‹ Antiquités grecques (volume 2)Chapitre 109 sur 494 · rialon, Alcibiailv, 1, [>. l-'l · texte numérisé non relu

rialon, Alcibiailv, 1, [>. l-'l

l'oligarchik loi

familles et en fournir une longue liste, si ces recherches offraient un peu plus d'intérêt'. (Juil suffise de savoir qu'il n'y avait pas un centre de population où il n'existât de telles familles. Une inscription qui parait dater du second siècle av. J.-C. prouve, entre autres documents, avec quelle complaisance on prolongeait outre mesure ces généalogies, même aux époques plus récentes oi^i les privilèges de la noblesse avaient depuis longtemps disparu. Un personnage à qui les Gythéates avaient décerné certains honneurs y est désigné comme descendant des Dioscures au trente-neuvième degré, d'Héraclès au quarante-unième".

Malgré l'absence de lémoignages exprès, on ne saurait douter que dans les siècles qui précédèrent, et tant que dura le régime oligarchique, les familles nobles aient sévèrement maintenu les barrières qui les séparaient du peuple, par Tinterdiction des mariages mixtes''. En lisant dans Aristole qu'après l'abolition de la monarchie, le pouvoir échut aux Cavaliers ou Chevaliers, parce que la cavalerie était alors le principal élément de la puissance militaire \ il faut se rappeler que les riches seuls étaient en mesure de servir dans cette arme el que la richesse, en ces temps reculés, était concentrée entre les mains des nobles. Dans les pays mêmes oii l'infanterie faisait presque toute la force de l'armée, ce service qui après tout imposait encore à chaque fantasshi l'obligation

1. On pourra trouver quelques-uns de ces noms clans mes An(iq. JKvis publ. Grxc, p. 77, el un plus grand nombre dans la Griech. AltcrthtimskKndc de Waclismuth.

2. Celle inscription a été reproduite d'après Lebas par K. l\eil (Zirri Insekrif'len aus Sparlti iind Gythion, p. 26). l Ine inscription crétoise publiée par Bœckh {('uriins Insc. <jr., l. II, p. '121, n» 2563) conlicnl un fragment de généalogie qui remonti; à la fondation de Hiérapytna. Ai'istophane a raillé celle manie {Acharnienu, v. 47). On peut voir d'après les mimltreux passages recueillis par Stobée dans son chap. uspl eùyiVEtaî, conniient les gens sensés jug(!aient les prétentions nobiliaires.

3. Voy. Welcker, Prolcgom. ad Theorjnidtiii, p. xxxvn. .h' ne crois pas cependant que le Cotinufiium ait été défendu par des lois Ibruiclles. Théognis, tout en se prononçant contre les mésalliances, ne les [irésente pas comme illégales. S'il est vrai, ainsi que le dit Thucydide (VllI, 21), qu'un jour à Samos, le ôïi[xo; vainqueur interdit le mariage entre, les deux ordres de l'Etat, on peut conclure au contraire de cette proliibilinii (pi'il avait été permis jusque-là.

>. P"lii , IV, 10, ,^ Kl.

'I."»2 i.\ i.n(: r.itr.r.oii;

(le s'é(|iiifi('i- cl (laNnir un mu [)lii.si(uirs valots sons sos ordros. était l'^^alciiKiil [{''scivi' aux ciclics, (•'csl-à-rliif! aux nobles. Il est vi'ai (le (lifc Iniilcfois (jiir le |iii\ ili-^c (Hait moins cM-liisif, les sacriliccs rLiiit moins cojisi(l«;rabi('s. Les nécessités de lag^iiorro piirciil aussi rnrrcr d'admottrc jiarrrii U's hoplites les citoyens (pii (''laicul lidics sans être nnhjcs, et Im.-sfpie ce n'crulcniciit s'cpi'-i'a sui' unr plus ^-randc ('•clnllc, la pii'pundéranccule la noblesse en dut être ^rav(!meiitatteiule. Il aniva même que l'on [u'it en dehors de celte caste des (>avaliers, dtMit jtar siiile la |»lace se trouva marquée dans les rangs du parti oligarcbitpie '. Comme d'ailleurs la fortune ne pouvait rester éternellenienl le monopole de quelques familles, qu'il y avait des riches parmi le peuple, et des pauvres parmi les nobles, il en résnllanalnnsllement des mésalliances, ainsi que le témoignent les plaintes exhalées dans la deuxième moitié du vi'' siècle par le poète de Még-are, Théognis ; ce qui amena peu à peu la transformation de l'olig^archie nobiliaire en oligarchie de la richesse. Parmi les qualifications qui servent à désigner la classe privilégiée, le mot z-j-x-.p'.ox'. est le seul qui s'applique formellement à la noblesse de naissance. Le titre de C/hevalier, tel qu'il était employé par exemple à Orchomène en Béotie, à Magnésie sur le Méandre, ainsi que dansTîle de Crète, appartenait non seulement aux familles nobles, mais à tous ceux qui payaient un cens déterminé. Strabon dit même, à propos des Hippobotes de l'Eubée, que leur privilège repose sur le cens, sans parler de la noblesse, et Hérodote^ les nomme les riches ou les repus {r.xyéeq). Ailleurs, à Samospar exemple et à Syracuse, nous trouvons, durant la guerre du Péloponèse et plus tard, l'expression de ytiù'^.ipc., en dorien yx[j.iço'.\ pour distinguer les propriétaires fonciers. Souvent aussi les privi-

1. C'est ce qui, d'après Héraclidede Pont (c. 11) arriva dans la ville éolienne de Cyme ; voy. à ce sujet les remarques de Schneidewin, p. 80.

2. Diodore, XV, 79; Aristote, Polit., IV, 3, § 2 ; Strabon, X, p. 481.

3. Hérodote, V, 77 ; Strabon, X, p. 447 ; Hérodote applique la même épithète aux classes privilégiées de Naxos, d'Egine et de IMégare, en Sicile. (V. 30 ; VI, 91 ; VII, 156).

4. Thucydide, VIII, 21 ; Plutarque, Quccst. (jr., 57; Hérodote, VII, 155 : voy. aussi les notes de Wesseling sur Diodore, iv, p. .297, Biponti, et Bœckh, Corpus însc)'. gr., II, p. 317.

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légiés sont appelés simplement les riches ou les bien nantis (oï ::Xî'jj'.:'., ci xx •/pr,\j.y.-x r/îv-rer, ci z'jr.opz:), sans que rien indique si ces qualifications s'appliquent aussi aux capitalistes ou si elles ne désignent que les propriétaires du sol. Dans l'opinion des économistes, fondée assurément sur l'expérience, la propriété foncière l'emportait sur les biens meubles, et les législateurs prudents en tenaient aussi plus de compte pour la répartition des droits politiques; il n'est pas douteux toutefois que le capital reprît ses avantages dans les Etats commerçants. Enfin, les termes consacrés pour distinguer les honnêtes gens, les gens comme il faut (ol ap.j-s-., ci v.xXy. v.x'fJioi, s- yxpit^nzq, y. i7:tea£Ï;, o\ y^Mp'.[j.o'.) , font allusion à un plus haut degré de culture, à des habitudes de vie délicates, moins rares naturellement dans les classes aisées que dans les classes pauvres, mais ne supposent pas une classe politique privilégiée, bien qu'elles soient employées aussi dans les Etats démocratiques pour caractériser les partis intéressés à combattre les principes égalitaires. Au contraire, l'expression de ol cixctci, les égaux, les pairs, qui n'est cependant jamais mise en opposition avec d'autres, désigne une classe à part, jouissant par privilège du bénéfice de l'égalité*; enfin les gens bien nés (cl ejYeveï^, c'j ou 7.xAo)ç YSYcvcTcç) ne font pas nécessairement partie de la noblesse. Ces épithètes s'appliquent souvent, dans les démocraties, à des hommes de bonne souche bourgeoise, et servent à les distinguer des gens de naissance équivoque, des étrangers domiciliés ou naturalisés. L'absence désignes nobiliaires, tels que les titres ou les particules,' put faciliter aussi le mélange des classes. — Plusieurs causes expliquent comment le principe opposé à l'oligarchie de la noblesse, à savoir la timocralie, qui classe les citoyens d'après leur revenu, sans faire acception de leur naissance, dut s'établir dans les colonies plus sûrement et plus tôt que dans la métropole. Une population, composée en grande partie; d'étrangers venus de tous les pays, était nalurellt^inenl moins disposée à respecter des priviK'ges reposant sur une longue Iradilion. De plus, dans presque

1. ArisloLe, l'olil., Y, 7, J;; i. Nous reviendrons plus tard siii" les "Oixotoi de Sparle.

1;)4 l.\ «IIK I.IIKCUI I.

loillfs les cnlDiiics, Ir coiiiincrcc, ;iii(|iif'l elles (|e\;iietil leur prospéfih'', eiii'iciiissjiii , eu dehors de la nohlcssc, h(';uu-(iii[) de ^oiis ;ï(]iii la fftrliim', ;i didaiilde naissance, linis^ail [nw ilniiiier la ('Dusidr-iaiioii [io!iti(jiie,. .Nous voyons hien (jucï dans plusicMirs ('(donics les descendants des jiremici's colons essayi-ienl aussi de se poser vis-à-vis des nouveaux venus comm(! nnc' classe privilégiée, mais ces prétentions sonl(;vërent des luttes intestines, etne])nnMil se maintenii- loiit;lenips'. D'ailleurs la différence des races produisait aussi dans les niélropoles des inégalités p(diti([n(;s, dont il est nécessaire de dire quelques mots, avant d'étudier l'organisation du gouvernement et de la puissance publique.

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