RACES ET CLASSES 1S
même proportion des Dorions et des Achéens, et que chacune avait une égale importance. Toutefois l'établissement de ces huit tribus appartient à une époque postérieure, et ne parait pas remonter plus haut que la domination des Cypsélides; jusquelà, la population de Corinthe devait être répartie comme celle d'Arg'OS et de Sicyone*. C'est aussi d'après des considérations topographiques que les Maliens formaient en Thessalie trois groupes, dont deux au moins, les Paraliens et les Trachiniens, indiquaient assez par leur nom les lieux qu'ils habitaient ; peutêtre même aucune idée sacerdotale n'était-elle attachée au nom d'Hiériens que portait la troisième, et n'y doit-on voir aussi qu'une désignation locale^, enfin nous trouvons à Elis des tribus distribuées topographiquement; c'est pourquoi leur nombre diminua, lorsque le territoire fut amoindri^. A Samos, les deux tribus Astypalée et Schésia avaient emprunté leur nom à la vieille ville et au fleuve Schésias; l'origine delà troisième, Aischrionia, est obscure^. A Ephèse, cinq tribus furent fondées, après que les anciens colons eurent appelé à leur secours les habitants de Téos et de Carène ; aussi deux d'entre elles portaient les noms de ces auxiliaires. Parmi les trois autres, celle des Éphésiens renfermait la population primitive, celle des Euonyméens les Ioniens venus de l'Attique ; la troisième, dite des Bennéens, d'après une localité nommée Benna, pouvait être formée des colons étrang'ers à la race ionienne ^ A Téos, nous connaissons le nom d'une seule tribu,
1. D'après Suidas cependant, ce fut le premier roi de la l'amilie des Héraclides, Alétès, qui organisa les huit tribus. Ce nombre explique les octades, c'est-.à-dire les groupes de huit membres entre lesquels était partagé le sénat établi après la chute des Cypsélides. Voy. Nicolas Damascène, dans les Fragin. hlst. yr. de Millier, t. III, p. 394 ; chaque tribu était représentée dans chaque octade par un sénateur ; une octade était chargée de préparer et de diriger les débats. On ne sait au juste combien il y en avait en tout.
2. Thucydide, ill, 02. Dans ses notes sur ce passage, Th. Arnold défend la conjecture exprimée ci-dessus; mais voy. aussi Etienne de Byzance, s. v. 'Ipâ, ot Kriegk, de Malicnsihtis, Francof., 1838, p. 12.