CHAPITRE XK
tiottleau dilavieBS.
Nous avons signalé la ressemblance des haches celtiques avec les haches diluviennes. L'analogie des couteaux de Tune et de Tautre époque n'est pas moins visible ; cependant bien des siècles les séparent.
On a vu à quelle cause nous attribuons cette longue stagnation des arts et cette transmission, à travers tant de générations et de catastrophes , des mêmes usages, des mêmes outils, des mêmes signes, enfin des mêmes procédés de fabrication, usages et procédés qui existent encore chez de nombreuses peuplades dont les ustensiles de ménage, les flèches, les haches, les couteaux en pierre et en os, difG^rent peu des mêmes instrumens trouvés dans les plus anciens gissemens. Pourquoi cela? C'est que tous les peuples agrestes ou isolés se ressemblent: la même position, les mêmes privations, les mêmes
besoiiis prodinsent partout les mènes résultats, et les aotes des individus qui tournent dans un même cercle et n'y peuvent faire qu'un seul pas, ne doivent varier nulle part.
Aussi , entre le sauvage d'aujourd'hui et celui du monde primitif, il y a des siècles et rien de plus : les siècles ne changent point les choses quand les choses ne se changent pas elles*mémes.
C'est donc un fait très-concevable selon moi que cette parité des œuvres des difTérens âges. Cette analogie des monumens diluviens avec les monumens celtiques, la ressemblance de ces derniers avec ceux des tribus existantes, ne s'écartent point de Tordre normal ou de la marche naturelle des choses. Ce n'est pas la continuité des mêmes effets ou la quantité des mêmes objets qui doit nous étonner, c'est au contraire ce qui sort de cette continuité ou ce qui n'a que peu ou point de similaires.
Il faut aussi se rappeler qu'une partie des instrumens extraits des sépultures attribuées aux Celtes ou môme aux Gallo-Romains, n'ont probablement pas été fabriqués par eux, et que beaucoup de ces haches et couteaux ne paraissent semblables à ceux des bancs diluviens que parce qu'ils en proviennent effectivement. Dès-lors les instrumens nouveaux ou ceux qui sont l'œuvre des Cdtes mêmes, ne sont que l'imitation des premiers.
J'en viens aux objets recueillis dans les gissemens de l'Hôpital et du Moulin Quignon.
Le couteau n^ 1 offre quelque ressemblance avec le couteau celtique n^ 2 : son aspect est presque le même; cependant il est plus grossier , et s'il avait été seul, le
travail en aurait été mis en doute. Fait en silex noir et jaune, sa longueur est de 14 centimètres, sa largeur de 4 li2. 11 est sans pointe comme tous les couteaux de cette catégorie, dont le principal caractère consiste en des extrémités arrondies. Celui-ci a dû être plus épais qa*il n'est aujourd'hui. On remarque dans la partie (xùBacfB une brisure, suite d'un accident probablement pea anden. Son similaire, fig. 1^, mieux conservé , est aussi moins problématique. Sa couleur est la même, mais on suit mieux les détails du travail et l'intention de Fouvrier : on peut compter les coups qui ont régularisé ses bocds. Une arête le partage dans toute son étendue, qui est de 12 centimètres.
D'autres analogues de 17 centimètres de longueur, sur 3 de largeur , et qui proviennent aussi du banc de THÔpital, ont les mêmes caractères.
Le n^ 2, long de près de 14 centimètres , a dû en aToir 15; la pointe en a été brisée. Sa plus grande largeur est de 4 centimètres 1(2, son épaisseur de 4; il forme une courbe d'un centimètre. Il est en silex noirâtre corné , et partagé dans toute sa longueur par une arête tranchante qui, de 6 millimètres à son point de départ, s'élève successivement à 4 centimètres. Une seconde arête qui ne s'étend que sur un tiers de cette longueur, apparaît sur la gauche. Deux autres arêtes transversales partent de son point culminant pour gagner ses bords. C'est un morceau franchement travaillé et qui paraît avoir été fait en quatre ou cinq coups. Il n'est pas usé. Il gisait dans la couche de sable jaune et noir du banc de l'Hôpital.
GOUYEAUX DtLtfMNS. 4èà
Sonr ahalogae était dans celle de sable Aoir, à près de 5 métrés éfi k sapeffBde; en silex gris mêlé àe blanc, il n'a pstot ét& adievé , néanmoins ' on y reoonpatt d'nn odté la ntoe intention ; convexe de Fantre, il se desa^ie en dos d'âne. Il est divisé par deux arêtes MngitndiiÉtes et in termine en pointe, tandis qu'à sa base il est tronqué carrément: c'est ce qni le distingue des précédas. On remarque deux à trois coupures transvwsales destinées à régulariser sa drconférenee. Sa looMur est de 10 centimètre, sa largeur de 3, son épaissi* d'un pen plus de 2.
Le même banc m'en a fourni plusieurs autres qui varient dans leur longueur de 9 à 11 centimètres. Tous ces couteaux, forts en matière et armés d'une pointe aiguë, pouvaient servir à creuser et à piquer. ll*estpossiUe cju'ils aient été emmanchés.
Le n® 3 est un beau couteau en silex bleuté qui a été
extrait de la eoudie de sable ferrugineux du banc de
l'Hôpital. Il est intact , coupant dans presque toute sa cit-
<x>nférence, et a deux arêtes longitudinales. Sa longueur
est de 12 centimètres^ sa plus grande largeur de 3 li2»
Son analogue fig. 3^, en silex bleu f(Hicé, de 12 oeo-
timètres de haut sur 3 li2 de large ^ n'est pas moins
remarquable par sa conservation et la netteté de ses
arêtes.
Le suivant fig. 3*, plus large et plus épais i, provient du Moulin Quignon.
Les autres sont un peu plus petits, mais également bien traités. Ils sortent du banc de l'Hôpital. Le n^ 4 est en silex bhiidd eemme s'il «vait &ùà
Faction du feu. Cette teinte est le résultat ou d'un long séjour à l'air avant d'avoir été enfoui, ou de son entoamge de marne dont il porte encore des traces, ou enfin d*mi commencement de dissolution. Ce couteau a été fisdt a^ec soin, mais il a souffert du frottement. Ses bords, qoi ont dû être tranchans, sont émoussés. Il n'ofire, dms toute sa longueur de 12 centimètres sur une largeur de 2 1{2, qu'une seule arête nettement coupée, et il semble avojur été fait en trois coups. 11 a hiea l'apparence de la vieillesse, ou, si l'on peut s'exprimer ainsi, la teinte diluvienne.
Son similaire, fig. 4^, en silex noirâtre, n'a que 8 o«itimètres de haut sur 18 millimètres de large. La coupe en est la môme, ainsi que celle du suivant, fig. 4*, qui n'a que 5 centimètres.
Le couteau 4P a aussi une seule arête qui le partage exactement, mais qui n'arrive pas jusqu'à la pointe. Sa longueur est de 10 centimètres. Comme dans les préoédens, le dessous est uni, mais large de 4 centimètres ; il a un aspect un peu différent. On distingue dans sa circonférence de nombreuses écailles enlevées pour régulariser sa forme, mais qui en même temps émonssent le tranchant, ce qui fait croire qu'il n'a jamais été destiné à couper.
Le n^ 4^ en silex gris, vient du banc diluvien do Moulin Quignon.
Les fig. 4> et 4' offrent une variété de ces coateanx ayant a tout-^-fait la forme d'une feuille de laurier, premier haut de 10 centimètres, large de 5 au milieu est en silex blanc ; son arête unique est presque droite
COOTEAUX DILUVIENS.
C'ert un des morceaux les mieux faits qu'on ait trouTés dons .les bancs diluviens. Son analogue plus petit de BM^é n'est pas moins bien taillé^îl est en silex gris.
La fig. 4«, haute de 9 centimètres, large de 6y«inule OM feuille de tilleul ou d'orme. Ses similaires né sont pas moins dignes d'attention ; quelques uns. sortent du banc diluvien de Mautort qui doit être une continuation de odui de Menchecourt.
Les couteaux n® 5, longs de 1 1 centimètres, larges de 3 à 4 à leur base et de 1 à 3 dans leur partie supérieure, décrivent un arc de plus d'un centimètre. On peut lea nommer couteaux irréguliers. Ils étaient dans, la dernière couche de sable jaune du banc de l'HApital ; sauf un, fig. 5^; ils ont subi très-peu de frottement, ainsi qa'on s'en aperçoit à Faréte qui les traverse dans toute leur longueur, mais non plus en ligne droite.
Le n^ 6 est taillé avec soin. Deux arêtes suivent ses bords et figurent un carré long s'arrondissant insensiblement vers les extrémités. Sa surface est presque {date , ce qui n'est pas ordinaire dans les couteaux. Haut seulement de 7 centimètres et large de 2 li2, il présente une courbe de 8 millimètres; il est en silex jaune et noir.
Scm analogue en silex bleuté est un peu plus large, fluÛB moins arqué. 11 est égal dans toute sa longueur. U vient, comme le précédent, du banc de l'Hôpital.
Le n^ 7, petit couteau mince et aplati, a de nombreux analogues en silex bleu, blanc ou gris, visant à la forme de flèche. Leur longueur est ordinairement de 6 à 8 œntimètres, leur largeur de 2 à 4. Us sont à une ou deilx arêtes et coupans dans toute leur oirconféreiice
406 COUTEAUX DILUVIEIVS.
à l'exceptioD de la base qui est arrondie ou carrée; l'autre extrémité est une pointe souvent tranchante, mais peu aiguë. Ces morceaux ne sont pas rares <fauM les bancs diluviens.
Maintenant je vais parier des couteaux larges doDt quelques-uns , munis de pointes , ont pu servir comme armes ou comme outils.
Le n^ 8 était à 4 mètres 50 centimètres de la superficie dans une couche de sable noir. Il est en silex grisjaune, concave d'un côté. On entrevoit sous le sable et le gravier qui le couvrent, l'extrémité de son arête qui vient se terminer par une pointe fine et aiguë. Il est tranchant partout^ excepté à sa base. Sa longueur est de 13 centim^res i\% sa largeur de 6 li^. Sans la pointe, il aurait à peu pr^ la forme d'une hache ordinaire, ou d'une amande partagée dans sa longuair.
Son analogue, fig. 8^, en silex blanc, était dans la deuxième couche. On croirait qu'il a subi l'action do Iba. A la grandeur près, qui n'est que de 77 millimètres sur 38 de largeur , il ressemble beaucoup au précédeot. Il est à deux arêtes, dont une principale qui va se termi* ner à sa pointe.
Un troisième, fig. 8*, exï silex gris4)lanc grossièrement taillé, ofifre une coupe un peu différaite. Une arête le traverse dans sa longueur qui est de 10 centimètres sur 3 de large.
Un quatrième, fig. 8^, est la r^tition de cdui-ci«Ces deux derniers proviennent du banc du Moulin Quignoii.
Le n® 9 est un couteau carré qui diffère peu du n^ 6. Ceux que représente le dessin sont taillés à
COUTEâUX DILUVIENS. Vff
arêtes longitudinales, et tranchans dans toute leur circonj&rence. Leur longueur varie de 7 à 9 centimètres, leur largeur de 4 à 6. J*ai trouvé beaucoup de ces couteaux a tonte profondeur, à l'Hôpital et au Moulin Quignon, entourés d'une masse épaisse de sable diluvilsn. Ils sont |»resque tous bien conservés.
Le n^ 10 se rapproche davmtage de la figure triangulaire et se termine en pointe. Il était dans le sable noir du banc de l'Hôpital, à 2 mètres li2 de la superficie. Sa longueur est de 9 centimètres, sa largeur de 5. Il est en silex couleur de corne, uni du côté concave. Il a deux arêtes longitudinales, allant se fondre dans une seule qui forme la pointe.
Son analogue, fig. 10^, était dans la dernière couche à 5 mètres 1|2 de profondeur. Coupé en angle ou en fer de flèche, il a comme le premier deux arêtes longitudinales, et il est presqu'en tous points semblable.
J'en ai trouvé dix à douze à qui cette description conviendrait. Leur longueur varie de 8 à 1 1 centimètres, leur largeur de 4 à 6. La seule différence que présentent quelques-uns, c'est d'être à une seule arête. On en rencontre, mais rarement, dont la base au lieu d'être en angle est arrondie et fort réguUèrement taillée. Voyez la fig. 10' qui provient du Moulin Quignon.
Une autre variété plus rare encore est à dos d'âne, à éclat irrégulier en-dessus, plate ou concave en*-des8ous comme tous les couteaux, et simulant assez bien une hache amincie : telle est la fig. 10*.
Len^ 1 i représente des pointes de flèche ou plutôt leurs sûnulacres , car à l'exception des plus petites^ je doute
qu'elles aient jamais pu servir comme armes. Leur grandeur varie de 2 à 12 centimètres sur 1 à 10 de large. Elles sont en silex gris brun ou blanc, jaune ou rose, traversées longitudinaicment par une ou deux arêtes. Sans être soigné, le travail en est nettement prononcé.
Les fig. llAicDE représentent des flèches de 4 à 7 centimètres. La première en silex corné, se &it remarquer par une double arête formant un triangle d'une régularité parfaite. C'est la seule de cette espèce que j'aie trouvée. Les fig. 1 1* et 11' sont des flèches en forme de cœur.
Une autre variété, fig. llfi»'' **■»«», qui tient du n^ 10 pour la taille et du n^ 11 pour la coupe en flèche triangulaire, dififôre de l'un et de l'autre par son épaisseur de 2 à 4 centimètres , et , sous ce rapport, elle se rapproche beaucoup de quelques haches diluviennes.
Toutes ces pierres sont à une arête, sauf une seule. Celle-ci, fig. 1 1**, est un silex légèrement violacé d'un côté, jaune de l'autre. Haut de 1 1 centimètres, large de 9 à la base et épais de 3 , ce morceau n'a pas été endommagé par le frottement, et sa double arête est visible partout. Quelques écailles transversales ont servi à régulariser la base.
La fig. 11" a 12 centimètres 1|2 de haut, 10 de large. En silex jaune, elle est à une seule arête longitudinale.
Viennent ensuite, n?* 11<> et 11', deux pierres également triangulaires, hautes de 6 à 7 centimètres, et qui ne sont pas indignes d'attention. Au lieu d'être taillées m saillie et à vives arêtes, elles sont aplaties et divisées
par une rainore en creux qui, dans Tune comme dans l'autre, est l'empreinte d'une pointe d'oursin. Ceci ne m'eût paru qu'un jeu du hasard , s'il n'en existait pas plusieurs similaires. En outre, si l'on étudie les anfrao* tuosités de leur circonférence, on reconnaîtra dans chacune la même intention, la même coupe, les mêmes creux; bref, l'une semble la copie de l'autre.
Les fig. 1 1^ et 1 1^, Tune en silex jaune et bleu corné, l'autre en silex vert et blanc , toutes les deux hautes de 10 centimètres et larges de 7 à 8, sont également remarquables par leur parfaite similitude.
Les fig. 11' et 11' diffèrent des précédentes, notam-* ment la dernière, par la régularité de leur coupe ; néanmoins on voit que ces instrumens qui ne sont ni piquans ni tranchans, n'ont pu servir que comme signes de convention. Comme armes ou ustensiles, ils ne sont propres à rien.
Il n'en est pas ainsi des morceaux fig. 11^, 11^. Armés d'un tranchant redoutable, ils sont, malgré leur forme triangulaire, moins des flèches que des couteaux, et ils ont dû être employés comme tels. Entourés d'une masse de sable, préservés de tout choc, leur arête et leur tranchant sont intacts.
Us viennent comme les précédens des bancs diluviens de l'Hôpital et du Moulin Quignon.
Le n^ 1 2 a la forfue triangulaire du n^ 1 1 à laquelle on aurait ajouté un manche. Sa longueur est de 15 centimètres, sa plus grande largeur de 7; il est en silex brun lourdement taillé.
Son analogue 12^ n'a que 10 centimètres de Ion-
guear sur 8 dans sa pins grande largear. Il est en silex blanc-jaune, taillé à grands coups, mais nettement.
Un troisième, fig. 12*, en silex noirâtre, est on peo plus grand et moins travaillé; du reste sa forme esi la même.
Un quatrième, fig. 12^, est en silex plaquette; Fcravre y est douteuse.
Un cinquième, plus petit fig. 12^, en silex blanc, offre plus de certitude.
La fig. 12' est une variété à une seule arête, qu'on pourrait , à cause de sa forme contournée , ap* peler flèche ou couteau en serpent; sa longueur est de 8 centimètres, sa largeur de 3 à la tète. Elle est en silex noir.
Ses similaires, fig. 12* et 12^, s<mt en silex jaune et blanc, longs de 5 à 6 centimètres; ils ont aussi quelque chose de la forme d'un lézard ou d'une salamandre. Us proviennent du banc de l'Hôpital, où j'en ai recueilli beaucoup. Nous retrouverons cette forme, mais mieux caractérisée, au chapitre des figures et symboles.
Parmi les couteaux celtiques, j'en ai décrit ayant l'apparence du phallus, tels qu'en présentent les mooamens romains. Ce même signe existe dans les bancs diluviens, et, soit que cei|x des gissemens dnéraires celtiques provinssent de ces bancs, soit qu'ils n'en fussent qu'une imitation, on ne peut douter de Tandenneté de ce type symbolique qu'on renccmtre à peu près chei tous les peuples primitifs. Ces morceaux des banos diluviens sont dessinés sous le n^ 13.
Le premier, haut de 14 centimètres, large de 7 1(2
COUTEAUX MLUVIENS. 411
à la base, de 3 à h pointe, est en silex ^prisH^oir taché de blanc; il a été taillé à grands conps, mais d'ane manière dont l'iiHentira est évidente. On distii^[iie aussi, vers son extrémité mince, trois éclats en rnbans on peu usés et pourtant visibles. Les nombreux analogues que refprés&ate la planche offrent quelque différence dans les formes, mais partout Fintention est évidente. Ils varient de 5 à 12 centimètres de hauteur sur 1 à 4 de largeur, et à peu près autant d'épaisseur. Il y en a de sSex de toutes les nuances.
Une variété, fig. 13^ et 13^, consiste dans des silex ayant naturellement cette figure phallique, mais qu'on peut avoir perfectionnés par un léger travail. Ils ne laisseraient aucun doute dans les sépultures celtiques ; dans les bancs diluviens, on ne peut rien affirmer.
Les morceaux n^ 14 sont des diminutifs des couteaux décrits sous le n^4. Ils proviennent, comme eux, du banc de THÔpital où je les ai trouvés dans une masse compacte de sable gris auquel on peut attribuer leur conservation qui n'est pas chose peu singulière quand on considère leur fragilité. Le premier est d'une délicatesse extrême ; partagé par une arête unique , sa longueur est de 32 millimètres et sa largeur de 5; il est en silex gris-blanc.
Le deuxième, fig. 14^, est en silex noirâtre ; il n'est pas aussi bien taillé que l'autre.
Le n^ 15, par son poids et son épaisseur, n'aurait pas été rangé dans la classe des couteaux, si j'avais pu le mettre dans celle des haches; mais il en est distinct par sa forme arquée, qui est celle du bec
d'un grand oiseau ou mieux encore d'une corne. Sa longueur est de 18 centimètres, sa largeur de 4 ^ sa courbe de 2. Il est en silex gris -blanc revêtu d'une teinte jaune résultant du sable ferrugineux dans lequel il était. Au premier abord, ce morceau paraît une pierre brute, mais en le détaillant on reconnaît que cette pierre a été taillée sur toute sa partie convexe, où Ton suit encore les traces d'un éclat en ruban. On distingue même le point où l'outil s'est arrêté.
Un deuxième, 15^, plus petit de moitié, estàoela près, semblable au premier.
Un troisième , 1 5>, de forme plate, est en silex veri et jaune en partie recouvert de son écorce.
Un quatrième, 15^, est plus large et plus aplati encore. Les 15^ et 15' sont plus étroits et tons les deux semblables.
11 y a aussi de ces couteaux en silex plaquette, fig. 15* et 15<^,ce qui leur donne Tapparence de serpettes. Parmi ces plaquettes, on a choisi les plus minces pour rendre le travail plus aisé; aussi ne consiste-t-il guère que dans une courbe déterminée par une suite de brisures, puis régularisée par le polissage, mais seulement à la base et vers la pointe. Rien de ceci ne peut être accidentel, et déjà nous avons fait observer que le silex en plaquette se rompt toujours à angle droit; quand il a une forme arrondie, elle n'est pas naturelle et lui a certainement été imposée.
Une de ces plaquettes que l'ouvrier a trouvée trop épaisse, a été amincie dans toute sa surface, ce qpi a dû donner lieu a un travail assez long. La partie
convexe est arrondie , non par le frottement , mais par écailles.
La dimension de ces morceaux est de 5 à 6 millimètres d'épaisseur, sur 10 à 12 centimètres de hauteur et 3 à 6 de largeur.
Dans ceux en silex ordinaire, on a également profité de la forme de la pierre. Cependant ceux-ci sont plus soigneusement travaillés et souvent taillés dans toute leur circonférence. Leur hauteur est à peu près la même, mais ils sont moins larges. Ces instrumens devaient servir à tracer et à tirer des lignes , et ils sont trèspropres à cet usage. Peut-être aussi étaient-ils employés à lever la peau des animaux tués à la chasse.
Dans le n^ 16 il est difficile au premier abord de voir une œuvre; cependant elle existe. C'est surtout dans la partie étroite ou ce qui figure le manche, qu'on l'y reconnaît. Ce couteau est en silex noirâtre, long de 1 1 centimètres, large d'un peu moins de 2 à sa base et d'un peu plus de 3 à la tête.
Le morceau qui s'en rapproche le plus est en silex gris, long de 9 centimètres, large de 15 millimètres, d'un travail également peu apparent, fig. 15^.
Deux autres 15* et 1 5^ offirent à peu près les mêmes caractères.
Ce n® présente aussi, fig. 15^ * ', trois silex verdâtres, gris et rougeâtres. Leur longueur est de 6 centimètres 1|2 et leur plus grande largeur de 2. Us sont remarquables par leur ressemblance entr'eux, et, si Ton veut suivre les anfractuosités de leur circonférence, on verra qu'elles se répètent exactement : on croirait que l'im a été calqué sur l'autre.
Cette attention minutiease de conserver les types, même dans leurs plus petits détails, donne grandemenl à réfléchir, et prouve l'importance que ces peuples y attachaient. Nous en retrouverons ailleurs des exemples.
Sous le n° 17 est encore Tune de ces formes dont on ignore Tusage, et où le travail ne se montre que par le grand nombre des similaires. Ces silex varient de 6 À 12 centimètres de hauteur et de 1 à 3 de longueur; ils dififôrent moins dans leur épaisseur. Ils affectât la flgure prismatique, et leur diamètre est de 1 à 2 cent!-mètres. Ils n*ont rien de remarquable comme couteaux, si Ton peut leur donner ce nom, car ils ne tranchent ni ne coupent, et ont une espèce de bec ou de croc évidemment pratiqué à dessein et qui est leur marque distinctive.
Les premiers, fig. 17 et 17^, sont en silex blanc et vert corné, peu travaillés.
Un autre, fig. 17', en silex plaquette ne Ta pas été da-vantage, mais le travail est plus visible. Peut-être sont-ce des figures d'animaux qu'on a voulu représenter. Aussi en ai-je reporté divers analogues à ce chapitre.
Une variété de ces couteaux à crochet est plus large, plus aplatie. Elle est faite en silex ordinaire. Les deux analogues que je présente et qui proviennent des cou-* ches de sable jaune et noir du banc de l'Hôpital , sont négligemment faits, mais le travail n'en est pas douteux. Us ont 9 centimètres de long sur 5 et 6 de large.
Le n° 18 est un outil également brut, dont on devine l'emploi avant d'avoir aperçu la main-d'œuvre; il est [ntopre à creuser ou à percer. La longueur de ses analogues , fig. 18^ ■ <: i>, varie de 8 à 13 centimètres. Tous sont d'an
silex oblong à base naturellement arrondie et qu'on a conservée entière pour donner plus de force au manche. L on a ensuite effilé grossièrement le reste de la pierre , de manière à avoir une lame pointue et bizarrement contournée. La pâte de ces silex est noirâtre.
Quelques-uns de ces couteaux, fig. 18'*'*% différent des autres par la lame qui est droite, obtuse et plus grande. Les trois que je décris sont en silex jaunâtre , longs de 9 à 1 2 centimètres sur 4 à 5 de large à la base et 2 à la lame, et parfaitement semblables.
Le n° 19 est encore Tun de ces types qu'on ne remarque qu'à la longue et par la multitude des similaires. Isolée, cette forme n'indiquerait point une œuvre ni dès -lors une intention; mais cette intention devient certaine quand la môme coupe se reproduit. Ces silex, longs de 8 centimètres , larges de 2 , ont assez la figure de ce poisson du genre persègue, dit ablette.
Le n^ 20 se rapproche du n? 17 et en même temps d'une hachette décrite dans le chapitre XVU. C'est un petit instrument en silex brun corné, d'apparence basalr tique, taillé en prisme ou ruban. Sa longueur varie de 4 à 6 centimètres, sa largeur de 10 à 15 millimètres. De même que celui des hachettes , le travail de ces couteaux a quelque chose de problématique. On croirait que la nature du silex est pour beaucoup dans l'œuvre ou ce qui semble tel. Aussi je ne les présente qu'avec défiance, bien qu'à l'œil peu exercé le travail n'en paraisse pas douteux.
Viennent après deux morceaux, fig. 20^ et 20'>, l'un en silex blanc jaune, l'autre en silex noir et blanc, longs
d'un peu moins de 8 centimètres, larges de 3 à 4 sur 5 à 6 millimètres d'épaisseur. Ici l'œuvre est indubitable.
Le n° 21 a l'aspect d'un silex brut; haut de 15 centimètres , large de 6, épais de 5 , il est d'un côté couvert presqu'entièrement de son écorce , et de Tautre il n'ofiBre dans toute sa longueur qu'une brisure accidentelle ; mais il n'en est pas moins digne d'attention , si l'on examine sa tête munie d'un tranchant formé el aiguisé par un frottement qui a l'apparence de celni que produit une meule. Son poli est si parfoit qu'on croirait y voir le reflet miroitant du talc ou de l'acier. Un long éclat transversal se dessine ensuite et forme un angle avec la partie brute du silex.
L'autre extrémité, ou celle qu'on peut appeler manche, offire aussi une portion polie. A trois centimètres de cette extrémité, est un trou accidentel dont les deux ouvertures ont été élargies, peut-être pour y placer un lien.
Cet outil dont j'ai trouvé quelques analogues, mais moins caractérisés, pouvait servir à tailler et à creuser. Il provient du banc du Moulin Quignon.
Il existe quelques autres formes qui rentrent plus oa moins dans celles que nous venons de décrire. Le dessin devant les indiquer suffisamment, nous n'en parlerons pas ici.
INDU&TRŒ PBmmïE CHtf.XK rt.XXTO
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lichavens, ces peulvans, oes menhirs, ces rouiers et kistveans, bref ces ronds, ces carrés, ces losanges, ces groupes ou ces superpositions de rochers devenant une sorte d'inscription, étaient la langue monumentale de Fépoque. Mais si cela ne peut, à mon avis, faire doute, il est moins facile d'établir qu'en outre de leur signiâeaticMQ d'aisemble, chacune de ces pierres avait une expression qui lui fût propre ; car dans ce cas, ehaque pierre prise isolément devait avoir une forme spédale, forme qu'elle avait naturellement ou qu'on lui imprimait en la taillant selon le modèle consacré par l'usage.
J'ai examiné un grand nombre de ces menhirs, mais alors, ne m'en occupant qu'en touriste, j'ai négligé de les dessiner. Quand j'ai voulu le faire il était trop tard ; j'allais quitter la Bretagne et déjà quelques-uns avaient disparu sous la sape des ingénieurs. Aujourd'hui c'est un sujet que je ne puis traiter que de mémoire.
Je ne sais si cette mémoire me sert bien, mais en visitant les sépultures celtiques, j'ai cru voir une certaine concordance de forme entre ces grandes roches et des pierres bizarrement et pourtant régulièrement posées autour des urnes cinéraires, parmi les ossemens et les cendres.
Plus tard, en explorant les bancs diluviens , j'ai retrouvé les mêmes formes. Ces pierres tronquées de manière à tenir sur leur base, ou taillées en obélisque, en cône, en pyramide, en figures, m'ont toujours firappé, malgré leur petite taille, par leur aspect monumental; j'ai cru voir en elles les types primitifs de ces menUrs, peulvans, dolmens, etc. Etait-ce imagination? Vous en jugerez. Je ne présente pas mon idée comme ime
certitude, mais comme une donnée et une question à approfondir.
Parmi les monumens druidiques, il y en a dont la pierre est évidemment brute, et d'autres où elle a subi une sorte de main-d'œuvre, un dégrossissement, une modification.
Cette modification dont le but était de se rapprocher de la forme traditionnelle, n'est pas toujours très-visible: le temps, les accidens, les plantes parasites, qui rongent le granité même, ont souvent fait disparaître, en partie, les lignes caractéristiques d'un travail humain. Cependant, avec un peu de soin, on finit par l'y ressaisir et Ton acquiert la preuve que les figures coniques, triangulaires, obélistiques, pyramidales ou ovoïdes qui se présentent si fréquemment dans la nature, ont aussi, dès le principe, été remarquées par l'homme et imitées par lui.
Ce qu'il a exécuté sur ces roches gigantesques, il en avait fait l'essai sur des matières moins dures ou des fragmens moins grands, moins difBciles à manier. C'est du moins ce que la marche naturelle des choses indique : tout art a eu son étude, et l'œuvre simple a précédé l'œuvre complexe. Or , ici la simplicité est dans la facilité. La raison nous dit qu'on a taillé et placé une borne avant d'élever une colonne, et que ces symboles, ces ex-voto , n'ont pas eu dès leur premier jour, ces dimensions colossales. C'est donc de ce principe des dolmens ou de l'art de les tailler et de les poser que nous vous proposons l'étude.
De cette étude il restera toujours quelque chose, car
si elle ne résout pas le problème, si on ne voit pas dans ces pierres l'idée ou le germe des monumens druidiques, on n'en reconnaîtra pas moins qu'elles ont été travaillées et dès-lors, qu'armes, ustensiles, symboles ou caractères, elles avaient, comme les précédentes et comme celles qui vont suivre, une intention et un but.
J'ai reconnu, de même que dans les haches et les couteaux, une grande analogie entre les figures recueillies dans les gissemens celtiques et celles des bancs diluviens; seulement ces dernières, les seules dont nous parlerons dans ce chapitre, sont d'une autre nuance et d'un module ordinairement plus fort. J'ajouterai qu'ici encore nous ne citerons que les morceaux dont nous avons pu réunir une certaine quantité de similaires.
Le n^ l^'' est d'une forme triangulaire. C'est la plus commune; on en trouve surtout en silex table ou plaquette ; mais comme dans ses brisures ce silex affecte naturellement cette coupe , il ne faut considérer comme ouvrés que les triangles qui ont pour matière des silex de l'espèce vulgaire, c'est-à-dire des silex roulés ou en masse.
La dimension de ces triangles varie de 7 à 28 centimètres de hauteur sur 20 de largeur et 8 d'épaisseur. Les morceaux de cette taille n'ont pu être extraits que de silex d'une grandeur peu ordinaire, et même dans ceux-ci on reconnaît que l'ouvrier a autant que possible recherché les parties plates dont il s'est borné alors à enlever les aspérités les plus saillantes.
Ce travail a été fait à grands coups et en laissant subsister l'écorce de place en place. Les côtés sont
taillés avec plus de soin et la base est toujours unie, car c'est cette base et la pointe qui font les caractères essentiels de ces menhirs.
Quelques-uns de ces triangles inclinent vers Foyale; d'autres ont la figure d'un cœur ou celle d'une ruche, mais ils sont moins communs et excèdent rarement 10 centimètres de haut sur 6 à 7 de large à la base.
Le n° 2 est un triangle évasé, tronqué par la cime, et dont les angles sont aussi d'inégale longueur. Ces silex qui simulent un peu la tête d'un animal au museau allongé , ne varient guère quant à la dimension : leur largeur à la base est de 1 0 à 12 centimètres ; leur hauteur de 5 à 7, leur épaisseur de 2 à 3. La ressem* blance de ces pierres ratr'elles suffirait pour démontrer qu^elles ont été travaillées , s'il n'y avait pas d'autres indices encore, mais l'on reconnaît dans quelques-unes des traces d'éclats verticaux .
Sous le n? 3 sont des carrés parfois si réguliers qu'on les croirait taillés pour la mosaïque ou le carrdage. Quelques-uns sont ouvrés sur toutes les faces, d'autres ne le sont que d'un seul côté.
Dans le plus grand de ceux que j'ai réunis, chaque côté a 11 centimètres de longueur sur 2 li2 d'épaisseur; dans le plus petit 3 à 4 , et 23 millimètres d'épaisseur. Entre ces deux dimensions il y a beaucoup d'intermédiaires, mais il n'en est aucun dont le carré ne soit nettement formé. Les plus faibles n'ayant qu'un centimètre d'épaisseur sor 7 de hauteur, n'en sont pas moins façonnés pour tenir d^aplomb sur ce côté mince. D'autres dont les ftu^es sont presque égales, ressemblent à des dés.
Cette forme carrée est, après la figure angulaire, celle qui résulte le plus fréquemment d'une brisure. Il ne iaat donc l'admettre comme œuvre qu'avec beaucoup de préotation.
Les silex n° 4 varient de 5 à 12 centimètres de hm?tew, sur une largeur de 3 a 10 et presque autant d'épaisseur. Ayant la forme d'une tente ou d'un cône tronqué , le travail y est évident et s'étend quelquefois sur toutes les bces. Ils posent solidement sur leur base. Comme les préeédens , ils proviennent des gissemens diluviens de l'Hôpital et du Moulin Quignon.
Le n° 5 représente une fenêtre en ogive. C'est un silex plat, haut de 14 centimètres, large de 8, épais de 4, d'un travail peu prononcé. Son ^milaire, 6g. 5^, en silex jaune ordinaire, long de 9 centimètres, large de 5, épais de 3 à 5, est mieux fait.
Le troisième, fig. 5>, a été un peu roulé; dn reste il est semblable au précédent. U y en a de plus petits qui sont coupés par une arête -longitudinal d'un côté, avec une face unie de l'autre , et nettement travaillés partout. Voir fig. 15'.
Le n^ 6 diffère peu du n? 5; seulement l'ogive, au lieu d'être en pointe , s'allonge et s'arrondit. Ce morceau, régulièrement travaillé, est haut de 14 centimètres, large de 7, épais de 5, d'un silex blanc et jaune, taillé partout Btvec une intention manifeste , et pose très- solidement sur sa base.
Ses analogues, longs de 10 à 12 centimètres, sur 4 à 6 de large, et 2 à 3 d'épaisseur, sont également ouvrés de manière à ne laisser aucun diHlte* Us viennant
aussi des bancs diluviens de l'Hôpital ou du Moulin Quignon.
Le n° 7, plus court et plus large, a plutôt l'aspect d'une porte de four que d'une ogive. J'en ai vu un qui a25ceiitimètres de hauteur sur 20 de largeur et 8 d'épaisseur.
Le premier analogue , en silex en table , a 1 3 centimètres de haut sur 1 1 de large. Régulier dans sa coupe , il a la forme d'un écusson.
Le suivant, fig. 7^, est en grès; il était à la Portelette sous la tourbe bocageuse. C'est le seul morceau décrit dans ce chapitre qui ne provienne pas des bancs diluviens proprement dits, mais on sait que la tourbe bocageuse passe pour diluvienne.
D'autres similaires plus petits , varient de 7 à 10 centimètres de haut sur 6 à 8 de large. Ceux-ci sortent du gissement de l'Hôpital.
Le dessin fera mieux comprendre qu'une description la forme du n^ 8 qui m'a paru surtout digne d'attention. Sa base est coupée de manière à le faire pencher ai arrière comme un pupitre et à présenter ainsi sa plus grande surface. Cette base est large de 11 centimètres. Après vient un étranglement qui réduit la largeur à 6. Cette largeur reprend ensuite un développement de 10 centimètres. La hauteur totale est de 11, l'épaisseur de 3. L'ensemble figure assez -bien une lyre ou une guitare tronquée. Il est en silex blanc nuancé de vert et de jaune.
Son analogue en difi%re peu quant à la couleur et À la taille ; seulement sa base est moins large et les rentrées sont moins prononcées.
Ud troisième haut de 11 centimètres large de 10 à sa base et en ayant 6 d'épaisseur, démontre assez bien, malgré son aspect grossier , comment le travail était dirigé pour former l'étranglement et ménager Tinclinaison de la pierre , de manière à la faire pencher en arrière sans qu'elle perdit l'équilibre : c'est probablement ainsi qu'on disposait les roulers ou pierres branlantes.
La figure 8^ ne peut poser, mais on y remarque en arrière deux petits trous qui ont pu servir à mettre un étai. Ces trous sont accidentels, et je ne les aurais pas remarqués si la même particularité ne s'était présentée dans la fig. 8^. D'ailleurs le travail de ce morceau est presque nul: son rapport de forme avec les précédens fait seul soupçonner une intention dans la rentrée des côtés et l'aplanissement de sa face ; le reste est brut.
Le silex 8», presqu'entièrement couvert de son écorce, n'indique au premier aspect aucune trace d'œuvre ; et, malgré sa similitude avec le premier, ce n'est qu'après un examen attentif qu'on reconnaît qu'ici tout n'est pas hasard. Cette pierre, de couleur chamois, haute de. 14 centimètres, large de 10 dans la plus grande largeur, n'en a que 2 à 3 d'épaisseur; cependant elle tient parfaitement d'aplomb sur l'un de ses angles à l'aide d'une saillie de la partie inférieure. Il est évident que l'angle a été taillé de manière à former équilibre avec cette saillie. Posé ainsi debout, ce morceau a l'apparence d'une figure vue de profil. Etait-ce l'intention de l'ouvrier? D'autres exemples présentés à la fin de ce chapitre et dans les suivans, répondront à cette question. Quant au travail humain, il est démontré selon moi par l'adresse avec laquelle la pose est conçue
Le n° 9 n'est pas moins bizarre; il diflG&re pea du précédent dans ses dimensions et il a la même inclinaison en arrière; mais sa base n'est saillante que d^on côté, ce que l'on prendrait pour un accident, d plnsieiirs similaires n'offraient pas la même coupe.
On en rencontre de plus aplatis et dont la hanteor n'excède pas 10 centimètres sur 8 de largeur.
Le n^ 10 vu en face , a l'aspect d'une o^tc haute de 12 centimètres, large de 6. C'est encore une pierre penchée, mais en avant ou en sens contraire de celles que nous venons de décrire. Sa face a été unie avec un certain soin, et elle cache une queue grossièrement taillée qui, longue de 12 centimètres, lui sert de contrepoids. Un trou de 4 centimètres de profondeur et de 10 millimètres de diamètre est placé à la base de cette qurae. Ce trou avait sans doute une destination, car l'entrée en parait ouvrée.
Le n^ 10^ est en silex blanc; sa hauteur est aussi de 12 centimètres, mais sa largeur n'est que de 5 et la queue de 7. Sa face est polie et ses bords réguliers. Son inclinaison est à droite.
Un troisième, n9 10>, n'a que de légères traces de travail, qui sont pourtant reconnaissables , surtout à sa base. Il penche aussi à droite et provint comme le précédent du Moulin Quignon.
Une variété plus petite, plus visiblement travaillée, et dont la saillie ou queue est plus courte, est dessinée fig. 10 c".
Le n° 11, de 16 centimètres, a été foit aussi pour pencher en avant, mais de manière à laisser voir la
partie de derrière qui est la mieux ouvrée. L'enlèvem^it des éclats a été dirigé pour former une courbe d'environ 25 millimètres , ce qui fait ressembler ce morceau à la corne d'un jeune bœuf.
Ses cinq analogues, hauts de 7 à 12 centimètres, ont entr'eux , quant à la forme et à la nature du silex , une »militude parfaite. Leur courbe est de 10 à 15 millimètres. Tous proviennent du banc diluvien de l'Hôpital.
Le n^ 12, haut de 14 centimètres, pose sur une sorte de piédestal large de 10. Cette rentrée, pratiquée au moyen d'une brisiure factice, simule une espèce de tête qui donne à l'ensemble l'apparence grossière d'un buste d'homme ou plutôt celle d'un phoque sortant de l'eau.
Ses nombreux analogues, dont la taille varie de 7 à 17 centimètres, présentent aussi des apparences plus ou moins bizarres d'animaux qui se dressent, ce qui peut n'être qu'accidentel. La plupart, bien que décrivant une courbe très-prononcée , tiennent debout , et l'on s'aperçoit facilement au travail de la base que telle a été l'intention de l'ouvrier. Cette base , scmvent divisée en trois , ressemble à l'ébauche d'un trépied.
Les morceaux 12^ et 12» en silex jaune et vert, hauts de 16 centimètres et larges de 7, sont remarquables par leur ressemblance et aussi par cette sorte de tête qui les surmonte. Taillés en arc*-boutant et placés en face l'un de l'autre, ils forment voûte. Ils ont été trouvés ensemble dans une masse de sable jaune du banc de l'Hôpital. Peut-être dans le principe avaient-ils été réunis.
La position oblique était vraisemblablemei^ ne de
celles que les peuples diluviens, comme depuis les Celtes leurs successeurs, aimaient à donner à ces pierres; ils les taillaient de façon à ce qu'elles pussent conserver cette position penchée sans perdre l'équilibre. Ce même n° 1 2 en présente une série de dimensions diverses où cette intention est manifeste. L'inclinaison y est d'ailleurs plus ou moins prononcée. Il est à croire que les morceaux où elle l'était davantage étaient aussi les plus estimés.
Les silex n^ 1 3 font exception à cette règle ; ils sont taillés en obélisque ou en aiguille dont la base s'élai^t en éventail. Leur longueur varie de 8 à 14 centimètres sur 2 à 4 de largeur. Voir fig. 13 et 13^.
L'analogue 13' est haut de 9 centimètres et large de 25 millimètres. Il a la forme d'un cartel très-allongé. Fait en jsilex jaune, il est régulièrement coupé, et les rentrées des côtés sont bien accusées. Son caractère distinctif est sa base qui présente une sorte de fourche sur laquelle , mis en équilibre, il reste incliné en avant. A l'arrière est un petit trou rond, profond de 2 millimètres et creusé avec netteté. Ce trou, bien qu'il semble résulter d'un travail humain, est accidentel.
Le quatrième 13^, de 2 centimètres plus haut que le précédent, a aussi sa base en fourche. Il parait brut, mais on y reconnaît, avec un peu d'attention, deux éclats en ruban où l'on distingue une rentrée qui semble avoir été produite par la pointe de l'instrument avec lequel on l'a taillé.
Le cinquième, fig. 13^, est plus brut encore; cependant l'intention est la même et là surtout j'ai cru voir Tim des types des grands dolmens, dont il a la forme.
La fig. 13>, en silex gris-noir, est longitadinalement traversée par une bande de l'écoree, qui s'élargit progressivement et parait avoir été laissée à dessein et comme ornement. Une autre, 13^, a subi l'action du feu.
Les fig. 13" et 13^ posent solidement sur leur base creusée de manière à former une petite voûte. Ces morceaux se rapprochent beaucoup de ceux du n^ 4; ils n'en diffèrent que par cette base en voûte.
Sous le n^ 14 sont trois silex de figure grossièrement pyriforme, dont je n'ai reconnu le travail et l'intention qu'à leur parfaite similitude et au soin avec lequel leur base est unie. J'ai remarqué en Bretagne, notamment à Kamac, beaucoup de dolmens qui ont cette coupe. Ce rapprochement est-il l'efiet du hasard ? C'est possible; aussi je ne présente ceci que comme fait à vérifier.
La hauteur de ces morceaux qui sont en silex grisjaune est de 9 centimètres, leur largeur à la basQ de 6. Us proviennent des mêmes bancs diluviens.
Parmi les grandes pierres druidiques, on en voit qui sont percées. Ces pierres ne présentent aucune trace de travail, sauf l'entrée de l'excavation qui a été élargie ou arrondie ; elles servaient et servent encore à des usages superstitieux plus ou moins bizarres, et dont j'ai été maintes-fois témoin. Les silex percés, n** 1 5^, auraient-ils des rapports avec ces monumens druidiques. Dans ces silex aussi, le trou est naturel, mais l'ouverture a été agrandie par l'enlèvement d'éclats qui ne semblent pas toujours l'effet d'un simple choc.
Le premier analogue a été trouvé dans la sablière de Menchecourt, au milieu d'une masse de sable et parmi
des os d'éléphans. Le trou n*est qu'un accident, mais la brisure qui le fait apercevoir semble être fisictiee ainsi qu'un des côtés de la partie supérieure du silex; toatrfois je ne l'affirme pas.
Le morceau 1 5^ qui provient du Moulin Quignon, est un petit silex jaune couvert d'une couche ferrugineuse , dont la cime , les côtés et les bords du pertuis qui le traverse dans la largeur ont été probablement taillés. Un accident n'aurait pu amener cette suite de coupures régulières, notamment à la cime.
Le n^ 15>, petite pierre de 4 centimètres de hauteur sur 6 de largeur, recouverte aussi d'une couche d'aigle et de sable ferrugineux, est une portion de géode dont le noyau isolé figure assez bien une langue sortant d'une gueule ouverte. Beaucoup de silex se présentent ainsi, mais en examinant celui-ci, on croit reconnaître qu'il est travaillé. Deux larges éclats unissent sa base de manière à la faire poser, et les bords de la géode semblent partout avoir été tranchés pour laisser plus de proéminmce au noyau interne; néanmoins, ici de même que dans le précédent, la certitude de l'œuvre n'est pas complète.
La fig. 15^ est celle d'un silex jaune et brun de 11 centimètres de haut sur 7 de large. Il est taillé dans toute sa circonférence et même sous sa base qd forme un carré assez régulier où l'on distingue, malgré le frottement, deux éclats en ruban. Â dix millimètres au-dessus de cette base, est un trou qui la coape dans sa largeur. Ce trou ne parait pas avoir été travaillé; on a seulement disposé la pierre de manière à le rendre visible quand elle est posée de face.
Sous le même n^ 15^ est un silex blanc, haut de 3 omtimëtres sur un peu plus de 3 de largeur. Ce petit morceau taillé en rubans et qui, dans sa forme de cône ouvert à la cime , Ggure assez bien une écritoire , est creusé. Ce creux de 9 millimètres de diamètre,, en a 14 de profondeur, et semble avoir été fait ou du moins régularisé de main d'homme. Le fond en est fort uni. C'est peut-être un petit vase anté-diluvien. Il a été trouvé en 1844 dans le banc du Moulin Quignon.
Les deux morceaux fig. 15» et 15» ont pu aussi servir de vases; toutefois je ne les présente que comme points de comparaison, car je ne puis assurer qu'ils soient ouvrés. En silex gris-jaune revêtus de leur écorce, l'un a 8 centimètres de hauteur sur 7 de largeur, l'autre est on peu plus petit. Tous les deux sont arrondis et percés d'un trou de géode. Cette forme est accidentelle et trèssommune dans tous les amas de silex. Le seul indice de travail qui apparaît dans celle-ci, est la manière dont ['entrée du trou est disposée et la parfaite égalité de la base; mais un accident a pu produire ce double résultat.
J'aurais plus de confiance dans le morceau fig. 15<^. Il a quelque chose de la coupe d'un petit bénitier, et je ne doute pas, qu'ouvré ou non, il n'ait servi à contenir ou à puiser un liquide, usage auquel il est très-propre. Il est en silex jaune, aplati et formant un demi-cercle de 8 centimètres sur 4 d'épaisseur. Son analogue 15^ est plus ^and.
La fig. 1 5', quoiqu'ayant été roulée, offre aussi quelques traces d'œuvre, mais ces indices sont faibles.
Sous le n^ 16 sont des silex qu'on rencontre assez
fréquemment dans les sables diluviens , et qu'on peut nommer pierres en chevron, car elles en ont la forme. Ce sont des triangles ouverts variant de 5 à 1 3 centimètres de largeur sur 4 à 7 de hauteur. Quelques-uns posent sur leurs angles; d'autres, dont l'épaisseur n'est que de 5 à 10 millimètres, ne le peuvent pas. Tous sont grossièrement taillés, mais leur nombre et leur similitude lèvent bien des doutes.
Nous avons parlé des pierres triangulaires. Voici maintenant, sous le n^ 17, des formes en losange; leur longueur est de 10 à 20 centimètres, leur largeur de 9, leur épaisseur de 2 à 3. La plupart étant en silex plaquette, on pourrait croire que cette forme est accidentelle, mais je ne le pense pas. Ces losanges ont entr'eox trop d'analogie pour n'être que le résultat d'un accident.
Remarquez aussi qu'ils sont faits de manière à poser sur un de leurs côtés et à tenir obliquement en équilibre. Dailleurs, il n'en est pas de cette forme comme de la figure triangulaire qu'amène naturellement la cassure du silex en table ; l'expérience m'a prouvé que celle en losange ou à double équerre ne se produisait par la cassure que fort rarement. Il est donc à croire que tous ces losanges sont factices.
Si je ne me trompe, ils ne sont que des imitations grossières de poissons , et les premiers essais qu'ait faits l'homme dans- l'art de copier la nature. Ces figures d'êtres dépourvus de bras, de pattes ou d'ailes^ étaient comparativement plus faciles à imiter que celles des oiseaux ou des quadrupèdes.
Parmi les pierres druidiques, on rencontre aussi de
ces losanges de dimensions colossales. Ils sont ordinalronent posés horizontalement sur deux on trois autres pierres.
Le n® 18 se rapproche du n** 2. C'est un carré long qui demeure en équilibre sur sa partie étroite, et qui, par la coupe d'un de ses angles se prolongeant en museau , pourrait aussi à la rigueur représenter la partie supérieure ou la tête d'un mammifère marin. Tous ces morceaux sont en silex plaquette. Quelques-uns ont été amincis, ce qui a demandé beaucoup de temps. Le plus grand, long de 18 centimètres, large de 12, épais de 7, est revêtu en partie de son écorce et travaillé dans sa circonférence, notamment sous sa base sur laquelle il pose bien. Les autres varient de 6 à 12 centimètres ie longueur sur 5 à 9 de largeur.
Parmi ces derniers quelques-uns sont coupés d'une Taçon si bizarre que ce n'est pas seulement la tête de l'animal qu'on croit voir, mais son buste. S'il n'y a pas intention , le hasard est grand , car il y a trois de ces morceaux d'une coupe absolument semblable.
Sous le n^ 19 apparaît une série de figures ayant aussi quelque chose de monumental qui rappelle les sphinx et les chimères de l'antiquité grecque ou égyptiaouoe. Leur dimension est de 7 à 22 centimètres de longueur sur 3 à 16 de largeur. Ils sont en silex jaune ou gris, sauf un, fig. 19^, qui est en plaquette, lourdement travaillés, mais pourtant de manière, par leur parfaite similitude entr'eux, à laisser croire à une volonté d'imitation.
Les fig. 19^B< sont un peu différentes des autres;
néanmoins c'est toujours le même type, et dès-lors la môme intention. Quelle est cette intention? On a voido faire quelque chose d'après un modèle arrêté, ceci est évident; mais quel est ce modèle? La suite de ce chapitre et l'examen attentif des] figures contribueront sinon à résoudre, du moins à éclairer la question.
Sous ce même n® IQ'^^ï- sont encore trois morceaux que leur étrangeté et surtout leur ressemblance emp^ chent de prendre pour de simples éclats. Tous les trois viennent du Moulin Quignon, mais deux étaient sur le sol.
Nous venons de parler de ces pierres dont le troo semble, comme dans certains monumens celtiques, avoir été utilisé pour en faire des vases, des réservoirs, bref des ustensiles de contenance. Celles qui sont dessinées n^ 20 auraient été travaillées dans une autre intention, et l'on aurait voulu en façonner des figures. Si tel n'a pas été le but , il est difficile de comprendre ce qui a motivé l'œuvre, car l'œuvre existe; l'on croit môme reconnaître que les efforts de l'ouvrier ont été dirigés de manière à harmonier le trou à l'ensemble, ou platôt à harmonier l'ensemble à ce trou, et le travail à l'accident.
Que cette réunion d'indices soit fortuite et qu'il n*y ait encore qu'apparence et hasard, c'est possible, mais non probable; néanmoins je n'affirme rien. Je serai [dos explicite quand il s'agira des figures sorties entières de la main de l'homme ou dont le plan lui appartient. Or, dans ces pierres percées l'accident est la première cause de l'œuvre ; c'est ce qui rend cette œuvre si difficile à reconnaître.
Le premier morceau de ce n® 20 est un silex gris
TYPES PRIMITIFS DES MONUMENS DaUIDIQUES* 435
lavé de jaune, du poids de plusieurs kilog., posant bien sur sa base et représmtant la tête d'un mammitbite de la taille d'un loup. Ce silex est couvert de son éooroe, sauf la base qui est arrondie et paraît taillée. Le trou formant l'œil a été élargi par un éclat qui, d'après la manière dont il a été enlevé, indique une intention, mais l'indice est faible.
La %. 20^, sorte de tête d'anos, laisse moins d'incertitude; la base ou le dessous de la tête et tout le bec sont, si je ne me trompe, la suite d'un travail.
Les figures suivantes, petites pierres percées de deux trous , n'auraient rien de douteux si elles avaient été rencontrées dans les gissemeas celtiques , au milieu des urnes et des cendres, et j'affirmerais qu'elles y ont été mises à cause de la bizarrerie de leur forme à laquelle a aidé Touvrier ; mais dans un banc diluvien, dans ce résidu d'une grande destruction , dans ce chaos inextricable, je n'oserais me prononcer: je n'en parle donc que comme fait à vérifier, et parce que j'ai vu des dolmens qui avaient aussi cette double ouverture et une coupe analogue.
Je crois inutile de décrire les autres pierres percées; les dessins les feront suffisamment connaître ; les originaux sont d'ailleurs chez moi à la disposition de ceux qui voudront les examiner . Au surplus, ces morceaux sont communs et tout le monde peut s'en procurer dans les sables diluviens ou dans les amas de silex. Je ne prétends pas que tous les cailloux troués que l'on y rencontre aient été travaillés, mais dans le grand nombre il est présumable qu'on en trouvera qui le sont. Qu'on se riA{ipellQ que
ces ébauches étaient les médailles, les amulettes ou les reUques des peuples primitifs, et s'il ne faut pas chercher longtemps pour trouver des débris romains sur le sol où les romains habitèrent même très-momentanément, il n'est pas moins possible d'y découvrir les traces des peuples qui y vécurent pendant tant de siècles.
Si ces vestiges se rencontrent souvent et presqu'exdusivement dans les dépôts diluviens, c'est qu'il ne peuvent guère se rencontrer que là, puisque ces amas sont formés de tout ce qui se trouvait alors sur la surface balayée par le torrent.
Les pierres n^ 21 que nous nommerons pierres fendues et qui sont aussi, je crois, un des types des grands dolmens, simulent assez bien un animal ouvrant la gueule. Cette ouverture faite à l'aide d'un ou de plusieurs éclats profondément entaillés , peut être l'efTet d'une simple brisure, et pourtant le contraire est probable. Cette figure d'une bête qui veut mordre est une de celles qu'imitent partout les sauvages et les enfans.
Le n^ 22 réunit d'autres types dont les dessins donneront une idée, car les formes en sont si bizarres qu'elles échapperaient à la description. Ces silex, hauts de 10 i 30 centimètres sur une largeur non moins inégale, représentent naturellement des êtres ou des parties d'êtres, ce qui, comme l'on sait, n'est point rare dans les silex. Ici encore des éclats enlevés aident à cette ressemblance , néanmoins cet indice serait faible, sans la pose donnée à ces morceaux, soit par des brisures longitudinales, soit par la coupe de la base, et cette pose a été calculée de manière à être la plus pittoresque
possible. Or, si Ton a étudié les grands dolmens, on a pu reconnaître que tous les efiTorts de ceux qui les ont élevés tendaient à ce résultat. C'est à cause de cette analogie et comme types ou principes des dolmens que ces pierres figurent ici ; il importe donc peu à nos conclusions qu'elles représentent un être ou une chose , il suffit qu'elles aient été ouvrées ou seulement érigées dans une intention qui selon nous était religieuse ou traditionnelle, intention qui s'est étendue et agrandie à mesure que les hommes se multipliant ou se réunissant en peuples, ont, par la concentration de leurs efiTorts, acquis des moyens plus puissans d'exécution.
C'est alors que l'amulette s'est transformée en idole, et que la borne qui indiquait une sépulture ou la limite d'un champ a grandi jusqu'à la hauteur du monument, et qu'elle est devenue le dolmen colossal séparant les territoires ou appelant les nations à un culte commun.
Nous n'avons donc considéré ces pierres que dans ce qu'elles peuvent avoir d'identique avec les monumens dits celtiques ; mais comme nous ne sommes plus à portée d'étudier ces monumens, nous prions les archéologues habitant les lieux où ils gisent de faire cette étude et de s'assurer si, dans leur forme et leur coupe, ils n'ont aucun rapport avec les types que nous venons de décrire.
Ces rapports , par la difiTérence de dimension et surtout de conservation, sont fort difficiles à saisir. Les types moyens et ceux d'un petit module ensevelis dans des masses de sable ou de limon, ont, lorsqu'ils n'ont été que peu roulés, gardé leurs angles, leur coupe, enfin leur
438 TYPES PRIMITIFS DES MONUMEIfS HBUIIMQUES.
forme primitive, tandis que les grands dolmens exposés à Tair età toutes les attaques des hommes eldeséiémeiis, ont dû se détériorer assez promptement.
Ajoutons que ceux qui étaient Tobjet de la vénératkm des peuples , ou de leurs pratiques superstitieuses , n*oot pas moins souffert que les autres; j'enai vu qui, renommés pour leur efficacité contre certaines maladies , avaimt perdu toutes leurs saillies, usées par Fempressement des dévots ou les étreintes des malades.
C'est à travers toutes ces transformations, toutes ces causes de destruction, qu'il faut chercher les traces dn caprice de Touvrier primitif et des signes qu'il a vonhi dessiner. Si dès leur principe même ces ébauches , dans leur grossière imperfection, différaient peu de la matière brute, que peuvent-elles être aujourd'hui après tant de siècles et de révolutions et comment y distinguer la main de l'homme? Hais qu'ici la difficulté ne nous décourage pas; avec de la persévérance , il est dans les arts tnea peo d'indices qui ne puissent conduire à une preuve, et cette preuve de l'antiquité de l'état social et de l'indostrie de l'homme, cette preuve, j'en suis convaincu, on finira par l'obtenir.
Nous passons à une autre série de questions.
INDISTRIF PRIMITIVE CHAPf XX. PLXXXIU
Çuart /dtOÊrmnJétMr-
lypes fnimitifs i/sr moniunens druu&fUêS.
on par les anfractaosités de leur cassure, TappareDce de . figures : aussi est-ce la première objection qu'on m'a faite. En voyant les morceaux que je présentais comme. preuves, il est peu de personnes qui ne se soient écrié: mais on trouve cela partout, il n'est pas un seul lit de cailloux où l'on ne ramasse par centaines ces apparences de figures.
A ceci je répondais : c'est vrai, et pourtant dans ces centaines d'apparences, il n'y aura peut-être pas une seule réalité ou un véritable travail humain ; ou si ce travail existe, ce sera certainement sur un très-petit nombre de ces silex.
Je pourrais ajouter que les pierres non travaillées imitent souvent beaucoup mieux une figure que celles qui ont subi une main-d'œuvre : l'accident ici l'emporte sur l'art.
Alors comment distinguer l'un de l'autre ?
Là est toute la question.
Pour la bien comprendre, il faut se rappeler ce que nous avons dit des divers aspects sous lesquels le silex peut se présenter. Nous en avons décrit quatre :
1 ^ Silex simple revêtu de son écorce et tel qu'il sort de sa gangue de craie ;
2? Silex brisé ou accidenté ;
3® Silex mi-travaillé, mi-accidenté ;
4** Silex entièrement travaillé.
J'ai mis sous vos yeux trois pointes de flèche donnant le spécimen de ces difTérens états de la pierre , ouvrée, demi-ouvrée et accidentée. Voir fig. ^^^.
Je vous ai également indiqué les signes auxquels on
442 HIÉROGLYPHES PRIBaTIFS.
peut distinguer les accidens anciens des accidens modernes, ainsi que la taille ou le travail des deux époques»
Ce que j'ai fait pour les silex représentant des armes ou des ustensiles, je le ferai ici pour ceux qui simulent des figures, et voici comment nous les diviserons :
t® Silex modifiés par le firottemait ou Faction des eaux, dits galets ou pierres roulées ;
2^ Silex bruts ou revêtus de leur éccnrce , simulant une figure ;
3® Silex représentant une figure par suite d'une cassure, mais sans intervention humaine ;
4^ Silex ayant aussi naturellement l'apparence d'une figure, mais perfectionnés par un travail humain ;
5^ Silex représentant une figure par suite d'un (dan, d'une œuvre, d'une volonté de l'homme.
La différence entre la quatrième et la cinquième catégories étant fort difficile à établir, nous les réunirons en une seule, et les morceaux que je décrirai dans le chapitre suivant seront successivement pris dans chacune de ces divisions. Il vous sera facile de les rapprocher des quatre premières. Vous aurez ainsi sous les yeux toutes les faces de la question, tous les jalons de notre étude, et vous pourrez vous rendre compte, au moyen de ces jalons, de la ligne ou plutôt de la nuance qui ségare les effets naturels des effets accidentels, et ceux-ci des effets voulus ou élaborés.
Avant d'en venir à ces descriptions, il est eaûoore une objection à laquelle je dois répondre. « L'homme de la nature, non plus que l'homme civitisé, dira-t-on, ne fidt rien pour rien; or, si ces images ont été fabriquées par
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rhomme, pourquoi l'oDl-elles été, et en si grand nombre 7 Ce n'est pas ass^ d'avancer que l'homme les a faites, il faut expliquer dans quel Imt il les a faites; on conçoit très-bira la ra^on de la confection d'une arme ou d'un meuble, mais on ne conçoit pas celle de ce qui n'est ni agréable ni utile, et qui dès-lors ne peut être considéré ni comme œuvre d'art, ni comme objet d'industrie. *
Nous répondrons : les premiers ouvrages de l'homme furent déterminés par la nécessité matérielle; les seconds, par la nécessité morale. L'une a suivi l'autre.
De la nécessité matérielle sont sortis les ustensiles de ménage, puis ceux de chasse, enfin ceux de guerre.
De la nécessité morale sont nés les images, les symboles, les représentations d'hommes ou d'animaux. Il n'est aucun être humain qui n'ait senti le besoin d'une religion, ou, à défaut, d'une superstition. Aussi toujours a-t-il eu l'une ou l'autre, adorant le ciel ou la terre, le bien ou le mal ; adoration née d'une espérance ou d'ime crainte dont peut-être il ne se rend pas toujours compte , mais qui est en lui.
Par amour ou par peur, toute réunion d'hommes a donc eu son culte. Ces peuples naissans ont honoré d'abord des objets sensibles: le soleil, la lune, les étoiles; puis les arbres, les plantes, les animaux.
Parmi les habitans de cette partie du monde, aujourd'hui appelée Europe, les pierres, nous l'avons vu, ont joué un grand rôle. Le culte de ces peuples était aussi rude que leurs mœurs et leur climat : les menhirs , cormlecks, peulvans, etc., furent leurs autels et leurs dieux; mais ces dieux de (Herre ne furent pas, dès le
principe , gigantesques comme ils Font été depuis : les hommes peu nombreux n'auraient pu remuer ces lourdes masses. Aussi avons-nous dit qu'elles avaiait été précédées par des monumens plus petits , par ces dolmens en miniature, par ces pierres à forme bizarre et mystérieuse, que nous avons décrites dans le chapitre précédent, et qui furent ainsi les types précurseurs de ces idoles colossales.
Ces types étaient-ils les premiers 7 N'étaient-ils pas la suite ou la modification d'autres images, decelles-làmémes que nous retrouvons dans les bancs diluviens 7 Images qui, de toutes celles qui restent sur la terre, seraient les plus anciennement sorties de la main des hommes.
Quant à leur nombre dont on parait aussi s'étonner, est-il plus grand que celui de nos médailles, de nos scapulaires, de nos madones 7 Ou, s'il s'agit des peaples du paganisme, de leurs statuettes, de leurs pierres gravées, de leurs symboles, de leurs amulettes, qa*on ramasse par milliers dans les lieux qu'ils habitèrent?
Pourtant ces peuples et leur culte, ces Grecs et œs Romains ne durèrent pas vingt siècles. Il n'en est pas de même des Celtes: qui peut dire le nombre de leurs générations, et combien de milliers d'années se sont écoulés sans apporter de changement à leurs usages et à leur croyance.
Si nous ajoutons à ces créations religieuses tontes les ébauches, tous les essais, toutes les tentatives de la nécessité, puis de l'industrie, puis de l'art; arts et industrie qui , à défaut de métaux ou de science ponr les mettre en œuvre, s'exerçaient sur la pierre, est-41 surprenant que Ton retrouve encore, et en abondance, les
HIÉROGLYPHES PRIBUTIFS. 4AS
ébauches de ces premières idoles 7 II le serait biea davantage qu'on ne les retrouvât pas , lorsque des productions plus fragiles et plus anciennes ^ des coquilles , des végétaux, des animaux marins, des insectes, des fruits même sont journellement découverts dans les bancs limoneux, dans les tourbières anté-diluviennes , dans les houilles. Or, tous ces débris de la nature primitive, toutes ces empreintes , tous ces tests , tous ces fossiles jusqu'au dernier ossement de ces populations éteintes , auraient été pulvérisés soys le choc des élémens que dans leur indestructibilité, ces œuvres de pierre se montreraient encore.
Parmi ces pierres les roches siliceuses sont certainement celles où cette solidité, cette probabilité de durée indéfinie peut le moins être mise en doute : il devient évident pour quiconque aura analysé les élémens qui composent ce silex , et pesé les causes qui peuvent influer sur sa conservation ou sa destruction , que du jour où il a été enseveli dans la couche diluvienne, au jour où la pioche de l'ouvrier l'a remis à la lumière, il n'a pu subir aucune altération, et que l'intervalle entre les deux époques eut-il été de 1,000 siècles, il en a conservé moins de traces que de huit jours passés sur le sol, exposé à un contact quelconque ou seulement aux variations de l'atmosphère.
Qu'on ne s'étonne donc point de retrouver cette hache, ou cette figure entière et neuve comme si elle sortait de la main de l'ouvrier : dans des millions d'années vous la retrouveriez de même. Ce n'est pas la durée qui use, ce sont les élémens. En eux sont tous les germes de disso-
446 HIEROGLYPHES PRIMITIFS.
lution, eomme tous ceux de recomposition ; mais quand on est en-dehors de leur action, le temps s'arrête, Tini^ mobilité commence.
La conservation de ces images comme leur fisd>rieatiaD rentre ainsi dans l'ordre ordinaire des choses.
Quant à la forme, rien encore qui blesse cet ordre m la vraisemblance, puisque nous en trouvons de similaireB chez presque toutes les peuplades isolées découvertes de nos jours. Cette analogie est telle, que si un antre cataclysme neptunien ravageait la terre, nos desoradans ne sauraient en explorant les nouveaux dépôts, distinguer parmi ces instrumens de pierre l'œuvre du sain vage anté-diluvien de celle du sauvage actuel. Pourquoi? C'est que les débuts de l'art et de la raison ont dans tous les temps et dans tous les pays été les mêmes, et que du premier pas d'un enfant à celui d'un autre enfisuit, quelles que soient leur couleur et leur patrie, la dififérenoe est petite. Partout où le préjugé, la tyrannie et la superstition l'arrêtent, l'homme ne dépasse guère ce premier pas : il nait , il vit , il meurt enfant , et oét étal d'insouciance qui enchaîne l'âme dans les limites de ses sens et des seuls besoins qui en résultent, peut être indéfini.
Aussi, l'expérience nous le montre, tout ce qui est art perfectionné , art véritable, est neuf, et l'on n'en trouve les vestiges qu'à la superficie. Comme peuple artiste, nous sommes nés d'hier ; la civilisation grecque et romaine n'a duré qu'un instant; celle des gaulois a doré moins encore: l'on a creusé à peine de quelques pieds, que déjà l'on est sur le sol de la barbarie, au miliea des
traces de l'enfance de rhomme ; dès-lors on n'en trouve plus d'autres: vous creusez, c'est la barbarie, vous creusez davantage, c'est la barbarie encore, et si de loin à loin quelques changemens apparaissent c'est pour tomber plus bas ; là rien ne change plus : nous avons dépassé l'homme agreste, l'homme sauvage, nous sommes arrivés à l'homme mécanique, à l'homme réduit à l'instinct , à l'homme qui fait ce qu'il a vu faire ou ce que sa nature l'induit à faire , comme l'oiseau fait son nid et l'ours sa tanière.
Pour ne pas perdre de vue ces choses nécessaires à rintelligence de ce qui nous reste à dire, jetons un coupd'œil rétrospectif sur les gissemens que nous vencHis de traverser, en commençant par le sol que nous foulons, et en indiquant , lit par lit , les débris que nous avons rencontrés.
Il faut se rappeler que c'est ici l'histoire d'un petit coin de terre, qu'il ne s'agit que d'Abbeville et de ses environs.
Première couche ou sol moderne. Arts de la civilisation: des scories, des poteries à vernis blanc, jaune, gris, bleu; de la porcelaine; des tessons de bouteilles; des briques; des tuiles; des ardoises; du fer sous toutes les formes; des clous; de la fonte; de la tôle et du fer-blanc; peu de monnaies de l'époque, mais des mereaux, des liards, des draiers, rarement de l'or ou de l'argent.
Deuxième couche. Transition du temps moderne au moyen* âge: du fer encore, peu de cuivre; des monnaies françaises, flamandes, espagnoles; des verreries de
448 HIEROGLYPHES PRIMITIFS.
Venise, brisées par le temps; des poteries grises oa bleues, hollandaises ou brabançonnes, à formes bizarres, à ornemens en saillie; des briques épaisses et courtes avec des empreintes de tètes , de cavaliers , imitant les briques romaines; des figurines en terre à vernis jaune ou vert, représentant grossièrement des animaux; des manches de couteaux en cuivre, en os, en ivoire avec figures souvent obscènes; des images de plomb; de petites croix du même métal ; des scapulaires ; des médailles de dévotion en laiton; des épées à garde massive; des poignards, des casques, des cuirasses parfois dorées, ou damasquinées ; des fers de lances et de flèches ; des éperons de toutes dimensions; des haches d'arme; quelques boulets de pierre.
Troisième couche. Moyen-âge: monnaies des premières races et du bas-empire, en bronze, en zinc, en or, peu en argent; moins de fer que de cuivre; poteries rouges, noires, blanches, rarement vernissées, mais de pâte fine etde forme régulière; des clefs, des anneaux; des figurines en terre blanche, jaune ou rouge sans vernis, presque toutes sans tête, représentant une femme drapée, Isis ou Madone, à longue chevelure, et portant un enfant; des statuettes de la même terre, d'enfàns nus tenant une boule surmontée d'une croix , ou un oiseau qu'ils déchirent; quelques figures en pierres, mais rares et appar» tenant au paganisme; des ornemens en cuivre, en jayet, en ivoire, en or.
Quatrième couche. Epoque gallo-romaine : du marbre, des statues, des débris de colonnes, des tombeaux en pierres, des monnaies consulaires, en bronze, en aident,
HIEROGLYPHES PRIMITIFS. 449
en or; le fer devient moins commun; les clefs sont en cuivre, quelques-unes sont dorées ; des bas-reliefs ; des inscriptions ; des figurines en bronze, coulées, d'un bon dessin; des vases couverts d'arabesques, de forme pure; des amphores de terre grise d'un grand module.
Cinquième cimche. Période gauloise: le fer est de plus en plus rare ; les glaives, les lances , les poignards sont en cuivre forgé et trempé; des monnaies gauloises en or, point d'argent; quelques pièces grecques, quelques pierres gravées; des figures en cuivre, taillées dans le métal; des tombes en pierre grise crayeuse, sans inscriptions, sans ornemens, contenant un seul cadavre, mais plusieurs têtes, six, huit, dix; des instrumens de pierre, des couteaux, des haches, des pointes de flèche; à côté du mort, souvent une arme de bronze, et un vase de terre. Les poteries sont encore fabriquées à la roue, sans ornement, forme ovoïde.
Sixième couche. Première période celtique: on ne trouve plus de cercueils , ni de squelettes entiers; seulement des ossemens brisés, calcinés ; des cendres, des charbons, des vases dont la pâte est grossière ; point de fer, quelques fragmens de cuivre très-rares; des instrumens en os humains ; des haches en pierre avec leurs gaines en corne de cerf; des tibias, des fémurs, des côtes d'urus, de cerfs ; des coupures faites par l'homme, des traces de feu; des dents, des défenses de sangliers; des firagmens de mâchoires; peu de tâtes entières; des milliers d'éclats de siiex figurant grossièrement des couteaux, des haches, des ébauches d'animaux.
Septièms couche. Deuxième période cdtique w période
indéfinie: d'autres vases se montrent sous les premiers, et d'autres encore sous ceux-ci : ces derniers sont façonnés à la main, séchés au soleil , épais mais friables ; des cendres, des charbons, des os brisés, piiés, calcinés oa travaillés; des silex ébauchés en haches, en couteaux, en figures d'animaux; quelques arbres imparfaitement éqaarris et sans l'emploi du fer ; des urnes de plus en plos grossières. On est à 4 mètres au-dessous du niveau de la Somme, à 8 ou 10 au-dessous du sol aujourd'hui habité. On a traversé trois ou quatre bancs de tuf ou de tourbe entremêlés de lits de sable, de cendres, d'os, de charbons, d'urnes superposées et séparées par ces lits.
L'avant-demière couche de tourbe, celle qui précède la dernière assise de vases, est composée de mousse, de tiges de roseaux et de coudriers, de noisettes vides; c'est de la tourbe dite bocaqeuse qui passe pour diluvienne.
Huitième couche. Profondeur variable. — Bancs diluviens; silex brisés, roulés; sable ferrugineux; on ne trouve plus ni tourbe ni tuf, ni débris végétaux d'aucune espèce ; point d'ossemens travaillés , mais des os fossiles d'éléphant , de rhinocéros , d'ours , de cerf; des haches , des couteaux en silex ; des figures symboliques , des images d'animaux.
Ici nous nous arrêtons. Il doit pourtant y avoir audessous d'autres traces encore, car ces armes, ces ustensiles, ces images, ces signes, tout vieux qu'ils soient, ne sont pas les plus vieux . Nous avons vu que les meubles en écorce, en bois, en coquillage, ont précédé ceux en pierre. Il en a été de même des premières idoles; elles ont été confectionnées avec les substances les moiiis
diflBciles à travailler, et lorsqu'on en est venu à employer les pierres, chaque peuple a choisi parmi celles que procure le sol, les moins dures ou les plus attaquables par les grossiers instrumens qu'il possédait. Mais ce qui rendait le travail plus aisé était précisément ce qui faisait l'œuvre moins durable, et de même que les instrumens en bo#, en os , en coquillages, les ustensiles en pierre tendre périrent , soit par l'action de l'air , soit parcelle des eaux.
Il n'est donc resté que les morceaux fabriqués avec les substances les plus compactes; et nous avons dit {u'en ce pays ce sont les silex qui , lorsqu'ils se trouvent )lacés dans certaines conditions d'immobilité et d'abri, ^mme dans des sépultures profondes ou dans les >arties sablonneuses des bancs diluviens, sont pour ainsi lire éternels .
Maintenant, nous en venons aux preuves ou à la lescription des morceaux qui doivent servir de jalons à lotre démonstration.
Nous commençons par le silex roulé dit galet, auquel e firottement imprime à la longue des traces ayant lussi l'apparence de l'œuvre. C'est ce silex qu'on em- )loyait de préférence pour la confection des haches. Sa orme oblongue et en amande, dégagée par le frottement le toutes ses anfractuosités et de ses parties fendillées, itait très-propre à cette fabrication ; aussi ai-je souvent rouvé de ces galets ovales dans les sépultures celtiques, L côté des haches ébauchées. Le dessin uP 1**^ en repréente un auquel un éclat a été enlevé, probablement )our commencer le travail. Ces galets jouent un grand
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rôle dans l'histoire géologique du globe ; ils sont la base des roches dites poudingues et forment une partie des bancs clysmiens ou diluviens.
Ceux qui encombrent les côtes de la Manche et qui doivent finir par en fermer les ports et en faire des villes intérieures, sont d'origine plus moderne; ils proviennent des silex détachés de ces immenses falaises qui dominent la mer et sur lesquelles on voit se dessiner leurs assises horizontales/ Entraînés par la vague et toujours repoussés par elle, c'est le bruit qu'ils font en roulant que l'on entend, au jour de la tempête, jusqu'à quatre et cinq lieues de la côte.
Par ce frottement continuel, ces silex perdent bientôt leurs aspérités; tous leurs angles disparaissent; ils prennent des formes sphériques, oblongues ou cylindriques qui s'altèrent chaque jour et qui, du diamètre d'un boulet, puis d'un œuf, puis d'une noix, finissent par tomber à celui d'un grain de millet, et enfin à n'être plus qu'une de ces parcelles dont l'assemblage compose les sables du rivage.
Ce sont ces formes diverses qu'emprunte le silex avant
* L'introduction des silex dans la craie doit, selon M. But^x, avoir eu lieu soit lors de la disparition de la mer tertiaire, soit lors de la débade des lacs alpins; il est possible encore, et c'est l'opinion de M. Ravin, que ces silex aient paru en même temps cpie la craie, IricD qu^ils n'en soient pas le produit. La craie proprement dite formant le carbonate de chaux, a pour élémens particuliers ou principes constituans, du carbone et de Toxigènc qui forment son acide, et du calcinm qui compose sa base. On n'y trouve donc pas le silidum qoi constitue l'essence des silex.
d'arriver à sa dernière expression, ou au grain de sable, dont nous donnons un aperçu sous ee n^ 1®'. Toutes tendent plus ou moins à la coupe ovoî(](ê ou à celles qui en dérivent, rouleaux, disques, cœurs, etc. Ces échantil-- Ions proviennent des sépultures celtiques et y avaient été certainement fnis à cause de leur figure ; car dans ceè sépultures, parmi les éclats ou les silex travaillée, on ne rencontre de silex vierges que ces formes étranges.
Sous le n® 2 est une suite de silex simulant des images d'animaux , peut-être plus exactement que ceux qui sont ouvrés , et pourtant ces morceaux ne le sont pas; ils sont ce qu'on appelle jeux de la nature, jeux qu'il ne faut point appeler hasard, car il n'y a de hasard, ni dans la nature ni ailleurs : tout a une cause et une cause toute logique ; si nous la nommons hasard , c'est parce que nous ne la comprenons pas.
Ces silex qui représentent des oiseaux, des quadrupèdes, des poissons, des sauriens, sont, comme on peut le voir à l'intégrité de leur écorce, dans leur état primitif. C'est le silex ordinaire ou pyromaque, arraché à sa gangue calcaire, et dont quelfnes-uns semblent aVoir été roulés avant d'y être renfermés. L'ont-ils été réelfement, ou n'est-ce qu'un effet de leur entourage? Cette dernière version est la plus probable.
D'autres ont de légères brisures, mais elles ne sont pas disposées d'une manière assez r^ulière pour démontrer une intention et un plan. CepeiMant, date certains cas , la question peut rester mdécise , surtout quand le morceau a été trouvé avec d'autres é^ travaillés.
» ;Hit H ;;i
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De ce nombre est un silex figurant un quadrupède. Quatre éclats y ont été enlevés: le premier pour former le mufle ; le sedbnd , Tœil ; le troisième , la queue ; le quatrième, pour le faire tenir d'aplomb.
La coupe des trois premiers éclats est uniforme ; le quatrième seulement diffère dans sa direction. Au total il n'est pas impossible que ce morceau ait été ouvré; pourtant on ne doit pas le ranger dans cette catégorie.
La grosseur des silex sortant de la craie varie beaucoup, mais leur poids moyen est d'un à trois kilog. Il y en a de bien plus gros, et j'en ai donné au Muséum de Paris un échantillon ayant la forme d'une urne qui pèse plusieurs quintaux, quoiqu'il soit creux. Il provenait des falaises du bourg d'Ault.
Dans la série des silex bruts que je mets sous vos yeux, il y en a de deux origines ou formations qu'il vous sera facile de distinguer.
Les premiers sont ceux dont la matière, molle encore, s'est introduite dans les fissures et cavités de la craie, et, en s'y concentrant comme dans un moule, a dû eo prendre la forme ; ou bien qui ont acquis cette forme , ainsi que les silex en table ou en plaquette , par la seule pression de la couche crayeuse.
Les seconds ont été formés dans des circonstances analogues; cependant une autre encore y a contribué: les corps marins dont ils ont emprunté des parties, leur ont laissé quelque chose de leur ensemble et de leur contexture. Ce ne sont pourtant pas les pétrifications des corps mêmes ou le remplacement par des sucs lapidifiques, des portions déplacées , ce sont les ^opreintet
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qu'ont produites dans la craie ces corps marins avant de s'y décomposer, décomposition qui a concouru peut-être à la formation de ces silex.
Ceux-ci, comme pour rappeler leur origine neptuuienne, affectent principalement des ressemblances d'animaux marins. Quelques-uns cependant, restes de zoophites et de madrépores, ressemblent à des fruits, à des racines. Les échantillons que nous en présentons proviennent presque tous des sépultures celtiques , où eux aussi avaient été mis avec intention. Tant de formes bizarres n'auraient pu être réunies par un simple accident. *
Sous le n^ 3 sont encore des figures. Celles-ci ne sont plus le résultat de la conformation originelle du silex; elles viennent de sa cassure. Leur coupe a été déterminée par un seul choc, ou bien par une suite d'éclats ou d'accidens.
Ces silex cassés sont souvent assez difficiles à distinguer des silex ébauchés que l'on rencontre toujours avec eux dans les sépultures celtiquess. On ne peut mettre en doute qu'ils n'aient été ainsi brisés par une main humaine, soit en les entrechoquant, soit à coups de masse, à peu près comme nos cantonniers brisent les pierres des routes. D'ailleurs il ne faut pas croire que ces ressemblances qui nous frappent aujourd'hui aient échappé à ces peuples antiques. Non, ces imitations, si grossières pour nous, l'étaient beaucoup moins pour ceux qui n'en avaient pas vu
** J'ai trouvé également dans les sépultures celtiques des oursins et autres coquilles pétrifiées qui certainement y avaient été déposés à dessein. J'en ai formé une collection qui n'est pas sans intérêt.
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d'autres . Elles les étonnaient commes elles étonnent encore nos enfans et même nos ouvriers, qui, je Ta! dit aiDeors, ne voient jamais de simples accidens dans ces images.
Ainsi Tusage ou la religion voulait que Fume funéraire fût entourée d'un lit de silex brisés. On en brisait donc un grand nombre ; puis dans ces brisures on faisait un choix , et Ton se partageait les morceaux heureusement accidentés. Ceux qui se rapprochaient de la figure consacrée étaient les plus recherchés , soit parce qu'ils dispensaient d'un travail, soit parce qu'ils l'abrégeaient.
Cependant le motif d'échapper à un labeur n'était pas le seul qui dirigeât ici le dévot ou le guerrier. Il est vraisemblable qu'ils attachaient à ces productions spontanées une vertu surnaturelle. C'étaient là leurs oracles, leurs aruspices, leurs augures de chasse ou de guerre.
Après avoir servi à un acte politique ou religieux, ces éclats accidentés étaient recueillis avec soin et conservés tels que le sort les avait façonnés, ou bien ils étaient perfectionnés par un travail; puis, les uns comme les autres servaient au même usage d'ex-voto ou d'ofirandes aux dieux ou aux mânes. Voilà pourquoi, dans les gissemens celtiques , on trouve autour des urnes, des silex ébauchés ou tout-à-fait bruts, mêlés à ceux qui sont travaillés avec soin. Mais nonobstant cette différence, tous avaient, je le répète, leur intention commémorative.
J'ai expliqué comment on pouvait distinguer les silex entièrement ouvrés de ceux qui ne l'étaient que partiellement, et ceux-ci des silex qui ne l'ont pas été du toat.
Entre les premiers et les derniers, la nuance est asses bien tranchée; il n'en est pas toujours de même entre
les seconds et les troisièmes ; cependant plusieurs indices peuvent mener à une presque certitude. L'un des principaux c'est que dans les silex brisés, les éclats sont divergens, et qu'ensuite les bords de la fracture sont nets et coupans comme ceux d'un verre cassé, ou s'ils sont émoussés, c'est par ébréchures, par fragmens inégaux ou par anfractuosités.
Dans les silex taillés les éclats sont plus réguliers, et plutôt concaves que convexes ; les bords du morceau sont moins tranchans ou s'ils le sont, c'est par des coupures partant du centre.
Quand ces bords ont été régularisés, c'est au moyen de petites écailles enlevées successivement à l'aide d'un outil ou d'une autre pierre, ce que l'uniformité de ces écailles rend facile à reconnaître.
Les figures que les brisures des silex offrent le plus ordinairement, sont des tètes d'oiseaux. On en trouve partout, et ceci s'explique ; il suffit d'une coupe ronde ou ovale se terminant par une pointe, pour simuler le crâne , le bec et souvent le cou , et tout est d'un seul jet; mais cette unité même prouve l'accident. Un morceau de sculpture, un dessin, quelqu'imparfaite qu'en soit l'œuvre , n'a jamais été fait d'un seul coup ; la plupart de ces tètes d'oiseaux, malgré un air de mouvement et de vie, ne sont que des éclats simples qui n'ont pas même été retouchés.
Il y a aussi dans ces accidens des apparences de quadrupèdes, de reptiles et de poissons, mais moins que de figures d'oiseaux .
Pour qu'on puisse apprécier ces nuances, je renvoie
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aux objets mêmes ou à dé&ut , aux plaudies qui les représenteot n^ 3.
Quelquefois la figure est dans la cassure; ou Ty croi^ rait peinte. J'ofiGre également même n^, des exemples de ces peintures naturelles qui ont des rapports avec celles qu'on remarque dans certaines racines, quand on les coupe transversalement.
Dans quelques morceaux, les deux accidens, c'eslràdire la forme extérieure et la couleur intérieure, peuvent contribuer à la ressemblance. Telle est sous le n® 4 une tête de gallinacée où le travail humain, malgré un grand air de vérité, est fort problématique. S'il y a œuvre, elle n'existe que dans les deux coups donnés pour dégager l'œil d'un côté et le bec de l'autre; encore est-ce douteux.
Dans un silex long de 21 centimètres, large de 8, presqu'entièrement revêtu de son écorce, et ayant la forme d'un chien à long museau, l'intention est moins douteuse ; l'œil est si exactement placé et le parti qu'on a tiré de la teinte noire du silex pour simuler la prunelle, donne à cet œil une expression telle qu'on a de la p&oe à repousser l'idée d'une œuvre. En outre le dessous de la pierre est coupé de manière à la faire poser.
Un autre silex un peu plus petit, paridt aussi avoir été disposé dans le même but, et deux éclats enlevés pour former le museau et établir un contraste de couleurs, pourraient ne pas être l'effet d'un simple hasard.
Ce sont de ces silex qui ont naturellement l'apparenoe d'un être ou d'une partie d'être, et sur lesquels cetteappar rence a été perfectionnée par un travail humain dont il
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nous reste à parler. Dans cette classe rentre la grande majorité des signes et figures sortant des sépultures cel* tiques et même des bancs diluviens, car, dans ces productions de rhomme primitif, il en est fort peu où tout appartienne à Touvrier. Aussi la diflTérence entre la quatrième et la cinquième catégories n'est-elle réellement que dans le plus ou moins de travail, ou bien encore dans le plus ou moins de certitude de ce travail.
Cette certitude s'acquiert de plusieurs manières et souvent par un signe qui ne frappe pas toujours au premier coup-d'œil. Tel morceau qui nous parait d'abord le mieux ou le plus certainement ouvré, ne produira plus cet e£Pet après un examen attentif. La démarcation devient donc ici sinon impossible , du moins fort peu aisée; et vouloir déterminer l'œuvre où la main humaine a eu le plus de part, serait s'exposer à de nombreuses erreurs: il sufSt de prouver qu'elle y a eu réellement part, qu'il y a là une intention, un travail. Or, cette intention me semble manifeste quand une figure a des analogues , c'est-à-dire quand , dans sa coupe, sa taille ou le nombre des écailles, bandelettes ou éclats enlevés , elle présente identité avec une ou plusieurs autres. Le hasard ne crée guère de similaires , ou s'il en crée c'est dans l'ensemble et non dans les détails. Mais cette analogie des détails n'est pas toujours sentie à la première vue, et les objets qui se répètent dans leurs parties, et qui par cela même ofiQrent le plus de garantie, ne sont pas invariablement ceux qui semblent d'abord les plus et les mieux travaillés. C'est ce qui nous a déterminé à ne faire qu'une
seale classe de toutes les nuances comprises dans ces deux catégories, c'est-à-dire 1® des silex ayant natnturellement, ou par leur cassure, l'apparence d'une figure, et qui ont été perfectionnés par un travail homain; 2^ des silex représentant aussi une figure, mais seulement par suite de ce travail.
Ce sont les descriptions de ces deux sortes de mor* ceaux provenant des gissemens celtiques et rentrant dans la quatrième et la cinquième catégories, qui feront le sujet du chapitre suivant.
INDUSTRIE PRIMITIVE . CHAP? »U ,Ft . XLL .
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d'homme qu'on a voulu faire, ou n'est-ce qu'un accident? Vraisemblablement les deux causes sont ici réunies : la brisure de la pierre ofiRrait une sorte de camée naturel; les principaux contours de la tête étaient indiqués, mais Fensemble ne pouvait l'être aussi nettement qu'il l'est aujourd'hui. Remarquez que la circonférence est émoussée dans toute la partie qui forme la face et le col; cela seul ne démontrerait pas un travail, mais en examinant le retour de l'épaule, vous y reconnaîtrez la trace de petits éclats enlevés dans l'épaisseur pour diminuer la largeur et déterminer cette épaule. Regardez aussi la coiffure à l'endroit où elle touche à la face, vous y verrez des coupures transversales, ce qui fait sinon preuve, du moins probabilité. On croirait même que l'ouvrier a profité des couleurs de la pierre : l'art de sculpter en camée remonterait ainsi bien audelà de notre civilisation. Mais avec la presque conviction du travail de ce morceau , je n'ai pas celle de sa très-haute ancienneté : d'abord les peuples primitifs ou tout- à -fait barbares, ne faisaient pas de bustes; ensuite cette pierre était dans la partie la moins profonde du gissement celtique. Peut-être provient-elle du sol gaulois ; elle représente une figure en costume romain on gallo-romain.
Deux autres ébauches, fig. 1^ et 1>, annoncent deux têtes de femme : Tune vieille, l'autre jeune. GeUes-ci étaient beaucoup plus profondément enfouies. La première porte des traces de feu.
Ces figures , petites et fragiles, car l'une n'a que 3 centimètres de hauteur, l'autre 4 1(2 sur une épaisseur
de quelques millimètres, ont certainement été mises là avec intention, et elles proviennent d'éclats foits de main d'homme, mais je demanderai encore: cette forme estelle l'effet d'un accident? Ou résulte^t-elle d'un travail suivi ?
L'examen tend à démontrer qu'ici le hasard a fait les trois quarts de l'œuvre, peut-ôtre l'œuvre entière; cependant il est possible que le col et le dessus du nez de la plus petite aient été perfectionnés par quelques coups légers, et que le dessus de la tête ou de la coifife de la plus grande ait été arrondi par l'ouvrier ; mais ce n'est pas chose certaine, et je suis plus porté à croire que le Celte qui a déposé ces pierres près de l'urne cinéraire, frappé de leur apparence humaine, les aqra admises telles qu'elles étaient au moment où elles jaillirent sous son marteau. La finesse des contours qui presque partout se terminent en lames minces et tranchantes, rend cette opinion fort probable.
Quelques autres figures rentrent dans les mômes conditions sans offrir plus de certitude ; c'est ce qui m'empêche d'en présenter le dessin.
Je reconnaîtrais plutôt une œuvre dans la coupe d'un silex noir simulant un profil. La trace qui indique la bouche est accidentelle; mais le nez, le menton et les deux éclats qui forment le sommet de la tête pourraient bien ne pas l'être ; cependant , ici encore , la preuve n'est pas complète : si le travail a eu lieu, il a été inspiré par la coupe de la pierre, dont le côté brut ofire naturellement un profil, ce qui aura déterminé l'ouvrier à le répéter de l'autre. Voir fig. t*^.
Le suivant 1 ^ est ouvré ; mais il n'est pas certain qu'on ait voulu faire une figure. Tous ces morceaux étaient dans les sépultures celtiques de la Portelette.
Le n^ 1' est un silex bleuté trouvé dans la tourbe, à Condé-Folie (Somme), et dont le travail est évident. A sa coupe ovale, on le prendrait pour une hachette; mais deux éclats enlevés pour simuler le trou des yeux, et un angle ménagé au milieu pour la place du nez , me font penser qu'on a eu l'intention de représenter une tête de squelette humain. Depuis, comme j'en ai trouvé plusieurs analogues, je n'ai pas douté que telle n'eût été réellement la volonté de Touvrier.
Sous le n^ 2 sont des silex noirs recouverts en partie et probablement à dessein, de leur écorce. Etait-ce pour figurer la tête d'une sorte de quadrumane ou de babouin? Je ne l'affirmerais pas , mais ce que j'ai reconnu, c'est que ces pierres, hautes de 5 à 6 centimètres sur 3 à 5 de largeur, sont travaillées et même avec un certain soin : on distingue parfaitement dans quelques-unes les détails du faire ou la manière dont les éclats ont été détachés. L'une porte des traces de feu : elles étaient dans les cendres et les charbons des sépultures celtiques.
Les figures que nous, venons de décrire sont de face. Dans d'autres, qui sont de profil, le travail n'est pas moins visible ; on ne pourrait contester que Fintention d'imitation, mais alors pourquoi cette même apparence se répète-t-elle servilement dans tant de similaires? Pourquoi cette analogie des détails ?
11 est un de ces morceaux, fig. 2^^ où une parcelle de
la croûte blanche de la pierre semble avoir été laissée exprès pour simuler Tœil.
Quelques silex, ébauches d'animaux de classes voisines et provenant des mêmes sépultures , auraient pu figurer ici , mais Tœuvre y manquant d'évidence , j'ai cru devoir les supprimer. Si des similaires moins problématiques sont découverts , les planches supplémentaires en feront mention .
Le n^ 3, sous un plus grand module, a quelque rapport avec le premier analogue du n^ 2. C'est la tête d'un carnassier, de haute taille: deux larges écailles détachées à droite et à gauche forment le nez nettement dessiné par la ligne des joues et par la différence de couleur. Ce morceau provient d'une tourbière située près la porte du Bois.
Sous le n^ 3^ est une tête de chat en ronde-bosse. Est-ce un accident? Est-ce une œuvre ? Il est à croire que c'est l'union de l'un et de l'autre. On a profité d'une géode vide, dont l'entrée forme une sorte de gueule largement ouverte, et l'on a ainsi composé cette bizarre apparence d'un animal qui baille ou crie. Le travail s'est d'ailleurs borné à arrondir le front et à dégager, par quelques coups, les coins de la bouche, afin d'en régulariser l'ovale. Peut-être aussi a-t-on essayé de recreuser l'œil.
Travaillé ou non, ce morceau avait été mis, probablement à cause de sa figure, dans la sépulture où on l'a trouvé à la Portelette. Quand on l'en a retiré, il était rempH de cendres que malheureusement on en a ôtées en voulant le nettoyer. Si c'étaient des cendres humaines,
et je suis porté a le croire, le récipient, ou cette urne improvisée, était au moins bizarre.
Une petite coquille bivalve, pétriflée, ayant aussi quelque ressemblance avec cette face de chat, était à côté. Sur ce morceau deux yeux sont simulés, mais est-ce par un travail humain? C'est douteux.
Le n^ 4, silex noir dont on a laissé une partie de Técorce pour indiquer les joues et le front , imite assez bien une tête de chien à longs poils. Je ne sais si cette espèce existait alors dans les Gaules , mais cette copie ne manque pas de vérité.
Deux analogues, 4^ et 4", plus petits, placés également de face, ont quelque chose du renard et du loup.
D'autres similaires de profil sont encore des têtes de chien, de lynx, de renard, etc.
Le n® 5 représente un loup à oreilles droite^, ou Tûn de ces animaux vulgairement appelés loups-cerviers ; ici l'œuvre et l'intention me paraissent indubitables : le nuseau, le front, l'oreille, tout est convenablement placé.
Les analogues de profil, avec moins de travail, ont iussi moins de vérité: plusieurs ne sont que de simples k^lats légèrement retouchés; quelques-uns portent des traces de feu.
Le n° 6 offre une série de têtes qui tiennent à la fois de l'ours et du loup ; mais quand on arrive aux petits modèles simulant l'animal entier , l'expression est plus complète. Ce sont bien des ours, et par une circonstance assez remarquable, plusieurs de ces images étaient dans le gissement celtique de la Portelette à côté des mâLhoires d'ours dont j'ai doniaé la description.
Les n^^ 7 ont encore une physionomie qui frappe tout d'abord : ce sont évidemment des têtes de sanglier^ et nous les retrouverons en grand nombre dans les bancs diluviens. Cette espèce a existé dans tous les temps et dans tous les pays ; partout on en rencontre les débris ou les images.
Ces mêmes animaux sont aussi figurés tout entiers, en éclats aplatis; l'intention n'est pas plus douteuse.
Le n^ 8 a été ramassé sur le sol. J'ai dit que les morceaux que je ne rencontrais pas à leur place primitive et avec un certain nombre de similaires, m'inspiraient peu de confiance; mais celui-ci est d'une telle vérité ^qu'ilfaut y reconnaître un plan. Ayant 14 centimètres de longueur sur 8 de largeur , il représente la tête d'un ruminant, génisse ou veau: le museau, l'œil, l'oreille sont indiqués par une suite d'éclats peu réguliers mais produisant un ensemble qui porte conviction.
D'autres silex du même n^ proviennent des sépultures celtiques. Le travail y est visible. Ils ont l'apparence de têtes de chevaux , ou bien encore de bœufs , vaches, brebis, etc. Je conviens que ces ressemblances sont éloignées , néanmoins elles ne sont pas purement imaginaires. L*un de ces morceaux est une hachette qui a été retaillée ou peut-être brisée accidentellement.
Le n° 9 a un caractère moins prononcé ; cependant, après quelque examen, on croit reconncdtre le hérissw au moment où il relève ses piquans; quant à l'intentico de l'œuvre et à son exécution , la similitude parbite des nombreux analogues ne permet guère d'en douter.
Le n^ 10 figure assez bien un quadrupède du genre
mu9. Cet objet, qui a été extrait des tourbières de Mareuii près Abbeville, est certainement ouvré. Fait avec un fragment de silex plaquette, revêtu de son écorce blanche, il semble avoir été coupé à Femporte-pièce. Quelle que soit la manière dont il a été travaillé , on ne peut nier ce travail.
Il n'est pas un seul gissement celtique qui n*ait fourni des images de petits animaux de la même famille, ou des classes voisines. Vous remarquerez que ce sont ces mêmes espèces dont on reconnaît les ossemens dans les urnes , tandis que Ton trouve à Tentour ceux des races plus grandes.
Je ne puis déterminer le quadrupède dont les variétés sont dessinées sous \e n^ 1 1 ; c'est probablement un animal à pattes courtes et un rongeur.
Sous le même n^ sont des espèces voisines et quelques carnivores, qu'avec un peu de soin on pourrait classer.
Le n^ 12 présente une autre série de mammifères, peut-être des animaux à terrier.
Sous le n^' 13 sont des individus du genre mustella, puis des loutres, castors , etc.
On sent que ces classifications, notamment les dernières, ne sont qu'approximatives; aussi ne doit-on les considérer que comme simples indications et moyens d'ordre. C'est aux figures mêmes que je renvoie.
Le n^ 14 ofire des spécimens de ces quadrupèdes à long museau qui appartiennent aujourd'hui à d'autres climats. Ont-ils existé dans celui-ci? Ces images sont* elles des souvenirs, des caprices ou des accidens? Vous en déciderez.
Les sauriens sont indiqués sous le n^ 15. Les imilatioQs de ces animaux, si communes dans nos bancs diluviens, sont rares dans les gissemens celtiques ; c'est qu'alors il n'existait plus de grands sauriens dans les Gaules.
Quelques individus du genre rana figurent à la suite des précédens.
Sous le n^ 16 sont des mammifères marins et des poissons, dont les gissemens celtiques ofiGrent aussi moins d'analogues que les gissemens diluviens, vraisemblablement parce que ces espèces étaient peu connues des Celtes qui vivaient plutôt de chasse que de pèche.
Ces dernières images sont fort peu travaillées , peutêtre môme ne le sont-elles pas du tout ; mais elles comblent une lacune , et sont dignes d'observation par cela seul qu'elles étaient dans les sépultures celtiques avec des spécimens de tant d'autres races.
Maintenant je passe aux volatiles. Nous commençons par les oiseaux de proie.
Le silex noir et blanc n^ 17, qui semble taillé sur toutes les faces et qui simule assez bien la tête d'un faucon, aurait tous les caractères d'un travail humain, s'il y avait moins de divergence dans les éclats. Ceci s'explique : il a été ramassé sur la superficie , dans un Heu où il n'était à l'abri d'aucun choc; or j'ai déjà dit qu'il était fort difficile de distinguer les éclats accidentas de ceux qui émanent d'une intention. Ici cependant cette intention est vraisemblable et ce morceau peut prendre place parmi les objets travaillés.
D'autres têtes d'oiseaux de proie ou d'espèces à bec fort ou tranchant, viennent à la suite de GeUe4a. Les
unes sont évidemment ouvrées; les autres sont douteuses , mais , placées dans les sépultures celtiques, elles y avaient probablement été mises à cause de leur ressemblance, même purement accidentelle avec les oiseaux dont il s'agit.
Sous le n° 18 est une série de volatiles, tels que perdrix, grives, cailles, coqs, poules, etc.
Le premier de ces morceaux mérite une mention
spéciale, car si certaines pièces qui sembleQt taillées
dans toutes leurs parties, ne sont pourtant que des acci-
dens , il suffit quelquefois d'un seul éclat, d'une simple
écaille, pour indiquer une intention intelligente; c'est
œ qui arrive dans ce simulacre d'un jeune poulet. U
est d'un silex qui a été enfoui peu de temps après
^Lvoir été arraché à la craie , car il a encore sa blan-
cîheur et son écorce parait intacte; mais en ^e considérant
par devant, on aperçoit à gauche un trou simulant l'œil,
Urou qui est naturel. A la même hauteur, à droite, un
petit éclat nettement détaché figure l'autre œil. Cet éclat,
le seul qui soit sur toute la pierre , a été fait de maip
d'homme; aussi ce silex était-il placé près d'une urne
celtique.
Quoique mieux travaillé en apparence, ranak>gue suivant est plus problématique. Il a été trouvé dans im étang tourbeux. Toute sa circonférence, depuis le hqu/t du bec jusqu'au derrière de la tête, est formée par une suite de petites cassures, mais elles peuvent être la conséquence du contact d'autre corps. L'œil, figuré par l'enlèvement d'une écaille , puis par un firottement , ne présente pas beaucoup plus de gfurantie.
Sous ce même n^ sont , dans des positions diverses , d'autres gallinacées, les unes entières , les autres à micorps. L'on croit reconnaître dans ces images quelque chose du paon, de Toutarde, de la pintade. Je revoie aux dessins.
Le n^ 19 offre des oiseaux à petit bec droit ou recourbé, tels que moineaux, linottes, alouettes. Ce sont ces espèces dont la ressemblance résulte le plus souvent des cassures naturelles. Il faut donc ici surtout se tenir en garde contre les illusions *.
Sous le n9 20 sont des têtes au bec long et effilé, drcHt ou arqué, bécasses, bécassines, mouettes, etc., ainsi que quelques oiseaux plus forts, goélands, cormorans, etc. Le plus remarquable est en silex gris-noir , taillé en tête de courlis de grandeur naturelle. Au premier abord ce morceau semble le résultat d'un accident, et il se peut que cette forme dans sa coupe primitive ne soit en effet qu'une cassure; mais cette figure née du hasard a été perfectionnée avec un art qui seul explique comment ce bec, long de 8 centimètres et qui va en s'amincissant jusqu'à n'avoir que 2 millimètres, n'a pas été brisé par les éclats transversaux enlevés jusqu'à sa pointe. Ces éclats que l'on peut compter se répètent régulièrement dans tous les sens. Le derrière de la tête a aussi été arrondi par le même procédé.
* Je rappelle encore que tous ces objets sont chez moi » à la position de ceux qui voudront les étudier. En regard des moroeaoi évidemment ouvrés sont ceux qui n'en ont que Tapparence. On pourra ainsi par le rapprochement établir la différence.
Une tête de cormoran, fig. 2<F, est non moins bien faite.
Sous le n^ 21 sont des palmipèdes à bec large, oies, canards, ainsi que quelques oiseaux d'étang et de rivage, macreuses, macareux.
Trois têtes de ce dernier oiseau, fig. 21 ^>»', ofiRrent cette particularité que, différant de grandeur, elles sont semblables de détails : on y remarque la même coupe et les mêmes éclats.
Quelques autres silex représentent des canards nageant ou dans des positions diverses.
L'un de ces canards, fig. 21<^, a 34 centimètres de long sur 18 de large. En silex noir et rouge, il est évidemment ouvré. Il était dans un banc de tourbe bocageuse à Condé-Folie (Somme), parmi des cendres, des charbons et des tessons de poterie celtique de pâte fort grossière et non cuite au feu , ce qui indique sa haute antiquité.
Le silex blanc 21^ qui simule un oiseau entier, ne manque pas de vraisemblance. Les brisures de la partie supérieure peuvent avoir été faites avec intention , mais j'en serais plus sûr s'il n'avait pas été ramassé sur le sol. J'ai peu de foi dans ces morceaux isolés, surtout quand ils représentent des oiseaux.
Je croirais davantage aux autres analogues, fig.''*^'-", en silex gris, non qu'ils soient mieux faits ; ils ont même très-peu d'indices de travail , mais ils proviennent des gissemens celtiques.
Le n^ 22 offre des simulacres de pingouins. Cette forme est assez commune. Ce bizarre oiseau habitant des
pôles, mais qui de loin à loin, après avoir traversé l'océan en nageant et plongeant, apparaît sur nos côtes, avait vraisemblablement attiré l'attention des peuplades* riveraines; de là la fréquence de son image dans les lieux sépulcraux de cette époque.
11 faut ajouter que cette figure est, de même que celle du n^ 19, une conséquence assez commune des brisures simples ou accidentelles ; toutefois comme tous ces morceaux étaient réunis dans des sépultures, je ne doute pas qu'ils n'y aient été mis en raison de cette forme même, travaillée ou non.
Nous terminerons ici cette description des figures celtiques, bien que nous en ayons réuni beaucoup d'autres ; car nous aurons encore à revenir sur des images analogues, en parlant de celles des bancs diluviens.
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fiffii.f^es el SyiiLÔoles de l'epû^ue ceÙi^iM^
tous la même origine. Le grand nombre que j'en ai réuni est le fruit d'une recherche de dix ans et de Texploralion à toute profondeur, de plusieurs bancs diluviens et le toutes les couches de sable qui les composent; car 3'est dans ces agglomérations ou ces lits de matière sat)lonneuse , bien plutôt que dans ceux de cailloux, qu'on trouve les morceaux travaillés.
Après les avoir extraits de leur gangue , j'ai étudié Des silex un à un, non pas seulement par centaines, mais par milliers, et j'en ai certainement fait transporter chez moi de quoi remplir plusieurs chariots ; on peut juger par là du nombre de ceux que j'ai examinés sur place.
C'est donc par une investigation constante dans laquelle j'ai été aidé par des hommes intelligens habitués à cette recherche, que je suis parvenu à rassembler cette variété de figures.
Je n'entreprendrai pas de les décrire toutes: ce sont moins les descriptions que la vue des objets mêmes et surtout le grand nombre d'analogues qui pourront dissiper tous les doutes. Déjà beaucoup sont tombés devant l'évidence qu'offrent les haches et les couteaux, évidence devenue de notoriété publique , dans ce pays où chacun a pu visiter le lieu d'extraction et reconnaître par ses propres yeux la nature diluvienne du terrain. Oui , les bancs diluviens de la vallée de Somme contiennent des ouvrages d'homme , nous l'afBrmons, et cent personnes ici l'affirmeront avec nous.
Au point de publicité et de démonstration où en est la question, c'est donc moins dans ce travail même que git la difficulté que dans son but : on a ouvré cette pierre.
mais pourquoi Fa-t-on ouvrée? A-t-on ou n'a-t-on pas voulu en faire une flgure? A ceci les faits vont répondre.
Sous le n^ 1 nous présentons des apparences plus ou moins grossières de créatures humaines; je dis apparences, car ici, comme dans les sépultures celtiques, ce sont , de toutes les images qu'on y rencontre , celles qui offrent le moins de certitude. Quant à l'intention d'une œuvre , elle existe : on a eu la volonté de faire quelque chose, mais il n'est pas toujours possible de reconnaître ce qu'on a voulu faire.
Le premier analogue, en silex gris mêlé de jaune, a été trouvé le 10 septembre 1844, dans une des couches les plus profondes du banc de l'Hôpital. Ce morceau, haut de 12 centimètres, large de 8, épais de 2 au centre, tranchant dans presque toute sa circonférence, est évidemment ouvré. Était-ce une arme, un meuble, ou une figure? Ici est la difBculté. C'est bien l'ovale d'un profil: on distingue un front, une apparence de nez, mais cette même apparence résulte si souvent des brisures de tous les corps vitreux , que je ne puis rien affirmer; je vous soumets mes doutes.
Trois figures 1^>^, presque de la même dimension et parfaitement similaires entr'elles, offrent aussila ressemblance éloignée de profils humains. Elles sont usées, peu travaillées, et c'est leur analogie qui me les a fidt recueillir.
Depuis , j'en ai rencontré dans les mêmes bancs diluviens, trois autres, fig. 1^'<^, qui diflCèrent peu des premières, et plus tard d'autres encore. Ces dernières sont en buste, fig. 1"'^^. Tous ces morceaux sont problématiques.