‹ Antiquités celtiques et antédiluviennes (volume 2)Chapitre 19 sur 30 · DES TERRAINS ENTOURANT ARREYILLE · texte numérisé non relu

DES TERRAINS ENTOURANT ARREYILLE

que, et cela s'explique : c'était un terrain d'allnvion assez récenunent formé. De fréquentes inondations ou peut-être le courant de la Somme elle-même, avaient dû, en y passant, enlever tout ce qui y avait été placé; cependant on m'apporta en août 1842 une hache de pierre qu'on me dit en provenir, et une seconde , en septembre.

En avril 1843 commence la seconde coupure de la Somme. C'est encore du sable fluvial, partout des troncs d'arbres et des silex sans trace de travail, point de poteries ni de charbons.

A un mètre au-dessus du niveau de la rivière est un lit de tourbes d'alluvion, d'origine peu ancienne. Sous ce lit^ qui n'a que quelques centimètres d'épaisseur, on trouva deux charnières en cuivre et une vingtaine de médailles romaines presque frustes, dont quelques grands bronzes. Elles sont au Musée de la ville.

Près de ces médailles étaient deux têtes humaines entières, sauf la mâchoire inférieure. Les ouvriers les jetèrent dans la Somme et je ne pus les voir.

Immédiatement au-dessous était un lit considérable de la coquille dite hanon, cardium édule, si commune au Crotoy et à Saint- Valéry. Cette coquille ne pouvant vivre longtemps sans eau salée , il est à croire que la marée séjournait autrefois sur ce point plus souvent ou plus abondamment qu'aujourd'hui.

Rien de celtique d'ailleurs; on me présenta beaucoup d'os d'animaux , tels que bœuf, mouton, veau, chien; aucun ne portait de traces d'œuvre, ni d'une grande ancienneté.

J'avais oessé de suivre cette fouille , lorsqu'on juia le terrassier Cordier m'annonça que l'on commençait à apercevoir des charbons et des éclats de pierre ; je no(«nus le tait , et , le 21 juin , cet ouvrier m'appofta une belle hache en silex gris-noir, au tranchant affilé , trouvée à Fendroit même où j'avais &it sonder , à 3 mètres au-dessous du niveau de l'eau.

Cette découverte me prouve que le sol celtique ^ait encore là: si nous ne l'avons pas atteint plus tôt, c'est que les fouilles n'avaient pas été assez profondes. On comprend d'ailleurs que ce terrain spongieux avait dû s'affaisser sous le poids des sables amoncdés par le reflux de la rivière, lorsque la marée y pénétrait.

Tandis que les travaux du redressement de la Somme se poursuivent, ceux de la porte de Rouen recommenoenl: en avril 1842, on rétablit les fossés parallèles an canal de transit et allant joindre les fortifications de la porte d'Hocquet.

Ici les terrains rapportés s'élevaient de plusieurs mètres ; Ton ne put atteindre la tourbe qu'en mai.

Vers le 20, on traversa une couche de sable Mea.

Le 27, les ouvriers rencontrent des assises de beis , continuation probable de celles que j'avais recoimnes non loin de là, les années précédentes.

A mesure qu'on épuise l'eau , je fais mettre à décoovert les soliveaux placés comme un plancher à clairevoie. Ils servaient de base à un grand nombre de vases, avec leur accompagnement ordinaire de cendres , de chaii>on et de couteaux de silex. Ces vases étaient brisés conmie toujours.

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