‹ Antiquités celtiques et antédiluviennes (volume 2)Chapitre 7 sur 30 · CHAPITRE. V · texte numérisé non relu

CHAPITRE. V

Poteries eeltiqnes et de la période autérieiire.

L*on a souvent considéré Tusage de la poterie , comme remontant aux premiers temps des hommes ; dès-lors ^ où Ton n'a pas trouvé des vases ou des tessons, on a dit qu'il n'y avait pas d'hommes , et l'on n'en a pas cherché d'autres traces. Mais, aujourd'hui encore, combien d'hommes et de nations même ne sont point parvenus à cette industrie? La confection d'un vase assez solide pour ne pas se dissoudre au feu , à l'eau , à Tair , ou au premier choc, dénote une certaine civilisation, parce qu'elle prouve déjà une longue expérience, et une suite d'études et de connaissances acquises parmi lesquelles nous mettrons, en première ligne , celles de la matière propre à la céramie et de la façon de la pétrir et de la modeler ; puis , quand on a cessé de le faire à la main, celle du moule et du tour.

On peut donc croire que les hommes étaient déjà vieux sur la terre, quand Fart du potier a commencé à y naître et à s'y perfectionner.

Les vaisseaux de contenance ont d'abord été les feuilles des plantes qui retiennent Teau: on en a fait des vases à boire ; puis on s'est servi des fruits à enveloppes ligneuses et de diverses espèces de courges ou de calebasses, et d'écorce d'arbres.

Après, sont venues les auges creusées dans le bois même , dans les pierres tendres , le gypse , la craie.

La rupture fréquente de ces meubles a donné l'idée de rapprocher les parties , puis de les lier par une couche terreuse. C'était un premier effort vers l'art de la poterie , et c'en fut un second de reconnaître que cette terre pouvait servir à les égaliser, à les rendre plus solides et à en cacher les imperfections , ou à en boucher les fissures.

Quand on eut compris cela, il n'y avait plus qu'un pas jusqu'au métier de potier ; mais le bien marche lentement, et ce pas, on a mis des siècles à le faire.

On a commencé par pétrir la terre , la première qui se présenta: cette terre, en séchant, tombait en poussière; on en chercha une autre , elle résistait plus longtemps. Mais, trop grasse, elle colorait ou décomposait le liquide, trop poreuse , elle l'absorbait et le laissait échapper. Ce ne fut qu'après bien des essais, qu'on parvint à l'emploi combiné de la silice et de l'alumine, ou de l'argile, et plus tard à la découverte de cette terre précieuse , dite kaolin , provenant de la décomposition des roches feldspathiques , et dont les principes constituants sont aussi

l'aluinine , la silice et un alcali. C'est cette terre dont les Chinois et les Japonnais connurent les premiers la propriété et avec laquelle ils firent la porcelaine.

Après avoir étudié la matière , combien de temps n'a-t-on pas dépensé à combiner la forme ? On pourrait presque écrire l'histoire de l'homme et le suivre , pasà-pas , dans sa marche vers la civilisation , puis , dans sa décroissance et son retour vers la barbarie , en analysant les figures et les élémens de ces poteries ; et un archéologue pourrait dire d'un peuple : que l'on me montre ses vases , je vous dirai quel il était.

M. Alex. Brongniart servit donc à la fois l'histoire , l'archéologie et l'industrie , lorsqu'il fonda le musée céramique de Sèvres , aujourd'hui si riche et si habilement classé , et, depuis , lorsqu'il composait son beau traité des arts céramiques.

Nous n'avons pas l'intention d'aborder cette vaste question ; nous voulons seulement dire que les mesures de contenance en écorce, en bois, en os, en pierre, ont dû précéder la fabrication des premiers vases de terre qui , quelque grossiers qu'ils aient pu être , indiquaient déjà une étude et, dès-lors, un principe de civilisation.

L'absence de débris céramiques ne prouve donc pas , lorsqu'on examine un terrain, que l'homme n'a jamais été là.

Celle de tout ustensile en bois , en écorce , en pierre tendre , ne le démontre pas davantage , puisque , par leur nature même, ils ne pourraient se conserver.

Des coquillages marins , de grosses huîtres , des bue-

cins sont quelquefois rencontrés sur le sol celtique ou celui que , d'après la profondeur , nous considérons comme le plus anciennement habité. Ces coquillages , qui appartiennent aux espèces existantes, n'ont pas vécu là; ils y ont été apportés par les hommes, peut-être pour servir de coupes ainsi qu'ils en servent encore chez quelques peuples sauvages et même chez les nations civiUsées. On aura pu également, de même que les coques de fruits, les employer comme moules ou mandrins , pour faciliter la confection des premiers vases de terre.

L'art du modelage des figures , ou l'imitation en argile des formes de la vie , a-t-il précédé ou suivi l'industrie céramique? Cette question n'est pas non plus fiicile à résoudre ; ce que je puis affirmer , c'est que , malgré mes recherches , je n'ai jamais trouvé trace de figures ou de bas-reliefs en terre dans les gissemens celtiques ; ce n'est qu'à l'approche du terrain galloromain , que l'on commence à en apercevoir.

Sous la dénomination de Poterie Celtique on a, jusqu'à ce jour, compris des produits d'époques bien différentes. Nous nous sommes servi de la même expression , quoique nous soyons convaincu que beaucoup de ces poteries sont bien antérieures aux Celtes. J'ai trouvé moi-même, en 1840, dans une masse de sable diluvien à Menchecourt , à sept à huit mètres de la superficie, un vase ou une partie de vase qui s'est dissoute en petits fragmens à l'instant où on la dégagea du sable qui l'environnait , et c'est en cet état que je l'envoyai à M. A. Brongniart. Ce vase, d'une pâte brune.

médiocrement épaisse , très-friable , et qui ne ressemble à aucune de celles que j'ai recueillies dans les sépultures celtiques, avait probablement une autre origine. Je ne prétends pas qu'elle soit diluvienne , je crois seulement qu'elle est fort ancienne.

D'autres restes qui présentent aussi leur degré d'intérêt , ont été trouvés près d'Abbe ville , entre Hangest et Condé-Folie, dans un banc de tourbe formant rideau, élevé de deux mètres et demi au-dessus du niveau de la vallée. Ce rideau, qui borde le chemin vicinal de Pont-Remy à Picquigny, est à un kilomètre de la Somme.

La première couche se compose d'un mètre d'humus ou de terrain rapporté.

La seconde couche est de la tourbe dont l'épaisseur varie de cinquante à soixante-dix centimètres.

Les terrains rapportés contenaient des morceaux de briques romaines.

Dans la tourbe, étaient des tuyaux de terre rouge, des tessons de vases grossiers , des charbons , des cendres , des silex faiblement travaillés et en petit nombre , des éclats en quantité.

Après la tourbe, venait la craie.

Cette tourbe est-elle diluvienne ? Sa position et sa nature bocageuse l'indiquent , ainsi que vous pouvez le voir par les échantillons ; mais ces poteries étaient-elles à la superficie ou à une certaine profondeur ? C'est ce que je n'ai pu vérifier, car je n'étais pas présent à la fouille.

Il est d'ailleurs fort difBcile de vérifier la forme de ces urnes. Elles devaient être assez grandes, si l'on en juge

à répaissear des fragmens qui, dans quelques-unes, allait jusqu'à quinze millimètres.

La pâte, rouge à Textérieur et noire ou grise au centre , a évidemment été cuite au four et préparée au moule.

Il est d'autres tessons dont la pâte est jaune de chaque côté jusqu'au tiers de son épaisseur, et dont le milieu est noir , ce qui annonce également l'action du feu , et cependant ceux-ci ont dû être faits à la main , sans moule ni tour.

Dans aucune de ces pâtes , noires , jaunes ou rouges , on n'aperçoit ces pierrailles blanches et grises, indice ordinaire de la poterie celtique; ce qui me fait douter que telle soit , malgré son ancienneté , l'origine de celle-ci. Peut-être est-elle gauloise.

Une troisième variété moins épaisse , mais friable , venant du même lieu , contient quelques petits fragmens de silex blanc ; je pense que c'est accidentellement.

La présence des conduits en terre cuite ne m'empêchera pas d'affirmer que les vases au milieu desquels ils ont été rencontrés, ne fussent des urnes sépulcrales. La preuve en est dans les cendres et charbons qui les entouraient , et l'on peut penser que ces tuyaux avaient été mis là pour fociliter une combustion souterraine au moyen d'un courant d'air. L'usage de quelques peuples antiques était de brûler ainsi les corps ; mais ces peuples, si l'on en juge à la nature de leur sépulture , étaient autres que les Celtes. Quoiqu'il en soit, je crois ces morceaux fort anciens, mais il en est de plus anciens encore.

Je ne considère pas non plus comme étant de la première antiquité, bien qu'elle ait tout le caractère œltique, une pièce de poterie longue de ving-sept centimètres , large de vingt-un , épaisse de quinze millimètres , qui a été trouvée non loin de Saint- Valery-sur-Somme , à proximité d'un cimetière romain. Ce fragmait annonce, par sa dimension, autre chose qu'un vase ; c'^ait probablement un tombeau, et dès-lors il doit se rapprocher de l'époque gallo-romaine.

Son épaisseur moyenne est rehaussée de quatre à cinq millimètres par des bandes transversales formant relief à sa surface extérieure. Ces bandes sont marquées d'impressions digitales qui les creusent et les font ondoiar dans toute leur étendue, pour figurer un dessin. Ces impressions ont été faites avec le pouce lorsque la matière n'était pas sèche , à-peu-près comme l'on fait encore aujourd'hui la pâtisserie.

La pâte noirâtre et très-dure renferme des graviers blancs , ce qui, selon M. Ravin , annonce une destination funéraire.

Un autre fragment de la même épaisseur que m'a communiqué le même archéologue, est d'une pâte ncn moins compacte et qui , par sa dureté , son mélange de pierrailles, a presque l'apparence du granie. Quoique ce morceau soit celtique , sa solidité et sa bonne fabrication indiquent qu'il se rapproche de l'époque romaine, et qu'il touche de plus près aux Gaulois qu'aux vieux Celtes. Il vient, comme le précédent, des environs de Saint-Valery-sur-Somme.

Dans la couche d'humus qui couvre le banc diluvien ,

dit du moulin Qui^on , j'ai recueilli, panni des débris de tuiles romaines ou gauloises, un tesson d'une terre blanche un peu rosée qui , au lieu de pierrailles, offre de petits firagmens de brique, ou de poterie pilée, dont la teinte rouge a probablement coloré la pâte à laquelle ils ont été mélangés.

Ce tesson, qui a quinze centimètres de long sur treize de large , n'a pu appartenir qu'à un grand vase : son épaisseur n'est que de huit millimètres, mais il a dû avoir de la solidité, car la pâte en est trèsdure. Quoique cuit au four et fait à l'aide du tour, il a l'apparence celtique ; cependant le terrain où je l'ai recueilli, annonce la période romaine.

Ce chapitre n'ayant pour but que les poteries des sépultures qui entourent Abbeville, c'est seulement comme terme de comparaison que j'ai indiqué celles qui ont une autre origine. Maintenant ce sont de ces poteries locales , celles que j'ai fait extraire sous mes yeux du sol de notre vallée , que je vais parler.

N'ayant pas fait une étude spéciale de l'art du potier, ni des élémens qui entrent dans la préparation des pâtes, j'ai dû prendre l'avis d'hommes plus habiles que moi. Parmi les Membres de la Société que j'ai l'honneur de présider, MM. Brégeaut, Féret et Ravin ont bien voulu, à ma demaqde, analyser ces tessons et me donner leur opinion.

Voici ce que m'écrivait M. Brégeaut, au sujet des premiers fragraens découverts à la Portelette.

« Cette poterie , comme produit d'art , ne me parait > avoir de remarquable que son antiquité. Elle n'a pas

» été formée de pierres broyées , mais seulement d'une » argile grossière assez mal corroyée , puisque sa masse, » au lieu d'être homogène, laisse apercevoir de nom- » breux fragmens de grosseur différente. Sa couleur » grise , eu égard à ses élémens de composition , indique » que la cuite n'en a été opérée qu'à une chaleur peu » élevée; car, à une température forte, le deutoxide » noir de fer, au mélange duquel elle doit sa teinte, » devait passer à l'état de peroxide qui lui aurait com- » muniqué une couleur rougeâtre. Cet oxide de fer n'y » a pas été mêlé à dessein ; il faisait , ainsi qu'une petite » proportion de carbonate calcaire , accidentellement » partie de l'argile dont on a pétri le vase.

» Sans avoir rien de remarquable, non plus, sous le » rapport de la dureté , si ce n'est la longue conserva- » tion de ses ruines , ce vase ofiBrait pourtant une cer- » taine solidité qui le rendait propre à supporter l'action » du feu. Une plus grande épaisseur de sa masse dans » la partie qui en formait le fond, démontre en effet » qu'il y était destiné, et l'altération produite dans » la teinte de cette même portion de tessons prouve » que le vase qu'ils formaient a été exposé au feu, » puisque le changement de couleur ci-dessus prévu » se manifeste en quelques endroits sur la moitié envi- » ron de leur épaisseur , vers la face qui a été en contact » avec le feu.

» Quoiqu'il en soit de l'origine , de l'ancienneté et de » la manipulation de cette poterie , l'analyse y démontre » à-peu-près les mêmes élémens de composition que dans » certaines poteries encore en usage dans quelques con-

trées , comme en Bretagne , et dont il n'y a de changé que les formes et la cuite.

» Elle se compose de silice et d'alumine en parties à-peu-près égales , mais un peu plus fortes de la première , unies à quelques centièmes de chaux et d'oxide noir de fer.

» Les restes des débris qui ont servi à mon essai sont ci-joints, quelques-uns paraissent provenir de vases différents , et je signale à votre attention trois des fragmens ayant fait partie du fond d'un pot , où Ton voit des signes bien manifestes de l'action du feu. Le numéro 3 , qui a subi la plus forte calcination , met en évidence à sa base la transformation en peroxide rouge du deutoxide noir de fer. »

Cette analyse de M. Brégeaut concerne principalement les vases des couches supérieures , ou ceux qui se rapprochent de la période gauloise ou gallo-romaine. Celle de M. Féret, dont on connaît les travaux archéologiques et notamment les études sur les poteries, embrasse toutes les époques.

Les échantillons que je lui avais adressés, extraits des couches diverses, étaient péle-méle dans une caisse et sans indication aucune; pourtant H. Féret ne s'y est pas trompé : il a immédiatement classé tous ces morceaux époque par époque. « Il résulte , m'écrivait-il , de l'exa- • men que je viens de faire des débris que vous avez » bien voulu m'envoyer, que dans le lieu où ils ont été » trouvés , il doit exister un dépôt amassé pendant des » siècles. On y rencontre des restes de cet âge très- » ancien et indéterminé que l'on nomme celtique , des

9 débris du haut et du bas-empire; enfin on arrive â » l'époque Mérovingienne, et peut-être même à des » temps postérieurs. »

Cette solution de H. Féret vient à Tappui du système que nous avons présenté , ou de l'estimation de l'âge par la profondeur.

Dans la classification de ces poteries j'ai indiqué le de-' gré comparatif d'ancienneté que leur donne ce savant, et vous remarquerez que celles qu'il a reconnues comme les plus vieilles étaient aussi les plus profondément enfouies.

Il pense que ces vases , à l'exception peut-être de ceux qui se rapprochent des temps modernes , ont été fabriqués dans le pays. Ceci me parait indubitable quant aux plus anciens : ils sont très-friables et ont dû tou-' jours l'être ; leur transport était difQcile , sinon impossible ; je crois donc qu'ils ont été confectionnés non-seulement sur place , mais spécialement pour la cérémonie dans laquelle ils ont figuré , cérémonie funèbre ou dédicatoire.

M. Féret a remarqué , comme nous l'avons fait également , que c'est sur le bord de la mer et sur les rives des fleuves qu'on trouve le plus grand nombre de ces dépôts d'urnes cinéraires ou religieuses, remontant à une très-haute antiquité.

Je passe aux observations de M. Ravin qui, faites sur les lieux mêmes , ont un intérêt d'autant plus direct.

M. Ravin divise les vases celtiques en deux catégories : 1 *^ la poterie usuelle ou ménagère ; 2*^ la poterie funéraire.

La première a le caractère ordinaire de la poterie ancienne ou antérieure à l'art romain.

La couleur noire ou noirâtre que Ton imprime à la seconde , et le mélange de cailioutage blanc à cette pâte de couleur sombre, sont ce qui constitue la poterie funéraire, celle qui était exclusivement destinée à recevoir la cendre des bûchers ainsi que les mets et les attributs divers dont on entourait les morts.

C'est par une étude approfondie et l'analyse complète des tessons que j'avais soumis à son examen, que H. Ravin est arrivé à des conclusions résumées dans une lettre qu'il m'adressait le 20 juin.

L'importance de cette lettre , ou plutôt de ce mémoire, ne permettant pas de le donner par extrait, on le trouvera textuellement imprimé à la fin de ce volume.

Nous avons dit que le plus ou moins de profondeur du gissement où l'on découvre les vases et les tessons, annonce leur ancienneté relative. Nous maintenons cette assertion , cependant il ne faudrait pas l'adopter d'une manière exclusive; l'on rencontre de loin à loin des exemples contraires, c'est-à-dire, qu'à côté d'un vase des plus grossiers et quelquefois même au-dessous , on en voit qui le sont beaucoup moins. C'est qu'alors, comme aujourd'hui, il y avait des ouvriers plus ou moins habiles et des matériaux plus ou moins bien choisis; mais ceci n'est que l'exception ; dans la règle ordinaire, les vases les plus profondément enfouis sont les plus vieux, et les plus vieux sont aussi les plus grossiers. Ce qui fait reconnaître les plus vieux , c'est leur pâte mal liée, travaillée à la main sans moule ni tour.

Un de leurs caractères est aussi d'avoir étéséchésà

Tair, mais cette circonstance se rencontre également dans les morceaux des couches supérieures, quand ils appartiennent à la catégorie des vases funéraires. La cuisson leur aurait enlevé leur couleur distinctive; ils seraient devenus rouges, ou gris, ou blanchâtres.

Cependant, même parmi ceux-ci, il est des vases de la plus haute antiquité qui portent des traces de feu. Ils ne les ont acquises qu'à l'usage ou pour avoir été placés près d'un bûcher funéraire , ou bien parce qu'on les a remplis des débris de ce bûcher, c'est-à-dire de cendres ou de charbons encore brûlants. Ce n'est qu'ainsi qu'on peut expliquer la calcination interne et externe qu'on remarque dans quelques-uns; il est évident qu'il n'y avait là ni un moyen, ni un complément de fabrication ; c'est même à ce contact du feu , que beaucoup doivent leur fragilité.

Les vases les plus vieux étant toujours brisés et en partie décomposés , il a été impossible d'en reconstituer complètement un seul, bien que j'en aie trouvé un trèsgrand nombre ; mais il est présumable que , sauf des cas rares, leur forme variait peu. Elle se rapproche assez de celle d'un œuf tronqué, ou de notre pot au feu. Cette forme simple nous est ofiGerte partout dans la nature, c'est celle d'un grand nombre de bulbes , de légumes ou de fruit , dont Técorce ou l'écaillé a dû ofiBrir les premiers moules et les premiers modèles.

L'uniformité de ce galbe à des profondeurs bien différentes, et dès-lors appartenant à des périodes plus ou moins anciennes , n'a donc rien qui doive surprendre. Elle doit étonner moins encore quand il s'agit de formes

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traditionnelles et symboliques qui se transmettaient intactes de génération en génération, comme nous le voyons pour les idoles indiennes . Celles qu'on fabriquait il y a deux mille ans , ne diffèrent pas essentiellement de celles qu'on fabrique aujourd'hui ; et le plus habile antiquaire ne distinguera pas un christ des premiers siècles de l'église, de celui qui a été fait par un artiste médiocre contemporain.

Les formes ne peuvent donc pas toujours préciser une époque , puisqu'il en est qui restent invariablement les mêmes dans tous les temps et chez tous les peuples.

Ces vases des temps primitifs sont sans anses ; l'anse ou le manche annonce un grand perfectionnement et une difficulté vaincue. A mesure qu'on approche des couches supérieures , on reconnaît les tentatives faites pour arriver à cette anse.

Les premiers essais consistent en deux entailles ou creux pratiqués dans la pâte.

Ensuite sont venus deux saillies, espèces d'oreilles que l'on voit encore dans quelques poteries rustiques.

Plus tard , ces saillies sont percées d'un petit trou. Ce Crou s'élargit dans les essais suivans ; cependant ce n'est que bien long-temps après, qu'on est arrivé à faire une poterie assez dure pour que cette anse, entièrement ouverte^ eût de la solidité, et c'est dans le gissement celtique qui se rapproche du sol gaulois, que l'on commence à voir de ces vases à anses ; encore n'en ont-ils qu'une seule. Il est inutile de dire qu'aucune de ces urnes , même celles qui se rapprochent des temps historiques , ne portent des traces de vernis.

Quant aux omemens , lorsqu'il eji existe , ce qui est

rare , ils se bornent à des crans imprimés avec Tongle ou avec un morceau de bois , ou bien à quelques lignes croisées.

La grandeur de ces vases varie peu ; leur contenanod est ordinairement de deux à quatre litres ; il y en a de plus petits , rarement de plus grands.

Voici la mesure de celui que j'ai pu recomposer aux trois quarts : contenance, deux litres et demi ; hauteur , dix-huit centimètres ; diamètre , à l'ouverture, douze ; à la base, treize ; circonférence , dans la plus grande largeur, cinquante-sept. Ce morceau, dont la pâte noirâtre à la surface , grise ou rougeâtre au centre , ne présente aucun mélange de pierrailles , a été fait à l'aide du toor et cuit au feu. II porte une seule anse, ouverte, de quatre centimètres dans sa largeur , de six dans sa longueur* La dureté de la pâte et son peu d'épaisseur annoncent une industrie déjà avancée. Cependant ce vase, donl on a trouvé un grand nombre d'analogues dans les couches voisines de la superficie, était à deux on trois mètres au-dessous du niveau de la Somme , et entouré de tessons d'une époque bien plus reculée. Cette circonstance s'est renouvelée plusieurs fois; j'en donnerai ailleurs l'explication.

L'épaisseur de cette poterie n'est que de quatre miUhmètres. Elle est pourtant solide. C'est que Tépaissenr de la pâte est ordinairement en sens contraire de sa conds^ tance. Les vases gaulois ou celtiques les plus épais sont presque toujours les plus fragiles. Ce sont aussi les plos anciens ; et c'est ainsi que de quinze millimètres , terme moyen de l'épaisseur des plus vieux , ils diminuent suc-

cessivement jusqu'à celle de quatre , et même de trois millimètres à mesure qu'ils se rapprochent des temps modernes.

Les élémens qui les composent varient aussi , selon les époques. Les taches blanches ou grises qu'on aperçoit dans la pâte antique , se modifient dans celle d'une demi-4Uitiquité pour disparaître entièrement au contact de la civilisation des Gaules.

On a vu que ces taches sont formées par des silex calcinés et piles en petits fragmens anguleux qui ressortent d'autant mieux sur la poterie, qu'elle est plus noire et qu'eux-mêmes sont plus blancs. C'était probablement le contraste de ces deux couleurs , réuni à la finesse de la pâte , qui faisait le mérite de cette poterie sacrée.

Par une modification que j'ai déjà indiquée , il est des tessons d'une terre blanche dans laquelle on a intercalé , an lieu de silex , des fragmens d'hématite ou sanguine , de brique ou d'une autre poterie, ou bien encore des parcelles de charbon ; dans ce dernier cas, peut-être n'était-ce qu'accident. Ni l'une ni l'autre de ces pâtes n'ont d'ailleurs le caractère distinct de la pâte celtique ; elles offrent un médium entre celle-ci et la poterie gaur loise.

Les vases celtiques de la Portelette et en général des bords de la Somme, présentent à-peu-près les mêmes caractères que ceux des autres parties de la France. Voici comment M. de Caumont, dans son Cours d'Antiquité monumentale, page 256, parle de ceux qui ont été trouvés dans le tnmulus de Fontenay-le-Marmion (Calvados).

« La pâte est d'une terre noire , mal préparée , qui a j> produit une pâte courte et sans liaison : tous les mor^ » ceaux que j'ai examinés sont fragiles et très-peu cuits; » leur cassure n'est jamais nette. Leurs surfaces , interne ]> et externe , ont une couleur approchant de celle de la » rouille et qui est due au commencement de cuisson » qu'ils ont éprouvée. A l'intérieur, la terre est demeu- » rée d'un noir intense. Soumise au feu, cette poterie » devient rouge brique, l'intérieur reste noir, elle de- » vient plus fragile. »

M. de Caumont croit, avec M. Ravin, que les urnes funéraires devaient avoir une forme consacrée par le rît ou au moins par la coutume , forme qui dès-lors était toujours la même. Peut-être la terre, dont ces vases devaient être faits , était-elle aussi déterminée par la religion.

Nous avons dans le chapitre III , présenté l'aspect général du sol. il ne s'agit plus ici que d'une localité ou des gissemens celtiques des environs d'Abbeville, notamment de ceux de la Portelette , de la porte d'Hocquet et de la porte Marcadé. Nous allons indiquer ^ couche par couche , les diverses espèces de poterie qu'on y rencontre.

On a vu que dans ces gissemens les vases étaient superposés. Dans quelques endroits, spécialement à la Portelette , il y en avait jusqu'à quatre étages audessus les uns des autres et séparés par des lits de tuf ou de tourbe , dont le dernier était la tourbe bocageuse.

Les vases placés immédiatement après, ou les plus profondément enfouis , l'étaient à environ quatre mètres

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âiMlessous do niveau de la Somme et à huit ou neuf au-dessous de la superficie. Nous ne parlerons pas de cette superficie, ou de la première couche qui représente ici le sol moderne et les poteries contemporaines , bien qu'on y rencontre accidentellement, par suite d'anciens remuemens de terre , des tessoùs de l'époque romaine ou gauloise.

Dans la deuxième couche , on voit surtout des verreries et des restes du moyen-âge qui ne sont pas non plus de notre sujet ; c'est encore du terrain de remblais.

La troisième couche, parmi beaucoup d'autres débris , offire des briques noires non cuites, faites au moule et plus épaisses que les briques romaines. Puis, viennent des tuiles ou pannes de terre jaune ou brune passée au feu, compacte, rougeâtre en dedans, terre qu'on retrouve encore dans la quatrième et même dans la cinquième couche , et dont il devient ainsi fort diflicile d'mdiquer l'origine. Elles ne sont point celtiques, mais j'en ai trouvé qui étaient mêlées à des débris celtiques.

La poterie de cette troisième couche est en général dure et solide ; cependant , ici non plus , je n'ai pu me procurer de vases entiers. Ce que j'y ai recueilli de moins endommagé sont des espèces de soucoupes de dix centimètres de diamètre, ayant au centre un tuyau creux qui a dû s'élever de trois à quatre centimètres , et qui semble destiné à recevoir un luminaire , un cierge , ou une torche de bois résineux du diamètre de deux centimètres. La forme de ces morceaux est absolument celle de nos bougeoirs , sauf le manche. Peut-être aussi sont-ce des pieds de lampe; j'en ai vu dans les gissemens du

moyen -âge, en terre vernissée, dont la forme était presque semblable. Je croirais assez que ces débris appartiennent aux premiers temps du christianisme ^ mais ce n'est pas chose certaine; ils peuvent être on plus anciens, ouf lus modernes.

L'on remarque aussi dans cette couche des fragmens d'amphores à anse , dont la pâte ressemble à celle des briques non cuites ; mais, ici , il y a cuisson , et quoique cette terre, noire à l'extérieur, grise au centre, n'ait aucune de ces nuances qui résultent du feu , sa grande dureté démontre qu'elle y a passé. M. Féret pense qu'elle date des premiers temps de la monarchie française , et qu'on doit l'attribuer aux Francs.

Le même archéologue considère comme de la poterie normande, d'autres tessons qu'à leur aspect grossier, j'aurais cru beaucoup plus anciens.

Dans cette couche , mais plus profondément , est une poterie assez fine, noirâtre à la surface et quelquefois rougeâtre au centre , mais toujours dure , cuite au foiir et faite à l'aide du tour. Les tessons sont ceux de vases assez grands , de formes variées et à anse. Ils sont évi*-demment de fabrique romaine et, selon M. Féret, de l'époque de Constantin.

Dans la quatrième couche, ce que l'on rencontre d'abord est une poterie, noire à la surface comme dans l'intérieur de la pâte, sans aucun mélange de pierrailles. Cette poterie, assez dure et polie, ne parait pourtant pas avoir été faite au tour, et si elle a été exposée au feu , c'est à un feu doux. Les tessons que j'ai réunis annonçaient de grandes coupes au bord exté-

rîear incliné, d'une forme assez élégante et d'apparence gauloise.

Quoique trouvé dans la même couche , un petit vase grisâtre , haut de sept centimètres , qui a dû en avoir dix et six de diamètre, parait un peu moins ancien: je l'ai cru gallo-romain. Il a été fait à Taide du tour et cuit au feu.

Un autre fragment a appartenu à un vase plus grand , dont il était l'entrée ou le goulot. Long de neuf centimètres , large de six , il est aussi de fabrique romaine , de celle que M. Féret appelle locale, et qui porte l'empreinte de la rusticité des lieux où elle a été faite , ou de l'inhabileté des ouvriers.

Ce caractère gallo - romain ^ gaulois peut-être, est encore plus prononcé dans un couvercle percé , ou une sorte d'entonnoir dont l'ouverture a , d'un côté , deux centimètres de diamètre et, de l'autre, dix millimètres. Sa pâte, grise et épaisse, a été travaillée au tour ; mais je ne suis pas certain, malgré sa dureté, qu'elle ait été cuite au feu.

Appliquait-on ces entonnoirs à l'ouverture des conduits, pour donner passage à l'air lorsqu'on voulait opérer une combustion souterraine , et entretenir le feu intérieur des fosses sépulcrales? Le lieu où ils étaient tendrait à le faire croire ; cependant, ils peuvent être beaucoup plus nouveaux , et dès lors postérieurs à cette coutume.

De même que dans la troisième couche, j'ai trouvé dans cette quatrième, des tessons de pâte romaine depuis la plus grossière jusqu'à la plus perfectionnée, notamment de cette belle terre rouge si estimée des antiquaires.

Dans le nombre , était un fragment d'une poterie grise , dure et épaisse , dont les angles semblaient avoir été dessinés à Taide de la taille ou de la meule.

La cinquième couche renfermait des poteries d'industries si diverses, qu'on ne peut douter qu'elles sont l'œuvre de nombreuses générations et , dès-lors , qu'elles embrassent une longue série de siècles.

La première, qu'on remarque par son abondance, est très-solide , épaisse d'un centimètre , d'une pâte grise bien broyée et soigneusement polie àl' extérieur. La surface indique plutôt l'emploi du moule que celui du tour ; malgré sa dureté , il n'est pas certain qu'elle ait été cuite au four. Cette pâte grise , quelquefois blanchâtre , laisse apercevoir une quantité de petits points blancs qui m'ont paru être des silex brûlés , réduits en poussière. J'ai cru reconnaître aussi des fragmens de coquille ou d'une autre substance calcaire. Néanmoins la pâte annonce une industrie assez avancée.

Dans la même couche , sont des tessons d'une teinte noire qu'on croirait avoir été appliquée après coup, puis unie à l'aide d'une sorte de lissage. La pâte , intérieurement grise , offre en quantité des points blancs. Dans d'autres c'est le contraire : grisâtre à l'extérieur, la pâte est d'un noir d'ébèiie, les points blancs sont moins fréquents , moins petits , moins également mélangés; mais la matière en est si compacte, si solide, que bien qu'elle ait le caractère celtique , on doit penser qu'elle se rapproche des temps gaulois. L'épaisseur de ces poteries varie de quatre à dix-huit millimètres.

Sur quelques fragmens , pris parmi les moins anciens , la teinte brunâtre qui s'étend intérieurement sur la terre grise ou noire, montre le contact du feu. Mais dans la plupart des tessons, la pâte n'a dans son épaisseur qu'une nuance; la surface seule a une couleur qui contraste avec l'intérieur, c'est-à-dire, grise, lorsque la pâte est noire, noire, lorsque la pâte est grise. Cependant rien ne prouve que cette teinte soit le résultat du feu ; elle indiquerait plutôt que ces poteries , malgré leur solidité , ont été séchées à l'air.

Les tessons trouvés à Condé- Folie, et dont nous avons donné la description, peuvent être de la même date, ainsi que les fragmens découverts par M. Ravin, près de Saint- Valéry.

C'est encore à cette époque de transition qu'on peut attribuer un petit vase muni de deux anses , et qui a pu en avoir quatre ; car ce fragment , baut de six centimètres , large de sept , ne représente qu'un des côtés du vase. Il est en terre noire grossièrement façonnée à la main et sans presque aucun mélange de pierrailles ; ce qui , malgré son antiquité bien évidente et sa position dans une sépulture celtique , laisse des doutes sur l'époque de la fabrication.

Le caractère purement celtique n'est pas plus prononcé dans un tesson de terre grisâtre, portant, comme omemens, des lignes superposées; ce tesson est certainement très-ancien , et pourtant il semble plutôt gaulois que celtique.

L'industrie celte, quoique modifiée, se montre plus nettement dans le fragment d'un vase sans anse , mais

avec oreilles ; on aperçoit dans la pâte , noire à la sur* face , grise à Tintérieur, quelques petits éclats de silex et même des parcelles de charbon.

Un autre pot à anse ou à oreille trouée, a aussi quelque chose de la fabrication des Celtes ; cependant ce n'est pas non plus de l'ancien celtique ; c'est de la poterie gallo-celtique, ou de celle que M. Féret a dénommée, d'après les échantillons que je lui avais envoyés, celtique modifiée par l'art romain.

Dans ce dernier morceau , on reconnaît la cuisson : une teinte rouge annonce qu'il a passé à un feu viole^Qt; la pâte en est lourde et très-dure.

Une poterie épaisse de douze millimètres , très^friable, fabriquée sans feu ni tour, était sous la tou]i)e et les débris romains , â deux mètres environ au-dessous du niveau de la Somme. La pâte n'offre aucun mélange de pierrailles , et pourtant cette poterie est fort vielle. Noire à la surface , brunâtre en-dedans , c'est de la poterie funéraire. La tourbe placée au-dessus contient des silex taillés et des charbons.

Je n'entreprendrai pas de décrire toutes les poteries de l'époque de transition: elles sont très-nombreuses, et les variétés n'en sont pas assez tranchées pour qu'on puisse les classer d'une manière certaine.

Cette cinquième couche contenait des débris des périodes gauloises, gallo-celtiques et même celtique», mais non pourtant encore du celtique ancien; nous ne le rencontrons que dans la sixième couche.

La sixième couche, ou celle qui nous conduit aux dernières assises de vases , et â quatre ou cinq mètres

au-dessous du niveau de la Somme, offre toutes les nuances celtiques jusqu'aux temps primitifs ; c'est la période indéfinie. Les nuances décroissantes ne sont pas moins nombreuses ici que dans la couche précédente , et elles sont plus distinctes; elles portent jusqu'à Tévidence le caractère de la plus haute antiquité.

Toutes ces poteries sont antérieures à l'usage du tour. Quelques-unes ont une teinte rougeatre qui annonce qu'elles ont été cuites au feu ; d'autres n'ont subi Faction du feu qu'accidentellement.

U en est une, sans trace de cuisson , d'une pâte grise, dont les silex sont soigneusement piles, que M. Féretconsidère comme très-ancienne. C'est la seule de cette période dont j'ai trouvé la pâte dure et d'une bonne confection.

Nonobstant l'ancienneté de celle-ci et son caractère bien décidément celtique , je pense que la poterie rougeatre dont nous venons de parler, et une autre d'une terre mal liée et mélangée d'un petit nombre de silex irrégulièrement répandus dans la pâte, sont d'une époque plus reculée encore ; elles étaient au plus profond de cette sixième couche.

Une autre d'une terre blanchâtre à l'extérieur, noire au-dedans , façonnée à la main , n'est pas moins vieille.

Une troisième variété est une terre grise à peine pétrie, friable, fort peu mélangée de cailloutage , fabriquée sans moule, sans feu. Il en est des tessons qui offrent, au lieu de fragmens de silex , des parcelles de coquilles ou d'une substance calcaire blanche et pulvérulente.

Une quatrième espèce plus grossière encore , dont les tessons ont jusqu'à trois centimètres d'épaisseur, est

tellement friable, que bien que le vase iat été reconnu entier dans son gissement , je n'en ai pu conserver que quelques petits morceaux; le reste est tombé en poussière. Cette poterie a la couleur et l'apparence de la tourbe dans laquelle elle était; la matière en est noire ^ mélangée d'un petit nombre de fragmens dç silex dont quelques-uns sont de la grosseur d'un pois. La teinte rougeâtre de quelques parties de la surface extérieure annonce le contact du feu , mais d'une façon irrégulière.

Je n'ai rencontré que ce seul vase d'une pâte aussi imparfaite. Il était entouré d'ossemens d'animaux, de cendres , de cbarbon , et placé sous un banc de tourbe bocageuse. Je pense qu'il y en avait d'autres, mais que, confondus dans la tourbe ^ on n'a pu , vu leur état de dissolution, en reconnaître les débris.

Pour complément de ce chapitre , je renvoie à la lettre de M. Ravin , imprimée à la fin de ce volume.

Nous revenons maintenant aux instrumens en pierre.

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