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CHAPITRE XXIV

Suite de la descriplion des haches celliqnes. — Haches polies.

Nous arrivons aux haches d'un travail plus perfectionné.

Le n^' 8 est la hache à gaine ou demi-polie. \j^ tranchant Test entièrement. La partie destinée à «a-^^ trer dans la gaine ne Test pas.

Voici les dimensions d'une de ces pierres que j'ai trouvée emmanchée dans une tourbière de la Somme: longueur, 10 centimètres; largeur, 6 au tranchant, au milieu 7 ; à la tête ou base , 36 millimètres. Le polissage s'étend à 3 centimètres du tranchant ; le reste n'est que taillé. Deux arêtes de chaque côté et quelques inégalités semblent avoir été ménagées pour retenir la pierre dans sa gaine. Cette hache, qui ne pèse que 180 grammes, ne pouvait pas servir d'arme de guerre. Elle devait, comme instrument de chasse

HAGBB8 FOLIBS. 233

el de travail , être d'ane utilité secondaire : elle ne pouvait cpupw qoo de fiûbies hrancbes et tuer seu* 4aiBeDt de petits ammanx/ •

Une aotre, taillée de même, a 16 centimètres de kN^fueur sur 7 de largeur au tranchant, et pèse 350 grammes.

Le n^ 9 est une hache à gatne dont l'emploi est mieux déterminé. Voici ses dimensions : longueur, 13 centimètres; largeur an tranchant, 3; à la base, 1 1/2; pinds, 120 grammes. Le polissage s'étend à 3 centimètres du trandiant. 10 centimètres étaient introduits dans le manche: cette partie est contournée de façon k fixer la pierre dans sa gaîne aussi solidement que possible. Cette forme étroite, quoique plus propre à l'emmanchement 9 est pfais rare que l'autre.

J'ai déterré, encore emmanchée, une de ces haches ^fitroites qui ne dépassait les bords de la gaine que ^le 1 centimètre et n'en avait en tout que 6 à 7, :sDais on voyait qu'elle avait été ainsi raccourcie à ^roe d'être repassée.

Une autre, en pierre de touche, longue de 11 centimètres, large de 3, a dû être d'un tiers plus longue. On voit distinctement les traces de ses fréquents re* TNissages, et on serait tenté de croire que les derniers ont été feits à la meule. Cette jolie hache, polie

* r«i décrit ane hache analogue dans mou premier volume, page 284. C'est par erreur qu'on a imprimé que sa longueur était de 9 n^llimètres 1/2 et sa largeur de 6 ; c'est 9 centimètres et S cmHmètre$ qu'il faut lire.

jusqu'au milieu de sa longueur, ne Test pas sur les côtés. Elle a été trouvée dans un marais , non loin d'Amiens. Elle est très-ancienne et a dû servir pen* dant longtemps.

Je viens d'indiquer à quels signes on reconnaissait les haches propres à être emmanchées, et je ne crois pas m'étre trompé , puisque j'en ai retiré moi-même de la tourbe qui étaient pourvues de leur gaine et de leur manche. Dans le nombre il en existe trois, longues de 8 à 10 centimètres, larges de 5 à 6, qui sont entièrement polies; la gaine l'est également; de sorte que la hache comme la gaine semblent avoir été faites avec l'intention de n'adhérer que légèrement et le moins possible. Pourquoi ce défaut d'adhésion, évidemment prémédité? C'est une question que j'ai déjà posée, sans pouvoir la résoudre. La pierre était-elle destinée à être lancée par le mouvement imprimé au manche? C'est peu probable; ces haches polies étaient des objets de prix et, dès-lors, trop précieux pour servir seulement de projectiles. Où bien, était-ce là encore l'une de ces bizarreries religieuses qu'on remarque chez tous les peuples enfants? Devait-elle, comme je l'ai indiqué, servir à frapper la victime sur l'autel et, par suite du coup, se séparer de la gaine et rester dans la blessure? Déjà nous avons remarqué cette même singularité dans un casse-tête moderne, venu de l'Océanie. On aurait pu en avoir la solution en questionnant ces sauvages et en sachant d'eux les motifs qui les avaient déterminés à se servir d'une arme qui ne pouvait frapper qu'un coup. * Peut-être

n*en savaient-ils rien; car tous les peuples, même les plus avancés, ont des croyances et des usages dont ils ne peuvent ni expliquer Torigine ni comprendre la fin, et pourtant ils y sont plus attachés qu'aux cboses utiles.

Dans deux des haches celtiques de ce numéro, la partie qui entre dans la gaine est polie avec plus de soin peut-être que celle qui est dehors. La base est arrondie, les angles sont soigneusement effacés. Tout est donc prévu pour que la matière ou le corps sur lequel on frappe puisse retenir la hache pour peu qu'elle s'y enfonce et laisse relever la gaine vide.

C'est surtout parmi les os brisés et calcinés et aux alentours des sépultures celtiques que j'ai rencontré de ces haches, et c'est ainsi que j'ai été amené à croire qu'elles ne servaient qu'aux sacrifices et aux cérémonies funèbres. Cependant, j'en ai trouvé qui avaient été fréquemment repassées et réduites à quelques centimètres de longueur, ce qui, sans détruire mon observation, prouverait leur long usage ou la fréquence des sacrifices.

A l'appui de ceci, j'offrirai encore une hachette en nuurbre gris. Elle est représentée tome II, pi. 7, sous le n^ 9^, avec et sans sa gaine. Cette pierre unie, longue de 5 centimètres, large de 4 au tranchant et de 2 à la base, a été recueillie à Abbeville en 1850, près la porte Saint-Gilles, dans la tourbe, à quatre mètres an-dessous du niveau de la Somme. Elle était pOQrvue d'une gaine de bois de cerf, dans laquelle elle ne s'enfonçait que de 25 millimètres.

Ce morceau d*andouilIer, long de 11 centimètres, large de 5 à rouvertiire qui servait à placer la pierre, se termine en pointe tronquée à dessein, ce qui loi donne à peu près la forme d'un entonnoir. Aucune ouverture transversale n'annonce qu'on l'emmancbait ; il devait se tenir à la main et servir de manche laimême. On le prendrait pour celui d'une googe oo d'un ciseau à polir, si une courbure en forme de beo de perroquet, ménagée dans l'andouilier et laissant à découvert une partie de la pierre, n'annonçait quelqu'autre intention que je n'ai pu pénétrer. Cette pierre, non plus, ne semble pas faite pour adbérer à Tootil.

Une autre bâche montée, représentée même planche, n^ 9*, a été trouvée près d'Albert (Somme), à une profondeur de sept mètres; elle est en pierre de touche. Elle traverse^ dans sa longueur, un moroean d'os ovale, long de 7 centimètres 1/2, large de 4, orné de six raies formant un triple Y. La pierre qui ressort de chaque côté est longue de 15 centimètres; elle a dû l'être de 18 à 20, car il en manque une partie. Sa largeur est, au tranchant, de 3 oenti» mètres 1/2, et de 2 1/2 à l'autre extrémité. Ce qa'on aperçoit de cette pierre, que je n'ai point «retirée de sa gaine, est très-uni. Néanmoins, elle y adhère parfaitement, ce qui s'explique par sa longueur et sa position. C'est encore un instrument qui se tenait à la main. Un trou rond, d'un centimètre de diamètre, plâoé sur chacun des côtés de la gaine, mais qui ne traverse pas la pierre, ne pouvait servir à loger un mandie.

Ce morceau , dont je n'ai pas vu d'analogue ,

est mieux fait que les haches à gaine ordinaires. Il me parait moins ancien, et doit appartenir aux derniers temps de Tépoque celtique. Le poli de la gaine est fort beau.* Son ovale est régulier, mais les trous, localement arrondis, n'ont pas été percés avec un outil de fer.

La haehe n^ 10 dérive du n^ 5, comme celle-ci an n? 2; cependant leur âge est bien différent. Ce sont les perfectionnements d'un même type, mais entre diaque amélioration, il y a des siècles. Cette hache, (jp'on peut considérer comme la plus ancienne parmi {es morceaux finis, est celle que les antiquaires danois nomment kiler udm bane (coin sans tête). Elle est ordinairement en silex, et se trouve en France^ en Suède, en Danemarck. Son tranchant est en demioarde. Sa base, arrondie et non tranchante, est d'un tiers ou d'un quart moins large que le taillant. Sa leogueur varie de 6 à 30 centimètres et plus. L'exemplaire dessiné ici, découvert à Hautvillers (Somme), en joHlet 1850, à un mètre de profondeur, par le terrassier Choquant, est en silex gris, poli dans toutes ses parties. 11 a 32 centimètres de longueur, d de largeur et 5 d'épaisseur au centre; il pèse près de 2 kilogrammes. C'est la plus forte hache polie que j'aie rencontrée. Je ne croyais pas qu'il en existât de pfais grandes dans ce pays; mais depuis on m'en a apporté de non polies provenant des tourbières et des terrains celtiques , qui , longues de 30 à 33 centimètres , pèsent de 2 à 3 kilogrammes. Enfin , une aalre qui a été trouvée non loin de la Somme ,^ sous

sO..

la tourbe, a 43 centimètres de longueur sur tO 1/2 dans sa plus grande largeur, et elle pèse 3 Idiogrammes 800 grammes. Je ne doute pas qu*ii n'en existe de plus fortes encore, et je m^étonnerais peu qu'on en découvrit ayant des proportions presque monumentales. Il est bien entendu qu'elles ne pourritient être en silex , car celle que je viens de citer est une des plus grandes qu'on puisse faire aveo cette sorte de pierre.

La taille ordinaire des haches polies de ce pays est 15 à 18 centimètres sur 6 à 7 de largeur. Dans cette dimension, elles ne sont pas rares, et l'on eo trouve beaucoup de brisées. Elles sont presque ton* jours en silex , ce qui ici rend précieuses celles qui sont faites d'une autre matière. J'en ai une en basalte , venant de Danemarck , longue de 27 centimètres , large de 9 au tranchant , de 6 à sa base, et de 22 de circonférence. Elle pèse 1 Idiogramme 800 grammes. Elle est unie, mais d'un poli mat et granulé qui tient à la nature de la pierre et à la manière dont elle a été travaillée, non par l'enlèvement de longs éclats, mais par un piqué dont on aperçoit les traces. On croirait que ce piqué a été fait avec une pointe d'acier , chose peu probable , vu son antiquité bien manifeste. On ne s'explîqae pas alors par. quel procédé et quelle sorte d'outil ce travail a été opéré.

Une variété de ce coin sans tête est un peu plus étroiie et se rapproche du coin à tête carrée, kHer med fiirsidet bane^ des Danois, dont il diffère seale*

ment par son polissage complet et sa tête arrondie. Celui que je décris, trouvé également en Danemarck, a 30 centimètres de long sur 7 de large au tranchant et 4 à la tête. Ses côtés, épais de 15 milli* mètres, sont plats, mais les angles en sont adoucis. 11 est dessiné ici sous le n^ 10^. Les haches fig. 8, 9, 10 et 10^, sont planche 7 de ce même tome II. La hache n^ 1 1 , que nous nommerons hache plate, a des rapports avec celle appelée en Danemarck flade kilèr. C'est, en France, une hache assez rare. J'en ai trois, trouvées ensemble près d'Abbeville, en 1846, et que j'ai citées dans mon premier volume , note "^7^9 P^g^ 604, fig. 7, pi. 78. Elles sont en jade vert-pâle, parfaitement polies de tous les côtés. La plus grande a 15 centimètres de hauteur, 9 de largeur au tranchant et 1 1/2 à sa base. La deuxième est longue de 14 centimètres et large de 3. La troisième a 11 centimètres de longueur et 5 1/2 de largeur. La plus grande n'a que 16 millimètres d'épaisseur au centre jet va s'amincissant tout autour jusqu'à la simple épaisseur de 1 millimètre. Cependant, il n'y a de coupant que le tranchant; encore n'a-t-il pas reçu ce que les repasseurs appellent le fil.

Ces haches n'ont pas servi , et sont faites avec trop de soin et d'élégance et trop peu de solidité pour être destinées à un emploi bien rude. Elles ne pouvaient être emmanchées, et sont trop plates, trop larges et trop minces dans leur circonférence pour être maniées facilement. Le tranchant de la plus grande est légèrement en biais , mais c'est moins , je crois ,

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avec intention que par suite de la forme de la pierre.

Celle qui figure sous ce n« 1 1 est en jade auquel le polissage et le frottement ont donné une teiate vert-foncé. J'ignore d'où elle vient; je Tai adietéei Lyon. Elle peut provenir des environs, mais je n'en suis pas sûr. De 20 centimètres de long sur 11 de large et 2 dans sa plus grande épaisseur, elle est polie partout, sauf quelques places un peu concaves où le polissage n'a pu atteindre. Amincie sur ses bords dans toute sa circonférence, c'est une hache remarquable par sa largeur qui, à son tranchant, est de 8 centimètres 1/2.

J'en ai vu une à peu près semblable, venant de l'Amérique septentrionale. Etait-elle ancienne ou moderne? L'un et l'autre sont possibles. Ces peuplades en ont d'époques très-diverses : d'abord celles qu'ib trouvent sur le sol ou dont ils héritent de leurs parents; puis celles qu'ils enlèvent à leurs enneims et conservent comme trophées; enfin, celles qu'ib fabriquent eux-mêmes en imitant les haches ancieuiies avec une fidélité telle qu'après quelques mois d'usage il est impossible de les distinguer.

Le n^ 12, ou hache à tête pointue et à taillant droit, est le kiler med tilspid$et bane des habitants du Nord. L'exemplaire que je présente ici est on morceau d'une beauté rare. Il a été trouvé en 1809, à Sarzeau (Morbihan), près d'un monument drmdique, à 2 mètres de profondeur. Il est en porphyre vert-foncé, d'une dureté extrême, et son poli a pns un éclat extraordinaire.

HâCH£6 POILUSS. 241

Akm que toQl«s les haches de pi^re de dioix et d'on travail fiai, on s'aperçoit qu'il n'a jamais servi et qpi'il % probAbieine&t été fiabriqué pour élre enfoui au point où il a été trouvé. Su longueur est de 20 oeolîmètres; sa plus grande largei^r, qui est au tranchant, est de 5 1/2. Il va toujours en diminuant jusqu'à $00 extrémité terminée en pointe. Sa plus grande épaisseur est de 3 centimètres , réduite à 1 1/2 sur les côtés qui sont arrondis. Il ne parait pas avoir été emmanobé. C'est la hache la mieux faite que j'aie encore vue. Si la perfection de celle-ci annonce la qualité du chef en l'honneur duquel elle a été enfouie, ce devait être un grand chef.

Ces haches à tète pointue , plus rares que les aiUres , sont ordinairement en pierre de choix ; on en rencontre peu en silex ordinaire.

Une seconde , en jaspe verdàtre , trouvée dans la tourbe à Abbeville, n'a que 7 centimètres de longueur sur 4 de largeur au tranchant , 2 d'épaisseur au milieu. Elle est moins eiBlée que l'autre, mais semblable dans tout le reste.

Il y en a de plus petites. Ces hachettes ne pouvant servir que pour la montre, la pointe est obtuse; le tranchant, quoique parfaitement uni et poli, ne coupe pas.

Une plus petite encore , car elle n'a que 5 centimètres, dessinée n° 12^, est en basalte ou en pierre de touche, et provient du Jura. Sa forme est absolument semblable à la première.

Le n^ 13 diffère du précédent par son tranchant

qui est en biais. I/une de ces haches est dessinée dans mon premier volume, pi. 23, fig. 1^. Celle qae je décris ici est en silex noirâtre. Elle a été trouvée près de Staarsby, en Zélande. Elle est d'une fonne rare dans le Nord, mais qui Test moins en ce pays. Longue de 16 centimètres, large de 5 au tranchant, son épaisseur, de 3 centimètres au milieu, est de 2 sur ses bords qui sont arrondis. Sa tète est en pointe comme les précédentes.

Il y a deux espèces de haches en biais : cdles qui ont été faites ainsi dès le principe, et celles qui ne Tout été qu'après coup par Taiguisage, on bien encore quand l'ouvrier a été contraint de leur donner cette forme, à cause de celle de la pierre on de quelque accident arrivé au tranchant. (Voir la fig. 13% pi. 8, tome II).

Le n^ 14 ressemble un peu à la hache en monte, dont nous avons parlé tome 1®% page 355. Son tranchant est en biais et a été fait ainsi avec intention. C'est une hache rare. Elle est en beau porphyre vert, longue de 9 centimètres, large de 4 au tranchant. Elle a été trouvée près d'une sépulture celtique, non loin d'Abbeville. Plus effilée que la hache en monte, elle forme la courbe et a la figure de nos hachettes de ménage.

Le n® 15 est encore une hache en biais qu'on pent appeler hache ronde, parce que le corps de la hache est presque cylindrique. C'est une forme peu commune dans ce pays, et je n'en ai pas trouvé d'entîAre. Celle que j'ai sous les yeux est rompue par moitié,

mais le tranchant est intact. La longueur de ce frag- WÊtmi est de 10 centimètres, sa circonférence de 17, «cm épaisseur au milieu de 4 1/2 , sa largeur de 6 1/2.

Elle difi&re des autres haches en biais en ce qu'elle est moins large à son tranchant qu'au centre ; le biais va en se rétrécissant , ce qui a été fait avec istention , car j'en ai deux autres fragments dont le tranchant bien conservé est absolument semblable.

Le n^ 16 est la hache en cœur, qu'on trouve non polie dans les bancs diluviens. C'est encore une hache assez rare. Je n'en ai pu réunir que trois portant des traces de polissage. Elles proviennent des enwons d'Âbbeville , et ont été ramassées sur le sol. Ces haches ont exactement la forme d'un cœur. La phis grande ail centimètres de long sur 6 1/2 de large au tranchant. Elle est d'un assez beau poli ÎQsqu'aux deux tiers de sa longueur; le reste préaente diverses aspérités. Il en est de même des deux autres. La deuxième, dessinée n^ 16^, a 8 centimètres de longueur et 6 de large à son tranchant.

La hache carrée n^ 17 est distincte des autres haches en ce qu'elle est courte relativement à sa grosseur et qu'à deux centimètres de sa base elle est aussi large qu'à son tranchant. On peut croire que l'ouvrier n'a adopté cette forme que par suite de celle de la pierre, ou bien que ce sont des haches rompues au milieu, puis refaites. Quoiqu'il en soit, comme j'en ai réuni plusieurs absolument semblables, j'ai cru devoir en faire mention.

Celle que je décris est longue de 12 centimètres, large de 6 1/2 au taillant, 7 au milieu, 6 1/2 près de sa base; sa circonférence est de 17 cenliinètres, sa plus grande épaisseur de 4. Elle est en silex gris et a été trouvée près de Pont-Remy (Somme), à quatre mètres de profondeur.

Il est une autre hache carrée, dessinée dans mon premier volume, page 326, pi. 13, fig. 7: ellediflère de la précédente, notamment par la base qui est carrée. Je croyais cet exemplaire unique et n^y voyais dèslors qu'une fantaisie de Touvrier, mais depuis j'en ai découvert deux autres analogues qui sont aussi endommagés.

Le n® 18 est la hache - rouleau ; elle servait, je crois, de contre- partie à la hache à gaine. J'ai dit que j*avais trouvé quelquefois une dent de sanglier fichée dans la partie étroite de la gatne ou à l'extrémité opposée à la principale ouverture. Je pense qoe la hache -rouleau, terminée en pointe, était placée dans cette partie étroite. Malheureusement, de quatre exemplaires que j'ai, aucun n'est entier. Le premier, brisé aux deux extrémités, est long de 8 centimètres 1/2, il a dâr en avoir 10 à 12; son diamètre est de 18 millimètres. Il est poli, arrondi et ressemble à un rouleau un peu aplati. Le deuxième exemplaire, n^ 18^, n'est poli qu'à moitié; il a conservé sa pointe. Sa tête est tronquée; il a 9 centimètres de longueur et a dû en avoir au moins 12. Le troisième n'est qu'ébauché, mais sa forme allongée et cylindrique est bien indiquée: on voit qu'il devait être poli.

Le n^ 19 est une belle haebe en pierre de touche, r^ueillie en 1850, à 6 mètres de profondeur, non loin d'Albert (Somme). Sa longueur est de 31 centimètres; sa plus grande largeur, qui est au tranchant, est de 9 centimètres et de 4 à la base. Cette hache, de la forme d'un éventail à demi-fermé, est une sorte de qasse-téte facile à manier, en raison de sa longueur et de son manche arrondi. Les angles aigus qu'offre son tranchant coupé droit en faisaient une arme dangereuse. Son épaisseur dans toute sa longueur, sauf ca taillant, est de 3 centimètres 1/2. Ses bords sont arrondis, et elle est d'un beau poli.

J'ai vu des assommoirs en bois de fer qui avaient presque la même coupe. Cette hache, unique dans ce pays, est -elle d'origine celtique ou rapportée des pays lointains? L'a-t-on enfouie où elle a été trouvée? Où ne peut former ici que des conjectures. Ce que je crois pouvoir afQrmer, c'est qu'elle est ancienne. La profondeur où elle était et les parties terreuses qui se sont incorporées à quelques inégalités de sa siirface, prouvent qu'elle est restée ainsi enterrée peodant longtemps.

Le n° 20 , en grès très - dur , a été trouvé en Daneraarck, dans le marais d'Utterslew. Ce morceau, dont malheureusement il n'existe qu'une partie, présente cette particularité qu'il est percé près de sa base. Ce trou transversal, large de 2 centimètres à son entrée, descend en entonnoir jusqu'au milieu de la pierre épaisse de 3 centimètres; la largeur du trou n'est plus alors que d'un centimètre. Il est gros-

siërement arrondi et n'a pas été fait avec le Fer.

La longueur de ce fragment est de 10 centimètres; il a dû en avoir environ 14, et son tranchant, qui a disparu , devait être large de 7. Les côtés de la hache, taillés carrément, sont d'une épaisseur de 2 centimètres 1/2. L'extrémité opposée à la partie où était le tranchant est arrondie; le trou en est à 1 centimètre. Ce trou, par sa petitesse et sa disposition en entonnoir, ne pouvant servir à emmancher la pierre , n'était donc destiné qu'à y passer une courroie et à la suspendre. Il est difficile de dire dans quel but, car elle était trop grande et trop lourde pour être suspendue au cou comme ornement.

Ce genre de hache , rare dans le Nord , Test plas encore dans ce pays. Je n'en connaissais qu'un seal exemplaire , long de 5 centimètres , large de 4 , en porphyre vert, qui a été trouvé près d'Âbbeville et qu'on peut voir dans son musée. J'en joins ici le dessin, n^ 20^.

Depuis , on m'en a apporté une en pierre transparente fort dure , se rapprochant de Témeraude , quoique d'un vert moins foncé, trouvée en 1856, à Abbeville, dans la tourbe, près le jardin de M. de Campennelle. Elle n'a que 15 millimètres de longueur sur 10 de largeur: c'est un véritable bijou. J'en possède une plus petite d'un tiers : elle est en silex ordinaire et moins bien faite.

Celle en pierre verte offre un trou commencé, mais l'ouvrier, rebuté probablement par la dareté de la matière, s'est arrêté. C'est, d'ailleurs, un morceau

HACHES POUES. 247

fort i^rieox. Il porte des traces de frottement, peutêtre, a-t-il été roulé ; mais il est plus vraisemblable qu'ench&ssé dans un os ou un étui de bois, il a été longtemps porté comme talisman ou souvenir.

Ce même gissement m'a procuré deux ou trois autres haches polies en pierre verdâtre opaque. Elles sont également fort petites, mais moins que celles que je viens de décrire. Celles-ci, non plus, ne pouvaient servir que comme jouets, parures ou reliques. * Le n^ 21 y trouvé aussi dans cet arrondissement , en 1851 , ne ressemble à aucun de ceux qui précédât. Je n'ai pu me procurer que ce seul exemplaire entier, mais il est bien conservé. Cette hache, en silex gris, forme un carré long de 12 centimètres, large de 3 1/2, épais de 3 au centre, et arrondi à ses deux extrémités qui sont d'une dimension égale. Son tranchant, parfaitement poli, ainsi que la plus grande partie de sa surface, est bombé, tandis que le dessous, non moins uni, est plat et se relève un peu vers chaque bout. Les côtés et la partie opposée au tranchant , quoiqu'ayant subi un polissage , conservent des creux qui semblent indiquer que cette hache était destinée à une gaine. Tenue à la main, elle pouvait, au besoin, servir de ciseau ou de polissoir. Néanmoins, aucun de ces emplois n'étant bien déterminé par sa forme , j'ai cru devoir la laisser dans la catégorie des instruments d'un usage douteux.

Le n^ 22 a été découvert à Menchecourt-lès- Abbeville, dans la partie supérieure du banc. Cette hache a été polie en partie, ce qui annonce qu'elle

n'est pas d'origine diluvienne. Longue de 12 Geottmètres, sa plus grande largeur, qui est au traDcbao^ est de 3 centimètres. Ce tranchant s'étend dans toot la circonférence hors la base, mais il n'est coupeii qu'à son extrémité qui, d'un côté, s'arrondit en crosiS^ Je n'ai pas vu d'autre analogue de ce morceau i^ devait probablement être emmanché , et qui tient milieu entre la hache et le couteau. C'est un Ai objets rares de ma collection.

Le n^ 23, en matière noire fort dure, basalte c pierre de touche, provient des environs de Montdidi4 (Somme). Sa plus grande longueur est de 16 cenC mètres, sa plus grande largeur de 11 1/2, sa plm. grande épaisseur de 3. Cette hache, dont je ne cofl nais pas d'analogue , est polie partout. Elle a trc^ tranchants et, en outre, un prolongement qui figura rait un manche s'il n'était trop court pour en serr: et même pour en recevoir un. L'ensemble forme uc sorte de croix. Le dessin n^ 23 la fera mieux coc naitre.

Le n^ 24 est une hache longue de 45 centimètre et qui a dû en avoir près de 50. Elle est en grès noi poreux, assez dur. Sa forme est carrée, les angle en sont arrondis. Ses quatre faces égales sont de 4 millimètres au centre de l'instrument que terminai une pointe à chaque extrémité. Ces pointes ont mal heureusement été brisées. Cette hache est polie partoti ou plutôt unie, car la nature de la pierre ne permettait pas le brillant du polissage qui, ici, a été obteni par un piqué, puis un frottement.

INfil STRIE PRIMITIVE, TOME 2.CHM'.XXIV Pl.VïlI.

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HACHES -OUTILS. 25t

en Suède, en Danemark. J'ai déjà décrit tome I®% page 326, iig. 9, pi. 13, l'une de ces haches en silex, trouvée près de Soissons; elle diflfôre de celles dont je vais parler, en ce qu'elle est pourvue d'une pointe à chacune de ses extrémités et que l'on a profité d'un trou naturel du silex pour s'éviter la peine de la percer, travail qui, dans les silex surtout, devait être long et difficile. Aussi, celles dont le trou est factice ne sont pas en silex, mais en grès, pierre de touche, basalte, jade, etc.

Le n® 1^', pi. 9, est une hache (oxer) faite d'un grès très-dur, ayant la forme d'un long coin allant en s'amincissant. Ses quatre faces, à peu près égales, sont larges à sa base de 5 centimètres 1/2 à 6 par face ; sa longueur est de 26 centimètres; sa pesanteur de 1 kilo 850 grammes; son tranchant ou ce qui en tient lieu, épais de 1 centimètre et large de 4, était moins propre à couper qu'à briser.

Cette hache, quoique soigneusement unie, n'est pas terminée; elle était destinée à être percée à 4 ou 5 centimètres de sa base. Elle a été recueillie à Yirum, en Zélande.

Son analogue, n® 1^, qui provient des marais d'Utterslew, n'a que 15 centimètres de longueur sur 5 à 6 d'épaisseur sur chaque face. Elle est faite de la même pierre, mais elle a été corrodée par le temps. Elle est percée d'un trou qui n'a pas été terminé et ne pénètre qu'à 2 centimètres 1/2 ou à moitié de son épaisseur. Son diamètre, de 2 centimètres 1/2, annonce qu'il était fait pour y introduire un manche.

L'analogue n^ l'^ est entièrement percé; ii est de la même pierre. Sa longueur est de 16 centimètres, son épaisseur de 7, son poids de 1 kilogramme 290 grammes. Le trou a 4 centimètres de diamètre d'un côté et 3 1/2 de Tautre. Il est exactement rond et poli dans Tintérieur, peut -être par un long usage et le frottement du manche. Ce trou est placé plus au centre que le précédent; il est à 4 centimètres 1/2 de la base , et à T du tranchant qui est fort émoussé par l'usage.

La partie opposée au tranchant est taillée carrément. L'ensemble de l'instrument ressemble au marteau dont se servent les bouchers pour assommer les bœufs.

Dans l'analogue n^ 1^, moitié moins grand, le marteau est arrondi. Ces deux morceaux viennent da Danemarck. Le dernier a été trouvé près de Jagerspriis, en 1847.

L'analogue n^ 1^, provenant d'Utterslew , est curieux en ce que brisé près du trou dont on voit encore les traces sur sa base, un nouveau trou eu entonnoir, du diamètre d'environ 3 centimètres à son ouverture et diminuant jusqu'à 1 centimètre, a été percé à 15 millimètres de la place où était le premier. Cet entonnoir annonce que cette pierre ne pouvait être emmanchée, à moins qu'on ne suppose que le trou devait être élargi. Mais à quoi auraitelle servi, elle n'a que 6 centimètres 1/2 de longueur sur 4 de largeur à sa base et 3 d'épaisseur?

Le n^ 2 est une hache-marteau en pierre de touche,

qu'à la perfection du travail et à la rondeur parfaite de son trou on croirait moderne; cependant elle est ancienne, mais moins, je crois, que les précédentes. Elle vient aussi du Daneraarck. Sa longueur est de 13 centimètres, sa plus grande largeur de 5, son épaisseur de 3 1/2. Le trou servant à introduire le manche est percé à 7 centimètres du tranchant qui s'arrondit en éventail et de manière à former saillie de chaque côté.

Cette saillie se répète d'une manière moins prononcée à l'autre hout de l'instrument, qui se termine en demi-boule.

Quand on place le tranchant horizontalement, la surface de cette hache est convexe ; tandis que si vous le placez perpendiculairement, elle est concave, et ceci de la façon la plus régulière. Il serait difficile de faire mieux, même avec nos outils d'acier et nos compas de proportion.

Un analogue, n® 2^, de la même grandeur, est fait d'une pierre dure et lourde qui a l'apparence du grès. Elle a un taillant à chaque bout; ce taillant est fort émoussé par l'usage, notamment du côté formant la base. Cette hache n'est concave que d'un côté, de sorte que le tranchant ne forme qu'un quart de cercle ou un demi-éventail.

Le n® 2" a été trouvé à Abbeville, à un mètre de profondeur dans la tourbe, près de la Somme, en face de l'abattoir. H est en grès très-dur. Son trou rond, du diamètre de 3 centimètres, n'est parvenu qu'aux deux tiers de son épaisseur qui est de 4 centimètres;

on voit qa'il a été fait par le frottement d'un autre grès et par un travail long et difficile. Du côté opposé on a commencé un trou pour communiquer avec le premier : ce commencement est de la dimension d'une petite lentille. Ce morceau difiTère des premiers parce qu'il est droit dessus et dessous et, à Tentoar du trou, renflé de chaque côté. Il a tout-à-fait la forme d'un outil de tailleur de pierre : Tune de ses extrémités finit par un tranchant en pointe et Tautre par une sorte de marteau. Sa longueur est de 17 centimètres; sa plus grande largeur, horizontale au trou, de 3 centimètres 1/2. C'est le seul morceau de cette espèce qu'on ait, jusqu'à ce jour, recueilli dans ce pays.

Le n^ 3, coin à tête carrée, kiler med fienUet bane, des Danois, et que nous nommerons hacheciseau, est un véritable outil de travail, dont la des* tination ne peut être douteuse: il servait, comme nos ciseaux de sculpteur, de charpentier, de menuisier, i fendre , tailler , couper la pierre ou le bois ; et sa tête ou base carrée aidait à l'enfoncer à l'aide d'une pression ou d'un marteau, comme l'on fait encore de nos ciseaux modernes. Il y a de ces outils de grandeur et d'épaisseur diverses. Ce premier spécimen a 29 centimètres de longueur sur 6 à son tranchant et 3 1/2 à sa tète; sa plus grande épaisseur est de 3 centimètres 1/2. Très-bien poli en dessus et dessous, il ne Test pas sur les côtés. C'est sa tête carrée et ce non polissage des côtés qui le distinguent d'une variété étroite de hache ou coin sans tète, décrite

dans le chapitre précédent. Ce bel exemplaire, qui est en silex gris-èlanc, vienl du Daneaiarck.

L'analogue n® 3^, en silex jaune, a la même origine. Il a 15 centimètres de longueur sur 5 de largeur et 2 1/2 d^épaisseur. Sa forme serait semblable au premier, si son tranchant n'était pas en biais, ce que j'attribue aux nombreux repassages qu'il a subis. Ce tranchant est, d'ailleurs, fort bien aiguisé et très- propre à couper le bois et même la pierre peu dure.

L'analogue n* 3*, en silex noir, a un tranchant beaucoup plus large proportionnellement à sa longueur, qui n'est que de 13 centimètres 1/2. Ce tranchant a 5 centimètres de largeur; l'extrémité opposée n'en a que 2. La plus grande épaisseur de ce morceau est de 12 millimètres. Poli sur ses deux surfaces, il ne l'est pas sur les côtés. Il a tout-à-fait Taspect d'un petit éventail à demi-fermé. Il a été trouvé à Nyborg (Danemarck) .

Le n® 4 est la hache en gouge, dont la forme est la même que la précédente , sauf que , légèrement convexe d'un côté , elle est concave de l'autre au tranchant et jusqu'au tiers de sa longueur. Sa forme diOère peu de celle de nos gouges de fer. Elle dérive d'un instrument également en silex ayant la même destination et que j'ai recueilli dans les bancs diluviens.

Le premier analogue est long de 14 centimètres, large de 5 au tranchant et de 2 1/2 à la tête qui est carrée. Son épaisseur est d'un peu plus de 2

centimètres. La partie qui se rapproche du tranchant et ce tranchant lui-même, sont parfaitement polis; le reste Test peu, et les côtés ne le sont pas. Ceci, comme dans les ciseaux, était fait a dessein, afin que rinstrument fût plus solide dans la main. Cette gouge vient de la Zélande.

Son analogue, n^ 4^, qui sort des mêmes lieux, est poli presque partout. Sa coupe est la même. Sa longueur n'est que de 10 centimètres; il y en a de plus petits encore, et dans ce cas je pense qu'ils étaient placés dans une gaine de bois, de corne oo bois de cerf, de forme analogue à celles qui sont représentées dans mon premier volume, pi. 3, fig. 10. Ces instruments sont ordinairement en silex; cependant, j'ai dans ma collection deux gouges non terminées, dont Tune est en grès et l'autre en craie dure.

Le n^ 5, qui vient également du Danemarck, est un ciseau droit à quatre faces a peu près égales. Son épaisseur est la même dans toute sa longueur. Taillé avec soin sur toutes ses faces, il n'est poli que près du tranchant qui est très -fort et très-coupant. Il remplace très-bien, pour entamer le bois, son analogae en fer.

Ces ciseaux varient beaucoup de longueur: j'en ai vu qui n'ont que 6 a 7 centimètres et qui ne pouvaient guère être employés qu'a l'aide d'un manohe ou d'une gaine.

Celui-ci a 20 centimètres de longueur, 29 millimètres de largeur sur deux de ses faces et 17 sor

chacune des autres. Il est aussi à quatre faces presque ^ales.

L'exemplaire 5^, long de 10 centimètres, en silex gris comme le précédent, est poli sur les quatre faces. C'est une exception rare et un travail de luxe, car 96 polissage des côtés et de la base était inutile.

Le n° 6, trouvé en 1843 a Abbeville, dans la tourbe, à trois mètres au-dessous du niveau de la Somme, contraste, par la grossièreté de son travail, avec ces beaux outils du Nord, mais il n'est pas moins propre à sa destination qui était de creuser le bois, la corne, le coquillage ou la pierre tendre. Les outils celtiques et diluviens faits dans ce but ne sont pas très -rares dans ce pays, mais ils varient souvent d'apparence, parce qu'on s'occupait peu à régulariser les accidents du silex qu'on employait: on voulait un meuble d'utilité et non de luxe. Celui-ci est en silex gris-noir. Il est long de 1 1 centimètres, sa plus grande largeur est de 4, sa plus grande épaisseur de 3. Bombé en dessus et concave en dessous, notamment à son tranchant ployé en bec-d'âne, il est, grâce à ses inégalités, solide dans la main. La force de ce tranchant en demi-cercle, d'une largeur de 2 centimètres 1/2 , permettait de l'utiliser longtemps sans l'ébrêcher. Je crois cet outil beaucoup plus ancien que les précédents.

Le n® 7 a été trouvé à cinq mètres de profondeur, en 1846, à Mautort, près Abbeville. Mieux fait que le n^ 6, il a été poli à la partie qui avoisine son tranchant, mais ce tranchant a souifert par suite de

son long emploi. Cet instrument servait non à creuser, mais à tailler, polir et couper comme la hache - ciseau , dont il diffère d'ailleurs en plusieurs points. D'un travail bien moins fini, il n'en devait pas moins faire un très-bon outil, grâce à sa courbe qui en facilitait l'emploi. Sa longueur est de 17 cea; timètres; sa largeur, au tranchant, de 7, et de 2 1/2 à la tète; sa plus grande épaisseur est de 3. Convexe et bombé en dessus, il forme l'arc en dessous; ses bords ne se terminent pas carrément, mais en une sorte d'arête indiquant qu'il a pu être emmanché.

11 existe, au musée d'Abbeville, un autre de ces outils dont la forme est un peu différente. J'en offre^ le dessin n® 7^.

J'en ai, depuis, découvert un troisième, dont la partie opposée au tranchant est disposée en vrille, de manière à ne laisser aucun doute sur l'intention de l'emmancher et de le fixer solidement dans le manche. Son tranchant est intact et parfaitement aiguisé. Il peut tailler le bois aussi nettement qu'un outil de fer. Dans mon premier volume, page 331, fig. 12, pi. 14, j'ai cité deux histruments ressemblant à celui-ci, sauf qu'ils étaient droits : leur destination était la même.

Le n** 8 a aussi été trouvé dans la tourbe, près d'Abbeville, en 1844. C'est un ciseau, large et court, propre à creuser et à unir, qu'on n'employait qu'à l'aide d'un manche. Il n'est poli dans aucune de ses parties. Fait en trois ou quatre coups, je n'y verrais qu'un simple accident, si je n'avais pas maintes fois rencontré ses analogues. Sa forme est celle d'un

éventail ouvert. Long de 9 centimètres 1/2, sa plus grande largeur est de 9; c'est de ce point ou au tiers de sa longueur que part son tranchant qui se développe en demi-cercle. La partie destinée a entrer dans la gaine est à peu près de la même longueur ^e celle qui doit rester dehors.

Son analogue n® 8^, moins large de moitié et proportionnellement plus long, n'a pas été poli, mais il est fait avec beaucoup de régularité. Son tranchant est intact et très-eflSIé. Il a, comme Tautre, été trouvé dans la tourbe près d'Âbbeville.

Un troisième analogue, n^ 8^, est en agate. Sa forme est la même, mais sa longueur n'est que de 2 centimètres et sa largeur au tranchant de 16 millimètres.

Deux exemplaires, n°' 8<= et 8«>, sont à peu près de même taille et en difièrent, l'un dans la Forme de sa base, l'autre dans celle de son tranchant. Ces outils ne pouvaient servir qu'emmanchés et devaient être employés au polissage des instruments en os, tels qu'hameçons, aiguilles à coudre, etc. Ils pourraient encore aujourd'hui remplacer utilement le verre ou la lime. Tous ces petits ustensiles, non polis, mais travaillés avec soin, viemient du Groenland et sont très-anciens.

Un autre outil ayant la même origine et dont j'ai trois exemplaires absolument pareils , est fait d'une pierre noire schisteuse. Long de 3 centimètres, large de 14 à 15 millimètres, recourbé, tranchant et piquant, il était évidemment adapté à un manche. On

s'en servait sans doute pour unir rintôrieur des objets creusés. Peut-être aussi était-ce un instrument de chirurgie. J'ai trouvé, dans les sépultures celtiques de ce département, un silex presque analogue (voir tome I^S chap. XXVIII, page 394, pi. 25, fig. 16).

Ces ressemblances , à des distances si grandes.)^ prouvent que partout les mêmes nécessités indiquent les mêmes moyens d'y pourvoir.

Le n° 9 représente assez bien une semelle de soulier; il est coupant dans toute sa circonférence, sauf une des extrémités qui est recourbée et propre à gratter, égaliser, polir. Trois analogues, à peu près de même grandeur ou de 7 centimètres de longueur sur 2 1/2 de largeur, ont été recueillis près d'Abbeville.

Un quatrième, n^ 9*, diffère peu des autres pour la taille et la forme, mais il est trois fois plus épais: on croirait qu'il est destiné à être dédoublé et à faire trois instruments semblables.

On pourra voir dans mon premier volume, chap. XVIII, pi. 25 et 26, n°« 14 à 27, la description d'instruments de formes différentes, mais qui avaient à peu près le même emploi.

Les n^M à 9 de ce chapitre sont dessinés pK 9, tome II.

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