‹ Antiquités celtiques et antédiluviennes (volume 2)Chapitre 27 sur 30 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Descriptions et explications des planches. Instromens celtiques en corne de cerf.

Cette nomenelature ne sera pas celle de tous les morceaux que nous avons recueillis. Je laisserai de o6té ceux dont l'origine est douteuse ou qui se trouvent sans analogues. Je m'attacherai principalement aux formes types, ou à celles dont on remarque fréquemment les semblables; car il est des ébauches où la main de l'homjne n'est pas toujours visible au premier coup d'œil. Ici la certitude ne s'acquiert que par la répétition des mêmes faits ; or ce n'est que par l'examen comparatif des sinû-* laires, et plus encore par l'analogie de leur gissement, de leur entourage et de la position on on les trouve ordinairement, qu'on peut s'assurer que l'œuvre n'est pas accidentelle, ou que c'est une œuvre véritable, résultat d'un plan, d'un labeur, bref d'une intention humaine.

La démonstration ou Févidence des signes n'existe donc ici que dans leur grand nombre. Des morceaux trouvés isolés seraient insignifians et , sauf de rares exceptions, ne sauraient être présentés ni comme preuves, ni même comme indices.

C'est cette règle qui nous guidera dans les descriptions que nous allons entreprendre et quand nous nous étendrons sur un fait, c'est qu'il oGBrira toutes les garanties désirables ou que son origine n'aura rien de problématique. Dès-lors, s'il est contestable dans ses conséquences, il ne le sera jamais dans son principe ou dans sa réalité.

Nous avions d'abord voulu diviser ces descriptions par époques ; mais nous avons vu que certaines formes usuelles ou symboliques étaient, par suite des mêmes besoins, des mêmes idées, ou simplement par tradition, par habitude, devenues comme inhérentes à l'existence de l'homme en société.

Nous poserons en première ligne ces pierres qu'on désigne sous le nom de hanches ou coins, ustensiles d'abord , armes ensuite , puis symboles religieux , enfin signes monétaires et moyens d'échange. On les retrouve de siècle en siècle, à toutes les périodes de la famille humaine, et, pour ainsi dire, depuis les premiers âges du monde jusqu'à nos jours.

Rencontrées ainsi dans tous les pays, dans tous les terrains et à toutes les profondeurs, ces haches ne sauraient préciser aucune époque : elles se rattachent à toutes , elles peuvent remonter aux siècles les plus reculés ou se rapprocher des temps modernes. Si j'avais

entrepris de les décrire d'après leur âge, en établissant cet âge d'après chaque gissement, il aurait fallu revenir sans cesse sur des objets de même nature et vous foUgiier de redites dont il n'y a peut-être déjà que trqp dans ce livre.

Laissant donc les divisions de détaUs ou de dates qoi ne pourraient être que fort hasardées, nous trancherons la question en deux grandes périodes : période celtique; période diluvienne.

Dans chacune nous vous présenterons les morceaux par catégorie de formes. La période diluvienne ne comprendra que ceux des bancs diluviens.

Dans la période celtique seront réunis tous les autres, c'est-à-dire les objets extraits des sépultures celtiques ou des tourbières et autres terrains antérieurs à l'époque gallo-romaine.

Quelques-uns de ces derniers morceaux ont été ramai»sés sur le sol et en-dehors de la vallée de Somme, mais c'est le petit nombre, et nous aurons soin de les indiquer.

Les planches ainsi que les chapitres seront divisées en celtiques et diluviennes , et la série de numéros qui recommencera par chaque chapitre, conduira facilement à la représentation de l'objet.

Ces mêmes planches, chacune dans sa spécialité, ofirn ront autant que possible, sous un seul numéro, plusieurs analogues d'un type, ce qui facilitera encore les rapprochemens comparatife entre les similahres des deux époques. J'ai déjà dit que les ressemblances étaient frappantes et j'en ai indiqué la cause.

Après la description des armes et ustensiles en os.

INSXaUMENS £N CORNE DE CERF. 381

puis en pierre , nous passerons aux formes symboliques et aux représentations d'animaux que nous diviserons également en celtiques et en diluviennes.

Dans ces formes symboliques, nous comprendrons celles qui nous ont paru être , en miniature, les types primitifs de ces dolmens, menhirs, pierres levées qu'on rencontre dans toute l'Europe, mais surtout en Angleterre et en Basse-Bretagne, et nous donnerons dans un chapitre spécial et par une série de dessins, les indications que nous avons obtenues sur ce sujet qui, d'ailleurs, reste à étudier, car nous n'avons pu que l'effleurer.

malgré notre désir de réduire le nombre de ces descriptions qui, surtout pour des morceaux de même classe, présentent nécessairement beaucoup de monotonie, ce nombre est encore trop grand; aussi vous rappellerai-je que ce n'est pas chose à lire de suite , mais seulement à consulter lorsque les dessins ne pourront rendre tous les détails ni donner une idée complète de l'objet.

Qu'on nous pardonne ce préambule, il était nécessaire. Je reviens aux descriptions.

Mous avons vu que les ustensiles en bois, en coquillage, en os ont été les premiers dont les hommes aient fait usage. Les ustensiles en bois, sauf de rares exceptions, n'existent plus. Ce sont donc ceux en os ou plutôt ceux en cornes et bois de ruminans qui seront l'objet de ce chapitre.

La quantité d'ossemens de cerfe que contiennent les tourbières de la Somme, prouve que ses rives étaient couvertes de forêts, et que ces animaux y étaient fort

communs. Il y en avait même, si Ton en juge à leur ramure , d'une taille bien supérieure à celle des oerfe d'aujourd'hui.

On en voyait aussi de fort petits dont l'espèce est également détruite.

Les chevreuils, ainsi que quelques quadrupèdes aquatiques, loutres et castors, n'étaient pas moins abondans, et il est à croire que la chasse de ces animaux, que celle des bœufs ou unis, et surtout des sangliers dont les débris sont plus nombreux encore, faisait la principale occupation de ces anciens peuples. Non-seulement ils se nourrissaient de leur chair, mais ils utilisaient leurs os, leurs dents et leurs ramures, pour en faire des ustensiles de ménage ou des instrumens de guerre et de chasse.

Nous allons parler d'abord des objets en corne oa bois de cerf.

Je commencerai par les gaines de haches comme étant le plus connues. Ces gaines ont été souvent décrites. On en avait trouvé qui étaient munies de leur pierre, mais jamais avec leur manche.

J'ai dit, au chapitre XII, comment le 27 mai 1842 j'avais découvert sous la tourbe, à 3 à 4 mètres audessous du niveau de la Somme, dans le gissement celtique de la Portelette, deux haches avec gaine, pierre et manche. Depuis j'en ai trouvé d'autres. Voici la description des deux premières :

La gaine n^ 1 , planche I , coupée dans le bois d'un cerf-dix-cors, ou vieux cerf, est longue de 18 centimètres, large de 6 à une extrémité, de 3 1 [2 à l'autre. Autour de l'ouverture destinée à recevoir la pierre, règne

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une ligne légèrement creusée , probablement comme ornement. Le trou transversal, ou celui du manche, est OTale. La hache est en silex gris mêlé de blanc. Elle est polie dans toute sa longueur , mais le tranchant est ébréché comme s'il avait servi à frapper sur un corps dur. La longueur est de 8 centimètres 1]2, la largeur de 5. A l'extrémité opposée à la pierre , on aperçoit les restes d'une dent brisée qui a dû être une défense de sanglier. Elle est fortement fixée dans la corne. Il n'en est pas de même de la hache qui n'a pu jamais l'être bien solidement, et d'autant moins qu'elle est polie partout ; on croirait presque qu'elle était destinée à être lancée à l'aide de la gfidne.

Le manche n® U, a 60 centimètres de longueur. Il n'a pas été plus long; mais depuis qu'il a été exposé à l'air, il est réduit à moitié de sa grosseur par l'effet de la dessication et de la perte de plusieurs éclats. La circonférence n'est donc plus que de 7 centimètres, et il est loin de remplir la cavité de la gaine. Cependant on s'aperçoit qu'il a dû être, comme elle, de forme ovale. Il est fait d'une branche de chêne négligemment travaillée ; la poignée seule parait avoir été un peu mieux soignée. Les deux extrémités sont durcies au feu.

Une autre gaine presque semblable était à côté de la première, et c'est encore un boil de vieux cerf dont les rugosités n'ont été que légèrement adoucies. Il ne règne pas de cordon autour de l'ouverture principale, et le trou du manche est percé moins nettement que dans l'autre. On voit que l'ouvrier était peu expert et qu'il a tâtonné

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sur la longueur à donner à son instrument ; il avait tiré une ligne à 3 centimètres plus haut que la longueur présente qui est de 21 centimètres, et de 25 quand elle est armée de sa hache. Cette gaine, de même que la précédente, est un peu courbée par suite de la forme de l'andouiller. Sa largeur a sa grande ouverture est de 7 centimètres 1[2, à sa plus petite de 3 1(2. Le trou transversal a 3 centimètres de longueur et 25 millimètres de largeur. Je n'ai pu conserver que la poignée du maohche en bois; les autres fragmens se sont décomposés en séchant. Ce manche a dû avoir à-peu-près la même dimen-* sion que l'autre, mais il était plus fort, et, par ce qui en subsiste, on voit qu'il a été plus soigneusement travaillé. ^ La hache que contenait cette gaine a peu servi et n'est point ébréchée. La partie apposée au tranchant est brute ; aussi tient-elle mieux dans sa gaine que la précédente. Elle est en silex gris. Sa longueur est de 9 millimètres 1[2, sa largeur de 6, au tranchant. On voit qu'une dent, probablement de sanglier, a dû être à l'extrémité opposée ; mais je ne l'y ai pas trouvée.

Une troisième de ces gaines emmanchée, ne diGG^ des autres que parce qu'elle est plus petite. Il ne reste de la pierre, également en silex gris, que la partie enclavée dans la gaine; l'autre moitié a été brisée.

Le manche est en bois de bouleau qui a la propriété de se conserver longtemps quand il est garanti par

* Je ferai ici la remarque que la confection du trou transversal était l'opération dernière de la fabrication des gaines, et f en ai troitVé maintes fois où oe trou manquait.

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son écorce. Quoiqu'il ait perdu une partie de sa longueur, ce manche est encore de 61 centimètres. Il ne porte d'autre trace de travail que d'avoir été arrondi à l'une de ses extrémités et passé au feu.

Une autre gaine, trouvée également emmanchée, diffère des autres en ce qu'elle est armée , à l'extrémité opposée à l'ouverture qui portait la pierre, de deux dents ou de deux pointes de corne dont il reste encore une partie ; elle est dessinée sous le n® !■.

Depuis, j'ai encore découvert de ces gaines ayant, à côté d'elles, des fragmens de bois qui évidemment étaient des restes de manche.

Ces manches en bois n'étaient pas les seuls employés pour les haches ; j'ai lieu de croire que des morceaux de corne de cerf polis, que j'ai quelquefois ramassés près des gaines, avaient servi à les emmancher.

Sous le n*^ 2 , est, ajusté à une hache , l'un de ces manches en corne de cerf que j'ai extraits du gisseraent cinéraire de la Portelelte, en août 1838. II était sous la tourbe et le tuf, à plus de 7 mètres de la superficie. A côté, était une gaine endommagée , dans laquelle il s'adapte assez bien .

Ce manche n'a pas, comme les gaines que nous venons de décrire, conservé ses rugosités : il a été soigneusement poli. La longueur est de 21 centimètres; il est un peu brisé, et doit en avoir eu 23 ou 24. La circonférence à la poignée est de 13 centimètres. Il s'amincit vers l'extrémité destinée à entrer dans le trou transversal de la gaine dont il prend la forme ovale. J'ai trouvé aussi de ces manches courts, en bois. Je pense qu'ils devaient servir au même usage.

La coupe des g£unes change peu. Je vais pourtant indiquer quelques variétés.

La plus saillante est celle dont j'ai déjà donné la description, et qui a été trouvée à Mareuil, munie de sa pierre. Son ouverture transversale n'est point ovale; c'est un carré long. Cette gaine dessinée n^ 2^ n'a plus de rugosités : elle est soigneusement polie et revêtue d'une sorte de vernis noir produit peut-être par la tourbe ou par une dissolution de charbon ; c'est la seule que j'aie vue ainsi colorée. Je la crois moins anci^uie que les premières.

Une autre particularité de ce morceau , c'est que l'extrémité opposée à la hache n'est pas creusée et n'a pu comme d'habitude recevoir une dent de sanglier on une autre pierre. Ce côté arrondi et plein ne pouvait servir que comme marteau.

Son analogue n® 2* est aussi en corne de cerf polie et durcie par quelque procédé ou quelqu'accident que je ne puis expUquer. Sa dureté est celle des os les plus compacts, et son poids de 43 hectogrammes m'a paru extraordinaire relativement à ses dimensions de 21 centimètres de hauteur sur 15 1 [2 de circonférence à sa plus grande épaisseur. Elle a été trouvée en janvier 1844, sous la tourbe, à 2 mètres de profondeur au-dessous da niveau de la'Somme, à la porte d'Hocquet.

La couleur n'en est pas noire ; elle a cette teinte brune que j'ai remarquée dans tous les os qui ont acquis ce poids et cette dureté. Son ouverture transversale n'est point au milieu comme dans les gaines ordinaires : die s'arrête à 6 centimètres de l'une de ses extrémités. Cette

ouverture est aussi un carré long de 42 millimètres, et large de 20. Les parois en sont tranchées si nettement, qu'on croirait qu'ils Tout été avec du fer. Le gros bout, ou celui qui ordinairement reçoit la hache, n'est pas creux. Arrondi d'un côté et un peu aplati de l'autre, il figure assez bien la crosse d'un pistolet , ou le manche d'un couteau de chasse. Il devait servir de masse ou de marteau.

L'extrémité opposée est moins épaisse d'un tiers. Elle est brisée j cependant elle n'a dû être ni beaucoup plus longue ni beaucoup plus large, et le creux de 25 millimètres qu'elle présente, peut résulter aussi bien d'un accident que d'une intention. Dans tous les cas, ce creux ne pourrait contenir qu'une très-petite hache sans proportion avec le reste. Nonobstant sa pesanteur relative, cet instrument ne devait être bien dangereux ni comme hache ni comme assommoir. C'était probablement une arme de parade ou de sacrifice.

Un fragment, provenant des fouilles de la Portelelte, a appartenu à un outil à peu près semblable ; seulement le trou transversal est rond au lieu d'être carré.

Le n® 3 a été taillé dans la ramure d'un cerf trèsfort. Sa longueur, de 18 centimètres 1[2, a dû l'être de 20 à 22, car il est brisé d'un côté. Ce côté a 4 centimètres de largeur ; il est creux et devait recevoir une petite hache ou une défense de sanglier, peut-être deux comme les portent quelques gaines.

Le côté opposé à la hache est plein et fortifié encore par un nœud ou racine d'andouiller. Sa plus grande largeur est de 9 centimètres. La bouche transversale est

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un ovale long de 43 millimètres, large de 28. La corne de cerf lourde, compacte, a conservé toutes ses aspérités. Cet instrument pouvait servir comme casse-tête. Il provient aussi des fouilles de la Portelette.

Son analogue n® 3^ n'en diff&re que parce que le trou transversal est rond au lieu d'être ovale, et qu'il est placé à Tune des extrémités.

La gaine n^ 4, contre Tordinaire, est droite et laidement ouverte à chaque bout , ce qui annonce qu'elle a . dû recevoir deux haches, dont Tune à large tranchant qu'aidait à maintenir une partie d'andouiller ménagée près de Touverture. La longueur totale de l'instranient est de 17 centimètres; la largeur, au centre ou à Fendroit le plus étroit, de 3 1(2. L'ouverture transversale est un ovale allongé très-régulier. Cette gaîne à demi polie, est en corne de cerf, lourde et solide bien que creusée dans toute sa longueur, probablement par suite d'une décomposition interne.

On peut ranger dans la même catégorie deux gcines dont j'ai déjà parlé, et qui ont été trouvées près de Picquigny, par M . Ludovic du Liège. Sans différer essentiellement des premières, quant à la forme, ces gaînes sont remarquables par une sorte d'arabesque au pointillé qui leur sert d'ornement. On peut les voir au Musée d'Amiens.

Le n® 5 ne peut s'appeler gaîne , car il n'a d'ouverture que pour recevoir le manche. Cette ouverture, presque ronde, au lieu de traverser la corne en droite ligne, la traverse obliquement ; elle est faite avec un soin particulier. La corne très - compacte est demeurée pleine dans toute sa longueur, sauf l'ouverture du nianohe.

IlfSTRUMENS EN CORNE DE CERF. 289

Cette longuenr est de 17 centimètres, l'épaisseur de 3 , ia courbe ou Tare que forme l'instrument de 2, et sa largeur, du côté opposé à la pointe, de 7.

Cette pointe tranchée en biseau de 3 centimètres de laideur, ne pouvant ni couper ni piquer, était une sorte de marteau ou casse-tête.

Ce morceau provient du gissement de la Portelette. n était aofoni moins profondément que les autres, et, à la netteté de la coupure de l'ouverture transversale, on peut le croire moins ancien.

Le û® 6 est l'extrémité d'un andouiller. Sa longeur est de 25 centimètres; sa circonférence, à la base, de 11. n n'a pas été poli; seulement sa pointe a été grossièrement amincie. Il présente la courbe d'une inoche dont il a la forme, et dont peut-être il avait r^nploi; ce qui l'indique, c'est un trou transversal, percé à 5 centimètres de la base, servant à l'emmancher; le manche , formant équerre avec l'instrument, le rendait propre à remuer la terre.

Le n® 7 est fabriqué avec le merrain ou la partie du bois qui touche à la tête du cerf, et ce bois a dû appartenir à un individu d'une très-petite espèce , si l'on en juge par les andouillers dont il reste encore une portion. L'instrument ne se termine pas en pointe, mais en sifflet arrondi et poli peut-être par l'usage. Sa longueur est de 23 centimètres, sa largeur de 6 à la base, et de 2 1(2 à la pointe. Le trou transversal du manche est à 7 centimètres 1(2 de sa base. C'est peut-être encore un outil de jardinage, une pioche dont le gros bout servait, comme marteau, à briser les mottes de terre.

290 INSTRUBIENS EN GOBNE DS GEBF*

Je ne m'explique pas bien quelle était la destinatioii du n? 8, trop petit pour être utilisé comme arme ou instrument d'agriculture. Sa longueur n'est que de 11 oeotimètres 1)2; sa plus grande largeur d'un peu moins de 3. Il est fait d'un morceau d'andouiller demi-poli. Contre l'ordinaire, le trou transversal n'est point ovale , il est rond: son diamètre est de 15 millimètres. Peut-être était-ce une pioche semblable au n^ 6 et qui aura été brisée ou usée. Ce morceau, comme le précédent^ a été extrait du gissement celtique de la Portelette.

J'avais pris d'abord le n^ 9 pour un de ces maodies courts destinés aux gaines de haches; mais m VexBr minant, j'ai vu qu'il avait eu un autre emploi: légèrement recourbé d'un côté, taillé en biseau de l'autre, poli avec soin dans la partie concave, poli également dans la partie convexe, c'est un instrument qui semble avoir été inventé pour séparer la peau des chairs, sans déchiqueter cette chair, ni percer ou endommager la peau sous laquelle il devait glisser.

Sa matière est le bois d'un cerf dix cors; sa longueur est de 23 centimètres ; arrondi en ovale au centre, et aplati d'un côté à chaque extrémité, sa plus grande largeur est de 5 centimètres. Il a été trouvé ainsi que les précédons à la Portelette, à 3 ou 4 mètres au-dessou& du niveau de la Somme, sous la tourbe et le tuf, et au milieu des cendres, des charbons et des vase» celtiques.

Un peu plus loin, dans le lit d'un bras de la Somme^ dit Maillefeu , on a recueilli un autre de ces instrmnras formé d'un tibia, et qui parait avoir eu la même destina-

UiSTRUMENS £?i CORNE D£ CERF. 291

tîon; mais n'ayant pas la certitude qu'il tienne à l'époque eekique, je ne le fais pas iigurer dans ces descriptions.

Le n^ 10 est encore un de ces outils dont il est bien difiBcile de déterminer l'usage. J'en ai rencontré en 1838, dans le gissement celtique de la Portelette, deux analo- ^^oes fedts avec la partie du bois rapprochée de la tête du cerf; ils ont la dimension et presque la forme d'un irerre à pied. Celui que je décris, un peu plus loog et im peu moins large que l'autre, a 17 centimètres de hauteur. Son ouverture ovoïde a 5 centimètres dans sa longueur et 3 dans sa largeur. Cette ouverture est creusée perpendiculairement jusqu'à la profondeur de 8 centimètres^ profondeur qui est exactement la même dans l'autre instrument.

Le creux parait avoir été destiné à recevoir une hache en pierre, et les parois intérieures annoncent, par des traces de frottement, que cette hache ou quelqu'autre corpsdur y a été introduit et ena été retiré plusieurs fois.

Dans l'un et l'autre, l'extérieur est poli, puis la corne se montre avec toutes ses rugosités jusqu'à 5 centimètres de ce bord. Ensuite la corne est réduite de 2 millimètres dans sa circonférence et polie de nouveau jusqu'à son extrémité; cette extrémité qui va en se rétrécissant, mais sans former de pointe, conserve une largeur de 2 centimètres.

La partie sans rugosités servait à porter l'instrument ou à le fixer, dans un autre objet, au moyen d'iin trou pratiqué à cet effet et qui alors était ovale oomme les ouvertures transversales des gaines.

A quoi pouvait servir cet outil ? Était-ce à lancer la

hache 7 On peut sans doute l'employer ainsi ; mais ia hache une fois lancée, il devenait inutile. S'il servait i lancer quelque chose, c'était probablement des pierres communes. Peut-être aussi n'était-ce pas une arme, mais un manche ou un support pour recevoir les torches de cire ou de bois résineux. Cette version pourrait être admise puisqu'il a été trouvé près d'un vase cinéraire et au milieu de cendres et de charbons, et que dès-lors on peut croire que c'est à Taide de ces manches qu'on. mettait le feu au bûcher, et qu'ensuite on les enterrait avec l'urne.

Non loin de l'un de ces deux morceaux se trouvait une hache en silex qui s'y ajuste assez bien. Voilà pourquoi celui-ci a été dessiné joint à cette hache. Je ne puis d'ailleurs affirmer qu'il lui appartienne effectivement.

Le n° 11 qui provient du même lieu que les précédens est moins définissable encore, et quoiqu'il en diflRïre peu, il n'a pu être employé au môme usage. S'il a servi de gaine , c'est à un couteau ou à une très-petite hache ; mais ce n'était vraisemblablement pas sa destination, car alors à quoi bon l'espèce de bec d'aigle dont il est armé et qui lui donne Tapparence d'une tète d'oiseau? La partie supérieure de cette tète est polie avec un grand soin dans une largeur d'un centimètre et demi. La corne de cerf conserve toutes les rugosités dans une longueur de 4 centimètres ; puis dans un espace de 7 centimètres, c'est-à-dire jusqu'à son extrémité, elle a été taillée à petits coups dont on distingue chaque trace. La longueur entière de Tinstrument est de 12 centimètres 1[2. 11 est complètement rond à son bout le

pios étroit, dont la circonférence est de 8 centimètres. Cette circonférence a dû être triple du côté de la tête ou de Touverture , mais il en manque une partie.

Le n® 12 a aussi été recueilli à la Portelette, sous la tourbe et dans le tuf, à 3 ou 4 mètres au-dessous du niveau de la rivière. C'est encore une espèce de gain<3 sans trou transversal. Le creux longitudinal a la figure d'une gueule de four, ou celle d'un poisson dont la mâchoire inférieure excéderait d'un centimètre la mâchoire supérieure. Cette forme en biseau, large et ouverte, a été faite avec intention si l'on en juge à sa régularité, bien que l'efiTet destructeur du tuf J'ait rendue rugueuse. La largeur de ce creux longitudinal est de 3 centimètres sur 3 1 [2 de hauteur ; sa profondeur a dû s'étendre jusqu'au miUeu de l'instrument, qui présente une courbe de 3 centimètres, et dont la plus grande longueur est de 18. Il a dû être plus long, mais il est brisé à l'extrémité opposée à son ouverture.

Cette ouverture n'a pu être destinée à recevoir une hache ou un couteau ; elle n'a la forme ni de l'une ni de l'autre. C'est plutôt une défense de sanglier qu'elle servait à emmancher.

Un autre instrument trouvé au même lieu ne di£G^re du précédent que parce que son entrée est plus ronde, plus étroite et qu'elle parait bien positivement avoir été iSûte pour recevoir la dent canine d'un animal de la taille d'un loup ou d'un chien. Ce morceau est, comme l'autre, courbé en arc et quoiqu'il n'ait que 16 centimèU^s de longueur, il est complet. L'extrémité opposée à la bouche est également creuse; mais je crois que

294 IIVSTRUMENS EN CORNB Bfi CftttP.

c'est accidentellement et par la décomposition de la

corne.

Le n^ 13, formé d'un andouiller et d'un fra^mt de la partie du bois qui touche la tête, peut se passer de description; il a été fait pour serviic^ de marteau et convient parfaitement à cet usage.

Sous le n^ 13^, est un autre outil composé dedéllx andouillers et qui a dû avoir le même emploi. On toit que la partie servant de masse a été (n*eusée poor y adapter une pierre.

La destination du n^ 14 n'est pas plus problématiqaè. C'est une pioche faite d'un seul morceau de bois de cerf, au moyen d'un andouiller et du merrain cpii forme le manche. Ce manche dont il ne reste qu'une portion longue de 20 centimètres, a été poli en partie, mais moins soigneusement que l'andouiller figurant le fer de la pioche, long de 17 centimètres. C'est un ustensile de jardinage, assez remarquable en ce qu'il prouve ^pie les Celtes , tout peuple chasseur qu'ils étaient , n'èCûent pas complètement étrangers à l'agriculture.

Le n® 15 est encore un outil à deux dents, oo dé herse à main , ayant la même destination que le précédent. Son manche , fait d'un andouiller l<mg de 32 centimètres , pouvait être utilisé comme plantoir.

Les deux instrumens dessinés n^ 16 forment fimrèlie; l'un semble le diminutif de l'autre, et ils devaient servir aussi à remuer la terre ou i en extraire des ndùm. Le premier a pu être employé comme arme, ear à l'extrémité opposée à la fourche , on a laissé^ im andouiller coupé à 3 centimètres de la racine, et creusé

de manière à recevoir une hachette ou un couteau. Cependant il est possible que ce creux soit l'effet de la décomposition intérieure de la corne. Ce morceau a 31 oei^imètres de longueur. Son analogue n'en a que 14, mais il est poli avec quelque soin.

Le n^ 17, petite pelle longue de 25 centimètres, lai^e dé 6 à la tête, de 3 au manche et trop faible pour fouilla* la terre , était probablement un instrument de ménage , un meuble de la cuisine primitive. Il est fort mal travaillé et, sans son entourage et sa position dans on gissement celtique, il n'aurait probablement pas attiré mon attentioù.

J'aurais pris également pour un accident, tant le travail en est grossier, le morceau n® 18, si je n'en avais pas trouvé d'autres semblables et en grand nombre. Ils sont généralement fabriqués avec la base du bois de cerf 00 le merrain. A tous on a laissé une portion de l'andouiller , de la longueur de 4 à 5 centimètres ; puis on a scié le bois principal i moitié de son épaisseur , pour en faire une sorte de lame qui se rétrécit pour finir en une [^inte émoussée, mais épaisse et forte.

Cet instrument servait probablement à percer la croûte du sol et à en extraire les bulbes et racines. Le plus grand de ceux que j'ai sous les yeux, a 22 centimètres de long; la base de la corne en a près de 9 de diamètre: il a dû dès-lors appartenir à un cerf très-fort. Les autres varient dans leur longueur de 14 à 18 centimètres. Us proviennent tous des gissemens celtiques d'Abbeville ou des environs.

Le n^ 19 poli ou usé dans toute sa longueur de 28

centimètres, et qui décrit une courbe de près de 6, n'a que 9 centimètres de circonférence. II est terminé par un trépied au moyen duquel il peut tenir debout. Dans cette position , il ressemble à un oiseau du genre outarde, qui, caché dans les roseaux, ne montrerait que son cou et sa tête. Cette tête a été travaillée avec soin, et on y voit les traces de Toutil de pierre ou de coquille dont usait l'ouvrier. La longueur totale du morceau, y compris le bec légèrement recourbé , est de 30 centimètres.

Deux autres analogues, de la hauteur de 34 à 35 centimètres, sur 12 à 13 de circonférence, sont mieux conservés que le premier; l'intention y est plus manifeste encore. Us posent également sur trois pieds, évidemment disposés à cet eflet. L'autre extrémité figure bien la tête d'un oiseau au col long et au bec court.

Ces instrumens n'étant pas propres à remuer la terre, ni à être employés comme armes , je serais tenté de croire que placés dans les marais entre les herbes, ils servaient d'appeaux pour attirer les autres volatiles.

Le n^ 20 était-il aussi un appeau? Il est pareillement pourvu d'une tête, non plus avec un bec, mais avec un museau. Cette tète creusée avec intention, a dû contenir quelque chose, une dent, une pierre, un autre os.

Ce morceau est brisé, mais sa longueur n'a pu être réduite de beaucoup. Un andouiller dont il reste encore 8 centimètres, était au centre et taillé de manière à maintenir fiché en terre l'instrument dans une position horizontale. Il imite alors assez bien la figure d'un petit

quadrupède qui marche ou se glisse dans Therbe. Je n'a£Brnie pas que telle ait été Tintention, mais c'est la première idée qui se présente à tous ceux qui examinent cet étrange outil. Sa longueur est de 28 centimètres; il n'a pu en avoir plus de 29 ou 30. Sa circonférence est de 14.

On trouve fréquemment dans le gissement celtique, des andouillers détachés du bois et qui ont été aiguisés et polis. Quelques - uns sont assez aigus pour servir de lance, ainsi que l'indique la figure 21 .

Ceux qui sont fabriqués avec moins de soin et qu'on raicontre en plus grand nombre sont des instrumens de ménage ou de jardinage. Tel est celui n® 21^, dont la longueur est de 36 centimètres , et qui se termine par une espèce de masse pouvant servir à assommer de petits animaux.

Le gissement du Pont-des-Prés, voisin de celui de la Portelette, m'a procuré plusieurs outils ayant à peu près les formes des précédens; mais ils sont percés transversalement, non pour y mettre un manche, car ces ouvertures n'ont que 6 à 8 millimètres de diamètre, mais pour y passer un lien. Dans l'un de ces morceaux, long de 23 centimètres , le trou est à 6 centimètres de la hase; il n'a pas été creusé avec le fer. L'instrument est très-ancien.

Son analogue , trouvé dans la Somme et dont l'ouverture n'est qu'à un centimètre de la base , offire moins de garantie quant à l'origine.

Il en est de même d'un troisième morceau percé dans toute sa longueur, de manière à servir de trompe.

longs de 6 à 8 centimètres sur 3 à 5 de largeur , taillés assez soigneusement et arrondis à chaque extrénodté. U est difflcile de savoir à quoi ils pouvaient servir; peat- Atro voulait-on aussi en faire des ornemens.

Nous avons placé hors ligne, à cause de leur origine, deux morceaux représentés sous le n^ 25.

J'ai dit que, malgré mes recherches, je n'avais pas rencontré dans les bancs diluviens d'os évidemment travaillés. Mais le 6 novembre, les ouvriers de la sablière de Menchecourt m'ayant apporté un certain nombre d'ossemens fossiles provenant de cette sablière, je remar» quai avec étonnement que deux de ces os étaieni ouvrés. Ayant demandé aux porteurs de quelle ooudie ils provenaient , ils me dirent que c'était de la troisièaie et d'une profondeur de 4 mètres.

Leur forme est celle d'un fuseau très-ailoogé. L*ihi est parfaitement droit ; Tautre est un peu reoouribé ¥e» son extrémité; tous les deux finissent par une poinle émoussée. Leur longueur est de 14 a 15 oeotûnèlni; leur diamètre de 10 millimètres. Ils sont laits avec des fragmens d'andouillers de cerf. ÉvidemineBl deos,» ib ont toute Tapparence des fossiles lesquels ils étaieot; mais le sont-ils eux-mtees anié-difaivieDS? Je n^oserais rassurer.

Dus le chapitre suivant nous examinerai série d^Ktensiles dont la substance ammalecrt é

INSTRUMËNS EN CORNE DE CEM*. 299

près au asveas de la rivière, et entourés de poteries romaines et gallo-romainies. Le plus grand présentait aussi à ses extrémités quelques lignes transversales.

Le n^ 23, qui était à la Portelette, sous la tourbe, à 3 ou 4 mètres au^lessous du lit de la Somme, se compose de quatre fragmens de corne de cerf grossièrement arrondis, puis percés par le milieu. Leur diamètre est de 3 centimètres. Ici le plan de l'ouvrier est évid^t : c'est un collier qu'il a voulu faire. 11 y avait sans doute un plus grand nombre de grains, mais ils n'ont pu être retrouvés.

Parmi ceux qui sont représentés , il en est un dont la forme diflfère des autres: il est oblong, sa longueur est de 7 centimètres, et son diamètre d'un et demi ; il est percé de la même manière que les précédons, et faisait sans doute partie de la même parure.

Ce collier, tout grossier qu'il est, n'est pas sans valeur comme objet d'archéologie ; c'est probablement un des plus anciens qui existent.

J'avais pris le n® 24 pour un fragment de ce même ornement; mais le trou qui le traverse, dont le diamètre est de 14 millimètres, est beaucoup trop grand pour avoir servi à passer un lien . Ce morceau dont la longueur est d'un peu moins de 6 centimètres , et dont la circonférence est de 9, avait donc un emploi différent.

A côté, en était un autre , long de 46 millimètres , en ayant 16 de diamètre à sa base et s'amincissant en fuseau. Il s'adapte fort exactement au trou du premier outil qu'il ferme comme un bouchon.

Sous le même n^ sont des fragmens d'andouiller

300 mSTRUMENS EN CORNE DE CERF.

longs de 6 à 8 centimètres sur 3 à 5 de largeur , taillés assez soigneusement et arrondis à chaque extrémité. U est difficile de savoir à quoi ils pouvaient servir ; peutêtre voulait-on aussi en faire des ornemens.

Nous avons placé hors ligne, à cause de leur origine, deux morceaux représentés sous le n^ 25.

J'ai dit que, malgré mes recherches, je n'avais pas rencontré dans les bancs diluviens d'os évidemmeni travaillés. Mais le 6 novembre, les ouvriers de la sablière de Menchecourt m'ayant apporté un certain nombre d'ossemens fossiles provenant de cette sablière, je remar^ quai avec étonnement que deux de ces os étai^il ouvrés. Ayant demandé aux porteurs de quelle couche ils provenaient , ils me dirent que c'était de la troisième et d'une profondeur de 4 mètres.

Leur forme est celle d'un fuseau très-allongé. L'un est parfaitement droit ; Tautre est un peu recourbé vers son extrémité; tous les deux finissent par une pointe émoussée. Leur longueur est de 14 à 15 centimètres; leur diamètre de 10 millimètres. Us sont faits avec des fragmens d'andouillers de cerf. Évidemment très-anciens, ils ont toute l'apparence des fossiles parmi lesquels ils étaient ; mais le sont-ils eux-mêmes ? Sont-ils anté-diluviens ? Je n'oserais l'assurer.

Dans le chapitre suivant nous examinerons une autre série d'ustensiles dont la substance animale est égalemeni la matière première.

INDl STRIE FHlMmVE CHAP. XTV, PL. 1 .

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Iné'ùixjnené'Celtiaiz^ enCvnte^d^Ca''£.

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épaisseur n'est que de 4 millimètres ; ses bords sont tranchans partout.

Le n® 3 est fabriqué avec la partie inférieure d'un péroné humain. Cet instrument ne pouvait servir m comme arme, ni comme poinçon, et pourtant il était d'up usage assez répandu , car j'en ai recueilli dans plusieurs lieux , mais rarement entiers , à cause de la fragilité et de la Gnesse de la pointe. Celui que je décris est intact. Il a été trouvé à Abbeville, à la profondeur i>rdinairedes gissemens celtiques, ep creusant les fondations d'une maisoq, rue de File. Sa longueur est de 2i oratimètres; il présente une courbe d'un centimètre; il est arrondi; son diamètre au centre n'est que de 3 4 4 millimètres , et diminue toujours jusqu'à sa pointe. ]L'extrémité opposée se termine en spatule large de 2 centimètres , conservant la figure naturelle de l'os. Tous ceux que j'ai vus étaient faits avec des os d'hommes. Je pense que l'usage de cet outil s'est perpétué jusqu'à l'approche des temps modernes et qu'on y attachait quelqu'idée superstitieuse. J'en ai un autre provenant de la Somme, qu'à la couleur de l'os, on croirait peu ancien.

Un autre instrument du même genre, moins travaillé et qui a évidemment servi, si on en juge au poli de sa pointe mousse, est représenté n^ 3^: il était sous la tourbe au Pont^-d^-Prés.

Le n^ 4 était également propre à percer. Il est bbriqué avec le cubitus d'un bœuf, et trèsH»olide. Sa longueur est de 14 centimètres ; sa largeur, à ça basa qfà% <^onaervé toatei» ^s rugosités, est de 3. U était

probablement destiné, au moyen de la cavité de Fos, à dtre emmanché. C'était une sorte d'épieu pour la chasse ou la guerre. Il provient des sépultures celtiques do la Portelette.

Le n^ 5 a la figure d'un ciseau de menuisier. La plupart des instrumens de cette forme sont en os humains toujours soigneusement polis. Ils ont été soumis à ce procédé qui, en brunissant l'os , lui procure cette fermeté dont j'ai déjà parlé.

Celui-ci est un péroné d'homme. Il a 26 centimètres 1{2 de longueur et seulement 12 millimètres de largeur. Tranchant à son extrémité aiguisée avec soin, il est aplati dans la partie qui précède cette extrémité ; mais le corps de l'outil est triangulaire, ce qui lui donne d'autant plus de force dans la main. Il devait servir à polir le bois ou à racler les peaux, peut-être à écoreh^ les animaux.

J'en ai deux autres qui ne diSèrent du premier que parce qu'ils sont plus courts et à côtes moins prononcées.

Un quatrième est plus large de 15 millimètres, tarés-, uni et très-coupant. Un autre n'a que 55 millimètres de longueur sur 20 de largeur; sa matière n'est pas un os d'homme, mais une portion de côte d'un gros quadrupède.

Le n? 6 est tronqué vers son extrémité ; cependant tout annonce qu'il devait aussi se terminer en dseau. C'était encore un outil à polir. Tiré de la partie épaisse d'une côte de cerf réduite vers son milieu à la mmtié de son volume , il finit en une sorte de lame dont le reste de l'os forme le manche arrondi en ovale, comme celui d'un couteau ordinaire.

La longueur de ce manche est de 9 centimètres ; celle de la lame a dû être à peu près la même, mais elle est réduite à 4centimètres 1(2, salargeurest do 2. L'épaisseur du manche est de 7 millimètres ; celle de la lame qui ne tranche d'aucun côté, d'un millimètre et demi; peut-être cette lame grossière n'était-elle destinée qu'à servir d'appui à un instrument tranchant fait en coquille ou en pierre, qu'on y fixait au moyen du trou de l'os.

Le n^ 7 est fabriqué avec une portion de fémur d'un bœuf ou d'un urus. Il a été trouvé à Fontaine-sur-Somme, et donné au Musée d'Abbeville où il est aujourd'hui. Sa longueur est de 19 centimètres, sa largeur de 3, sa circonférence de 10 dans sa plus grande épaisseur. C'est un polissoir ressemblant à ceux dont se servent encore nos ouvriers.

Terminé en biseau ou bec de canne, il est coupé droit à son autre extrémité, et arrondi avec une régularité qui laisserait des doutes sur son ancienneté si sa couleur n'indiquait pas un long séjour dans la tourbe, où il était enfoui à une assez grande profondeur. Quoiqu'il en soit, je le crois bien moins ancien que les précédons, et je pense qu'il appartient à l'époque gauloise. Il servait probablement aussi, comme sa forme l'indique, à polir le bois, ou à unir la peau des animaux dont on voulait conserver la fourrure.

Le n^ 8 est fabriqué avec le péroné d'un enfant de huit à dix ans. Cet instrument long de 19 centimètres n'a que 5 millimètres dans sa plus grande largeur, et à peine 1 d'épaisseur. Ce n'est d'ailleurs qu'en l'examinant avec attention, qu'on s'aperçoit qu'il a été travaillé, et,

s'il n'avait pas été aplati un peu au centre, il semMierait dans son état naturel. Il figure assez bien une plane. Je pense qu'iLdevait être employé à mesurer ou à égaliser des substances molles.

Le n^ 9, dont une extrémité est ouverte en gueule de four, a servi de manche i quelque instrument tranchant ou piquant en pierre, en coquillage, ou à une d&at. U est fait avec un radius de chevreuil.

Le n^ 10, portion inférieure d'un tibia déjeune rumi-> nant , indique la manière dont les Celtes divisaiail les os pour les travailler. On a creusé celui-<;i dans sa circonférence à une profondeur d'un millimètre , ce qoi a rendu la séparation facile. Ce morceau, long de 7 centimètres , a dû aussi servir de manche.

L'autre os, n^ 10^, est un tibia de cerf. H a été divisé en deux dans sa longueur. L'intérieur de sa cassure est soigneusement égalisé. lia été repris en-dehors, creusé à la profondeur de 4 à 5 centimètres pour en détacher une fraction qui ne Test pas encore mais qui pourrait l'être par un faible effort. Ce morceau était évidemment destiné à faire un poignard comme le n^ 1 , ou un ciseau comme le n° 5.

Le n^ 10' offre aussi une intention de travail: on a raclé l'os qui est l'humérus d'un grand oiseau, d*un cygne probablement, car, quoique non entier, il a encore 24 centimètres de longueur et 6 1[2 de circonférence; après cette préparation, on a commencé à le creuser extérieurement pour l'ouvrir sur le côté, et le fendre dans sa longueur, travail qui n'a pas été continué.

J'ai parlé dans le chapitre précédent de ces tibias

tronqués vers le milieu^ près desquels j'avais ramassé des cotes d'animaux divers, et qui, taillés en biseau, parcii$8ent destinés à être introduits dans la cavité de ces os. Depuis, on m'a fait observer que cette coupe en biseau pouvait être purement accidentelle, et que la chose était même probable. J'ai reconnu la vérité de ceci sur beaucoup de morceaux mais non sur tous , et je crois encore que la réunion de ces côtes et de ces tarses ou tibias rompus de la même manière et à la même hauteur, avait une destination uniforme et bien arrêtée.

Quant aux côtes que l'on rencontre avec ces tibias autour des urnes celtiques, nous avons dit qu'il était rare d'en trouver plusieurs appartenant à une même espèce. Ces côtes offrent comme un assortiment d'échantillons de débris de races diverses; c'est aussi ce que nous avons remarqué dans Tintérienr des urnes lorsqu'elles contiennent des détritus animaux.

Si l'on rapproche ces circonstances , on verra que ces os de nature si variée étaient certainement mis là avec une intention, probablement celle d'exprimer un vœu ou un souvenir. Dès-lors, on peut croire que si ces côtes, ces tibias, ces tarses n'étaient ni des armes ni des ustensiles , ce ne pouvait être que des offrandes ou des symboles, ou bien encore des signes représentatifs, caractères de transmission. C'est ainsi que les Celtes, à Taide de cet assortiment d'os, auraient écrit leur histoire et celle de leurs guerriers, comme les Egyptiens écrivaient les annales de leurs rois avec des hiéroglyphes.

Le n° 11 représente l'une de ces côtes dont voici la mesure: longueur 46 centhnètres, largeur 6 li2.

308 INSTRUBIENS EN OS.

Elle a appartenu à un urus, ou à quelque autre grand mamiûifëre peut-être étranger au pays , car ces Celtes nomades , et j'en donnerai la preuve ailleurs , apportaient de fort loin des débris végétaux ou animaux et même des pierres, granité, marbre, porphyre, amr chées à des monumens pour les déposer au pied de leurs dolmens, dans leurs bois sacrés ou leurs gissemens cinéraires.

Parmi ces côtes, quelques-unes semblent avoir été amincies de façon à former, dans leur partie concave, une sorte de tranchant qui leur donne Tapparence d'une faucille. Il est possible que le morceau n^ 11 ait ea cette destination. Il est rompu à son extrémité ; néanmoins, sa longueur est encore de 23 centimètres ; sa largeur de 22 millimètres. Il a été poli en partie. Un autre fragment Ta été tout-à-fait, mais le tranchant est brisé.

La plupart de ces côtes ont conservé leur courbure ; cependant il en est quelques-unes auxquelles on a dierché à imprimer la forme droite. Celles-oi sont moins grossières que les autres.

Le n® 12 représente un de ces os tronqués que nous avons crus propres à servir de manche. 11 est dessiné armé d'une côte tranchante et tel que nous le supposons, car il n'a pas été trouvé ainsi. C'est la partie supérieure du tarse ou canon d'un très-fort cheval. Sa longueur est de 25 centimètres, sa largeur de 6 1(2 et de 8 1(2 à sa base. La brisure a eu lieu à l'aide d'une masse , sans autre travail apparent.

Auprès, était cette même côte fort endommagée,

tNSTRUMENS EN OS. 309

mais longue encore de 48 centimètres et large de 6. On ne peut dire si ces os proviennent d'un même animal ; aucun fragment analogue n'a été retrouvé aux environs; les ossemens de cette taille sont d'ailleurs assez rares. La longueur ordinaire de ces manches est de 10 à 18 centimètres, celle des côtes de 15 à 20.

Qodques-uns de ces morceaux ont subi l'action du feu comme moyen d'oeuvre. D'autres ont un poli obtenu par on grattage, puis un chauffage, et enfin un polissage. Les fig. 12^ et 12' présentent des analogues sur lesquels r<»i peut suivre ces trois opérations.

Le n^ 1 3 qui provient des mêmes sépultures , est beaucoup trop lourd et trop épais pour avoir servi de manche. C'est encore la portion supérieure d'un tibia d'unis , ou d'un très-grand bœuf. Quoiqu'il soit rompu fort près de sa base, il a 20 centimètres de longueur, 21 de circonférence à l'endroit de sa cassure ou à son extrémité Ja plus étroite, et 42 à sa partie la plus large. Cette cassure a été égalisée par l'enlèvement d'un certain nombre d'éclats dont les traces régulières dénotent nettement une intention. Je pense qu'il a dû être emmanché à un bâton, et servir de massue; dans ce cas, c'était une arme dangereuse. J'ai trouvé fréquemment des instrumens de cette nature , mais jamais aussi forts.

Le n^ 14 est la tête d'un fémur de mammifère d'une très-grande espèce. Les épiphyses n'étaient pas soudées; l'individu devait être jeune, et pourtant la circonférence de cet os, à sa base, est de 45 centimètres, et à la cassure de 25. Sa hauteur , jusqu'à cette cassure qui a

été égalisée avec soin et de manière à faire uû ovale assez régulier, est de 14.

J'aurais pris ce morceau pour un assomment d^-* tiné à être mis au bout d'un bâton, mais cette ma^ue n'eût pas été solide à cause du peu de fixité des épiphyses ; puis on eut ménagé une plus grande longaeiir pour le fixer au bâton; enfin j'ai trouvé de ces mêfties instrumens de dimensions bien moindres.

Celui qui suit , fig. 14^ , n'a que 12 centimètres de circonférence à la cassure, et 6 1(2 de hauteur. U a perdu sa partie supérieure, ce qui le réduit d'un tiers* Dans aucun cas , il n'eut fait une arme dangereuse.

Un 3°^^ analogue 44', est plus petit de moitié; dd reste il est semblable au précédafit.

Peut-être ces os étaient-ils des mesures de eonr tenance. Ils sont fort communs; j'en ai trouvé (fans tous les gissemens celtiques, et même dans les terrains se rapprochant de la superficie. Tous étaient travaillés de la même manière ou taillés à leur ouverture pal* petits éclats comme sont les silex .

Le n^ 15. sans être précisément une mesure de conter nance, a dû servir à transporter une substance d'un vase dans un autre. C'est probablement le type primitif de l'outil nommé main, dont se servent les épiciers poqr transvaser les matières en poudre ou en grain. Le plos grand est formé de la portion inférieure d'un hoinérus de cerf; le plus petit, fig. 15^, delà portion supérieure. L'un et l'autre ont une ouverture ooopée à angle droit, et qui a été pratiquée par l'enlèvemeitt successif de parcelles , de manière à amincir cette {Murtie

msTmiiiENs EN os. 311

destinée à latteindre ce qu'on voulait praidre. Peut-être aussi ont-ils été ^nployés oomme racloirs.

Le n® là* diffère des» deux précédons en ce qu'il est arrondi. Son ouverture est moins large et son exrtrèmké moins mince. Il avait probablement un autre emi^oi.

Len<^ 15^ montre sur sa partie supérieure les traces de cinq écailles ou tranches enleyées comme celles des siles.

Un autre , qui s'ouvre en gueule de four ou en tromblon, lai^ de&centimètres,liaut de 3, offre en apparence peu d'Indices de travail; mais en l'examinant, on voit que l'intérieur de l'os long de 17 centimètres, a été évidé pour lui donner plus de capacité. Ceci ne pouvant être rendu par le dessin, cet instrument ne figure pas sur la planche.

Len^ 16 qui est aicore une portion inférieure d'humérus de cerf, a la même forme que le précédent, sauf qu'on hii a laissé une pointe. Il devait servir à fouiller la terre ou à dépecer les victimes , peut^re à les égorger. C'est le grand nombre d'analogues que j'ai ra>contrés dans les sépultures celtiques qui m'a fait reconnaître un travail de main d'homme, car quoique fabriqués très-grossièrement, ils le sont toujours delà méme&çon ei avec le même os. On en trouve de dimensions diverses. Leur longueur la plus ordinaire est, comme celle des précédens, de 12 à 15 centimètres. Le n^ 16* présente un trou rond qui semble être naturel.

Le n^ 17 est le tarse d'un oiseau du genre échassimr, taillé à chaque extrémité et poli avec beaucoup de soin. L'intérieur de cet os a été préparé pour servir d'étui

OU de gaine à quelque instrument piquant; peut-être aussi était-ce un sifflet. Sa longueur est de 65 millimètres, sa largeur de 5. Je n'ai trouvé que celui-là, mais je le cite à cause de la délicatesse de son travail. U était à la Portelette, dans les cendres du gissement celtique.

Le n^ 18 est une apophyse condyloïde et portioQ de Tapophyse coronoïde de la mâchoire inférieure d*mi bœuf. 11 représente un outil à deux pointes dont j'ai recueilli , dans le même gissement , des similaires de dimensions diverses. Le dessin seul peut donner Tidée de sa forme bizarre qu'on pourrait prendre pour mie brisure naturelle, si elle ne se présentait pas si souvent. Etaient-ce des crochets destinés à suspendre une proie, ou bien à maintenir ouvert le corps de la victime pour en détacher les entrailles 7 On décidera la question. CSes objets sont ordinairement fabriqués avec des parties de tètes d'unis ou de bœuf. Je n'en ai trouvé qu'un seol fait avec une apophyse coronoïde de la mâchoire infl^ rieure d'un cerf. Il figure parmi les trois qui sont dessinés sous ce n** 18.

Le n^ 19 est encore un instrument qu'on ne reocmnatt pour tel qu'à la multiplicité des analogues. Il est fiât ordinairement avec un os iliaque d'un grand ruminant. J'en ai vu qui avaient 22 centimètres de long sur 18 de large à leur base. C'est un crochet fort et pointa, grossièrement arrondi, qui ne pouvait être propre qa'à saigner les victimes , déchirer les chairs, on fouiller b terre à une petite profondeur. Le dessin en rendra la forme mieux qu'une description.

Le n^ 20 serait passé inaperçu, si je n'en avais pais

mSTOUBIENS EN 08. 313

troQvé mi oa*taiii nombre près des urnes de la Portelette les plus profondément enfouies. Chacun de ces moroeaux est fisdt d'une phalange d'urus ou de bœuf, de la longueur de 6 à 7 centimètres, de la largeur de 3 à 4, sur 4 à 5 de hauteur.

Le premier que je ramassai ne présentait aucune trace extérieure de travail; j'allais le rejeter quand, en dégageant la tourbe qui Tentourait , je découvris vers le milieu de sa largeur, un trou ovale grossièrement fiiil mais soigneusement bouché avec une matière t^v reuse. J'enlevai cette terre et je vis que l'ossdet était creusé dans tout son intérieur, et rempli d'une herbe desséchée qu'à quelques brins non encore atitièrement décomposés, je crus reconnaître pour du thym et dé la mousse.

Depuis, j'en rencontrai d'autres absolument semblables. L'ouverture était chez tous d'environ 2 centimètres de longueur, sur 1 1i2 de largeur. Dans ceux qui étaient débouchés, on trouvait de la tourbe et du sable. Dans les autres , où l'opercule de glaise et d'argile avait résisté à l'humidité, on remarquait encore du thym ou bien des cendres. U est à croire que c'était une offrande aux morts ou à la divinité du lieu.

Le n^ 21 sort du gissement de la porte Marcadé. C'est l'extrémité inférieure du canon ou tarse d'un ruminant de moyenne taille. Sa longueur est de 7 centimètres, sa plus grande largeur de 5. Il est coupé dans les deux tiers de sa circonférence, et brisé ensuite de manière à former trois pointes grossières. Est-ce avec intention ou par le seul effet de la brisure ? C'est difficile à décider.

La partie coupée l'est d'une manière si nette et 4|ti indique si vraisemblabl^nent l'action de la scie, queFen peut douter de l'origine celtique du môrœau , malgré sa position sous la tourbe. Aussi n'est-il ici que comsie moyen de comparaison. J'ai trouvé d'autres analogMs plus anciens et qpii de même que les précédons, étaient remplis de cendre

Le n^ 22, cubitus d'un cygne on d'une ^pme^ est évid^nment un sifflet. Sa longueur est de 1 6 ceattmtoeB, sa circonférence de 36 mittimètres. Mak je ne [mis aoii plus affirmer qu^l soit celtique, bien que la coupure ne paraisse pas woir été pratiquée avec le fer. II a été trouvé lors des fouilles An quai de ia Pointe, au-dessous du niveau de la Somme.

J'ai pris aussi pour des portions de flûte ou d'iBStnhment de musique, des os arrondis dont la longueur varie de 3 à 6 centimètres, le diamètre de 2 à 3, et que Tqd trouve fréquemment dans nos environs. Ces morceaux semblent de plusieurs ^M)ques, car ils sont travaillés de diverses manières. J'en ai vu qui étaiait creusés avec le fer et même qui avaient subi l'action du tour ; d'autces avaient été ouvrés à l'aide d'une pierre on d'une coquille.

L'un , et qui n'est pas des plus andras , est ea os humain; ce qui annoncerait qu'a Tépoque romaine et môme dans les premiers temps du christianisme, mi ne se faisait aucun scrupule d'employer de sembUbkB ossemens comme matière première.

J'ajouterai que je n'ai jamais trouvé de ces instrunmiB dans les sépultures celtiques ou gauloises. Ils sent

INSTRtmffiNS EN 08. %\ê

àmc postérieurs à ce» peuples, et je ne les cite ici ^e comme feèseignemeiis.

Maintenant nous allons dire quelques mots des instràma» fiiits avee lés dents ou défenses.

(hi trouve en abondance des dents d'animaux daïis les fl^ssèmens celtiques. Il n'est pas rare qu'elles portent des traces de feu. Ce sont des restes de sacrifices funéraires ou des repas qui les ont suivis. Les dedts que l'on rencontre le plus fréquemment sont celles de sanglier. Si l'on en juge à leur dimension, ces animaux devaient avdr une taille qu'ils n'acquièrent plus aujourd^ui. J'ai vu des défenses qui avaient 4 centimètres de largeur tet dont la partie sortant de la mâchoire en avait 21 de longueur.

Des racines de ces mêmes défenses , ou la partie intérieure et non encore développée n'ayant que 1 4 centimètres de longueur, en avaient 10 de circonférence. J'ai envoyé au Muséum de Paris une de ces dents que je n'ai pas mesurée, mais qui doit être plus grande encore.

On peut voir dans mon cabinet des molaires de ces mêmes animaux, de 4 centimètres de largeur sur 7 1|2 de hauteur.

Les défenses de sanglier étaient employées par les Celtes comme armes et comme omemens. Le volume de 1834 des Mémoires de la Société d'Émulation donne, page 88, la description et le dessin d'une parure de ce ^enre.

J'ai trouvé beaucoup de ces . défenses, mais fort peu dont le travail puisse être constaté d'une manière positive. Le frottement que lear imprime l'animal, par un

long usage, finit par leur donner des courbes trë&-di^ verses qui ressemblent tout-à-fait à une fabrication humaine.

Ainsi aiguisées ces défenses peuvent servir à piqnw# à percer, à déchirer ou couper, surtout à Faide d'un manche qui devait augmenter leur force et la &cilité de s'en servir.

Les ouvriers m'en ont apporté deux emmanchées dai» des tibias ou tarses; mais comme je ne les ai pas trouvées moi - même , je ne puis affirmer qu'elles étalait ainsi quand ils les ont retirées de la tourbe ; je n'en offre donc pas le dessin.

Les défenses n^' 23 ont été divisées en deux dans leur longueur, puis amincies pour les rendre tranchantes. L'une ne l'a été que dans sa partie convexe, et dans cet état elle est très-propre à servir de couteau ou de racloir. L'autre coupe des deux côtés.

Il est aussi de ces défenses qui sans être divisées ont également été travaillées dans leur partie concave. CeUe que je présente ici et qui forme un croissant de 14 centimètres de développement, semble être revêtue de carai>tères. Cela vient , je crois , d'empreinte de petits végétaux.

Les n^* 24 n'ont été travaillés que pour en rétablir lâ pointe ou la rendre plus aiguë.

Le n^ 25 est un poinçon fait aussi avec une denl. Étant de forme droite et ayant 2 centimètres de circonfi^ rence sur 8 1 12 de longueur , il est beaucoup trop épais pour provenir d'un sanglier ; d'ailleurs il a pu être pltt long, car il est tronqué à sa base. J'ignore à quel animal

mSTRUMENS EN OS. 317

a pa appartenir cette défense, dont l'ivoire est dur, lourd et semble, sauf le l^er polissage de quelques parties, avoir racore son émail.

Sous le n^ 25* est un autre outil absolument semblable quant à la forme. Il a conservé toute sa longueur qui est de 1 1 centimètres. Il est, comme le premier, soigneusaaiait pdi, mais il en diffère par la matière, et il est &it d'une portion de Tos péroné d'un quadrupède.

Si ces instirumens munis d'une pointe solide, n'étaient pas utilisés comme poinçons, ils devairat, placés an bout d'un roseau, servir de flèches.

C'était aussi l'emploi de dents, dont une, dessinée n^ 25^, est longue de 46 millimètres. Sa racine a été aiguisée. Elle a dû appartenir à un rongeur.

D'autres dents de même nature trouvées paiement dans les sépultures celtiques, ont pu aussi servir de pointes de flèche, bien qu'elles n'aient pas été ouvrées.

J'ai souvent remarqué autour des vases celtiques , parmi les cendres, les charbons et les éclats de silex, des morceaux de mâchoires d'animaux divers , et dans lesquelles on n'avait conservé qu'une ou deux dents. Sans la multiplicité de ces fragmens coupés de même manière, j'aurais cru ce fait accidentel ; mais sa répétition prouve qu'il ne l'était pas. J'ofiQre ici sous le u? 26 ceux dont la coupe se rencontre le plus fréquemment. Ils ont tous appartenu à des sangliers de diSérens âges, chevaux, etc.

Sous le même n^ sont deux demi-mâchoires complètes, Sauf les dents dont on n'a laissé que deux â chacune et dlans une position qui annonce que c'était à dessein. Ces

S^IS 1MSTRUM£JNS £N 08.

àâdboires reeudUie^ dans la couche la plus profonde dtt gissemeni de la Portelette, proviennent d'un onrs de très-forte taille, l'ours brun de Linné, Urm$ arttoé, le même que cehii des Alpes ou de Pologne. C'est , à ma connaissanee , le seul exemple d'ossement d^oors noo fossile qu'ait offert la vallée de Somme.

Ceci vîent encore à l'appui de ce que nous avancions , qu'une partie des débris animaux ou antres déposés autour des sépultures celtiques étaient apportés de fort loin. Il est à croire que cet ours n'avait pas péri là, que sa tête ou peut-être ses mâchoires seules avaient é^ placées à l'endroit où eUes ont été découvertes; car toutes mes recherches pour trouver quelque autre portioR de l'animal ont été inutiles.

On pourrait étendre beaucoup cette nomenclature des instrumens en os; mais tous ceux dont je parlerais rentrant dans une des catégories précédentes, il en résulterait des répétitions. Ensuite il en est de si peu travaillés qu'on n'acquiert la certitude qu'ils le sont qm lorsqu'il s'en rencontre plusieurs semblables. Il est vrai qu'à cet égard mes prévisions ont presque toutes été remplies. Si elles se réalisent encore pour ces morceaux douteux, j'en donnerai plus tard la description dans un appendice.

Cependant ce n'est pas toujours la grossièreté du travail qui m'a fait mettre au rebut ces ébauches; mes dooles sont venus non moins souvent de la cause contraÛNi^ c'est-à-dire de la perfection de ce même travail, et fat ainsi repoussé beaucoup d'objets vraiment curieux.

De ce nombre est up maillet fiût avec unç y«tiibn

INSTRUfllENS EN OS. StSb

d'un gros poison, et qui a été extrait de la tourbe lops^ qu^OD préparait les fondations du quai de la Poiâte. Le^ trou qui a servi au manche est si régulièrement rond' (Sans tonte sa profondeur , qu'il a dû être percé avec une sorte de yrille. Ce morceau , s'il n'est pas moderne^ peut être gaulois ou romain, mais il n'est pas celtique.

Quelques ossemens bizarrement taillés, et qui seml)lent présenter des ébauches d'animaux, avaient d'abord "vivement excité ma curiosité ; j'en avais alors commencé l'analyse ; mais la réflexion est venue , et là non plus le nombre des analogues que j'ai pu réunir n'a pas été assez grand pour éclaircir mes doutes; aussi me suis-je tenu en garde contre des apparences peut-être trompeuses. Le fait qui suit est plus positif, quoiqu'il ne soit pas moins étrange ; je veux parler d'écaillés d'huîtres rencontrées dans le gissement de la Portelette, et qui, posées sur les urnes ou à côté, y avaient été certainement mises avec elles; voici la description de deux de ces écailles. La première est haute de 9 centimètres sur 7 de largeur et 1 1[2 d'épaisseur; sa charnière est longue de 28 millimètres et large de 30; le nombre des plis ou rainures de cette charnière est de 19 et elle descend, dans l'intérieur de l'huître à 5 centimètres ou à plus de moitié de la grandeur de la coquille.

La seconde est la partie supérieure ou concave d'une autre huître de la même famille; elle oflre des caractères à peu près semblables. Jusque là il n'y a rien de bien extraordinaire; mais ce qui l'est, c'est que ces huîtres ne sont pas fossiles et pourtant il n'en existe aujourd'hui $ur nos côtes aucun banc de forme analogue. Plusieurs

naturalistes m'ont dit qu'elles appartenaient à une espèce qu'on avait considérée jusqu'à ce jour comme antédiluvienne. C'est un fait à approfondir.

Nous allons maintenant nous occuper des instrumens en pierre, en commençant par les haches dites celtiques*

DTDTTSTBIE PBIMITIVi; CHAP. XV , EL.VH

Jnstnunens CûUimLes^ en Os/i'Âûinm£à êt/(i'/Mnim4Mua

tranchant n'est pas indiné et la régularité de son ensemble est telle qu'on la croirait faite au compas.

Cette exactitude des proportions, obtenue sans aucun des instrumens qui y aident, a dû coûter à l'ouvrier beaucoup de temps et de soins.

Je ne pense pas que cette hache ait été fabriquée pour l'usage. C'était un bijou, ou un ex-voto.

Sous le même n^ est une variété également à taillant droit, mais carrée. La première, fig. "^^î est en silex blanc entiëremrat poli ; elle a 10 centimètres de longueur sur 5 de largeur.

La deuxième, fig. 3>, est en porphyre vert et m'a été donnée par M. Du Liège, membre de la Société des antiquaires de Picardie; longue de 11 centimètres et large de 4 , elle a une forme moins régulière que l'autre. La partie inférieure et un des côtés n'ont été que légèrement polis, probablement avec intention et pour qu'elle fût plus aisément fixée dans la gaine. Cette hache a nons^ement été faite pour servir, mais elle a servi. On voit que son tranchant , ébréché par l'usage , a été repassé plusieurs fois , et l'on serait porté à croire que c'est sur la meule.

Le n® 3 présente de nombreux analogues en silex , eo jade, en serpentine, etc. La hauteur de ces haches varie de 10 à 14 centimètres. On pourrait les diviser en deux ou trois sous-variétés qui se distinguent par plus ou moins d'épaisseur et de largeur à la base ou è la partie opposée au tranchant. Dans quelques-unes, cette partie n'a qu'un tiers de la largeur de ce tranchant ; dans d'autres elle en a la moitié et quelquefois

les deux ti^s. Lorsque cette base est étroite , elle BBt ronde; quand elle est plus large, elle s'étend en ovale. D'ailleurs toutes ces haches sont également bombées des deux côtés, et n'ont jamais, comme les couteaux, une face plate. Une seule en granité, fig. 3*, trooiée en 1842 dans les fondations d'une maison, rue St-Yalftan àÂbbeville, présente cette particularité ; mais je {MBse que cela vient d'un frottement qu'elle a éprouvé après coup, peut-être en servant de pierre à aiguiser.

D'après les exemples précédens, ces haches de deeuhgrandeur ou de 10 à 12 centimètres n'étaieot pas, comme les très-grandes ou les très-petites dont doos parlerons ci-après , de simples objets de parade, det ex-voto ou des signes représentatifs : c'étaient des ostea-siles, ou des instrumens de sacrifice.

La hache n^ 4, en porphyre vert marqué de points noirs, a 72 millimètres de hauteur, 40 de largeur, 12 d'épaisseur. Elle a, selon les ouvriers, été trouvée en 1842 dans la sablière de Menchecourt, au* fond de l'exea*^ vation et dans le gissement des os diluviens. Mais la question n'est pas de constater que cette hache était an fond de l'excavation, il s'agit de savoir comment elle y était. Ne provenait-elle pas des coiidies supériewes et n'était-elie pas tombée là par quelqu'éboulement? C'est ce que je ne saurais affirmer; car, étant polie, étta n'avait pas, comme les autres du même banc, consente dans ses anfractuosités des portions du sable de «on gissement. Privé de ce moyen de vérification, je o^Vii pu déterminer d'une manière certaine la coucbe cl'oâb elle sortait, ni conséquemment la ranger dans la oal^ gorie des haches diluviennes.

Oq psùt vmr sôus le métne n^ les trois similanfës déjà cités et qai ont été trouvés, le premier à Abbeville, le âedond en Italie près de Naples, le troisième dans riiide tion loin .de Galcntta : la forme, les dimaisions et lâ matière en sont presque semblables. D'autres sdlit tin peu plus grands, mais d'un travail et d'une pk^re ideîDitiqnes.

Ces haches qui variât de 5 à 7 centimètres de haut, sur 3 à 8 de Iftrge, ne dififèrent d^ précédentes que par iMT dimett^oîi. Presque toujours en porphyre, en jade, en jaspe, elles sont soigneusemetït travaillées. Quelqiie^-ùnes même sont danà toutes leiii^ proportions de véritables âiodèlés de fini et de ré^arité. C'étaient les j&f9,nj. d'autrdbis eH {H-obàblement des objets de prix. Cependanft les moins petites ont pu servir; tine ou dmjL semblent ausâi avoir été réparées et remises à neuf.

La hache n® 5 est brisée par moitié. Sa lenteur a pu être de 18 centimètres, elle n'en a plus que 9. Faite d'uli silex gris-blanc d'une pâte très-fine, elle est remar- (fiàble par son épaisseur qui est de 45 millimètres au o(»itre, et, comme sa largeur n'est que de 65, sa forme est presque ovoïde. Elle a été trouvée dans le tuf, à la PiNrtelette, en 1841, à 2 mètres environ au-dessous du mveao de la Somme.

Un autre iragment déjà décrit dans les Mémoires de la Société d'ÊmulMion, page 255, vol. de 1837, me semble aussi être la portion inférieure d'une hache ronde.

Enfin un troisième échantillon, fig. 5^, en serpeMine et qui vient des environs de Soîssons, pftralt eâOd^e avoir

appartenu à un instrument de même nature. Cette forme est rare, sans doute qu'elle était peu en usage.

La hache n^ 6, en silex grisHioir, a été recueillie en 1843, par moi-même, à la porte d'Hçcquet, dans une tranchée que j'ai fait ouvrir sous la tourbe, à 3 mètres au-dessous du niveau de la Somn^e. Cette hache a dû être emmanchée ; cependant son tranchant net et coupant n'a jamais servi. Sa longueur est de 1 1 caitimètres, sa largeur de 7, sa ptus grande épaisseur de 13 millimètres. Cette forme ne diffère du n^ 3 que parce qu'dle est plus large et moins épaisse.

Dans le fragment en silex noir dessiné spus le n^ 6^ , et qui provient également des fouilles de la porte d'Hoequet , cette grande largeur relative est encore plus smsible par le développement du tranchant large de 8 centimètres, bien que la longueur de l'instrument n'ait pu en excéder 1 1 . Cette hache était fort apte à couper et tailler, et l'on remarque tout d'abord avec quel soin ce tranchant a été afQlé.

Si je m'étends ainsi sur la description de ces haches larges , courtes et presque triangulaires, c'est qu'eUet sont le type de toutes celles que j'ai trouvées emmanchées.

La hache n^ 7 en silex blanc, très-endommagée, esl, comme le n^ 5, d'une forme insoUte. Elle a dû, avant d'être brisée , former un carré long poli sur toutes les faces et pouvant poser sur sa base. Sa longueur est d'un peu plus de 7 centimètres; sa largeur réduite 44, a dû être de 6; son épaisseur est de 14 millimètres. Elle a été trouvée près de Soissons. Elle ne pouvait pas âtre emmanchée; cependant elle coupe fort bien; c'est la

seale de cette farme que j'aie vue. Elle est soigneusement polie sous la base, partie ordinairement fort négligée.

J'ignore si le morceau n^ 8 est une hache, car il a perdu son tranchant. Il est en jade vert. C'est un firagment long de 10 centimètres, large de 45 millimètres, épais de 15. Sa figure longue, angulaire et aplatie, le fait ressembler à une pierre à repasser. 11 a été trouvé à la Portelette dans une sépulture celtique.

La hache n® 9 est percée d'un trou naturel : c'est-àdire qu'on a choisi un silex ainsi disposé pour en fisûre une hache ou plutôt un hoyau. Ce morceau n'a pas la forme des haches ordinaires; il est brisé aux deux extrémités, mais ces extrémités ont dû former pointe,

et l'on voit que l'instrument était emmanché à peu près

comme les masses servant à casser les pierres.

On m'en a cité deux semblables trouvées dans la tourbe, avec leurs manches en bois que l'on reconnaissait pour des branches dans lesquelles la pierre avait été passée lorsque l'arbre était vivant, et qu'on y avait laissée jusqu'à ce qu'un bourrelet d'écorce l'y eut fixée. La hache que je décris a été vraisemblablement disposée ainsi. Sa longueur est de 16 centimètres, sa largeur de 6, son épaisseur de 3. C'est, je crois, un morceau rare. Il ma été donné par M. le Poitevin de la Hotte. *

Il est possible que ce même procédé d'emmanchement

* Deux de ces haches percées ont été rccueiUies en Angleterre à la fin du siècle dernier, Tune près de Carlisle, Tautre dans le Westmoreland. Elles sont gravées dans le deuxième volume des Mémoires de la Société des Antiquaires de Londres, pi. Vill, pag. 118. Le trou n^est

ait été employé pour les haches ordinaires : les gatnes en corne de cerf étaient dans certains cas pourvues d'an manche naturel ou de bois vif, qu'on ne détachait do tronc de l'arbre que lorsque la branche avait exactemant rempli la cavité transversale de la gaine, et maintenu la pierre par la pression qu'on ménageait au moyen d'une double entaille.

J'ai indiqué les principales variétés de haches polies que j'ai pu étudier. S'il en existe d'autres, elles doivent rentrer dans l'une de ces catégories.

Je passe maintenant aux haches ébauchées. Elles ne sont pas rares, et je suis convaincu qu'il est peu de terrain en France où Ton ne pût s'en procurer, si Ton se donnait la peine de les ramasser ; mais comme elles diffèrent peu des silex bruts, on ne les reconnaît pas ou, dans le doute, on les dédaigne. Elles sont pourtant d'un grand intérêt pour la science par leur imperfection même et les notions qu'elles peuvent donner sur les procédés employés lorsque les hommes n'avaient pour outils que des pierres, et pour guide que leur instinct.

Beaucoup de ces haches se rapprochent quant à la coupe, de celles qui ont été finies, et il y en a qui, sauf le

pas un accident comme dans celle-ci ; il a été creusé à la main. Autant qu'on peut en juger par le dessin, le travail en est soigné : ce qui me fait croire ces morceaux moins anciens que le premier. Us ont d'ailleurs à peu près la même forme. M. Féret m'en a fait voir un autre trouvé près de Dieppe. Il est d'une pierre blanche et verte que je n'ai pas eu le temps de déterminer. Ce morceau aplati d'un côté, bombé de l'autre, est d'une telle conservation et d'un si beau pdii que je le croyais moderne.

HACHES CELTIQUES. dISIfy

polissage, n'en difi(èrent en rien ; mais il en est aussi qui

s'en écartent étrangement et cela s'explique. De ces

ét)audies, 1^ unes étaient abandonnées par l'ouvrier

quand il voyait que la pierre avait quelque défaut ou

que le polissage présentait trop de difficulté ; les autres,

et c'est le plus grand nombre, n'ont jamais dû être

finies; elles n'étaient pas même destinées à servir comme

armes ou ustensiles; c'étaient, ainsi que je l'ai indiqué,

des signes représentatif ou des ex-voto et offirimdes;

aussi en voit-on, comme nous allons en donner des

exemples, de grandeurs bien différentes.

La hache n^ 10, longue de 16 centimètres, large de 6, en silex noir-brun, provient du gissement celtique de la Portelette. Elle devait recevoir une dernière maind'œuvre, le tranchant était dessiné et le polissage commencé. Ce qui vraisemblablement empêcha l'ouvrier de l'achever, ce fut l'impossibilité de lui donner les dimensions voulues. La face de dessous est presque plate et le d^ut de matière ou un éclat enlevé trop profondément na pas permis de Tarrondir en voûte, comme doit être toute hache bien proportionnée. Celle-ci eût été ou trop courte ou trop plate relativement à sa longueur. Ensuite vous remarquerez qu'une empreinte d'oursin rendait le polissage difficile. Toutefois il ne parait pas ^6 ce soit cette cause qui ait arrêté l'ouvrier, puisque ce défaut a dû être apparent dès le commencement de l'œuvre.

Son similaire, fig. 1 0^, trouvé à 3 mètres de profondeur, dans les marais St-Gilles-lès-Abbeville, est fait d'un silex gris-noir. Il devait probablement recevoir 1& dernière

main-d'œuvre: régulièrement taillé , il ne lui manque que le polissage. Ici Ton ne s'explique pas ce qui a pu empêcher ce complément, car les proportions du morcean sont bonnes : sa courbe est égale des deux côtés et ses bords sont nettement taillés. C'est surtout en le rapprochant du précédent qu'on aperçoit l'élégance de sa coupe. Sa hauteur est de 14 centimètres; sa plus grande largeur de 5 li2.

Le troisième analogue 10" qui provient du gissement cinéraire de la Portelette, est encore une hache bien faite. Haute d'un peu moins de 10 centimètres, lai^e de 4, elle est en silex très-fin. Elle a reçu , quoiqu'elle ne soit pas entièrement polie , tout le travail qu'on lui destinait: le taillant en est affilé et les bords unis. La partie inférieure seule a conservé ses aspérités, mais c'est peut-être à dessein et pour retenir, dans la gaine, cette moitié trèspropre à être emmanchée.

La hache n^ 11, de silex noir en partie recouvert , de son écorce, n'est que commencée. Ce commencemeol est d'un ouvrier exercé, on s'en aperçoit à la rectitude et à la hardiesse des éclats. Le tranchant est presque terminé ; il a été fait en huit ou dix coups. Par quel moyen et avec quel instrument? Onnepeutsupposarici l'emploi du fer , du bronze ou de tout autre métal : com^ ment expliquer alors ce tranchant si net et si coupant? 11 est large de 8 centimètres et la hauteur totale du morceau est de 17. La partie inférieure est tout-A-ftk informe, peut-être l'ouvrier a-t-il abandonné son travail parce que l'épaisseur manquait au silex qui présente une courbe.

Cette hache provient des sépultures de la Portelette, où j'en ai trouvé beaucoup d'autres plus grossières encore. Ce n'est même qu'à leur situatiop sous le sol^ dans la cendre et parmi des vases cinéraires, que J'ai acquis la conviction du travail qu'avaient subi quelques-unes de ces pierres.

Le n^ 12 a été trouvé à Ramburelle, sous le tuf à un mètre de profondeur. Il est en silex gris-blanc, opaque et d'une espèce qui semble étrangère au pays. Ce mor- €3eau que je crois rare, est remarquable par sa longueur qui est de 18 centimètres, sur 4 de largeur au tranchant et 3 sur tout le reste. Il a l'apparence d'un ciseau de mienuisier. Poli vers sa partie supérieure, il a dû être emmanché.

Son analogue fig. 12^ était à Bray^-sur-Somme, dans la tourbe, à 5 mètres au-dessous du niveau de l'eau. U est en silex noirâtre également en forme de ciseau, avec un tranchant non poli, mais uni par l'adresse avec laquelle les éclats ont été enlevés. U a un peu plus de 12 centimètres de hauteur sur 43 millimètres de largeur à son tranchant; de ce point il va toujours en rétrécissant. Cet objet n'était ni un ex-voto ni un meuble de luxe : e'était encore un outil à creuser, à gratter, à polir le bois ou les corps demi-durs, usage auquel il est très-propre. Le n^ 13 en silex gris, est aussi une espèce de hacheciseau plus petite que l'autre; elle peut servir au même travail. Elle a été retirée de la tourbe à la Portelette. Sa longueur est de 8 centimètres, sa largeur de 5 au tranchant. Bien qu'elle n'ait pas reçu la dernière main-d'œuvre, on voit qu'elle a été fabriquée avec soin.

tA2 HACHES CELTIQUES.

EHe peut facilement être emmanchée, et il est à croire qu'elle Ta été.

Son similaire fig. 13^ a 7 centimètres de haut sur près de 5 de large au tranchant. Il est en silex noir taché de gris et provient aussi de la Portelette. Il est moins soigneusement fait que l'autre, et au lieu d'être partagé par une arête longitudinale, il est plat sur les deux faces.

Le troisième, fig. 13^, a été trouvé sur le sol. Tout imparfoit qu'il est, sa coupe est celle du premier et son tranchant est établi sur un même principe. Fixé dans une gatne oA ses aspérités aidaient à le retenir , il pouvait servir à tailler. Sa couleur blanche provient moins d'une infiltration ou d'un mélangé avec une substance calcaire, ^e d'un commencement de décomposition, ou peut-être de son long séjour à l'air où l'effet successif de l'humidité et du soleil l'a revêtu d'une sorte de vernis , à-peu-près comme il arrive du verre. Je crois ce morceau d'une haute antiquité. Il a 9 centimètres de haut sur 5 de large.

Le n® 14 ne dififôre du précédent que parce que la rentrée de ses côtés est moins prononcée, et qu'il a conservé plus nettement, dans son ensemble, la figure triangulaire. C'est une petite hachette qu'on renooiitre assez fréquemment dans les sépultures celtiques, et dMM les dimensions sont de 5 à 6 centimètres de haut sur S à 4 de large. Celles que j'offre ici sont en silex gris et proviennent de la Portelette.

En 1840 on m'en a apporté une de forme absolument semblable, en silex brun opaque et grossier, ayant i^ coitimètres de haut sur 12 de large au trandhanl. Comme elle avait été ramassée sur le sol , dans on

HÀGlffiS CELTIQUES. |l9t3

^idroit habité > je n'en fois mentioa que pour mémoire.

Le Q^ 15 $e rapproche des précédeus. C'est encore nne hachette haute de 4 ceaUmètres, large de 2, épaisae de 1 1{2, coupée à angle droit à sa base et pouyant tenir debout sur cette base. Contre l'ordinaire die est plate en de3Sous, ce qui la fait ressembler à une pierre à fiisil. J'en ai vu de la taiUe de 1 0 centimètres et arrondies à leur base.

Le n^ 16 a été fabriqué à grands coi^s et d'une mtlin sûre. Il peut servir à tailler et creuser le bols. Ep silex grisr-noir, il a 12 centim^res de )ong sur 4 d^ large, et provient, comme les précédens, des sépultures celtiques de la Portelette.

La longueur de ses deux analogues est de 8 centimètres, sur 2 à 3 de largeur. L'un et l'autre paraissent avoir subi Faction du feu*

Je ne pense pas que le silex n^ 17 ait jamais pu être employé ni comme hache, ni comme couteau. Il a été ramassé à Mautors, près Abbeville, en 1834. Long de 10 centimètres et large de 3, il est grossièrement tranchant à chacune de ses extrémités qui sont d'une largeur égale. Le milieu, chose insolite dans ces sortes de morceaux, offre un étranglement ou une diminution de largeur. Au premier coup d'œil, on le prendrait pour un caillou brut ; mais avec un peu d'attention, on reconnaît bientôt les traces du travail.

Un autre trouvé à Comodel, près Abbeville, et dont la coupe est semblable, est en silex blanc.

Le n^ 18 est une hache en pointe ou en larme, c'est un type qu'on rencontre assez souvent. Ses trois similaires en silex gris-ndur qui viennent de la Por^^te

sont de tailles diverses. Le plus grand a 9 centimètres de haut sur 3 de large à la base, et le plus petit 47 sor 1 de large. Du reste, leur coupe est la même.

Le n® 19 est encore une forme qu'on peut considérer comme type. C'est la hache ovale dont les sépultures celtiques m'ont offert beaucoup d'exemples. Ces haches sont fort grossières et faites à grands coups et par éclats irréguliers. Elles varient de dimension, mais les petites sont celles qu'on rencontre le plus ordinairement. La première des trois qui sont dessinées est en silex noir, haute de 10 centimètres li2, large de 7, épaisse de 4. La seconde fig. 19^ est en silex gris, de la même loKh gueur, mais moins large et moins épaisse. La troisième fig. 19^ n'a que 5 centimètres sur 2.

La pierre n^ 20 difl^re des précédentes par sa conpe. Plate d'un côté, elle est traversée dans sa partie convexe par une arête tranchante. Ces hachettes dont la forme est celle de haricots, semblent faites en trois coups; mais en les examinant de près, on voit que les extrémités ont été arrondies par de petits éclats enlevés de bas en haut.

Les deux premières en silex brun ont de 5 à 6 centi-^ mètres de hauteur sur 27 de largeur, la troisième 3 1|2 sur 2. Cette dernière est en silex noir et a subi Taction du feu.

Il serait difQcile de reconnaître des haches on méiïie des ustensiles quelconques dans ces miniatures. Il en est de plus petites encore.

La hache n® 21 a été trouvée sur la tourbe à 2 mètres environ de profondeur dans le marais qui borde la Somme, près du Pont--des-Prés. Elle est en silex gris,

très-bien polie, chose non ordinaire dans ce genre de haches ; c'est par cette raison qu'elle n'a pas été portée dans la première catégorie. Elle a dû être emmanchée. Longue de 9 centimètres, large de 6, elle est de la dimension des haches à gaine; mais elle en difière en ce qu'elle n'est pas droite: elle a précisément la forme d'une moule commune, mytilus edulis.

Son analogue était au même endroit, mais plus profondément enfoui. C'est une hache brisée, ou qui n'a pas été Cnie. Quant aux dimensions et à la nature du silex, elle dififère peu de la précédente.

Une autre beaucoup plus petite provient de la tourbière de la Bouvaque ; elle a 4 centimètres de longueur sur 26 millimètres de largeur. Elle est en silex grisblanc, si grossièrement travaillée que j'aurais douté de ce travail, si je n'avais rencontré son similaire dans les sépultures de la Portelette. Ce dernier morceau n'a que 3 centimètres de long sur 19 millimètres de large.

Un quatrième plus nettement taillé, a des dimensions un peu moindres. EnGn un cinquième est encore plus exigu, sa longueur est de 20 millimètres, sa largeur de 10. Sans être poli, il est fait avec délicatesse et provient des mêmes sépultures. Deux autres dessinés fig. 21' et 24', sont d'une forme un peu différente.

La petitesse de ces haches annonce assez qu'elles ne pouvaient être d'aucun usage comme armes ou ustensiles ; elles avaient donc une autre destination, c'étaient probablement des amulettes, des signes de convention 00 de religion. À l'appui de ceci, je vais citer des haches eo pierre tendre, en bois et même en bitume.

3t6 HACHES CELTIQUES.

La première hache molle que j'ai recueillie en 1838 était en craie; elle se trouvait dans le gîssemait celtique de la Portelette au milieu des haches ad bois dont je parlerai bientôt. Lcmgue de 18 centimètres, large de 8, c'est une ébauche des plus grossières et j'aurais doaté du travail si, en août 1844, je n'en avais pas découvert une autre, moins grande mais fort nettement dessinée.

Celle-ei provient des fouilles de la porte St-^Gilles. Elle a 9 centimètres 1^2 de hauteur, 6 1{2 de largeur, 4 d'épaisseur. Sa forme est celle d'une amande. Elle est représentée sous le n^ 22.

Les haches en grès que j'cd rencontrées, soit dans le gissement celtique de la Portelette, soit dans les timr-bières de la Somme , sont d'un travail si peu avancé qu'il pourrait paraître douteux. Une seule semble avoir été finie, mais l'ouvrier qui l'a trouvée s'en est servi pour repasser ses outils, et la forme en est ainsi fort altérée.

La dimension des haches en bois varie de 15 à 25 centimètres. Il y en a en divers bois, mais le ehéne domine. On voit qu'elles ont été faites à la hâte, car des restes d'écorce existent sur plusieurs.

Quelques-unes étaient coupées à angledroit aux extr^ mités, d'autres en grand nombre étaient arrondies comme les haches ordinaires, mais également aux deux boots, ce qui leur donnait assez l'apparence d'une navette. Telles sont les deux fîg. 23, dont la forme première, ou celle qu'elles avaient au moment de leur extractioa est aujourd'hui assez difficile à reconnaitre. En se séchant, le bois si longtemps imbibé d'eau s'est ouv^ et

des parties s'en sont détachées. Leur ligueur actuelle est de 15 à 16 centimètres, leur largeur de 4 li2.

Leurs analogues étaient répandues par douzaines sur le giss^nent celtique de la Portelette, autour des vases, sons la tourbe et à 3 ou 4 mètres au-dessous du niveau de la Somme. Quoiqu'elles fussent placées près de masses d'os, de caadre et de charbon, on voyait qu'elles n'y avaient été mises qu'après coup; car, sauf un très-petit noinbre, elles ne portaient aucune trace de feu. Remontenè-elles à l'époque celtique? Selon moi, la chose n'est pas douteuse.

Au milieu de ces haches de bois, j'ai recueilli fréquemment des os grossièrement taillés et qui semblent représenter des hachettes ordinairement longues de 6 à 8 centimètres sur 3 à 4 de large, mais quelquefois beau-* coup plus petites. Ici le travail et l'intention ne me paraissent pas complètement démontrés.

Un peu plus loin, à la porte d'Hocquet, à près de 6 mètres au-dessous du niveau de la Somme, sous une suite de terrains ainsi superposés : lit de sable, lit de [nerre, deuxième lit de sable, une forme de hache en bitume a été trouvée. Est-ce une hache véritable? Est--ce un accident? Â-t-elle a été mise là , ou est-ce une partie de matière résineuse qui aura suinté à travers la terre et la tourbe? Sa longueur est de 19 centimètres, sa largeur de 9. Elle porte encore les traces de la cendre, du sable et de la tourbe au milieu desquels elle était. Je ne la cite ici que comme fait à vérifier, car je ne puis affirmer que ce soit une véritable hache, ni même qu'elle appartienne à l'époque celtique. 11 faut qu'un fait se répète pour acquérir un certain poids.

Je passe maintenant à quelques formes mixtes tenant de la hache et du couteau, ou de la hache et du martean ou casse-tôte.

Le n^ 24 est une sorte de hache -couteau arrondie dans toute sa circonférence. Il a été recueilli en 1843 à la porte St-Gilles, à 3 mètres au-dessous de la superficie. Il est en silex gris mêlé de bleu et de blanc. Sa longueur est d'un peu plus de 11 centimètres ; sa largeur de 9 li2; sa plus grande épaisseur de 15 millim^res. Uni du côté concave, ce n'est que la partie convexe qui porte la trace d'éclats enlevés en sens divers. Son ensemble est un ovale se rétrécissant vers le bas, ce qui lui donne l'apparence d'une tête de mort aplatie. J'en citerai ailleurs d'autres exemples où cette ressemblance est plus frappante encore. Celui-ci est le plus grand que j'aie vu dans les gissemens celtiques. Les autres ont la moitié ou le tiers de cette grandeur.

La forme du n^ 25 taillé par trois grands éclats, m'anrait paru un accident, si elle ne s'était pas reproduite plusieurs fois: j'ai recueilli dans les gissemens cinéraires de la Portelette, trois de ces morceaux presque semblables. C'est encore une de ces figures mystérieuses dont on ne conçoit pas l'emploi. Celle-ci est en silex noir à quatre faces, haute de 9 centimètres, large de 4, épaisse de 3 li2 et se rétrécissant vers le centre. Son analogue est un peu plus petit. Le dessin les fera mieux comprendre que la description.

Le n° 26 est aussi un type qui se présente fréquemment et qui a déjà été cité dans le volume de 1837, des Mémoires de la Société d'Emulation. Celui-ci a

été ramassé sur le sol, à Hucheneville près Abbeville. Il est en silex gris-blanc corné. Sa hauteur est de 4 centimètres , sa largeur de 25 millimètres. Il est remarquable par douze arêtes nettement coupées qui remontent de sa base à son sommet.

Son analogue, fig. 26^, haut de 6 centimètres, en silex noir, n'offire sur chaque face que deux éclats égaux et au centre une arête saillante. N'étant qu'à deux faces, il ne forme pas cône comme les autres. Légèrement aplati, il a 2 centimètres d'épaisseur sur 3 1|2 de largeur.

Un troisième, fi<(. 26>, ramassé à Port-le-Grand m'a été donné parM. Émiled'Orval. C^ morceau est remarquable par la netteté de ses tranches qui sont concaves et semblent avoir été enlevées de la veille. Malheureusement il a été brisé. Sa longueur est de 8 centimètres 1|2, sa largeur de 3 1|2.

Le D? 27 n'est plus taillé en ruban ou bandelette, mais

par éclats irréguliers. Légèrement convexe sur ses deux

faces, c'est un disque tronqué de manière à pouvoir

te^ droit et figurer une porte de four. J'en ai trouvé

on certain nombre à la Portelette autour des vases

celtiques. Celui que je décris est en silex noir. Sa

hauteur est de 6 centimètres, sa largeur de près de 9 ;

Son épaisseur à sa base de 25 millimètres.

Le deuxième analogue, fig. 27^, provient du même lieu. Il est aussi en silex noir et offire des traces de feu. !^ hauteur est de 5 centimètres 1(2, sa largeur d'un peu plus de 6.

Un troisième qui vient aussi de la Portelette, est la l'épétition du premier.

Le n^ 28 a une forme de ruche ou de fenêtre à cintre arrondi. Il diffère des précédens par l'épaisseur qui, chez celui-ci, est de la moitié de la hauteur.

Dans ses analogues cette hauteur varie de 4 à 12 centimètres, la largeur de 3 à 7, Tépaisseur de 4 à 6. J'en ai trouvé qui étaient entourés de charbon et de cendre, les uns en grès taillé puis poli par le frottement, les autres en silex en table dont on avait arrondi les angles pour leur donner cette même figure qu'on peut considârar comme type.

Le n^ 29 est encore une forme commune dans les sépultures celtiques. C'est une boule en silex ou en grès. On en rencontre de toutes les grosseurs, depuis celle de la tète d'un enfant jusqu'à celle d'une noix; mais la dimension la plus ordinaire est celle d'une pomme moyenne.

11 faut se garder de les confondre avec des cailloux roulés ou avec certaines pétrifications qui offrent aussi cette forme sphérique, ou bien encore avec ces boulets de pierre des premiers temps de l'artillerie, dont j'ai remarqué un grand nombre, soit à Abbeville près de l'ancien pont Rouge, soit au Crotoy sous les ruines du château.

Ces boulets sont en granité, en silex, m grès et même en craie, mais le mode de leur fabrication et surtout leur parfaite rondeur où l'on reconnaît l'emploi du compas, font qu'on les distingue bientôt des boules celtiques.

Celles-ci, lorsqu'elles sont en grès , chose assez fré-* quente, présentent des angles ou des facettes qui annoncent que c'est au moyen du frottement que l'ouvrier a achevé son travail. Telles sont les boules que j'ai recaeiK

1ms dons les cendres et les charbons des gissemens odtiqiies de la Portelette.

Le curage de la Somme dont on a recreusé le lit de plusieurs mètres près de la Pointe (quai d'Abbeville), m'en a procuré d'autres en grès brun sur lesquelles ces traces de travail sont Picore plus marquées. Toutefois dies m'inspirent moii» de confiance parce qu'elles étaient no» loin de la place d'où Ton a retiré des boulets de pierre évidemment modernes. Peut-être aussi ces boules servaient-elles à aiguiser les faulx.

Je n'affirmerais pas non plus que le morceau en silex gris-noir que je vous présente ici soit véritabl^oiœt celtique ; mais il y a probaUlité: il était sous la tomrbe à une assez grande profondeur et non loin du gissement de la porte d'Hocquet. C'est une boule dont la circonférence est de 28 centimètres et qui a été arrondie par l'enlèvement de petites écailles, procédé long et que l'on n'aurait pas employé pour un boulet ordinaire. D'ailleurs quoique sa circonférence soit exacte, sa forme est légèrement aplatie et l'a été à dessein, ce qui n'a jamais lieu dans les boulets.

J'ai trouvé dans les sépultures celtiques de la Portelette des morceaux à peu près semblables, quoique moins régulièrement taillés. On voyait qu'ils avaient été fabriqués au jugé, ce qu'il est facile de distinguer, car on ne paît guère méconnaître l'emploi du compas dans un travail de ce genre.

L'une de ces boules, provenant aussi du gissement de la Pointe, semble avoir été pétrie à la main. Elle est d'une substance grise et pesante que je n'ai pu encore aiudyser.

Parmi les boules en silex, il en est de fort irrégulièrement faites, et qui Tout été, non plus par on piqué oa par écaiUes, mais a grands coups. Il en résulte qu'dles ont quelquefois une face plate qu'on doit considérer comme acddentelle, au moins dans la plupart, car dans quelques-unes, elle est soigneusement égalisée.

Le n^ 30 est une boule aplatie sur les deux bces. EUe a été trouvée en 1844 sous la tourbe et le tuf, & Abbeville, quai de la Pointe. Elle est en silex ndr ; travafflée au piqué et par petites écailles, elle a dû dcanfiander beaucoup de tamps à Touvrier. Cette forme plate a été Cûte dans un but qu'il est difficile de déterminer. Etait-ce un jeu ou un symbole ?

Son analogue en grès avait été recueillie ail839, dans les s^Miltnres de la Portel^e. Ce morceau commencé au piqué, a été fini par le frottement. Moins r^[aliflr que l'autre, il a 23 centimètres de drconfér^M» sur 4 1^ d'^misseur.

Le n^«31 représente ce qu'on appdle des pierres de fironde. Ce sont des silex taillés en rond et pfarts, ordinairement de la dimension d'un écu de six livres, avec le double d'épaisseur. Ceux que je présente ici, proviennait tous des sépultures de la Portdetle ou ik étaient en grand nombre.

Le procédé de fabrication devait être pour toas i peu près le même : <m brisait des silex, on les éclats les plus régulièremoit jdats, et <m les dissait ai taillant les bords. Cqiendant, on en remarqpie quelques-uns ^ ont été amincis par larges trandies boriioQtales.

Je ne crois pas que ces pierres servissent à armer les Grondes. D'abord il est douteux que les Celtes fissent usage de frondes ; et cela eût-il été, on ne voit pas pourqroi ils eussent pris tant de soins pour donner à ces sflex one figure circulaire ; les bancs de galets si abondans sur cette côte leur en offraient qui avaient tout Daturellement cette forme.

rajouterai qu'on voit de ces pierres de fi*onde qui ont à peine la dimension d'une pièce d'un franc sans beaucoup plus d'épaisseur, et qui dès-lors ne pouvaient servir comme projectiles. D'ailleurs toutes ne sont point plates : m en trouve qui ne le sont que sur une face et qui se dessinent en demi-boule.

Je pense donc que ces pierres dites de fronde, dont on n'aperçoit pas l'utilité comme armes, meubles ou ustensiles, étaient encore des symboles, des signes ou un moyen d'échange , une monnaie peut-être, ce que leur grande abondance ferait croire.

La forme n^ 32 pourrait bien aussi être symbolique; néanmoins elle peut servir comme outil pour creuser le bois et même l'os, pour le racler et l'unir. Les sépultures celtiques offraient abondamment de ces morceaux. Celui-ci est en silex noir ; il a 6 centimètres 1|2 de longueur, 4 de largeur et 15 millimètres dans sa plus grande épaisseur, ou depuis la cime de la vive arête qui s'étend dans sa longueur jusqu'au point où la pierre s'arrondit pour former un tranchant un peu recourbé.

Ces instrumens devaient demander un travail assez long, si l'on en juge par la quantité de petits éclats qui

ont servi à préparer la partie convexe du tranchant et à lui donner sa solidité.

La forme la plus ordinaire de ces outils est nn ovale allongé qui, d'un côté , se termine à angle droit. Leur dimension ne varie que de quelques centimètres. Je n'en ai jamais rencontré ni de très-grands ni de trèspetits.

Les trois premiers sortent de la Portelette; le quatrième vient de la porte Marcadé. Ce dernier a toutràfait la figure d'une castagnette et n'est pas, coaune les autres, partagé par une vive arête. Il est taillé par laides bandes et en présente quatre distinetes sur sa partie convexe. La partie concave est unie comme dans les couteaux et faite d'un seul coup.

Le cinquième a été retiré de la Somme près du gissement celtique de la porte Marcadé, et en proviait probablement. 11 n'a de remarquable que l'espèce de coeur que dessine l'écorce dont on lui a laissé une portion.

Ces derniers morceaux s'écartent beaucoup des haches, et nous avons hésité à les ranger dans cette catégorie ; mais ils n'eussent pas été mieux placés dans celle des couteaux .

Les objets suivans sortent aussi des conditions ordinaires, et dès-lors des dénominations connues. Ils sont, au nombre de quatre, dessinés sous le n^ 33.

Évidemment très-anciens, ils présenteraient un grand intérêt si l'on avait constaté leur origine d'une manière positive.

Les deux premiers, hauts de 6 centimètres, larges de 2, sont faits d'une pierre grise qui se rapproche dagra-

Dite. Ils sont altérés par le temps et pourtant il leur reiste encore quelques traces de poli. Ils ont dû être employés comme amulettes, car chacun d'eux est percé d'un double trou qui a servi à les suspendre à un cordon.

Sur la face de devant sont des lignes droites et courbes dont l'arrangement pourrait, à la rigueur, représmter une figure humaine.

Un troisième, 33^, haut de 7 centimètres, large de 3, est en basalte noir. 11 ressemble à la partie inférieure d'une hache sur laquelle on aurait ébauché des cercles, des lignes et des angles.

Le quatrième, 33*^, est en porphyre gris mêlé de vert; c'est un rouleau haut de 7 centimètres et en ayant 6 de circonférence. Soigneusement poli, il présente sur une face trois trous ronds d'un millimètre de profondeur et de 3 de diamètre, et sur l'autre un seul trou.

A une extrémité, est une canelure , puis une ouverture de 6 millimètres de diamètre et profonde de deux. C'était peut-être une sorte de sceau. A l'autre bout, est un trou plus petit.

On nous a assuré qu'il y avait du rapport entre ces pierres et celles qy'on a trouvées en Amérique, il y a peu d'années, dans des sépultures mexicaines. C'est un fait que je n'ai pas été à portée de vérifier.

Un cinquième morceau non dessiné est en marbre blanc ; c'est un casse-tête orné de deux figures humaines en bas-relief et percé de deux trous, soit pour le suspendre, soit pour le fixer dans un manche. Il m'a été apporté d'outre-mer et parait peu ancien, je crois donc inutile d'en donner le dessin. Nous avons

déjà fait observer que plusieurs peuples sauvages &briquent encore des casse-tétes et autres outils en jade, porphyre ou granité et même en silex , qui difiEèrent pea quant à la forme des anciens instrumens celtiques.

Depuis que ces descriptions ont été écrites , une hache d'une forme nouvelle a été trouvée près du Moulia Quignon : je ne doute pas qu'elle ne provienne de ce banc, mais comme elle était sur le sol, je n'ai pu la ran-* ger parmi les pierres diluviennes. Cette hache, fig. 34, en silex noirâtre revêtu d'un vernis blanc , a tout ce qui annonce la plus haute antiquité . Longue de 1 6 centimètres, large de 5 à ses extrémités , elle n'en a plus que 4 au centre. Ce qui la distingue des autres haches, c'est une courbe de plus de deux centimètres, qui lui donne la forme d'un arc. Elle est ouvrée partout par éclats irréguliers. Armée à chaque bout d'un tranchant arrondi en demilune, elle a pu servir comme arme de guerre ou comme outil. Lorsqu'elle était emmanchée elle devait avoir la figure de l'instrument que l'on nomme tille et dont se servent les charpentiers. '

Nous passons maintenant aux haches diluviennes.

INDUSTRIE PEOMIim; CHAF.XRl PI.IOU

Tiers de^arand^irt

jEcJuHc^ cU o,2o &

txS 1 ! ! \ \ \ \

/Tislrumens ,en j^ierrey. JTaches /cel&auùF .

Tonvrier Necker, au banc du Moulin Quignon. Il n'a pu d'ailleurs reconnaître bien positivement cette hache parmi celles très-nombreuses de ma collection.

La hache n^ 4 provient, non du fond de la sablière, mais de la couche argileuse qui précède celle des sables ossifères. Elle est en silex blanc, et j'aurais cru qu'elle avait subi l'action du feu, si tous les silex de cette couche n'avaient pas quelque chose de la même teinte. *

Sa hauteur est de 17 centimètres, elle a dû en avoir 18, car elle est un peu ébréchée à son extrémité qui devait être une pointe aiguë. Elle a 9 centimètres li2 dans sa plus grande largeur et 3 1 14 dans sa plus grande épaisseur qui va partout en s'amincissant, ce qui la rend

^ J'ai parlé ailleurs de cette blancheur des silex dans les tourbières et dans certaines terres argileuses. Je ne puis rien affirmer sur ces derniers, mais quant aux silex des tourbières, il en est qui portent évidemment des traces de feu. 11 est facile de reconnaître ces traces lorsque la pierre a été longtemps chauffée; alors elle perd son éclat; sa teinte prend quelque chose de terne et de mat ; le toucher en est différent, il happe aux doigts selon Fcxpression de M. Ravin ; enfin sa pâte est plus sèche et son poids est moindre. Mais ces signes manquent quand la calcination n'est que commencée. Dans ce cas le silex n'ayant perdu que sa couleur et seulement à sa superficie, diffère peu de cdui qui a été exposé à Pair pendant longtemps et dans certaines conditions, car tous les silex ne blanchissent pas à Pair : le silex noir se ternit à peine sous l'influence des siècles, tandis que le silex gris-blanc tarde peu à prendre une teinte roussâtre en abandonnant le fer qu'il contient à l'état de sulfure. Mais ce même silex , j'en donnerai bientôt des exemples, en perdant d'un côté acquiert de l'autre : il se couvre d'une sorte d'enduit ou de vernis dont la teinte varie du blanc au jaune et au verdâtre. Cette couche ou dépôt est fort mince ; elle est pourtant très-visible, et on la distingue mieux encore en usant le silex par place ou en le brisant.

tranchante dans toute sa circonférence ; elle figure assez bien un fer de lance. On en voit peu d'aussi larges et d'aussi aplaties relativement à leur grandeur. Cependant j'ai trouvé, depuis, son analogue au Moulin Quignon, et l'on en verra la description à la fin de ce chapitre. Ce n'est pas le même silex, mais c'est la même coupe. Rien d'extraordinaire à ceci : j'ai déjà dit que Menchecourt, l'Hôpital et le Moulin Quignon , sont des parties d'an même banc.

A la suite du n^ 4 et sous la lettre A, est un grès très-dur, haut de 1 1 centimètres, large de 8 à sa base et d'une épaisseur égale. Cette base, qui forme saillie comme la tête d'un clou, est carrée et semble avoir été soumise à un frottement. Le reste du grès qu'on peut comparer à une langue, est revêtu de son écorce. S'il y a eu travail , ce que je ne puis afBrmer, ce ne serait qu'à la base : on lui aurait imprimé une forme carrée, peut-être pour l'utiliser comme coin à fendre du bois, usage auquel sa coupe et sa dureté le rendent très-propre.

Ce grès a été trouvé dans la sablière de Menchecourt en 1840. II était à 6 à 7 mètres au-dessous de la superficie parmi des ossemens fossiles. Comme travail humain, pétrification ou empreinte, car c'est l'une ou l'autre, c'est un morceau à conserver ; mais n'ayant pas la certitude qu'il soit ouvré , je le mets hors ligne. Depuis, dans an gissement diluvien j'en ai trouvé deux autres de même forme, en silex.

Nous arrivons aux haches extraites des bancs de l'Hôpital et du Moulin Quignon.

La hache n^ 5 n'est travaillée que d'un côté, et l'est

très -peu. Si je l'ai citée ailleurs et si j'en parle ici, c'est qne je Tai trouvée la première et qu'elle a smené la découverte des autres ; seule , elle n'eut rien prouvé. Elle est en silex gris, sa longueur est d'un peu moins de 16 centimètres, sa largeur de 6. Une sorte de tranchant fait à petits éclats et arrondi en demi-cercle, indique l'intention de l'ouvrier. Cette hache était dans la première couche de sable jaune-gris à deux mètres et demi de la superficie.

Sous les n°» 5^ et 5' sont deux autres haches portant le même caractère, c'est-A-dire qu'elles ne sont taillées que d'un côté, l'autre côté est revêtu de son écorce. Leur longueur est de 14 centimètres, leur largeur de 6. Elles sont en silex blanc et gris. La première vient du banc du Moulin Quignon, la seconde du banc de l'Hôpital. Ces deux haches, au lieu d'être arrondies à éar tranchant comme les précédentes , se terminent en lointe. L'ensemble de leur forme est celle d'une langue. -.e travail y est grossier, mais il n'est pas douteux; es bords vers la pointe sont déterminés par des écailles ît la base a été également ouvrée.

Le n^ 6 était dans le lit de sable blanc traversé par leux bandes d'argile, à environ 5 mètres de profondeur. >tte hache doit être une des plus anciennes que nous lyons à décrire. Ce qui l'indique c'est ce vernis jaunâtre |ui la recouvre; il annonce qu'elle a été long-temps exposée à l'air avant d'être entraînée par le courant diluvien. Elle est tronquée ; est-ce par suite d'une brisure ou de a forme du silex ? Si la brisure a eu lieu après l'œuvre, 3lle tend encore à prouver son immense ancienneté par a teinte qu'a prise cette brisure.

L'on remarque un effet analogue sur les arêtes qu'ont laissées les éclats. Elles sont adoucies et polies, non par Fouvrier, mais par le temps et par le frottement contre d'autres corps.

La longueur de cette hache est de 15 centimètres, sa plus grande largeur de 9. Elle n'a pas été taiUée par coupures longitudinales, mais par écailles, et creusée à grands coups.

Le n^ 6^ en est une autre qui paraîtrait douteuse sans son analogie avec la première. Elle est également taillée par écailles, mais plus grossièrement encore. TrouTée dans le même gissement, elle a la même teinte, le même caractère. Sa hauteur est de 20 centimètres, sa largeor de 10.

Celles qui suivent sont plus nettement traitées, quoique toujours par le même procédé. Le n^ 6' est en silex blanc jauni extérieurement par le voisinage d'un sable fermgineux. Elle a 12 centimètres 1|2 de hauteur et sa pointe est un peu tronquée; sa largeur est de 8.

Le n^ 6c en silex jaune mêlé de vert «est, saof sa dimension moindre de 2 à 3 centimètres, la répétition de la précédente. Elle a également la pointe émoussée.

Le n^ 6<^, à peu près de la même taille, mérite une mention particulière parce qu'elle est aussi recouverte de cet enduit qui prouve un long séjour à l'air et, dès-lors, une ancienneté déjà très-grande au moment oà l'eau l'a entraînée. Elle a été trouvée entre le sable gris et le sable jaune argileux, à 4 mètres 1 {2 de la superficie. L'enduit a été enlevé sur les angles par le frottement; ce qui en reste est jaunâtre sur un fond mûr et

gris. Ce vernis existe sur les deux faces de la pierre et devient d'un blanc mat sur la partie de dessous ou la moins travaillée. Je considère ce morceau comme trèscurieux par son caractère de vieillesse qui frappe tout d*abord. Il est, de môme que les précédons, tronqué à sa base, mais on ne peut dire si c'est par aocident ou par suite de la forme primitive de la pierre.

Sous le n® 7 sont plusieurs haches également tronquées à l'extrémité opposée au tranchant, et qui, en ceci comme dans leur ensemble, diffèrent peu du n® 6 ; mais ici l'intention est manifeste, car elles sont coupées à angle droit, soit qu'on ait fait choix de pierres ainsi disposées, soit qu'on ait après coup pratiqué cette cassure, qui parait avoir eu un but d'utilité. En efiet ces haches, fort brutes d'ailleurs, semblent propres à servir de coins et c'est l'emploi qu'on peut leur supposer. La pointe rude, mais solide, était introduite dans une fente du bois et on Ty faisait pénétrer à Taide d'une masse ou d'une autre pierre frappant sur l'extrémité plane.

Enfoncées dans la terre, elles pouvaient encore être utilisées comme endumes.

Le premier de ces morceaux «st en silex gris revêtu presque entièrement de son écorce. Son tranchant a été préparé d'un c6té par trois grands éclats égaux entr'eux et fonnant rayons. De l'autre côté, on ne remarque d'abord qu'un seul éclat, mais on voit que pour le faire

on s'y est pris à trois et quatre fois. La longueur de cette pierre est de 15 centimètres 1|2, sa largeur de 10 au milieu, et seulement de 7 à sa base. Elle provient du banc de l'Hôpital , et avait été rejetée sur le bord de

Texcavation quand je l'ai ramassée. La pluie ayant làvé le sable, je n'ai pu savoir de quelle couche elle sortait.

Les deux autres n^^ 7^ et 7* étaient dans le Ht de sable ferrugineux ; elles en portant encore des marques. Elles sont d'un sUex jaune nuancé de noir. U plos grande a 15 centimètres de haut sur 8 de large; elle peut, comme la première, tenir debout sur la base.

L'autre un peu plus courte, est travaillée de la même manière à grands coups et sans soin. On voit que c'étaient des outils destinés à un usage grossier.

Une quatrième fig. 7^ vient du Moulin Quignon.

Il est une variété de ces haches-coins beaucoup plus petites, plus effilées et mieux &ites, fig. 7^. Elles varient de 7 à 10 centimètres de haut sur 3 à 5 de large à la base. Elles sont d'un silex blanc-jaune et, à la dimension près, assez semblables aux premières.

Toutes les pierres de ce n^ sont remarquables, non à cause de l'œuvre, mais parce qu'on en conçoit l'emploi^ chose assez rare quand il s'agit des instrumens celtiques.

La hache n^ 8 a été extraite également sous mes yeux de la deuxième couche de sable ferrugineux, à 4 mètres 33 centimètres de la superficie. Pour qu'on paisse vérifier son origine, je l'ai laissée tout entière dans sa croAte de sable. Cette hache, arrondie d'un côté, se termine eii pointe 4e l'autre, en formant une légère courbe. Dans son ensemble elle a l'apparence de ces grosses lûmes qu'on met sur les draps mortuaires. Sa longueur est de 15 centimètres, sa plus grande largeur de 6, sa plus grande épaisseur de 5. Elle est en silex noirâtre et Manc. Les angles et arêtes sont moins émoussés que dans les

HACHES DHiUVIENNES. 355

précédentes, ce qui indique qu'elle n'est pas aussi ancienne ou qu'elle a été roulée moins longtemps.

Son analogue 8^ , a aussi été trouvée par moi : il était dans le lit de sable gris, à cinq mètres 4e la super^ ficie. C'est à cette profondeur que Ton rencontre ordinairement dans le gissement de l'Hôpital, les objets les miaix conservés et les plus nettement ouvrés.

Cette hache a la figure d'une poire loi^e et aplatie oa bien encore d'un fer de lance. Sous ce rapport elle se rapproche des précédentes, mais elle a été fabriquée par un autre procédé : ici plus de vive arête ou de coupe en ligne droite, mais des éclats enlevés en creux et en sens divers. Longue de 16 centimètres et large de 9.i sa base, elle se termine par une pointe émoussée. Elle est en silex gris-blanc mêlé de vert et de jaune, et recouverte de ce vernis qui, selon nous, dénote la trèsgrande ancienneté du travail; cependant elle a peu souffert. Taillée sur les deux faces , c'est une des belles haches provenant de ce banc.

Par un hasard étrange , une autre du même silex et de la même forme, mais plus petite, était à côté. Elle n'a que 9 centimètres 1|2 de hauteur sur 5 de largeur à la base. Elle est aussi moins bien faite.

Une quatrième longue de 10 centimètres, large de 6, 'en silex jaune corné, a été trouvée au Moulin Quignon dans le sable argileux, le 18 avril 1845.

Une cinquième est toute semblable. Enfin il en est une variété qui n'a que 7 centimètres de longueur.

Sous le n^ 9 sont des haches en silex de diverses nuances, de forme ovoïde et dont les dimensions varient

de 9 à 12 centimètres de longueur sur 6 à 8 de lai^^r.

Le travail de ces morceaux est peu soigné, mais il n'est pas douteux. On voit que c'est le type primitif des haches en amandes : Tune est couverte de ce vernis dâji cité ; elle était dans la couche de sable ferrugineux du banc de THÔpital, à 5 mètres 1|2 de la superficie.

Il en est une arrondie que j'hésitais à signaler à caase de sa ressemblance avec un caillou roulé , mais depuis j'en ai trouvé d'autres qui ont dissipé mes doutes. Longue de 12 centimètres, large de 5 1(2, épaisse de 5, elle a un peu la forme d'un œuf de pingouin. Elle est taillée dans toute sa circonférence par grandes écailles, et fort usée ce qui la rend difficile à reconnaître.

La hache n® 10, dans sa coupe indécise, aurait pu aussi donner matière à discussion sans ses nombreux similaires. Sa longueur est de 20 centimètres, sa largeur de 9; elle était entre le sable gris et le sable noir dont elle a pris les deux teintes. On aperçoit même sur l'un de ses angles un peu de la couleur jaune du banc ferrugineux. Ce n'est plus la figure ovale ou en amande, mais nn lozange à deux pointes de flèche.

Son analogue fig. 10^ n'a que 14 centimètres. Il en est d'autres plus petites et variant dans leur longueur de 8 à 12 centimètres. Elles sont aussi en silex janoe ou blanc veiné de gris. Deux proviennent du Moulin Quignon.

Quant à la forme n® 1 1 , on peut l'appeler demi-hache, car elle représente parfaitement la moitié de la précédente. C'est une figure grossière de dard à trois angles. On ne doit pas confondre ces silex taillés en triangle

avec le silex en plaquette qui, en se brisant, affecte natuidlanent cette forme triangulaire, et qu'on trouve assez fréquemment dans ce même gissement. Il existe des iiacfafes et même des couteaux faits avec ce silex plaquette; mais il est bon de ne les admettre qu'avec précaution, et ce sont ici les éclats de la surface et les parties rondes qui déterminent la certitude du travail.

Les demi -haches varient extrêmement dans leurs dimensions: j'en ai vu depuis 6 centimètres de haut jusqu'à 30. Celle que je décris ici est en silex gris; sa hauteur est de 26 centimètres, sa largeur à la base de 14. On peut la faire tenir d'aplomb sur cette base. Je reviendrai sur ces pierres posées. Gelle^^i ne figure donc pas sur cette planche.

Le morceau qui est dessiné est plus petit. Sa longueur est de 16 centimètres, sa plus grande largeur de 10. C'est un silex gris-foncé, taillé sur trois faces, et si nettement qu'on croirait qu'il l'a été en trois coups.

Un autre, fig. 1 1^ n'ayant que 6 centimètres de long sur 6 de large et 5 d'épais^ur, offre la même coupe que le précédent.

J'ai rangé dans la catégorie des flèches, beaucoup de

oes pierres triangulaires qui ne diffèrent de celles-ci

<|ue parce qu'elles sont fiâtes, ^'^t à remarquer que

la forme triangulaire a eu cbeè presque tous les

p^iples antiques, une sigiy||sjation religieuse dont la

tradition s'est étendue jusqlf^inx nations modernes: le

trÛMElgle ou l'équerre est encore le symbole de plusieurs

corporations. Rien d'étonnant dès-lors à ce qu'on trouve

partout cette figure; mais je rappellerai qu'elle se repro-

duit aussi très fréquemment par la cassure naturelle, et qu'il &ut se garder de prendre pour une œuvre oe qui n'est qu'un accident.

Le n^ 12 est un silex brun mêlé de jaune, Imig de 16 centimètres^ large de 14, épais de 6, taillé de tous hs côtés par larges coupures. L'ouvrier en mAouigeant l'écorce du silex, a laissé au milieu une sorte d'ovale de 4 centimètres de diamètre.

Cette circonstance pourrait être attribuée au hasard, si elle ne se renouvelait pas d'une manière identique dans un silex gris-blanc, n^ 12^, long de 12 centimtoes large de 9.

Un troisième, en silex corné mélangé d'une belle teinte orange, a 17 centimètres de long sur 11 de laifpe et 6 d'épaisseur. Il est taillé des deux oAtés à larges bandes, hardiment coupé et peu frotté. Il porte aum la marque de l'écorce, mais elle n'est plus au centre.

D'autres , d'une longueur de 8 à 10 centimètres sur 6 à 7 de large, offirent les mêmes caractères. CSes mlex extraits du banc de l'Hôpital, sont tous travaillés avec soin. J'en ai trouvé de similaires dans les gissemens celtiques.

La hache n® 13 se rapproche un peu de la forme -éa n® 8, avec cette différence que sa pointe finit carrémenL

La plus grande faite d'un beau silex orangé, était dans la deuxième couche de saUe jaune. Sa hauteur est d*m peu moins de 17 centimètres, sa plus grande largeor de 8 li2. Sa pointe coupée à angle droit est large dM. Cette hache est taillée à grands coups et peu roulée.

La seconde a la même coupe, mais ses angles sont

moins saillants. Sa hauteur est de 14 centimètres, «a largenr de 8 et de 4 à l'extrémité formant pointe. Elle est d'un silex tirant sur le roux.

La troisième, la mieqx &ite des trois, a été troavée le tO novembre 1844, dans ce même terrain de l'Hôpital^ à 5 mètres 50 centimètres de la superficie, entre le banc de sable gris et celui de sable jaune dont elle porte des traces bien distinctes sur chacune de ses bces. C'est; encore une hache complète. Sa longueur est de 13 centimètres, sa plus grande largeur de 8. Elle est en silex gris-blanc , et quoique les angles des hachures soient un peu émoussés , on suit partout la main de l'ouvrier et l'on peut facilement compter les éclats enlevés. Hais c'est moins ceci qui doit fixer l'attention que la double nuance des matières qui l'entourent, laquelle prouve jusqu'à l'évidence que, jetée par le torrent dihivi^i sur k couche de sable jaune ferrugineux, elle a été enaiike recouverte par une couche de sable gris , et qu'elle est là depuis la formati(m du banc. Sa figure ne diffère de ceUe des deux antres que parce que son extrémité étroite n'est pas coupée i angle droit et qu'elle se termine par une pointe un peu arrondie. Depuis, j'en ai trouvé plusieurs autres de cette forme.

Le n^ 14 est encore une de ces pierres où Ton ne reommatt Tœuvre qu'après^ «m certaine étude; mais dans celle-ci tous les doutes sont levés par un examen attentif: on peut même remarquer que le tranchant a servi, car les ébréchures qu-'il porte ne sont pas l'effet d'un choc accidentel. Cette hache faite d'un silex jaune et noir, a 15 centimètres de long sur 8 de large. Si

j'en fetis ici une mention spéciale, c'est que je considàre cette forme comme le type des haches demi polies, odks qui plus tard furent emmanchées.

Le n® 15 n'est que commencé; on croirait qu'il a été saisi par le torrent dans la main de l'ouvrier , car ses éclats ont encore toute leur fraîcheur primitive. Smi analogue plus petit a 14 centimètres sur 8. Deux autres fig. 15* et 15^ ont une coupe un peu différente sans être moins grossière. Il est difficile de reconnaître m nae œuvre de l'homme.

On m'a fait observer à propos de ces ébauches, que je n'aurais dû comprendre dans ces descriptions que les morceaux dont le travail est visible pour tous les yeux et au premier aspect. Nul doute que cela n'eût mieux valu; mais on doit se rappeler qu'aucune théorie ne supplée entièrement à la pratique; qu'en toutes choses, même les plus simples en apparence, il fout une certaine expérience , et que tel silex évidemment travaillé pour celui qui en a vu et comparé beaucoup, fMuraitra absolument brut à un explorateur novice. Cqmn dant le contraire peut arriver, et il est des hommes même instruits qui, dans leur ardeur de découverte, verront une œuvre où il n'y en a pas, ^ vous reprocheront d'avoir dédaigné et mis au rebut ce qui, selon eux , méritait la pranière place. Dans cette allernative, quand on a soi-même une opinion, il est difficile d'établir une démarcation entre le scepticisme abada et la confiance sans bornes. Le conseil que nous domiftrons ici c'est qu'il faut repousser comme douteux, non pas les morceaux où le travail n'apparatt pas ao (Hre-

HACHES DUiUVIBNNES. 361

mier aperça , mais ceux qui, après avoir été examinés , laissent de Tincertitude aux gens qui ont l'expérience de cet examen.

J'ajouterai que ces morceaux, tout imparfoits qu'ils soient, ne sont pas ici un hors-d'œuvre. Ccmiment indiquer la marche de Fart et en signaler les progrès sans en montrer les jalons 7 Si je m'appesantis sur ces grossiers objets, si j'en donne des descriptions si minutieuses, on me le pardonnera en faveur du motif, et l'on se souviendra que ces ébauches, premiers essais de l'homme, sont probablement les plus anciens monumens de son industrie et les plus vieilles chroniques de notre histoire.

Sous le n<^ 16 est une série de petites haches allongées et aplaties d'un côté; leur ovale en pointe et ses bords festonnés leur donnent l'aspect de pommes de pim Ce n'est encore ici que par la rencontre de plusieurs similaires que j'ai pu constater un travail dans ces hachettes, car leur apparence est agreste.

Les deux premières , longues de 8 à 9 centimètres , sonten silex noirâtre taillé irrégulièrement. La troisième est en silex blanc, le travail y est plus distinct, et la partie concave est par&itement polie ; mais il se peut que ce soit par suite d'un frottement naturel à travers le sable. Cette pierre a 7 centimètres de haut sur 3 de large. La quatrième n'en a que 4 sur 3.

Une cinqutème longue de 7 eentimètres, n'est ranarquable que parce qu'elle est taillée en ruban à sa base, chose peu ordhiaire dans ces sortes d'instramens. Enfin quelques autres , en silex blanc on jaune, cessent d'être aplaties d'un côté et sont nettement travaillées partout.

Le n® 17 est un type qui se rencontre fréquemment dans ce même banc de THÔpital. Je n'ai trouvé aucune de ces haches , si on peut les appeler haches , excédant 1 2 centimètres de hauteur sur 5 à 7 de largeur. Elles sont toutes tellement usées que Tœuvre peut y paraître don-* teuse. Elles semblent avoir été fabriquées en trois coaps dont chacun a enlevé une large tranche en ligne droite et par un procédé qui se rapproche de la taille en ruban on bandelette dont nous parlerons bientôt.

L'autre face est plate et souvent revêtue de son écoroe.

II est des similaires plus arrondis et visant à la forme ovoïde ; d'autres ont celle d'un carré long ; mais tous offirent les trois éclats longitudinaux, leur signe distinctif.

Le n® 18 présente aussi cette découpure en largeè tranches ; toutefois ici , au lieu d'être perpendiculaire elle aflPecte la courbe. Est-ce la forme de la pierre qoia déterminé l'ouvrier ? Je ne le pense pas, car cette courbe se répète dans de nombreux analogues, et dans la coupe circulaire on reconnaît encore les trois grands éclats.

Ces morceaux dont la longueur varie de 7 à 14 centimètres sur 5 à 8 de largeur, ont l'aspect d'une pince de crabe ou de homard. Ils sont ordinairement en silex jaune mélangé de noir ou corné, et se ressemblent tons.

Unseul,fig. 18*, est plus aplati. Tranchantdans sa cir> conférence et long d'environ 9 centimètres sur Odelai^ge, il est fait d'un beau silex verdâtre mêlé de jaune et de blanc. 11 n'a pas été roulé, et l'on y suit partout la main de l'ouvrier. Il provient aussi du banc de l'Hôpital.

Depuis j'en ai trouvé un autre presque semblable, mais plus petit, fig. 18^.

Le n^ 19, en silex corné mélangé de jaune, est un essai de la taille en ruban. Ces rubans dessinés sur Tun des angles du silex, coupé sur trois faces, descendent en serpentant dans un large éclat formant la pointe.

Cette pierre mal façonnée ottte de l'intérêt en ce qu'elle présente les deux genres de taille : éclats et rubans.

Sous le même n^ est un autre silex qui n'a qu'un commencement d'œuvre: deux rubans ont seulement été enlevés et un troisième a été essayé. Ce silex encore revêtu de son écorce brune ou argileuse, est d'une pâte très-noire, très-fine, et le seul de cette espèce que j'aie rencontré dans le banc de l'Hôpital.

Un troisième 19* a été trouvé sur le sol où, d'après son vernis blanc, il a dû séjourner longtemps. Je le cite ici seulement comme point de comparaison, car je ne puis afBrmer qu'il vienne du banc diluvien.

Lie quatrième 19^ en silex noir sort bien positivement de ce banc. La coupe rubannée y est distincte et l'on y compte trois bandelettes de la longueur de 5 à 6 centimètres, le dessous et la base paraissent aussi avoir été travaillés.

Le n® 20 est une hache étroite lourdement façonnée. Haute de 15 centimètres, large de 5, épaisse de 3 d'un côté, et jNresque tranchante de l'autre, elle a l'apparence d'une ébauche de couteau. L'œuvre y est peu distincte.

Elle Test davantage dans ses similaires plus petits ou de 7 à 12 centimètres de hauteur sur 2 à 3 de largeur.

Leur coupe allongée, leur ressemblance entr'eux, m'ont à peu près convaincu qu'ils étaient ouvrés. Cependant comme ces morceaux sont fort usés et que les traces des éclats et écailles ont cessé d'être visibles , je ne les présente qu'avec défiance. C'est un de ces derniers que figure le dessin.

Sous le même n^ sont d'autres silex de forme également droite, mais qui, dans le mode de travail, difiEèrent des premiers et ont de l'analogie avec le n^ 17; seulement au lieu de trois tranches perpendiculaires, il s'en présente quelquefois cinq, six ou plus, et ces tranches enlevées sur la longueur, le sont d'une manière si égale et si droite que plusieurs ressemblent à des prismes de basalte. Sans quelques indices de travail j'aurais cru que cette forme, à cause de sa régularité même, était un eCBdt de la nature du silex et d'une sorte d'exfoliation ; mais en rapprochant ces prismes des cônes taillés trouvés dans les gisssemens celtiques, j'ai vu qu'ils étaient ouvrés d'une manière à peu près identique, c'est-àdire par bandelettes détachées longitudinalement.

Je n'ai rencontré de ces prismes que dans les bancs diluviens, et ils n'y sont pas rares. Quelques-uns ne sont taillés que d'un côté, mais la plupart le sont sur toutes les faces, et de manière à figurer une cristallisaticm. *

* n est probable que ce n'en est qu'une apparence. On sait que les silex constituent le quartz amorphe, sans cristaUisalkNi oa à cri»tallisation confuse.

Le quartz qui cristallise forme des prismes à six pans terminéi par un sommet hexaèdre. D'autres fois c'est une pyramide simple à six iMes ou un dodécaèdre bi-pyramidal. U y a bien des pans triangnlaiwe

La longueur de ces morceaux, fig. 20^ et suivantes, est de 4 à 6 centimètres, leur largeur de 1 à 2. Quelquesuns sont aplatis et taillés de manière à former couteau ; l'on verra la description de ces derniers dans le chapitre qui concerne ces inst rumens.

Quoique mes recherches dans la partie du banc dite Moulin Quignon n'aient pas été moins actives qu'à l'Hôpital, je n'y avais trouvé d'abord que peu de silex travaillés. Cependant en 1840 ou 1841, une hache y avait été recueillie par les ouvriers Lalouette et Necker. Depuis, une seconde l'avait été par deux autres terrassiers, Pierre Couvreur et Théophile Amiot; mais en l'examinant, je vis qu'elle n'avait aucun rapport avec la forme diluvienne et qu'elle se rapprochait beaucoup plus de celles de Tépoque gallo-celtique; enfin, je reconnus dans le pli d'une cassure, une portion de terre végétale. Nul doute qu'elle ne provînt des couches supérieures où il existe des débris romains, et qu'elle ne fût accidentellement tombée dans la tranchée. Mais le 25 janvier 1845, ces mêmes ouvriers vinrent me

au sommet des prismes et aux pyramides ; mais il ne se trouve rien dans le quartz qui Toblige à se diviser en fragmens triangulaires lorsqu'on le brise , et cela n'a pas lieu non plus pour les silex , sauf le silex en plaquette. Or ce n'est pas là l'effet d'une cristallisation, c'est un résultat de la forme plate de la pierre: le choc la rayonne , à partir comme d'un centre du point où il a frappé , ce qui arrive également pour les carreaux de marbre, pour des vîtres, pour des ardoises.

Telles sont les réflexions que me faisaient M. Ravin au sujet de ces prismes de silex qui sont encore pour moi un problème. Est-ce une cristallisation ou une exfoliation? Est-ce un travail humain? Telle est la question.

dire qu'ils avaient aperçu dans le lit de sable jaune, à 2 mètres de profondeur , une hache qui paraissait entière. J'y fiis: je vérifiai son gissement. Elle était dans le lit de sable ferrugineux à 1 mètre 70 centimètres au-dessous de la couche d'humus.

Cette hache, dessinée au n^ 21, est une des plus complètes qui aient été trouvées dans les bancs diluviaos de nos environs; elle se rapproche pour la forme, de celle de Menchecourt, n® 4. Sa longueur est de 17 ca»timètres 1{2, sa plus grande largeur de 8 1}2. C'est un ovale allongé en fer de lance, taillé sur toutes les faces. Sa matière est un silex gris-blanc, qui a pris une teinte brune cornée. *

Sans être entièrement finie, elle est fabriquée avec soin. La pointe a dû en être très-aiguë , mais elle a été brisée par accident. II est à croire qu'elle a été saisie par le torrent, à peu de distance du lieu où elle a été fabriquée, car elle n'est que légèrement usée par le firottement, et Ton aperçoit tous les détails de Tœuvre consistant dans un grand nombre d'écaillés ou d'éclats enlevés en tous sens.

Depuis j'en ai trouvé plusieurs autres non moins belles dont la taille varie de 9 à 1 3 centimètres de hauteur sur

* La découverte de cette hache a été constatée par ce procè&-verbal.

« Nous soussignés Pierre Couvreur et Théophile Àmiot, terrassien, demcurans à Vauchelle-lès-Quesnoy, près Abbeville :

» Certifions que le vendredi 24 janvier 1845, dans l'aprèsHnidi, nous avons trouvé dans le sable jaune du banc de cailloux, dit Moulin Quignon, derrière le champ de mars d'Âbbeville, à 1 mètre 70 centimètres au-dessous des terrains rapportés, une hache ou coin en silex roux.

HACHES DaUVIENJNES. 367

6 à 8 de largeur. Quelques unes au lieu de finir en pointe Suai ovales; elles ont de 9 à 16 centimètres de longueur sur 7 à 10 de largeur. Voir les figures.

Le n® 22 tout imparfait qu'il semble n'est pas moins digne de remarque. Il provient de la couche de sable ferrugineux du même gissement. Sa longueur est de 17 centimètres, sa largeur de 9, son épaisseur de 5. Il est Sût de silex plaquette, qui est ici d'une épaisseur peu ordinaire. Sa forme est dessinée en fer de lance ou en amande comme la première, et cependant aucun travail ne paraît ni dessus ni dessous. La circonférence seule a été taillée.

Cette ébauche est un type primitif, une sorte de patron, ou bien une hache commencée et abandonnée à cause d'un défaut de la pierre, dé&ut qu'on remarque sur l'un de ses angles.

Peut-être aussi ce silex, vu son épaisseur, devait-il être dédoublé et faire ainsi deux haches plates et tranchantes comme la précédente.

La fig. 22^ représente une autre ébauche en silex corné

longue de 17 centimètres li2 et large de 8 li2. Ce coin a étë immëdiatement remis par nous à M. Boucher de Perthes, président de la Société d'Émulation, lequel, vérification faite des lieux, a reconnu l'exactitude du fait.

» Âbbeville, 25 janvier 1845.

Signé Âmiot Théophile. -f-

» Les soussignés certifient que' la croix apposée ci-dessus a été faite en leur présence par le sieur Pierre Couvreur, dénommé en la présente déclaration, et qui a déclaré ne savoir signer.

• Signé L. Van Robais et Dufrène. »

haute de 18 centimètres, large de 9, épaisse de 6. Une troisième %. 22* a la moitié de cette taille. Ces deax instrumens étaient destinés à être finis.

Le n? 23 a quelque rapport avec la forme en ogive ; ce qui Ten distingue, c'est la rentrée pratiquée un pea au-dessus de la base, rentrée qui est plus prononcée dans une forme voisine , dont je donnerai la desmption au chapitre des pierres levées ou des dolmens primitifs.

Toutes les pierres de ce n^ 23 semblent foites poor être posées sur un plan incliné , de manière à demeurer penchées à peu près comme Test un pupitre ou un miroir de toilette. On aperçoit dans toutes, qu'on a profité autant que possible des accidens du silex pour lui imprimer la forme voulue, qui est celle d'une lyre ou de ces pendules dites cartels.

Le morceau que je décris est en silex gris. Sa hauteur est de 13 centimètres li2, sa largeur à la base de 9 et au centre de 7 ; son épaisseur de près de 6. Sa surfisM^e forme un dos d'âne coupé perpendiculairement par une arête qui a été usée et même creusée , peut-être par accident. Le derrière est brut et revêtu de son écorce^ sauf la partie supérieure où l'on aperçoit plusieurs édats en rubans. La rentrée d'un côté est naturelle, de l'aiitre elle a été faite de main d'homme.

Son analogue est un peu moins long et moins épais, mais plus large. L'arête du milieu a été également adoucie, et les rentrées ménagées des deux côtés par des brisures.

Un troisième en silex gris lavé de jaune, est plus

HACHES DlLUVlEiNNES. 369

étroit, moins tourmenté dans sa circonférence, et semble être un intermédiaire entre cette forme et la siuVante.

Il en est de même du quatrième, trouvé dans la deroiére couche de sable ferrugineux du banc de l'Hôpital, à 5 à 6 mètres au-dessous de la superficie. C'est un beau silex noir mêlé de jaune. Sa longueur est de 10 caitimètres, sa largeur de 6 ; son épaisseur de 1 0 millimètres. Uni sur sa surface concave , il présente sur l'autre une arête longitudinale qui le partage en deux parties égales, et d'où divergent d'autres arêtes qui vont gagner ses bords. Sa figure est celle d'une porte cintrée. Le cinquième rentre complètement dans la coupe en ogive. C'est un silex noir veiné de blanc, haut de 11 centimètres, large de 7, épais de 3 1 {2 à sa base sur laquelle il peut tenir debout. Sa forme est celle d'une fenêtre, ce qui lui donne un air monumental ; plat d'un côté, formant dos d'âne de l'autre, il est partagé également dans toute sa longueur par une arête fort usée par le frottement; à droite est une seconde arête et à gauche une troisième peu apparente.

Son analogue fig. 23^ en silex jaune et brun,. est mieux

conservé. Les trois arêtes transversales sont encore vives.

Ce morceau, moins épais et moins haut de 2 centimètres

que le précédent, a la même largeur. Il provient aussi

du banc de l'Hôpital.

Un autre, fig. 23', en silex blanc dont les dimensions sont à peu près égales, sauf l'épaisseur qui est de 28 millimètres à la base, a été trouvé à Epagnette près d'Abbeville, parmi des silex provenant d'un banc

diluvien alors ouvert sur ce point. Ce morceau n'est pas coupé comme les autres : légèrement convexe des deox côtés, il ne présente aucune arête. De même que le premier, il pose sur sa base.

Un dernier, fig. 23^, en même matière, mais d'un tiers plus grand et moins épais, est d'une forme carrée.

On trouve fréquemment des silex de cette figure dans les sables diluviens, et j'en pourrais citer qui ont jusqu'à 23 centimètres de haut sur 20 de large el 8 d'épaisseur.

Quand ils ont cette dimension qui leur donne l'appa* rence d'un écusson, on s'aperçoit que l'ouvrier, pour abréger sa tâche, a choisi un fragment naturellem^it aplati; alors son œuvre s'est borné à en arrondir le cintre et unir la base.

A quoi servaient ces pierres ? Leur forme qui en petit a quelque chose d'architectural, indiquerait qu'elles ont rapport au culte ou à l'histoire des peuples qui les employaient; mais cette histoire un voile la recouvre, et ces signes prouvent seulement qu'il y avait alors, comme aujourd'hui, des hommes religieux et penseurs.

Le morceau n^ 24 a été retiré le 28 février 1845 du banc de l'hôpital. Il est en silex gris-blanc. Long de 11 centimètres, large de 8, il présente un ovale aplati sur ses deux faces. Il n'a qu'une épaisseur de 5 millt-mètres. C'est la hache la moins épaisse, relativement à sa grandeur, que j'aie encore rencontrée. Elle est fort bien travaillée.

Son analogue est moins mince, moins régulier. Il est en silex jaune et blanc; long de 8 centimètres 1[2, large

de 6 , il provient da même banc et se rapproche pour la forme des morceaux suivans.

Sous le n^ 25 sont ces silex arrondis que, dans les gissemens celtiques , nous appelons pierres» de fronde. Dans les bancs diluviens ces pierres sont généralement plus grandes et proportionnellement moins épaisses. Le diamètre de celles quç je décris varie de 6 à 7 centimètres, leur épaisseur de 5 à 10 millimètres. En silex jaune, blanc, ou gris, elles sont taillées des deux côtés par grands éclats irréguliers, puis arrondies sur les bords par de petites cassures transversales.

On en rencontre qui sont coupées en demi-lune, ou bien en ovale. La longueur de ces dernières est ordinairement de 7à8centimëtres sur 4à5 de largeur. Les angles de celles que j'ai sous les yeux ont été usés par le frottement ; mais Texactitude de Tovale annonce un travail assez soigné. Une seule est bien conservée; voir les dessins. II y a aussi de ces ovales en plaquette. ^

Sous le même n^ est encore une variété qui a la forme d'une moule. Le premier analogue , fîg. 25<^, long de 10 centimètres 1{2, large de 7, est en silex corné mêlé de blanc et de vert, taillé par larges éclats. Il provient du banc du Moulin Quignon. Le second 25^ en silex blanc. Le troisième 25' ressemble au premier, mais il est d'un silex plus grossier , et comme les deux autres , il a une partie de son écorce.

Lequatrième, fig. 25', est en silex jaune mêlé de vert.

Le cinquième, fig. 25^, en silex gris corné, est un peu plus petit. Sa longueur est de 9 centimètres, sa largeur de 6. Il est nettement taillé; sa figure est celle d'une crête de coq.

Le n^ 26 diffère des haches ovales dont nous avons signalé plusieurs variétés et se rapproche davantage de la figure d'un cœur. Le morceau que nous décrivons mérite une mention particulière, à cause de la r^;nlarité de sa forme. Il est découpé à grands coups, mais d'une manière qui annonce à la fois de Tintelligence et de l'habitude. En effet on voit que chaque éclat a été enlevé en partant du point culminant de l'arête qui serpente dans toute la longueur de la pierre. Le dessous n'est pas moins bien ouvré. Cette hache en silex eomé jaone et noir, est haute de 12 centimètres; sa largeur approche de 10. C'est le 6 mars 1845, que je l'ai trouvéedans le banc de l'Hôpital.

Son analogue, fîg. 26^, ressemble à une figue aplatie. Long de 9 centimètres sur 8 de large et ayant 1 5 miOimètres d'épaisseur, il a été travaillé par un autre procédé, et l'on n'aperçoit la trace des éclats que dans sa circonférence.

Le troisième, 26', haut de 1 1 centimètres, largedel2, épais de 5, est un lourd instrument tenant à la fois de la forme d'un cœur et de celle d'un trèOe dont il se rapproche davantage, on peut ainsi l'appeler hache ea trèfle, il est en silex noir et jaune, recouvert en partie de son écorce.

Un quatrième, 26<^, a été plus travaillé, mais le firottement a fait disparaître la trace des éclats. Il est nHuns massif que l'autre ; du reste, sa forme est la même.

Le n? 27 est de toutes ces haches la seule, peut-être, qui en mérite le nom, car seule elle en a réellement b forme. Il est vrai qu'ici la nature a fait la plus grosse

p«r|de l'œuvre, mais elle n'a pas tout fait; et quoique cette pierre dont la hauteur est de 19 centimètres et la iargeur moyenne de 10 sur une épaisseur de 5, soit presqu'entièrement couverte de son écorce, la main de rhomme n'y est pas moins visible, et les éclats qui en ont été enlevés, soit à l'extrémité destinée à représenter le tranchant , soit à la partie inférieure et attenante au manche, soit enfin à l'arrière et pour ménager ce manche fait de Ut même pierre, offrent partout une intention. Cette hache était certainement un instrument d'utilité ou de défense : elle ne coupe pas , mais comme marteau 011 casse-téte pour combattre de près, elle est très-apte à son œuvre.

Ses analogues beaucoup plus petits sont sans manche,

mais ils paraissent destinés à être emmanchés en bois

ou en corne de cerf; alors ils peuvent servir de hachettes

dont ils ont la forme. Le tranchant de quelques-unes

semble même avoir été émoussé par l'usage.

La longueur de ces morceaux varie de 7 à 10 centimètres sur 4 à 6 de largeur au tranchant et de 1 à 3 d'épaisseur à la base qui, ordinairement, est coupée à angle droit, ils sont en silex blanc, jaune, ou brun, et proviennent tous du banc de l'Hôpital.

La hachette 27^ est plus massive et d'une forme un peu différente.

EnGn une dernière variété, fig. 27i>et 27', haute de 13 a 15 centimètres, large de 7, épaisse de 5, en silex jaune corné, présente une coupe bien caractérisée et dont l'intention n'est pas douteuse.

Le n^ 28 est une forme ouverte au milieu, représentant

grossièrement une hache à double tranchant, kHAgM de 16 centimètres, large de 8 à chaque extrémité. Elle est eu silex jaune et brun, et ébauchée des deux oMés. Il faut quelqu'attention pour en apercevoir le travail.

Son similaire , long de 8 centimètres sur 4 de large, en silex noirâtre, est plus brut encore ; cependam on croit distinguer quelques éclats. Ces morceaux aéraient douteux sans leur grand nombre.

Sous le même n® 28 sont des hachettes à tètes rcHH des , et dont la longueur varie de 6 à 9 centimètres. Ces objets sont encore de ceux qu'on rencontre firé* qnemment dans les bancs diluviens. L*œuvre y est peu visible et pas plus que dans les précédens ne présente mie entière certitude.

Le n^ 29 pourrait s'appeler hache à spatule. C'est un type qui s'est perpétué, car j'en ai trouvé de semUaUes dans les gissemens celtiques de la Portelette et de la porte Marcadé. Le morceau que je décris a soufiferl du frottement et ses arêtes ont presque disparu, mais aoo manche ou sa partie étroite laisse voir tontes aes écailles. Sa longueur est de 9 centimètres 1(2, sa plus grande largeur de 6. Il est en silex gris bhmchi par le temps , et a dû être longtemps exposé à l'air avant d'être enfoui.

Son analogue, n^ 29^, de même longueur et de même largeur, recouvert en partie de son écorce, ne laisse pas d'abord apercevoir le travail ; cependant sa partie convexe présente deux bandes longitudinales dont hi arêtes quoiqu'usées apparaissent encore. La rainure en creux est peut-être accidentelle, mais les éclats dèMliiés

sor la circonférence sont de main d'homme. Il est en silex noir et blanc et provient aussi du banc de l'Hôpital.

Sous le même n^ 29» est une autrp variété de ces spatules, se rapprochant de la forme d'une massue. Sa longueur la plus ordinaire est de 9 à 12 centimètres sur 4 à 6 à sa plus grande largeur. Ici encore le travail assez peu visible n'a pu être constaté que par le grand nombre d'analogues.

Le n° 30 est une hache en silex gris, longue de 10 centimètres, large de 5, qui finit par une sorte de poignée, et qu'on peut appeler hache à manche ou à main; elle a assez la forme d'une main d'enfant, dont les doigts seraient réunis pour former pointe.

Son similaire n^ 30^, delà même grandeur, mais moins travaillé, est en silex brun jaune.

Un troisième, n^ 30», a 17 centimètres de hauteur sur 8 de largeur. Il n'est taillé que d'un côté et il est traversé dans toute sa longueur, par une longue arête dont s'échappent d'autres arêtes transversales s'étendant vers l'un de ses bords, et formant des cases ou compartimens. Ce morceau a été roulé, ce qui en rend le travail moins apparent.

J'ai pris pour une variété de ces haches une pierre de la forme d'une palme. J'en présente plusieurs analogues n^' W^ et 30^, dont un de 1 5 centimètres de haut sur 6 de large, les autres seulement de 7 à 8 centimètres sur 2. Je ne suis pas bien certain que ces morceaux soient ouvrés.

Le suivant, fig. 30^, l'est évidemment. Haut de 13 centimètres , large de 7 , il est ovale et se rapproche des haches ordinaires.

Le dessin 3(P indique comment ces silex étaient coupés en dessous. Celui-ci, un peu plus long que le précédent, provient du Moulin Quignon.

Sous le n° 31 sont deux haches extrêmement grossières, mais pourtant taillées partout et ayant un peu la forme phallique. La première, haute de 19 centimètres, large de 12, épaisse de 10, en silex jaune-brun, est traversée à sa base par un trou naturel , mais dont une des ouvertures parait avoir été agrandie et polie. La seconde d'un tiers plus petite , et non moins imparfaite est d'un même silex.

Le n^ 32 représente une hachette plate ayant la figure d'une poire. Elle est en pierre de touche vert-pâle, et c'est la seule de cette matière qui ait été trouvée dans les dépôts diluviens de ce pays. Elle était dans la dernière couche de sable noir du banc de l'hôpital et elle en porte encore des traces. Haute de 7 centimètres, lai^e de 5, elle n'a que 4 millimètres d'épaisseur. Sa face supérieure et sa circonférence , sauf le tranchant qui est endommagé, sont soigneusement polies; l'autre face l'est moins bien, peut-être a-t-elle été sillonnée par le contact du silex. Dans son principe, elle aurait donc été plus épaisse. Quoiqu'il en soit je la considère comme un type peu commun.

Je passe maintenant à une autre catégorie d'instromens de pierre ou à ceux dits couteaux. Ce nom deeonvention donnerait souvent une idée fausse de TobjM si la description et mieux encore le dessin ne la rectifiaient pas. Les couteaux de silex dont la figure se rapproche de l'instrument de ce nom , sont rares : la plupart, par

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