CHAPITRE Vlil
les kiMitt aitéfiliTMis et des lemiis oi Ton peut en reoeonlrer les débris. Bet os fMsBes el de leors dWerses apparences.
Pourquoi n'a-t-on pas rencontré de fossiles d*hommes, et où doit-on les rencontrer? S'ils ne sont pas dans les dépôts où sont leurs œuvres et les débris des animaux leurs contemporains, où peuvent-ils être?
A la réponse que nous avons déjà faite à cette objection, nous allons ajouter quelques mots.
D'abord, il n'est pas exact de dire qu'on n'ait pas encore trouvé de fossiles humains dans les terrains ossifères, car il est très-possible qu'on en ait rencontré Bans les recueillir. Les ouvriers ne ramassent guère que les ossements qui les frappent par leurs dimensions gigantesques ou leurs formes bizarres; ceux qu'ils prennent pour des os humains , ils s'empressent de recouvrir de terre: j'en ai dit le motif.
Ajoutons que les fossiles humains doivent être moins
communs que les fossiles animaux, parce que les animaux, à cette époque, étaient bien plus nombreux que les hommes , et qu'en dévorant les cadavres ils en brisaient les os.
La liste des mammifères antédiluviens découverts est fort considérable ; néanmoins, on en découvre tous les jours de nouveaux dont la veille on aurait pu aussi nier l'existence.
Il est de grands peuples dont la tradition nous a conservé le nom, peuples bien moins anciens que celui duquel nous parlons et dont on a cherché vainement les os : ils sont aussi introuvables que leurs anal(^es fossiles.
Itens les sépultures celtiques on recueille des cendres, des os brisés, mais rarement des débris humains qu'on puisse reconnaître avec certitude.
Tous les terrains ne sont pas également oonser^ vateurs : j'ai été souvent étonné , quand on remaait d'anciens cimetières, de la petite quantité d'os entiers qu'on en retirait, comparativement à l'énorme masse de cadavres que, de génération en génération, on y avait déposés.
Il faut bien qu'R en soit ainsi, car si les ossements humains avaient une durée indéGnie, comme ont certains coquillages, la terre entière en serait aujourd'hui couverte ; et si Ton y joignait ceux des animaux, il en résulterait des montagnes plus hautes que l'Himalaya et les Cordillères.
Cette décomposition a d'ailleurs une tnarche fort inégale : son plus ou moins de rapidité dépend non-
senteinent des Kenx, mais des races ou des habitudes de ces races. Les os des animaux sauvages sont plus dors, pk» lourds, plus compacts que ceux des mémos espèces devenues domestiques. Il doit en être ainsi des hommes , et ceux qui vivent à Tair , en se livrant à des exercices violents, auront une charpente plus durable que ceux qui ont longtemps demeuré sous un toit. En définitive, les squelettes humains d'une ancienneté prouvée sont chose peu commune. On a voulu former une collectton de crânes des peuples de l'antiquité , OD n*y a pas réussi. On n'a guère été plus heureux pour ceux du moyen-âge : à l'ouverture des cercueils, les restes qui s'y trouvent tombent en poussière. Les momies, grâce au climat conservateur de l'Egypte el au procédé d'embaumement, font exception dans celte décomposition générale. On a trouvé aussi des corps de Gnanches bien conservés, mais ils ne remontent pas au-delà de cinq à six siècles. Beaucoup de peuples brûlaient leurs morts; quelques-uns brisaient ou défiguraient leurs os, ou les employaient à divers usages. Sans doute ces considérations sont nulles si nous nous arrêtons à l'époque de la catastrophe diluvienne : le torrent a emporté péle-môle hommes et animaux partout où il les a surpris, mais quand l'invasion des eaux a été lente, les hommes, par leur intelligence, ont pu découvrir des asiles et des moyens de salut inccmnus aux autres créatures, lis se sont réunis pour fuir et pour conjurer le péril, et j'ai dit que lorsqu'on trouverait leurs débris, on les trouverait en masse.
Maintenant j'en viens aux considérations géologiques.
Ces couches superposées, dont les unes ne cootiennoit que des coquilles et des animaux marins et les autres seulement des espèces terrestres, recouvertes ellesmêmes par d'autres couches de coquilles marines ayant vécu dans le lieu où on les trouve , prouvent que la mer a plusieurs fois changé de lit et que , par une inondation, les terrains habités se sont transformés en vastes mers, tandis que celles-ci sont devenues des continents.
Il est également démontré, par Ténorme quantité de ces détritus organiques, que chacun de ces états du globe a duré un grand nombre de siècles.
Puisque la terre que nous foulons a été le fond d'une mer, il est présumable qu'elle redeviendra ce qu'elle a été, pour se retrouver, après bien des siècles, ce qu'elle est aujourd'hui. La cause de ces changements périodiques d'équilibre n'a pas encore été expliquée, mais, comme toutes les révolutions de notre planète, elle a sans doute son époque fixe qu'on pourrait prévoir et prédire par analogie, si le géologue parvenait à calculer le temps que chacun de ces bancs terrestres ou marins a mis à se former.
Ces dépôts nous révèlent les espèces qui vivaient au moment de la grande catastrophe et qui y ont péri, et celles qui ont vécu ensuite sur leurs cadavres. Nous connaissons donc les races qui nous ont précédé sur ce sol, mais la mer n'ayant pas changé de lit depuis le dernier déluge, on peut croir>e que c'est dans ses profondeurs qu'à été entraînée l'ancieDiie famille humaine.
Cependant, il n'est pas probable qu'elle ait été engloutie tout entière dans le même abyme et qu'il ne reste pas autre part quelque portion de ses débris : on trouve près de Paris , à Montmartre , une masse prodigieuse d'ossements de deux espèces de mammifères qu'on ne rencontre que fort rarement ailleurs. Le val d'Amo a ofiert plus d'ossements de rhinocéros qo'oo n'en a aperçu dans le reste de l'Europe. Il y a, dans le nord de la Russie, des pays couverts d'ossements d'éléphants ; il en est de même des mastodontes dans l'Amérique septentrionale. On voit que lors des grands cataclysmes qui ont ravagé le monde, les êtres d'une même contrée, poursuivis par les eaux, ont été moarir tous ensemble sur un même point, le dernier qni leur offrait un asile.
11 en a probablement été ainsi des hommes: mais ^ outre de ces grands dépôts, rien n'empêche qu'on n'en rencontre des traces isolées, et c'est ce qui arrivera et qui a dû déjà- arriver. Mais toujours préoccupé de oette idée qu'il n'y avait pas d'hommes à l'époque où vivamnt les animaux dcmt nous trouvons les ossements fossiles, nous n'avons point porté notre attention sur les débris de notre espèce, et peut-être avons-nous rejeté ceux qui sont passés sous nos yeux.
De ce que nous venons de voir de la décomposition Cassez prompte des os, on a pu induire que l'état Sossile pouvait seul la retarder, et dans certains cas jirolonger indéfiniment leur existence. Mais quelques personnes ont pensé que les os d'hommes n'étaient {>a8, comme ceux des grands quadrupèdes, suscep-
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tibles (le devenir fossiles. Cette opinion n'est pas fondée, et l'analyse des os humains a proavé qu'ils ne différaient en rien de ceux des animaux : ils doivent donc courir les mêmes chances de conservation et de dissolution.
Ensuite, l'état fossile eonstitue-t-il d'une maniée positive une origine antédiluvienne ? cette fossilité est-elle spéciale aux bancs tertiaires et aux espèces qui périrent alors; s'en trouve-t-il des exemples en dehors de cette période? existe-t-il enfin des fosriies post-diluviens 7 ou bien un os peut-il être antédtlovien sans être fossile? C'est ce qui n'a pas encore été décidé.
Est-on même d'accord sur ce qu'est l'état fossite? Cette opération de la nature, qu'il ne faut pas confondre avec celle qu'on nomme pétrification, se momre sous divers aspects: j'ai recueilli, dans les mêmes dépôts, des ossements d'éléphants et de rhinocéros appartenant peut-être aux mêmes individus et qui lie présentaient nullement le même caractère. Les uns, lourds et durs, pouvaient résister à des chocs violmls; les autres, et c'est le plus grand nombre, bien conservés en apparence, tombaient en poussière au conlftei de l'air. Les défenses d'éléphants sont surtout sujettes à cette décomposition, et d'autres os qui semblent légers et poreux conservent leur forme et leur solidité.
La différence bien marquée de ces trois espèces de fossiles est causée non par celle des o«, puisquMIs appartiennent à des animaux semblables, mais par la nature diverse des terrains. Il est certains sables qui
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nourrissent les os et, sans les encroûter ni les pétrifier, les pénètrent d'un suc qui en augmente le poids. 11 en est d'«utreS| tels que les argiles, dont la qualité absorbante en soutire la substance et en diminue le poids.
Daos les tourbières, quelqu'anciennes qu'elles soirat, «t j'ai dit qu'il devait y en avoir d'antérieures aux dépèU clysinieHs et aux bancs tertiaires , on ne croit fias reconnaître de fossiles. C'est qu'en effet rien ne ressemble moins aux os des sablières diluviennes que ceux des tourbières, mais il n'en faudrait pas conclure Cfu'il n'existe pas des os fossiles et des os de tourbières appartenant à la même période.
Résumant ce qui précède, nous voyons que ces os des premiers âges, qu'on les nomme fossiles ou antédi* luviens^ ou os des tourbières, ne sont point similaires eatr eux. Les plus anciens et ceux dont l'origine ne peut offrir de doute, s<mt les ossements provenant des terrains secondaires intermédiaires et tertiaires ancsiens. Parmi ces ossements , il y en a de lourds , de c^oipscts et qui ont subi un commencement de pétrification; d'autres sont fragiles, ils s'exfolient au contact die l'air: les premiers ont augmenté de pesanteur, les seconds en ont perdu.
11 en est une troisième espèce qui a conservé à pea près son poids primitif et qui, exempte de toute infiltration siliceuse, n'en est pas moins solide.
Lès trois variétés que je viens de citer se trouvent ^ans les sables, les argiles, les bancs de silex mêlés de sable, tous terrains meubles et dont leur extraction est iacilej mais on en rencontre aussi dans des blocs
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calcaires ou des roches plus ou moins dures où Hs ont subi une véritable pétrification.
Parmi ces roches, il en est de Tépoque secondaire qui ne sont pas de notre sujet.
Il en est aussi de formation peu ancienne, comme quelques brèches osseuses. Telles sont aussi x^es agglomérations calcaires rapportées de la Guadeloupe, contenant des squelettes humains , et qu'on voit à Paris au Muséum d'histoire naturelle, et à Tivoli, près Rome, dans une partie du rocher qui borde la cascade. Ceci encore est en dehors de la question; il ne s'agit ici que des os fossiles et de ceux qui, sans être fossiles , peuvent présenter une ancienneté égale et remonter à Tère antédiluvienne.
La tourbe semble éterniser certains corps : quand le tuf ne les atteint pas, les ossements qu'elle enveloppe conservent la verdeur et l'élasticité d'un os nouveau- La couleur seule en est changée : ils prennent une belle teinte brune et un brillant qu'on croit factice. On peut donc admettre l'existence, dans quelques tourbières, d'ossements contemporains des fossiles.
Les os subterranés rapportés par la mer, qui sont ordinairement des bois de cerfs arrachés aux tourbières ou aux forêts sous-marînes , ont acquis , par suite des infiltrations salines et l'addition de parties de sable, l'apparence des fossiles des bancs tertiaires. Ils peuvent aussi dater de la même époque.
Aucun de ces os ne ressemble, quant à la couldur, aux os nouvellement dépouillés de leur chair, ni même à ceux qu'on reUre des terrains alluviens ou
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des cours d'eaa. Ceux-ci portent presque toujours des traces de frottement.
On rainasse aussi sur le sol des fragments d'os pétrifiés qu'il ne faut pas confondre avec ces silex portant des empreintes de corps marins, ou des madrépores qui ressemblent beaucoup à des os de mammifères. Il est difficile d'attribuer une époque aux ossements lapîdifîés, quand ils sont séparés de leur gangue.
11 est des os encroûtés par le tuf ou les sédiments aqaeox; ces os peuvent être modernes, car cet empalement se fait en peu d'années. J'ai trouvé, dans une excavation, au-dessous du lit d'un des afQuents de la Somme, une masse d'os qui avaient pris une belle teinte verte ou bleutée; ils étaient dans du sable de rivière et disséminés sur une longueur de sept a huit mètres où je n'ai aperçu aucune substance métallique ni colorante. J'ai conservé quelques-uns de ces os et, bien qu'exposés au jour depuis nombre d'années, leor couleur s'est maintenue. D'où provenait cette couleur qui difière peu de celle des turquoises, et quelle est l^aDcienneté de ces os? C'est ce que je n'ai pu dé- C30uvrir. Ils semblaient appartenir à des quadrupèdes €Je taille moyenne : chèvres , chevreuils , sangliers , ^i^hiens ou loups.
Sans nous arrêter à ces débris dont la date est plus ^Du moins problématique, nous inférons de ces re- ^Koarques que c'est seulement dans les roches d'ancienne formation, dans les dépôts tertiaires, dans les tourl^iéres antédiluviennes et les forêts sous-marines dont la situation annonce cette même origine, qu'il faut c^bercber l'homme antédiluvien.
On a reconnu dans les premiers de ces terrains des têtes de quadrumanes : c'est un grand pas de &tt , car on assurait aussi qu'il n'y avait pas de quadrumanes fossiles.
En rapprochant ces têtes de singes andens de celles des espèces actuelles, on n'a constaté qu'une petite difiërence; mais pour peu qu'il en existe, on doit en induire qu'on en trouvera aussi dans cdle de l'homme fossile.
Il n'en faudra pas conclure que cet homme ait eu des facultés autres que les nôtres; non, ces légères inégalités de forme ne peuvent avoir des conséquences aussi graves, et l'analogie entre deux races est moins, selon moi, dans l'apparence extérieure que dans la similitude des organes de l'intelligence. Quoiqu'on ait constaté entre les mammifères antédiluviens et postdiluviens des différences dans la charpente osseuse, rien n'annonce que leurs instincts fussent autres que ceux des animaux de nos jours, et tout tend à démontrer que les tigres antédiluviens étaient féroces et carnassiers comme ceux d'aujourd'hui, que les renards avaient la même dose de ruse et d'adresse, et que cette dissemblance entre les êtres vivants des deux époques n'a pu provenir que de celle du climat et des localités.
Il doit en être ainsi de l'homme antérieur au déluge. Sans être moins intelligent que nous, il pourrait, sons une apparence autre que la nôtre , manifester cette intelligence et, comme nous, être intellectuellement à la tête de la création terrestre. Ici, des bras plus ou moins longs, des jambes plus ou moins grêles, et même
one mAeboire plus ou moins saillante , ne prouvent rien , ni pour ni contre. Cela est si vrai, qu'on a vu des èlres de génie qui auraient passé pour des crétins si on les avait appréciés sur leur seule conformation. Il est donc essentiel d'apporter, avant de se prononcer, une attention scrupuleuse à Texamen des ossements fiossik», et notamment des têtes qui ne s'éloignent pas trop, quant à la conformation du crâne, de celle de rhomme de notre époque.
Ici, on pourra me renouveler Tobjection faite au sojet des animaux : « Puisque les hommes antédiluviens étaient faits autrement que les hommes postdiluviens, ceux-ci n'en descendent donc pas; le type primitif a été anéanti, et nous sommes une race secondaire et nouvelle. »
Je répondrai par le môme argument: admettre la destruction universelle des types , puis leur reprodoction sous une forme sinon semblable, du moins fort rapprochée , me paraît peu logique : car à quoi bon cette complication inutile, cette destruction sans but et cette renaissance sans précédent?
On a dit aussi : « que la génération avait pour fin de pwpétuer chaque race et d'en maintenir la forme originelle, sans qu'il soit possible de la modifier. >
Il y a do vrai et du faux dans cette assertion. Je ne crois pas à la possibilité d'un changement subit dans la conformation d'une espèce, mais je crois à une modification successive, car tout se modifie dans la nature : tout croit ou décroît, et il ne peut y avoir d'immobilité que dans la matière inerte. Ainsi, les types
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de forme et d'espèce ne sont pas kivariables, seulement leurs variations sont excessivement lentes.
Cette modification du type originel est, chez Thomme, produite par les mêmes causes que chez les animaux : les circonstances les plus indifférentes au premier aspect peuvent, lorsqu'elles se prolongent, modifier étrangement Tespëce. Ainsi Thomme, sans avoir rien perdu de son intelligence première, sans même qu'il y ait eu dans ses sens, ses besoins, ses désirs et ses passions, de variation essentielle, peut, par la seule conséquence d'un changement dans l'application de ces besoins, de ces désirs, de ces passions et de la manière d'y satisfaire, éprouver à la longue une altération dans sa forme. C'est ainsi que, dans un temps plus ou moins long, on a vu des familles et même des nations entières prendre une physionomie tout autre que celle de leurs ancêtres, et ceci par suite d'autres habitudes. Qu'elles' leur aient été imposées par l'exemple, le gouvernement, la religion, etc., ou simplement par le changement de nourriture, par l'excès ou l'inso^ fisance de cette nourriture , ce résultat doit suivre. Or, ces modifications que l'homme a subies dans les siècles passés, il les subit encore, et à un degré plus marqué que les animaux , parce qu'il a l'imagination plus vive. Dans quelques milliers d'années , si l'on compare les ossements d'une population devenue ma* nufacturière avec ceux des générations précédentes qui vivaient du labour ou de leurs troupeaux, croira-t-on que c'est la même espèce d'hommes? Est- ce qu'on verra , dans ces squelettes de créatures étiolées , la
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descendance des robustes enfants du Nord , de ces Francs, de ces Normands, nos pères? Non; on dira qoe ces peuples ne sont plus, et qu'une race laide et cbétive, venue l'on ne sait d'où, a envahi le pays.
Sans doute on pourra m'opposer des exemples contraires , on dira : c Que les Juifs , que les Zingares oa Bohémiens, bien que vivant depuis des siècles au milieu d'autres nations, ont conservé leurs physionomies originelles. »
D'abord, il ne faut pas confondre la physionomie m,veo la forme proprement dite; puis, je ferai observer mjae les Israélites, comme les Bohémiens, se marient <nfr*eux , vivent entr'eux , qu'ils ont gardé leurs mœars, leur religion, leurs habitudes, et se sont ainsi isolés au milieu des autres peuples; il n'est donc pas étonnant qu'ils soient «restés physiquement ce qu'ils liaient, puisqu'ils le sont demeuré moralement. Néanmoins, sur eux comme sur toutes les races, on peut ^éjà remarquer l'influence du climat et de la nours*iture, et le Juif du Nord difière en quelque point ^e celui du Midi , ne fut-ce que ^ar la nuance de sa peau et la couleur de ses cheveux.
N'oublions pas qu'ici encore il faut du temps, et
^ue ce temps sort de nos calculs ordinaires : vingt et
Urente siècles, quand il s'agit de ces métamorphoses,
sont une courte période. Cependant, il est des cas
«ù elles se font presqu'à vue d'œil, mais alors c'est
l'étiolement et la décadence de l'homme, qui de l'état
^e santé passe à celui de maladie. C'est ce qui est
arrivé dans l'Amérique du Nord par l'abus des li-
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queurs fortes, et dans quelques parties de TÂsie par celui de l*opiuin; abus qui ont étiolé des populations entières avant de les anéantir.
11 est des modifications , puis des disparitions de forme qu'on explique moins. En consultant les basreliefs romains, grecs et égyptiens, notamment ceux qui représentent des triomphes , on voit des variétés d'hommes qu'on ne connaît plus aujourd'hui. Pourquoi toutes les statues qui nous rappellent ces Ninivites et Assyriens, ont-elles ce nez proéminent qui leur donne une physionomie si différente de la nôtre? Est-ce un simple caprice des sculpteurs? Mais comment se sontils entendus pour avoir partout les mêmes fantaisies ou faire les mêmes fautes? Ce nez, nous le retrouvons dans les peintures Âstèques, puis il n'en est plus question. Enfin , que sont devenus les Huns , les anciens Bulgares et autres peuples dont la figure hideuse fat l'effroi de nos pères ? Leurs analogues n'existent plus^ même dans les pays où ils ont régné?
Dans notre France, on trouve des débris humains annonçant des races qu'on ne rencontre plus en Eur rope. Dans le chapitre suivant, nous parlerons d'un type qui parait autre que ceux qu'on a décrits jusqu'à ce jour.