de bâtisse et de terrassemens , mais sans faire de non veUsB excavations; on recueille quelques débris gaulois ^ celtiques, provenant probablement des terres déplacées lors du creusement du canal de transit.
En juin 1841, on entreprend vers la porte d'Hocqnet, le redressement de la Somme : il s'agissait de lui creuser un nouveau lit.
A 2 mètres au-dessous de la superficie , on découvre une vingtaine de squelettes; leur origine est douteuse , mais elle ne doit pas remonter à plus de trois à quatre siècles ; l'un de ces cadavres est dans une bière. A oôté est un long instrument de fer dont j'ignore l'usage ; mais rien de ceci n'appartient à notre sujet.
A 3 ou 4 mètres plus bas , et à 2 ou 3 au-dessous du niveau du fleuve , on découvre dans le sable et sous une légère couche de tourbe , une boule en grès taiUée , par^ faitement ronde , de 22 centimètres de diamètre , que les ouvriers me disent avoir trouvée posée sur trois poteaux. L'eau ayant gagné, je n'ai pu vérifier le fait. On me montra quelques charbons recueillis à la même place, et beaucoup de silex; aucun ne paraissait taillé. Us étaient simplement brisés.
Cette boule que vous pouvez voir chez moi , semble trop exactement ronde pour être fort ancienne ; évidemment le compas et l'équerre ont passé là.
Cette première coupure achevée en 1842 ne donna lieu de reconnaître sur ce point aucune apparence celtique