EN BOIS
principale : en effet, dans les
. .Ltvembre 1856, on en a découvert
utHre 10 centimètres et large de
.'.e pointue et en robe ou maillot,
.iMÉKi'es que j'ai décrites. Elle est faite
.... ^v<rc«au de bois. Elle est dessinée n° 20.
ùiftu» uiiuiêro est un enfant debout sar
.4 éce de Tenfant a 48 centimètres de
...4.^ .1 la boule 80. La hauteur totale da
^^< .> ijcures sont encore gonflées par Thn-
. . .o^rbe dans laquelle elles gisaient, mais
^. ^^«:it«« ^ dessèchent et diminuent de poids,
.,«Mk*k jtcaleœent de leur volume. Il est donc
.^.^ .. :iï déterminer la dimension d'une manière
^.^.cuÉ«M* .»\aote.
^. . il s^>ut les objets en bots dont j'ai parié
i^^ >7 et 158 de mon premier Tolome, et
^ Hw^ .uii'^^ recueillis depuis. Je ne doute pas qae
^. ;t»ik tvhaopê à lœil des ouvriers et à mes
> 4*iH>4i^atioas. Cela s'explique: ces œoTresde
i.v.<^ Kn* ie ioucbet, n arrivent souvent qu'en
^.. vu* Ht ti'ayerçoit pas les rapports» et ces
. N . IV mos yciv.teci: \^{it rorae en se desséchant
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^ *A c^♦•a^^•ers r:: r. ivertiraient lorsqu'ils en
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eifêse signalés à l'attention des collectionneurs. Un jour je me mis à examiner en détail une masse d'os de tourbières qui, déjà, l'avaient été par deux antiquaires de^ mes amis pour y chercher des gaînes , et qui se c»»oyaient très-heureux d'en avoir trouvé une. Quant à moi, je n'en trouvai pas, mais j'y découvris une douzaine d'outils en os de formes diverses. Je les leur montrai; ils ne pouvaient en croire leurs yeux. Depuis ce moment, ils en ont cherché et en ont trouvé eomme moi.
11 en sera de même des ouvrages en bois, quand on les demandera aux terrains propres à leur conservation, car il est évident que les peuples qui traînaient la pierre et l'os et en tiraient des armes et éês ustensiles, n'ont pas manqué d'en fabriquer en bois, chose moins difficile et qui, dans bien des cas, pouvait leur rendre les mêmes services.
Je continue à faire fouiller, non- seulement aux phiees où étaient ces premiers morceaux, mais dans les terrains qui semblent oflrir des conditions identiques. Tout annonce, d'ailleurs, que ces figures apparliefinent à la même époque et l'on peut dire à la même inspiration. H y avait là, comme pour les haches et autres signes de pierre, un modèle arrêté. Toutes ces il^tuettes ont un air de famille : malgré leurs positions et leurs tailles diverses , on retrouve sur chacune la œéme physionomie. Ces piédestaux ou ces jambes OTvertes, ces têtes pointues ou complètement rondes, I nez d'aigle et sa proéminence constante, prouvent les n'étaient pas dessinées au hasard, mais bien
d'après un plan donné et adopté par la religion , Tusage ou la tradition.
Pourquoi se trouvaient-elles réunies dans un espace aussi peu étendu? Y en avait-il là une fabrique? fie n'est guère probable, on ne confectionne pas des divinités à la douzaine. Ce lieu était-il consacré? Etaitce un temple, un oratoire? C'est possible, en admettant que l'édifice fût en bois, car s'il eût été en pierre on en trouverait les fondations.
Faut -il croire que ces figures ont été enterrées, comme on enterrait les haches, à la suite de quelque cérémonie religieuse, ou a-t-on voulu les soustraire à quelque proscription iconoclaste?
Enfin, moins anciennes que le banc de tourbe qui les recouvrait, ne se trouvent-elles là que par quelque circonstance toute vulgaire , et au lieu d'un temple , n'y aurait-il eu qu'un théâtre de marionnettes?
On peut choisir entre ces diverses hypothèses, môme celle des marionnettes, car Rome aussi avait les siemies et la Gaule les avait adoptées. Quelle que soit la version que l'on choisisse, je répète qu'il y a ici d'utiles indices qui pourront conduire à mieux, et qu'une nouvelle voie est ouverte aux recherches des archéologues.
Les morceaux décrits dans ce chapitre sont r^résemés pi. 19, 20, 21, 22, 23, n<*» 1 à 21.
KDCSTBIE PRIMITIVE. TOMF. 2.CBAf.]iXXni.
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Ï«./<1' r/ fif/ttiyi, oi //t/f'.i c^'/nTï/Vd' f/c.f Autrà/é/VJ.Ahtauer
^6 civilisation et chez des nations déjà avancées dans l'arl du dessin et de la plastique. Aussi n'en ren- <îontre-t-on guère d'un travail tout-à-fait grossier ou -datant des premiers débuts de l'art; je n'en avais jamais vu lorsque le hasard m'en a fait trouver une suite des plus curieuses.
Quoique bien des siècles séparent ces figures de celles dont j'ai parlé dans ce livre , elles s'en rapprochent par leur imperfection et l'époque de transition qu'elles rappellent. Après l'invasion des hordes du Nord, chacun sait que les beaux arts tombèrent en discrédit; la raison humaine sembla rétrograder, et l'Europe marcha à grands pas vers la barbarie. Quant à nous. Francs et Gaulois, après avoir été guerriers et conquérants, poètes avec les Grecs, artistes avec les Romains, nous redevenions barbares avec les barbares, lorsque nos cœurs s'ouvrant à l'inspiration religieuse , nous nous sommes relevés. Ce furent ces monuments dus à la piété de nos pères , ces antiques temples chrétiens dont malheureusement le nombre diminue tous les jours, quilles premiers, annoncèrent cette heureuse rcsurreciion. La civilisation avait fini en brisant les images et les créations des arts, ce fut en les relevant qu'elle recommença.
De cette ère datent ces bizarres figures et ces basreliefs où la fable souvent se mêle aux vérités chrétiennes. Ce fut de ces curieux pastiches où Flore et Pomone, les faunes et les nymphes se montrent à la suite des saints, qu'on décora nos premières églises.
C'est aussi à cette période de renaissance que j'at-
tribue ces morceaux dont il me reste à vons entrètenir , ce que je ferai en peu de mots , car ce n'est qu'indirectement qu'ils se rattachent à mon sujet.
Ces camées sont au nombre de trente-trois. Ce sont des galets ou pierres roulées d'un marbre non ooquillier, très-dur. Tous sont de forme ovale ou ronde, aplatis en disques , comme sont à pea près tons les galets de nos côtes et de nos allavions. Ceux-ci varient de 2 à 7 centimètres de longueur et de i i S de largeur.
Sur chacun, on a taillé en demi-bosse ou camée une tète d'homme ou de femme couvrant presque toute la superGcie de la pierre, dont quelques-unes porteot deux têtes se regardant.
Ce dessin annonce l'enfance de l'art, mais il n^est pas précisément mauvais. Toutes ces faces ont on caractère qui leur est propre et qui rappelle celles qu'on voit sur nos plus anciennes sépultures. SontHse des portraits qu'on a voulu faire et représratent-ils des personnages contemporains ? ou bien n'est-ce que le produit de l'inspiration de l'artiste? Dans ce cas, il n'avait pas l'imagination heureuse ou ses modèles étaient peu flattés, car toutes ces figures sont d'une laideur remarquable, et la bizarrerie de leur coifihre ne tend pas à les embellir. Néanmoins, on voit qu'A n'y a eu ici nulle intention de ridicule; ce ne sont pas des caricatures qu'on a voulu faire, c'était bien le costume du temps, enlaidi peut-être par le mauvais goût ou l'inexpérience du sculpteur, mais costume qui n'en est pas moins historique.
OÙ ces camëes ont -ils été trouvés et comment se sont-ils ainsi conservés ? C'est ce que je n'ai pu savoir. C'est à Gênes, en 1806, lorsque j'étais encore écolier, que je les aperçus chez un bijoutier qui venait ide les acquérir, avec beaucoup d'autres pierres, à la vente d'un riche amateur d'antiquités et spécialement de camées anciens. Mon bijoutier, ne voyant dans 'ceux-ci que de laides et grossières images et les jugeant indignes d'être offertes pour parure , me les vendit fort bon marché, et moi- môme je ne les achetai que comme simples curiosités, car à cette époque je m'occupais fort peu d'archéologie.
Cependant je les rapportai en France et , depuis bien des années, je les avais oubliées dans un coin de mon cabinet, quand un de nos savants antiquaires les y découvrit et m'en fit comprendre l'importance historique. Selon lui, ces figures avaient bien le cachet de leur époque et la caractérisaient parfaitement. J'ai pensé qu'il avait raison, et c'est ce qui m'a décidé à en faire mention ici.
Si ces morceaux ont des analogues, ils en ont peu. J'en ai cherché, et sans succès.
Je crus un jour en avoir trouvé un, c'était dans an musée étranger. Comment y était-il? Je n'en sais rien; mais sa vue me frappa, car je lui trouvai une ressemblance parfaite avec un de ceux de ma collection : même faire , même matière , même figure. De retour chez moi, j'eus hâte de m'assurer si l'analogie était aussi complète que je le pensais : mais je le cherchai vainement, il avait disparu et c'était lui que
j'avais vu. Bref, on me l'avait volé. Ce ne pouvait elre un voleur de profession , il aurait tout emporté. C'était clone un curieux, un amateur, alors pourquoi ne l'avait-il pas gardé? Après quelques réflexions, je me ressouvins qu'un personnage que je ne nommerai pas était venu, en mon absence, visiter ma galerie. Sans doute, il en avait voulu rapporter ce souvenir a sa patrie. L'intention était patriotique et le péché petit. Je lui pardonnai donc et ne réclamai point. De tnmle-quatre, le nombre de ces camées se trouvait .'linsi réduit à trente-trois. Ils sont dessinés de grandeur naturelle, pi. 24, 25, 26, fig. 1 à 33.
0DMTRIE PBIMITIVE. TOME 2, CHAf XXHV PL. XXIV
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traTail, qui l'a poussé à en faciliter la voie : il a voulu obtenir plus en faisant moins, et s'il y est parvenu, e'est cet instinct de paresse, uni au désir de posséder, qui le lui a enseigné, et ceci au plus fort comme au plus faible. Quelque borné que soit un homme, s'il veut creuser un arbre pour en faire une auge, une botte, un vase, il comprendra, sans qu'on le lui dise, qu'il y parviendra plus vite avec le tranchant d'une pierre qu'avec ses ongles. Quand il voudra s'emparer d'un animal pour avoir sa chair et s'en nourrir, il verra fort bien que si cet animal est plus agile que lui, il ne l'atteindra qu'en lui tendant un piège ou en s'aidant d'un projectile , en lui lançant une pierre , un bâton, un dard dont la rapidité suppléera à celle qui lui manque. C'est ainsi qu'ont été inventés le premier optil et la première arme, et qu'on les inventera partout où l'homme y sera forcé par la nécessité.
Or, l'industrie de l'homme primitif, conséquence de ses besoins, étant démontrée par cela seul qu'elle est une des conditions de son existence, comment voulezvous que de cette industrie il ne reste aucune trace, surtout lorsqu'elle a duré tant de siècles et qu'elle s'est exercée sur une matière aussi solide que la pierre?
Ou vous admettez que l'homme ne remonte qu'à quelques milliers d'années, que son enfance fut courte et sa multiplication prompte, et que bientôt surgirent ces villes célèbres dont nous admirons encore les monuments.
Ou bien vous le voyez apparaissant peu après les antres mammifères et vivant, comme eux, dans les
cavernes ou dans la profondeur des bois; et lu, soit que le sens moral n'ait pas encore été développé en lui, soit qu'il l'ait perdu par quelque cause mystérieuse .et une punition divine dont l'histoire de Nabuchodonosor est un souvenir, il reste végétant au dernier degré de l'échelle intellectuelle' pendant une suite de siècles que notre imagination ne peut embrasser.
Cette longue enfance de l'homme ne sera pas généralement admise, notre orgueil s'en révoltera, et pourtant elle est vraie, et la démonstration la plus claire en est qu'elle dure encore, même chez les nations dites civilisées. Quelle différence voyez- voua entre les sauvages et nos ouvriers de fabrique oo certains habitants de nos campagnes? Comparez leurs désirs, leurs paroles, leurs actes, et décidez. C'est surtout de femme à femme que vous pourrez saisir l'analogie. Prenez la 611e élevée jeune dans un atelier ou dans les champs , loin des écoles et des êtres pensants, rapprochez- là d'une créature de son âge, peau rouge, négresse, nouvclle-zélandaise, esquimaude, vous verrez do quel côté penchera la balance, et si la fille de la civilisation l'emportera en intelligence, en pudeur , en instruction , en propreté , en morale sur la fille des forêts.
Pour mieux encore embrasser la question, laisse^ là ces distinctions de nation et de couleur, réunisse! en un seul groupe toutes ces races humaines, et dans cette masse de créatures comptez combien arrivent à l'âge de raison ou à un point d'intelligence^ de savoir
et d'industrie qui les mette véritablement au-dessus de Tenfanee, et fasse qu'à trente ans elles vaillent mieux qu'elles ne valaient à dix. Sans doute, ces hommes seront plus forts de corps et de nerfs, mais d'esprit, mais d'instruction, mais de moralité! Interrogez-les. Hélas ! c'est bien triste à dire, la majorité est en voie rétrograde. A douze ans, ils^ lisaient un peu et connaissaient leur catéchisme; à trente ans, ils ne savent plus ni l'un ni l'autre. Tenez donc pour certain que dans ce milliard d'êtres, adultes et vieillards compris, il n'y en a pas dix sur mille qu'on puisse, intellectuellement parlant, considérer comme des hommes fiûts. Retirez ces dix et abandonnez à eux-mêmes les neuf cent quatre-vingt-dix autres , bientôt ils seront, en industrie et en logique, au point où en étaient ces peuples des premiers âges, dont nous vous présentons les ébauches.
A ces premiers âges, nous n'avons donc pas à demander de chefs-d'œuvre, mais il ne serait pas plus rationnel de dire que parce qu'alors on n'en pouvait faire, on ne faisait rien du tout. Non, ce temps avait ses ouvriers et ses artistes , comme nous avons les nôtres. Seulement, car tout est relatif, ce qui était une merveille pour eux n'est qu'une ébauche pour nous, et c'est parce qu'ils croyaient aussi faire des chefs-d'œuvre ou avoir atteint la perfection, qu'ils ne tentaient pas d'arriver plus haut. La stagnation des nations vient moins de leur apathie que de leur ignorance et de leur amour-propre.
Mais après tant de siècles, après surtout le terrible
cataclysme qui a changé la surface terrestre, comment ces œuvres des premiers jours se retrouvent-elles 7— Je répondrai : comment ne se retrouveraient-elles pas?
Une circonstance heureuse et de savantes recherches ont dernièrement, après trois à quatre mille ans d'oubli, rendu à la science les monuments de Ninive. Or, si cette circonstance ne s'était pas présentée, si un homme studieux et persévérant n'en eat paà profité, si ses efforts n'eussent pas réussi, enfin, si ces reliques étaient restées enfouies, que serait^il arrivé? Dans cinq mille ans, dis mille ans, vingt mille ans, on les aurait retrouvées comme on l'a fait aujourd'hui.
Si un nouveau cataclysme les avait arrachées de leur gissement , on les retrouverait encore , brisées peut-être, mais reconnaissables. Pourquoi? C'est qœ certaines substances, quand elles sont à l'abri da contact de l'air, résistent indéfiniment, témoins ces fossiles, ces coquilles, etc. Alors comment ne retrouveriez-voos pas les œuvres des premiers hommes, quand ces œuvres sont de pierre et protégées par une enveloppe de terre, de tourbe* ou de sable 7
Sans doute, ces œuvres ne sont pas des monuments : mais qu'importe ! Cette hache ébauchée ne pronvet-elle pas aussi bien l'existence d'un être humain que la Minerve de Phidias et la Vénus de Praxitèle? L'animal fait son nid, sa ruche, sa bauge, son terrier, mais il n'a jamais fait d'armes ni d'outils.
Que la présence d'ouvrages d'homme dans le diluvium soit une circonstance exceptionnelle et de localité, j'ai prouvé le contraire, et l'on en trouvera proba-
blement partout où il existe des dépôts ossifères ou tout autre amas de résidus diluviens.
La quantité de ces objets n'annonce pas toujours que cette race antédiluvienne fut localement très-nombreuse, elle indique seulement sa longue existence dans un même pays. La vie sauvage n'augmente pas la population, elle tend plutôt à la réduire, et c'est ce qui arrive quand la nourriture ou le produit de la chasse vient à manquer.
Il y avait peut-être des hommes sur tous les points habitables de la terre, mais sous certaines zones ces points étaient rares : des volcans , des marais , des mers, des fleuves, des torrents aujourd'hui disparus, arrêtaient les communications. Néanmoins, les hommes n'étaient pas agglomérés comme ils l'ont été depuis; leurs habitudes s'y opposaient : à l'être qui vit de proie, il Faut de l'espace.
Pendant des siècles, cette proie fut abondante. A cette époque, les éléphants, les rhinocéros habitaient nos forêts, les hippopotames ou quelqu'espèce analogue peuplaient nos rivières. Le climat était autre qu'il ne l'est de nos jours : les plantes des tropiques, comme le prouve la flore des houillères d'Angleterre, de Belgique, de Flandre, etc., couvraient nos prairies.
La race antédiluvienne était-elle blanche comme nous, ou bien noire, rouge, cuivrée? On ne peut faire que des conjectures à cet égard. Hais d'après la nature des animaux et surtout celle des arbres, des palmiers, des fougères gigantesques, etc., qui ne peuvent venir que sous des latitudes très-chaudes, ces peuples, s'ils n'étaient pas noirs, devaient être cuivrés.
Leur charpente osseuse était-elle absolument semblable à la nôtre? J'ai déjà dit que la chose était douteuse et qu'il devait y avoir, comme chez tous les autres mammifères, une différence plus ou moins sensible provenant de celle du climat et de la localité. A mesure que les convulsions atmosphériques devenaient plus rares, que la terre s'affermissait, que sa conformation s'assurait, celle des créatures se fixait aussi. Les animaux difformes de l'époque secondaire n'étaient sans doute que les larves de ceux qui les suivirent : ils étaient ce que la chenille est au papillon, ou mieux encore, ce que l'embryon est à l'individo complet. De même que cet embryon, l'être a suivi une progression de forme : la différence est qu'alors cette progression était beaucoup plus lente et qu'elle avait lieu par série et à découvert.
Près encore de leur point de départ, les mammifères antédiluviens, y compris l'homme, n'avaient donc pas acquis tout leur développement. Je ne parle pas de leur volume et de leur poids , la masse ici ne fait rien, je parle de leur conformation ou de cette précision mécanique qui consiste dans l'accord parfait de la forme avec les éléments et la position, accord d'où résulte le meilleur jeu des organes et leur obéissance plus prompte et plus sûre à la volonté,* cette volonté que nous nommons instinct chez les animaux et raison
* Voir le livre de l'auteur, iulitulc : De la Création , essai sur l'origine et la progression des êtres. Ces questions y sobl développées. •
ch6E les hommes. Si la différence des formes des mammifères actuels avec celles des animaux antédikitiens est une amélioration , il est à croire que les formes humaines ont fait les mêmes progrès. » D'après les armes de ces peuples, ces pierres en lances , ces haches , ces projectiles et la multitude dPanimaux qui remplissaient leurs forêts, la chasse devait être leur occupation ordinaire. Mais habitaientils les cavernes, vivaient-ils sous la tente ou construisaient-ils des maisons? Le grand nombre de chevilles de pierre propres à assembler et maintenir des soliires, les instruments à tailler et percer le bois, objets qu'on trouve fréquemment dans les bancs diluviens , portent à croire qu'ils en étaient arrivés à s'abriter sous des toits ou sous une couverture quelconque que soutenait une charpente. Entourés de forêts, il n'est pas présumable qu'ils eussent négligé d'en tirer parti, ne fut-ce que pour se procurer un abri contre les bêtes féroces et en faire un lieu de refuge. Les races qtti habitent exclusivement sous la tente sont celles qui , comme les Tartares et les Arabes , sont nées dans les steppes , dans les plaines sablonneuses où les arbres sont rares, ou bien celles que leurs nom- • breux troupeaux obligent à changer continuellement de place pour trouver des pâturages.
Ces hommes avaient -ils quelque notion de labourage? Ici, nous n'avons rien pour nous le dire; mais ils s'occupaient de jardinage. J'ai retrouvé quelques-uns de leurs outils en bois de cerf, en corne, en os. Quoiqu'ils vécussent ordinairement du produit de leur chasse et
peut-être des fruits de leurs forêts, ces ressources n'étaient pas tellement assurées qu'elles ne 4)U8seDt leur manquer, et il n'est pas vraisemblable qa'oœ société qui a duré si longtemps n'ait pas cherché à rendre, par l'exploitation d'un champ ou d'un vergar, sa position moins précaire.
La pêche aussi ne pouvait leur être étrangère. Si de nombreuses représentations d'animaux terrestres indiquaient qu'ils s'occupaient de chasse, les images non moins fréquentes de poissons, de cétacées semblaient prouver qu'ils s'adonnaient avec une égale ardeur à leur poursuite, dès-lors, qu'ils avaieot quelques notions de navigation et qu'ils constmisaîenl des canots.
Quant à la religion, pous avons vu qu'il était impossible qu'ils n'en eussent pas, parce que c'est un des besoins de l'homme. Par amour ou par peor, il croit toujours à quelque divinité, ou à défaut, à quelque fétiche qui la lui représente. Quels étaient ces dieux et cette religion? Mous n'avons d'autres données à eet égard que ces signes, ces caractères, ces symboles, ces Qgures dont j'ai présenté l'aperçu. Des monumeots plus grands ont existé sans doute , mais on ne les retrouve plus, à moins que nous n'accordions celte antique origine à ces pierres gigantesques dont Té-* rection est attribuée aux Celtes et aux druides, et que nous supposions qu'elles aient résisté au choc diluvien.
Que ces hommes que nous avons nommés primitib ne soient eux-mêmes qu'une race déchue et rqelée
de Dieu en panition de ses crimes ; qu^avant elle rbomiDe sorti des mains du Créateur et pur encore ait joui d'une félicité, d'une science, d'une poésie dont ces belles langues asiatiques, ou plutôt les quelques lambeaux qui en restent, nous donnent un aperçu, c'est ua mystère que nous ne tenterons pas ici de pénétrer. Ces peuples n'ont pas laissé de monuments, du moins Ton n'en connaît pas, et nous ne pouvons JQger que ce que nous voyons.
Nous avons exposé nos idées sur les populations antédiluviennes; nous avons fait de celle qui habitait cette contrée une race, tropicale vivant à peu près oomme les nations de Tlnde. Nous arrivons maintenant à la race que nous avons nommée celtique, race séparée par un cataclysme de celle dont nous venons de parler, habitant bien le même pays, mais avec un climat, des végétaux et des animaux entièrement différents. Ce ne sont plus des palmiers, ce sont des hêtres, des chênes, des châtaigniers, des noisetiers qui composent les forêts. Les quadrupèdes sont des aurochs, des bœufs, des loups, des ours, des cerfs, dont il y avait trois à quatre espèces, et des sangliers qui, si on en juge à leurs défenses, acquéraient des dimensions très-fortes.
Quant aux rivières, on n'y voit plus d'hippopotames, mais des castors, des loutres et quelques petites espèces de rongeurs. Les hommes n'étaient plus noirs ou basanés ni à chevelure d'ébène, ils étaient blancs et roses, et leurs cheveux étaient blonds ou châtains. Comme leurs prédécesseurs antédiluviens, ils vivaient de chasse
et (le pèche. Ainsi qu'eux, ils avaient leurs ' images de pierre; mais dans ces simulacres on n'en rencontre plus qui rappellent les grands pachydermes ; ce sont des représentations d'ours, de bœufs, de sangliers, de montons, de cerfs, de chèvres. On y remarque cependant encore quelques-unes de ces figures de quadrumanes, si communes dans les bancs tertiaires, mais ceci n*a rien qui doive nous étonner, puisqu'on a la preave que les singes ont vécu sauvages en Angleterre jusqu'à une époque assez rapprochée de nous.
Quoique ces hommes s'adonnassent à la chasse et à la pèche , les outils de jardinage dont j'ai parlé , recueillis quelquefois dans les tourbières , indiquent qu'eux, non plus, ne négligeaient pas entièrement la culture de la terre.
Les tombelles, les champs funéraires, les vases nombreux enfouis avec des os, des cendres, des ex-voto, hommages aux dieux ou aux morts, ne permettent pas de douter qu'ils n'eussent une religion et quHIs n'en pratiquassent fidèlement les rites. De même que les peuples antédiluviens, ils avaient des symboles, des signes représentatifs, enfin une sorte d'écriture. Ils devaient aussi habiter des maisons de bois: des restes de planches et de madriers, taillés avec des outils de pierre, en donnent à peu près la certitude. Des arbres creusés en canots, dont un ayant 10 mètres de longueur , d'un seul morceau , a été trouvé près de Saint-Valery-sur-Somme, annoncent qu'ils n'étaient pas étrangers a la navigation.
Comme leurs prédécesseurs, ces peuples otit vécu
BESUMÉ. 355
4ws ^he loogue médiocrité, que démontre assez clairement celle d^ produits de leur industrie : leurs vases, leurs ustensiles en os ou en corne, leurs bâches de pierre. Si l'on considérait ^mme ayant été habités par eux tous les pays où l'on trouve de ces haches d'une forme identique et fabriquées par le même procédé, on pourrait penser qu'ils se sont répandus sur toute la surface du globe ; mais nous avons vu que les •mêmes désirs et les mêmes besoins amenaient, chez tous les peuples, les mêmes moyens de les satisfaire. On remarque, d'ailleurs, dans notre Europe, qu'ils se portèrent de préférence dans les vallées voisines des fleuves et surtout de leurs embouchures. Dans ce département de la Somme et notamment aux abords des rivières^ quelque soit l'endroit où l'on creuse, si l'on ouvre la tourbe , on est certain de trouver dans cette tourbe ou au-dessous, des silex taillés, des charbons, <les os d'animaux brisés ou travaillés, enfin des urnes d'une pâte grossière qui n'a été soumise ni à l'action du tour ni à celle du feu.
À quelle époque du monde a pu commencer cette période celtique et de couibicn de siècles est -elle séparée de l'ère antédiluvienne? Ce temps a été bien long si le changement atmosphérique n'a eu lieu que par un refroidissement successif; mais il a pu l'être beaucoup moins si ce mouvement s'est effectué par suite d'un cataclysme subit et inattendu. Dans ce cas, ces débris découverts dans la tourbe la plus ancienne ne seraient pas séparés , par une trop longue pé^ riode, des jours antédiluviens. Mais il est à croire
qu'entre les deux époques il y a eu un temps d'arrêt dans la multiplication des êtres terrestres, et que les hommes et les animaux échappés au déluge n*ont pas repeuplé la terre aussi promptement qu'on Va vu depuis et qu'on le voit encore après les grandes mortalités : les conditions n'étaient pas les mêmes.
La 6n de ces peuples celtiques est mieux connae que leur naissance. Ils sont arrivés jusqu'aux temps historiques ; ils ont précédé les Gaulois dont ils furent probablement les pères comme nous en sommes les enfants.
Nous descendrions donc de ces hordes qui ont si longtemps erré dans ces plaines où sont nos villes. Ce serait dans ces vases qu'entourent des ex-voto, des pierres brisées, des ossements d'animaux sacrifiés, que reposeraient leurs cendres: antiques catacombes recouvertes depuis par les bancs de tourbe produits des siècles accumulés sur les siècles. Ces archives en valent bien d'autres.
Vous le voyez, nos titres de noblesse sont anciens. Ne les dédaignons pas; recherchons-les, an contraire, comme les premiers jalons qui, seuls, peuvent noas guider dans cette ère de ténèbres qui a précédé la tradition et notre histoire écrite.
Je suis arrivé à la (in de mon livre: si quelques nouvelles découvertes, car nous ne sommes qu'au début de cette étude pleine de mystère, viennent ajouter aux preuves que nous avons présentées, si nous pouvons enfin trouver les os de ce peuple témoin du déluge et contemporain de ces grandes races fossiles, je m*ero-
presserai d'ajouter un supplément à ces deux volumes, mais rage où je suis parvenu me laisse peu de jours pour de si longs travaux. Ce n'est qu'après moi que la vérité sur celte grande question de l'antiquité de l'espèce humaine apparaîtra tout entière. On cherchera et l'on trouvera. Quelque témoignage éclatant, quelque révélation subite et inattendue prouvera une fois de plus qi^e le vrai est dans nos saints livres, et que ce qu'a perpétué le souvenir de tous les temps et de tous les peuples ne peut être ni une erreur ni un mensonge.
Toutes les traditions disent qu'un déluge a fait p^ir à la fois, sauf quelques-uns, les hommes et les. animaux. Or, pour que la mémoire en soit restée, il faut bien que des hommes aient été témoins de révènement et qu'ils lui aient survécu.
ha science reconnaît et la géologie prouve que la presque totalité des mammifères a disparu dans cette grande catastrophe : comment les hommes seuls y aiHraient-ils échappé? Et s'il n'y avait pas d'hommes, comment ceux d'aujourd'hui auraient-ils eu la révélation de l'événement?
Soyons conséquents et ne scindons pas la question : on le déluge de Noé est une fiction , otf c'est une vérité. Si c'est une vérité, il faut l'admettre avec Umtes ses conséquences; il faut croire, comme nos ptees et d'après l'Ecriture, que le même cataclysme a frappé à la fois la multitude des créatures terrestres et que les hommes étaient du nombre.
Pendant des siècles cette terre, veuve de ses habitants, n'a été qu'une vaste mer. Quand l'Océan est
rentré dans son lit, à l'eau salée a succédé Yesvt douce, partout répandue en torrents, en fleuves, en lacs, en immenses marécages. Cela a duré bien longtemps, et tant que cela a été, les hommes et en général tous les mammifères se reproduisirent peu. Réfugiés snr les points que Teau n'avait pu atteindre ou qu'elle avait abandonnés , l'espace leur manquait et il leur manqua jusqu'au jour où la colombe leur apporta le rameau d'olivier , annonçant que la terre assainie était couverte d'une végétation nouvelle. De ce itoment , les hommes et les animaux , descendant des plateaux et des cimes montagneuses, ont pu s'étendre dans les plaines, s'y multiplier et en couvrir de nod^ veau la surface.
Nous croyons donc qu'entré le dernier déluge et le repeuplement de la terre il y a eu une période de stagnation, mais seulement parmi les espèces terrestres, car, durant ce même temps, les mers, les lacs , les fleuves et toutes les terres inondées fourmillaient de créatures dont les tests et les empreintes, aujourd'hui encore, couvrent des régions entières.
C'est cette période qui, à nos yeux, sépare les temps antédiluviens des temps celtiques, et qu'on peut nommer période diluvienne. C'est alors et par suite du mouvement de retraite des eaux, que s'est formée une partie des bancs et des dépôts où nous retrouvons les vestiges qui ont fait le sujet de ce livre*
Il y a donc eu, à l'époque tertiaire, des bancs et des dépôts de deux formations: l'une qui date de l'invasion des eaux, et l'autre de leur retraite. C'est
é la géologie à distinguer les uns des autres et à en tirer des conclusions. Quant à nous, appuyé sur la tradition et notre croyance, nous n'avons jamais douté que les uns, comme les autres, ne continssent des traces humaines. Nous l'avons dit, il y a bien longtemps, dans notre livre de la Création. A l'appui de cette théorie, nous avons voulu des preuves; nous les avons cherchées et nous les avons trouvées.
Il est une lacune à remplir : celle de l'époque intermédiaire ou diluvienne, de cette période de stagnation, de ce temps d'arrêt des générations terrestres. C'est le berceau et le lieu de refuge de ces hommes, de ces animaux échappés au déluge, de ces types qui ont rattaché les races primitives aux races actuelles, qu'il nous reste à interroger.
Sur les hauteurs et les régions moyennes des monts asiatiques, peut-être sur d'autres chaînes maintenant affaissées et devenues des collines et des plaines, nous devons trouver leurs os et leurs monuments. Les traces des enfants nous conduiront aux tombeaux de leurs pères, et nous dirons alors : Dieu est éternel , mais l'homme est bien vieux.