RACES ET CLASSES
Dans tous les Etats grccs^ sans exception, la population était répartie en tribus, subdivisées elles-mêmes en phratries et en gentes, et sur cette classification se modelait plus ou moins l'ordonnance générale de la Cité. A ce sujet, deux combinaisons se présentent : ou bien la population se compose à l'origine de races distinctes; c'est ce qui arrive par exemple dans les contrées où des étrangers subjuguent les anciens maîtres, ou dans les colonies dont les habitants primitifs subsistent, concurremment avec des colons d'origines diverses; ou bien la population entière est sortie de la même souche nationale, et elle s'est si bien assimilée les quelques étrangers auxquels elle a pu donner asile que le tout forme un ensemble homogène, comme c'était le cas dans TAttique, d'après la croyance générale des anciens que des critiques modernes ont combattue sans motifs suffisants. Cette unité d'origine laisse place d'ailleurs aux différences sociales; là comme ailleurs il y a des nobles et des roturiers, des privilégiés et des hommes soumis à la loi commune; la population est partagée aussi en tribus et subdivisée comme on l'a vu plus haut; mais les inégalités et les classifications n'ont pas en Ire elles un lien nécessaire. La dilîérence des conditions se retrouve dans chaque tribu; cliaque tribu en elfct renferme des nobles et des gens du commun, et la seule distinction à faire,, c'est que les uns et les autres ne sont pas partout réunis dans les mômes prop(u*tions. Au contraire, dans les Elats composés de populations hétérogènc^s, nous deviins nous atlendi'e à voir les dilVérenles laces inégalement dotées <ït par suite en liillc b's imcs cdiilre U's autres. Nous n'avons pas assez de renseignements particuliers pour pouvoir décrire, au poini de vue qui nous occupe.
1 "(G i,\ crrr: nnrcnii:
la sitiialion (!•• cluKiiir Mlal. il csl. In-s vraiscniblahlc qu'à Sicyoïii', où l(!S trois Irihnsdcs llvll<''i'ris , (]r<, Dvmanes cl dos Pampliyli's i-r-vcirnl |i,ii Irnrs noms leur (jriL'iin' ilorionne, la quatriùmci, celle des . I^^ialéeiis, comprenait les anciens habitants, c'ost-à-dirc des Achéciis, et comme d'ailleurs nons savons que le tyran CJisthène, qui appartenait à cette trihn, avait jiris à tàclie d'jihaisser les iivds antres, sa coiiduilc s'explique, d;uis cette liypotlii'se, par les représailles (piil avait à e.xei'cer'. IJe même, il y avait dans Argos, à côté (Ut trois tribus dorienncs, une tribu composée d'Achéens, et nommée llyrnelbia lui llyrnathia, qui certainement n'était pas sur le même pied qu(! les autres, jusqu'au moment où cette (îité devint un Etat démocrati(}ue. Dans la ville béotienne d'Orcliomijne, nous trouvons deux tribus, rEléocléide et la Caphisiade, qui avaient emprunté leur nom, lapremit-re à un roi fabuleux, la seconde au lleuve (jui traverse la contrée^ 11 est très probable que l'une d'elles comprenait la race conquérante des Minyens, l'autre la population conquise et réduite au travail des champs. On distinguait également dans la colonie milésicnnc de Cysique, sur la côte méridionale delà Propontide, deux tribus, les Boréens et les Oinopes dont les noms, qui signil'unû /(/ôoiweurs et vfmdaufjeurs, trahissent l'origine rustique, tandis que les quatre autres : les Géléontes, les Iloplètes, les Argadéens et les ..'Eg'ikoréens, étaient affectées aux descendants des conquérants d'origine ionienne^. Il paraît que dans les Etats fondés à la suite d'invasions, on remplaça une première classification fondée sur la diversité des races par une autre réglée d'après les différentes régions de la ville et de la campagne; en d'autres termes, à une division ethnographique succéda une division topographique. Les huit tribus de Corinthe étaient distribuées d'après le dernier système*. A défaut de documents qui nous éclairent sur leur organisation politique, il est permis de supposer qu'elles comprenaient dans la