CHAPITRE IV
Les loiBBeas dits celtiqaes ou druidiques ne sont pas les plus anciens des Gaules.
Comme nous marchons vers l'inconnu , et que nous parlons de races dont les noms mêmes ne sont pas parvenus jusqu'à nous , nous attribuerons aux Celtes les instruments les plus anciens , sans déterminer les siècles ou vivaient ces Celtes.
Ici la pensée ne s'arrête pas. Où s'arrêterait-elle ? Un monument s'altère, une médaille s'oxide, le degré de cette altération , de cette oxidation , peut, jusqu'à un certain point, en indiquer la vieillesse; mais la forme d'un silex enfoui ne change pas.
En raison même de cette inaltérabilité, si l'état de conservation du morceau ne peut jamais devenir preuve , il n'en est pas ainsi du gissement , et nous venons d'expliquer comment la superposition des lits de tuf, de tourbe et de sable , indiquait d'une manière à-peu-près sûre ,
l'ancienneté comparative des débris que ces lits contenaient ou recouvraient.
Il ne faut pas croire que ces témoignages de l'existence des hommes soient les plus anciens ; non , il en est d'autres plus anciens encore.
Lorsque vous avez dépassé la zone des ruines et les dernières traces des arts et de l'industrie ; quand H n'y a plus de scories ni de tessons d'aucune sorte , quand vous ne rencontrez même plus de ces instrumens dont le travail est si peu distinct que vous ne pouvez le reconnaître qu'après un examen attentif, vous trouvez un assez grand nombre d'ossemens de bœufs , de chevaux, de cerfs, de sangliers, et d'urus. Parmi ces os il en est qui, réunis, forment un squelette entier et annoncent que l'animal a péri là , mais ces débris sont rares ; il en est beaucoup plus dont on tenterait vainement de faire un tout et qui appartiennent à des espèces diverses. Examinez-les avec soin et vous y trouverez des stigmates , des cicatrices produites , non par la dent des bétes féroces , mais par des blessures indiquant un projectile , une pierre , ou un instrument contondant , un pieu , une masse , ou ce qui est à la fois plus rèconnaissable et plus concluant, une calcination.
Ces os proviennent probablement d'animaux tués par les chasseurs ou sacrifiés par les prêtres.
Sur les mêmes points vous trouverez aussi des restes de poissons, et de poissons marins. Ils ne sont pas fossiles; ils n'ont pu être apportés là par la mer; ils l'ont donc été par les hommes.
Cependant je ne donne ce dernier fait que comme
indice. La présence des os , surtout avec des traces dé blessures autres que celles que peut produire la dent ou un choc naturel , est un témoignage plus positif.
A celui-<îi s'en joint souvent un autre : parmi les chênes , aulnes , bouleaux dont on voit les nombreuses traces, # en est qui ont été coupés , qui ont même subi un commencement de préparation et parfois de combustion.
Avec qoel corps dur ces os ont-ils été entamés et ces arbres, coupés ? Avec des silex ; et vous apercevez ces silex au milieu même de ces ossemens et des arbres qu'ils ont servi à briser ou à taillader.
Ces instrumens ne sont plus ces haches polies qu'on trouve sous le sol gallo-romain; ce ne sont pas non plus ces ébauches qu'on rencontre sous le tuf ou la deuxième couche de tourbe et qu'on distingue à peine de la pierre brute ; c'est cette pierre brute elle-même ; ce sont des éclats tranchants , mais sans œuvre et par l'effet d'une simple brisure ; ou s'il y a œuvre , si , par un travail , on leur a imprimé une forme plus propre à leur destination , ce travail est faible , grossier et inférieur en tout point à celui dont les couches moins profondes oflrent des vestiges.
En pénétrant plus avant vous arrivez à un plan qu'au premier abord , on pourrait considérer comme la terre vierge, ou ceUeque les hommes n'ont jamais touchée. Cependant il y a encore là des traces humaines ; après un peu d'étude vous ne les méconnaîtrez pas : un simple cran fait sur un os avec le tranchant d'un silex ; un seul éclat enlevé à ce silex d'une façon régulière; un
seul morceau de bois coupé et non brisé , prouvent une main humaine aussi clairement qu'une inscription. L'animal, même le plus intelligent , l'éléphant , le chien , le singe , ne pourrait faire ce cran : il brise ou ronge le bois, mais il ne le coupe ni ne le taille.
Là sont donc des traces d'hommes , et qncuod ces signes se montrent souvent , quand un grand nomfire d'os portent des stigmates de feu et de blessures , c'est qu'un grand nombre d'hommes ont passé par là.
Mais ces traces d'hommes , ces stigmates des os , ces silex simplement éclatés ou à peine travaillés , ne proviennent-ils pas des couches supérieures ? Non ; car dans ces couches supérieures, ou sur le sol où vivaient les Gaulois, puis les Romains, nous trouvons ces mêmes blessures ; mais eUes ont un caractère difiTérent : la coapure est plus nette , et nous en avons l'explication en ramassant à côté , les instrumens de bronze où de fer qui ont servi à frapper.
Dans les couches inférieures , jamais de fer, jamais de bronze, jamais de ces haches finies et ingénieusement emmanchées , jamais même de celles qui , bien qu'elles ne soient qu'ébauchées, annoncent pourtant un plan, un dessein arrêté d'avance. Là , vous ne trouvez point de poterie, car la poterie , quelque grossière qu'elle soit , dénote , comme nous l'expliquerons bientôt , une sorte d'étude et de progrès. Tout indique donc ici le sauvage à l'aurore de la vie sociale, l'homme dans sa nature rustique , l'homme de proie ou le chasseur que l'abondance du gibier, que la facilité de le prendre et de le tuer, ont rendu peu soucieux d'en perfectionner les moyens.
On pourra , je le sais , contester les conséquences que je tire de cette imperfection , en disant qu'aujourd'hui encore il est des peuplades dont la science n'est pas plus étendue. Cette allégation est vraie ; aussi répëterai-je que c'est moins dans l'instrument même que je trouve un témoignage, que dans le sol dont on l'extrait, dans Ja superposition des couches naturelles et dans les débris des générations sous lesquelles cet instrument repose.
Sans doute, si vous isolez chacun de ces indices, ils ne démontrent rien ; mais si vous les prenez tels qu'ils se présentent , si vous les considérez dans leur ensemble et n'en brisez pas le faisceau , alors , se fortifiant l'un par l'autre , ils ne vous laisseront aucun doute sur l'antiquité de ces premières traces et de la population qu'elles révèlent.
L'état fixe de barbarie de cette même population , ou sa longue existence sans progrès sensibles dans son industrie ni dans son raisonnement , me parait également démontrée par la quantité de vestiges identiques et l'entassement ou la superposition des débris de nature semblable; sur ces débris mêmes sont tracées, en caractères indélébiles , la stagnation sociale et la preuve que l'habitude , la routine, le préjugé peuvent maintenir indéfiniment un peuple au plus bas de l'échelle , à ce point infime où en bien être , en industrie , en raisonnement , l'homme difière peu des animaux .
La rapidité des progrès que fait de nos jours la science industrielle ne peut ici servir de terme de comparaison : la position n'est pas la même. Nous possédons tous les élémens de cette science : ces élémens , nous n'avons
qu'à les mettre en œuvre ; mais les hommes à qui ils manquaient , ces hommes qui partaient d'un point oà il n'y avait rien encore , qui n'avaient pas même Tidée de nos outils les plus simples et de nos matériaux les plus communs , combien n'ont>-ils pas eu à faire pour les découvrir; et combien, le premier pas feit, pe lair a-t-il pas fallu de temps pour arriver au second.
Les instrumens qui vont servir de base à cette démonstration , et dont je vous représenterai à la fois les dessins et les originaux , sont , à peu d'exceptions pré» , ceux qui ont été rencontrés dans les couches les plœ profondes. En les prenant pour notre point de départ, ou pour les types primitifs de l'art, nous n'affirmcms pourtant point qu'il n'en existe pas d'autres , et qu'^fi pénétrant plus avant , on n'arrive pas à des traces , à des ébauches plus antiques encore et peut-être moins grossières ; car, qui sait si sur la terre et dans notre Europe même, une ou plusieurs périodes de civilisation n'ont pas traversé la barbarie ?
Mais sans chercher en ce moment , une plus haute antiquité , nous reconnaissons , et tout le monde reconnaîtra avec nous , que les générations d'où proviennent les traces enfouies aujourd'hui à trois ou quatre mètres au-dessous du sol battu, doivent être séparées des générations présentes par une longue série de siècles , et dès-lors qu'il y a une grande différence d'âge entre les monumens subterranés et ceux qui surgissent encore sur le sol , comme ces pierres dites celtiques ou druidiques.
Depuis longtemps on s'était occupé de ces Dolmens
avant d'avoir songé à chercher si quelqu'autre débris pouvait s'y rattacher, et c'est à peine depuis un siècle que la découverte assez fréquente de silex taillés en casse-tétes ou assommoirs, appelés haches par les antiquaires et , peut-être avec plus de raison , coins par nos paysans, a &it établir un rapprochement entre ces objets et les premiers.
Les auteurs des dolmens étaient inconnus ; comme on ne connaissait pas davantage ceux des autres monum^is , on leur donna la même origine , et l'on prétendit que les Celtes qui avaient élevé les pierres , avaient aussi fabriqué les haches. Sans doute ceci n'est pas impossible : parmi ces dolmens , comme parmi ces haches , il s'en trouve de diverses époques , et aussi d'époques semblables; mais ce dernier cas est l'exception, et non la règle.
Selon moi, les haches les plus réguUères dans leur forme et le mieux finies, les gaines ornées d'arabesques au pointillage, comme on en a découvert quelquesunes près d'Amiens , et les poteries demi-grossières , analogues à celles des quatrième et cinquième couches , seraient seules contemporaines de ces pierres dites cromleck , dolmen , menhir , peulvan , pierre fiche , pierre levée *, qu'on rencontre dans toute l'Europe, et surtout en Ecosse , en Norwège , en Basse-Bretagne et même dans notre Picardie.
* Voir à la fin du yolume, aux notes et pièces justificatives, quelques explications sur ces pierres druidiques.
Mais quelle est cette époque , à quel siècle remontent ces monumens , à quelle race appartiennent-ils 7 Sont-ce nos ancêtres qui les ont érigés , ou Fétaient-ils quand ces hommes sont venus dans les Gaules ? Ce qui parait certain , c'est qu'ils proviennent d'une nation nombreuse , ou qu'ils étaient d'un usage très-répandu, puisqu'on les retrouve dans tant de contrées.
On les a nommés celtiques ou druidiques , mais sur quelle donnée , d'après quelle autorité 7 Dans quelle circonstance et dans quel but les érigèrent les Druides 7 Une date, une inscription quelconque , l'indiquent-elles ? Non. Gela ne démontre- t-il pas qu'ils sont antérieurs aux dates , aux inscriptions ; car , lorsqu'un peuple sait écrire son nom , il l'écrit.
On a cru un instant à des hiéroglyphes gaulois ; on a cité des dolmens qui en portaient des traces , et j'ot ai moi-même visité en Bretagne que l'on disait couverts de caractères; j'avais donc aussi l'espoir de trouver là une langue écrite ; mais cet espoir s'est évanoui devant un examen plus attentif, et ces traces ont été reconnues appartenir à une période postérieure à l'érection de ces monumens. *
* Il existe dans le nord de TEcosse, plusieurs pierres en forme d'obélisque , hautes d'un peu moins de deux mètres sur soixante à quatre-vingts centimètres de large , et qui ont été décrites en 1827 par M. James Logan. Esq,, p. 55 et suivantes du tome 22 des mémoires de la Société des Antiquaires de Londres. On voit sur ces obélisques des figures d'hommes et d'animaux , parmi lesquelles on distingue une croix. Ces figures peuvent remonter au 6.^ siècle , et sortent dès-lors de la question qui nous occupe.
D'autres investigations de même nature n'ont pas conduit à un résultat plus satisfaisant , et le voile qui couvrait ces pierres mystérieuses n'a point été soulevé par la science moderne.
Les anciens n'étaient pas à cet égard beaucoup plus instruits que nous; tout annonce qu'à l'époque de l'invasion romaine , l'origine de ces monumens se perdait déjà dans la nuit des temps. S'il n'en avait pas été ainsi , est-il présumable que les historiens romains, et, un peu plus tard les chroniqueurs chrétiens ^ eussent oublié de nommer le peuple qui en était l'auteur.
En supposant cet oubli possible , la tradition , vox populi , était là pour y suppléer, et cette tradition aussi est muette. Nous en sommes donc réduits , sur ce point, à des hypothèses plus ou moins ingénieuses, et, de fiut, à la plus complète ignorance.
Or, ces peuples , ceux qui érigèrent ces pierres bien plus vieilles qu'on ne le pense, seraient-ils aujourd'hui si complètement inconnus s'ils n'étaient pas séparés des générations actuelles , non-seulement par une longue période , mais par quelque grande révolution sociale , par une émigration en masse , ou l'anéantissement total de leur nation.
Ne pouvant donc attribuer ces monumens aux Romains ni aux Gaulois, c'est faute d'en savoir davantage, qu'on les a nommés celtiques ou druidiques , non qu'on les ait crus élevés par les Druides, mais parce qu'ils ont pu servir à leur culte quoiqu'érigés pour toute autre destination ou d'autres divinités. C'est ainsi que les temples du paganisme ont servi, depuis, aux solennités des chrétiens.
Rien pourtant n'empêche de croire qu'on ait élevé quelques-unes de ces pierres à une époque plus rapprochée de nous. Les hommes sont naturellement imitateurs: tel lieu était renommé par ses dolmens ; les habitans d'un lieu voisin voulurent avoir aussi les leurs , et ils fondèrent par imitation, par orgueil, ou par politique , ce que leurs prédécesseurs avaient fondé par dévotion.
Quoiqu'il en soit, la terreur religieuse qui entourait ces monumens, n'est pas entièrement dissipée, et c'est à elle probablement qu'on doit leur conservation. Le culte des dolmens a encore des traces en Europe , notamment chez les Gallois et les Bas-Bretons ; j'en ai été maintes fois témoin ; et s'ils ne les adorent plus , ils leur attribuent encore des vertus surnaturelles ; ils les respectent et les redoutent. Si quelques-unes de ces pierres sont surmontées d'une croix , c'est par une pieuse fraude du clergé qui a voulu ainsi ramener au symbole de notre religion , des adorations que les Bretons , tout vieux chrétiens qu'ils sont , adressaient aux anciennes idoles.
Ceci n'est pas nouveau, les conciles en font foi. Le concile d'Arles tenu en 452 , celui de Tours , en 567, et celui de Nantes, en 700 et jusqu'au 9® siècle, tonnent contre l'idolâtrie des pierres. Voyez le CGW% d'antiquités monumentales de M. de Caumont , page 119.
Cette observation ne détruit en rien la vraisemblance de l'antiquité de la plupart de ces dolmens , et s'il en existe quelques-uns qui ne datent que de l'invasion
romaine et peut-être de l'ère chrétienne, c'est le très-petit nombre.
On reconnaît les plus anciens à l'enfouissement de leur base. Pour être maintenus debout ils ont sans doute , lors de leur érection , été enterrés à une certaine profondeur, mais non au point qu'on les voit aujourd'hui. Les débris des populations , les détritus végétaux et animaux ont dû exhausser le sol autour d'eux.
Il est vrai qu'on en trouve qui reposent sur ae sol et qui semblent être encore comme au jour où ils y fiirent placés. Ceci vient ou de ce qu'ils sont moins vieux que les premiers , ou de ce que la terre a été dégagée autour d'eux , ou bien encore de ce que , posés sur une pente , les couches nouvelles n'ont pu s'y accumuler.
Ce qui ne parait pas douteux , c'est qu'au temps où ces monumens furent élevés, il y avait déjà dans les Gaules une population nombreuse , ou du moins de grandes réunions d'hommes. Les machines n'étaient pas inventées et ces pierres énormes n'ont pu être mises en mouvement , ou être soulevées et superposées, que par les efforts réunis d'une multitude, et probablement au moyen de terrassemens et de travaux considérables.
Monumens politiques ou religieux, ils furent donc les premiers temples , les premiers autels , ou les premiers trophées voués aux dieux , à la victoire et à la mémoire des guerriers ; car , chez tous les peuples , les ravages de la guerre forent déifiés avant les bienfaits de la paix, et l'homme a toujours tenu à honneur de tuer l'homme.
Mais , et telle est notre conclusion , si ce sont les plus
anciens monumens extérieurs , leur antiquité , bien que nous la considérions comme plus grande que celle qu'on leur attribue généralement, n'est pourtant rien comparativement à celle des ustensiles et des ébauches dont nous venons de parler, et qu'on découvre à une profondeur de plusieurs mètres au-dessous de leur base.
Je dois ajouter qu'à cette même profondeur on rencontre quelquefois des silex , ou des grès, taillés de manière à pouvoir, malgré leur forme oblongue , tenir debout sans support. J'ai souvent été frappé du rapport qu'ont avec les dolmens et pierres levées , ces pierres hautes de quelques centimètres qui en semblent tes diminutifs. Ce rapprochement est>-il l'effet d'un simple hasard ? C'est peu probable : il y a ici une donnée qui doit être approfondie. J'en ferai le sujet d'un chapitre.
Il est à croire que les grands dolmens ne furent pas érigés tout d'abord. Cette érection nécessitait de puis- ' sans moyens : on a dû s'essayer sur des monumens plus petits , lesquels , retrouvés depuis , ont été pris pour de simples bornes, ou par leur exiguité, ont échappé tout-à-fait à l'attention.
Les grands dolmens ou leurs précurseurs, les dolmens bornes, étaient-ils taillés? J'ai dit que les silex que j'avais pris pour leurs similaires Tétaient, et la chose est indubitable. Quant aux grands , la plupart ont Tapparence de pierres brutes ; mais pourtant ce n'est pas la totalité, et j'en ai vu en Bretagne qui portaient les traces d'un travail. Si tous n'en présentaient pas, c'est que naturellement ils avaient la forme que la religion ou
Tusage voulait qu'ils eussent. C'était seulement quand la pierre qu'on avait choisie n'avait pas la forme consacrée , que cette forme lui était imprimée par une modification quelconque. Ce travail n'était ni compliqué ni bien long , cependant il est encore visible sur plusieurs de ces dolmens.
Si l'on s'était attaché plus particulièrement à distinguer les pierres ouvrées de celles qui ne le sont pas , il est à présumer que l'on aurait trouvé un plus grand nombre des premières, et peut-être qu'on aurait pu les classer par catégories déformes et de figures. Puisque dans certains cas on modifiait cette forme , c'est qu'elle n'était pas pour ces peuples une chose indifférente, et qu'une pierre de figure oblongue n'exprimait pas la même intention qu'une autre de figure ovale ou sphérique, penchée vers l'orient ou l'occident. Peut-être obtiendra-t-on plus tard de nouvelles lumières sur ce point; car, dans ma conviction, l'étude de ces monumens et de leur destination , est encore à faire.
Mais tel n'est point spécialement le but de ce travail , et si nous en parlons encore ce ne sera qu'en peu de mots, lors de la description de ces silex que nous avons pris pour leur type primitif.
Nous allons maintenant jeter un coup d'œil sur la poterie dite celtique , et demander jusqu'à quel point celle qu'on rencontre dans les fouilles peut servir à constater l'âge ou la civilisation d'une nation.