ArisLolo, Pnlil., V. 5, .ij
2. A Home aussi, on si; proposa, par la léyislalion des XII TaMes, de mettre des bornes à l'arbitraire des magistrats, non de modifier la constitution : telle est au moins l'idée que nous en donnent les anciens. Toutes les ir'rurmi's que, par un ell'ort de critique ingénieuse, on a attribuées, non sans i|uelqne vraisemblance, aux triumvirs ne reposent sur aucun document, soit ipie ces tentatives aient été oubliées comme peu importantes, soit que les XII Tables ne continssent en nullité i-ien de seniMable.
!)(l i.\ tin, i.hi.i i.ti I.
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Dans la jH-i'iodr de l'i'aclinii f(nilir ! nli^^arcliic, IrsUraiiN ap[iaraisseiil plus fréqucmiiieiil nicoi); qut' les a'.syniiièles. l*our les (Irecs sont réj)iilés lyrans lous ceux qui exercent une auloritc contraire ii la Constitution ou qui seulement étendeiil leur autorité au delà des bornes (|ue la Constitution prescrit, fussent-ils d'ailleurs ]nonar([ues légitimes. C'est ainsi qu'au vu" siècle le roi ar^ien Phidon, bien qu'il possédât le trône |)ar hérilaye. et trois siècles plus tard le roi de Sparte Cléomime, sont comptés parmi les tyrans ^ Dans une délinition dont la première partie n'est peut-être pasirréprocbable, Aristote fait consister la tyrannie en ce (|ue le souverain sacrifie le bien public à son intérêt personnel, et exerce une autorité sans limite, ou, suivant l'expression grecque, sans responsabilité'*. Cette autorité anticonstitutionnelle était usurpée quelquefois, comme nous venons de le dire, par les princes légitimes ou, dans la républi([ue^ par les premiers magistrats, lorsqu'ils devaient rester longtemps en charge avec des pouvoirs considérables; mais le plus souvent elle prenait naissance dans les Etats oligarchiques, où des chefs de partis audacieux et habiles exploitaient les mécontentements populaires et réussissaient souvent à supplanter les magistrats, aux applaudissements de la nation, heureuse de secouer le joug de ses maîtres. Nous connaissons, dans la période qui nous occupe, le nom d'un grand nombre de Ivrans mais il en est
t . \uy., sur IMiidoii, UérodoLe,, VJ, 127; Aristote, Pulil.. V, H, § 4:Pau- ^Huias, VI, ■:>, ii, 2. Cf. Weissenboni. lleUrn , 5, 19 ; L. Schiller, Stsemni'iind Staiden (\riii-hinl.. \\\, fO ; sur Clramène. Polylic, II, iT. §3; I^liitarque, Aralus, 38.
Z. Aristolr, Vnlii.. 111, :,, < i. ri |\-, s, .^ 3.
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luil jK'U (le (jui iiuiis sachions exacleiiieiit dans (jut.'llfs circonstances et par qnels procédés ils se sont emparés du pouvoir. Le premier en date, autant (juenous pouvons savoir, fui Orlhai^oras ou Andréas, (jui régnait à Sycione au commencement du vn*^ siècle'. Connue il appartenait à la triliu iiitericiiic des /EgiaJéens", il est clair qu'il ne peut être compté parmi ceux qui cherchaient dans l'exercice d'une charge puhlique lin moyen de parvenir à la tyrannie, mais parmi les mécontents, devenus chefs de faction, qui surent faire tourner les événements à leur prolit^ Xous avons parlé plus haut du Corinthien (>ypsélos, qui peu de temps après renversa la dynastie des Bacchiades. Il eut pour successeur Périanch-e, souvent mis au nombre des sept sages. Le conseil ailressé par Périainh-e à Thrasybule*,.qui s'était emparé de la souveraineté à Mik't, en faisant cause commune avec le peuple, prouve à quel point, dans sa pensée, l'affaibli ssement de la noblesse importail' à la conservation de la tyrannie '. Vers le même temps, mais un peu plus tôt, la haine du peuple contre les riches, c'est-à-dire sans doute contre les nobles, avait frayé aussi à Théagène le chemin au tronc; de Alégare. Sa popularité lui avait valu d'abord un poste qui mettait à sa disposition un certain nombre de gardes du corps; il s'en servit pour écraser h- parti contraire
1. Voy.U Aliillci', lh,rln-, i, \>. ICrJ, cL OruLc, llisfnirr dr hi (i/rr.', t. IV, |>. 6(S et suiv. Arcliiloquiî ilc l'aros, qui passe pour avoir le preiHU^i" introduit le mot rjpawo; dtins hi iangiie ou au moins dans la littérature de I il Grèce, était contemporain d'Ortliag-nras. On n'a pas réussi à ex|iliquerce mot par te grec. L'o|iinion de t'xecldi [Cnr)>u>i hiscr. (jr., Il, p. lOS) d'après liKluelle il ;iiu'aitété d'abord en usage chez les (livcs (r\>ii', (pii fauraii'iit emprunté ;uix .Lvciens et aux l'Iirvyieiis, est au fniitrnir.' ti'rs vi'aiseiii- Mable.
2. Ciïla resuite dr ci; (|ue dil llérnddte i \', 07 ' au >uji'l de l'Orlhagoride <:iistliéiii..
3. D'apivs i|uel(pii'S lémoignagi.'S, il iivall l'ii' d";il)ord cuisinier; vny. l-ihanius, t. III, |». 25[, éd. Ileisk.
t. Aristote, l'util., lit, S, ?< :!. Suivant lleroduie ;V. !)'). ee >erait au contraire Périandre qui aurait interrogé Tlirasybule, nuiis Duncl\er{(Ti;.s't7(. ((es AUcrlh, IV, p. 18) a prnuve qu'Hérodote avait interverti les rôles.
5. Il est très prol)able i|ui' le [nissage d'Arislole (\ , 1, 5; .")i, nù l'établissement de la tyrannie a Milet est considéré enmnie un fllri du puuvoii' excessif dévolu aux prvtîines, l'ait allusinn à . Tlu'a^\ bide: vi>\ . LUnieker,
ibi'L, IV, p. <?•:,.
102 I \ ' iir. c.iiri on:
oL s'élahlir dans la lyianiiif ' . La iiirinr ciilciih avcr k j)(ii])lc coiiln; la iioldcsse jirocura à l'isislralc iiiie ^aiflf (]iii lui loiiriiil le iii()\cii (r<'.\(''ciil('i' SCS projets. Lygdamis, de Maxos, était coiilciiiiioraiii de l'isislralc ; ''Oinmo lui, il a|ij»arl('iiait par sa naissance à la noblesse, el avait passé dn côté du peuple, poussé il liiiiil piti' les iiijnsljces des grands-. Déjà un certain n(un])rc d'années auparavant, Sylosou s'était eni()aré de la souveraine puissance à Sanios. (îelui-là aussi parait avoir appartenu à la classe privilégiée, car il commandait la Hotte (]ni l'ut envoyée contre lesEoliens, on ne saitau juste lesquels. Avec l'aide des matelots, il s'empaia de la vi Ile, ](en dan tune fêle, renversa les géoniores, el prit leur place, jusipiau nionienl où ils recoïKiuirent le pouvoir que devait de nouveau leur an-acher Polycrale. Celui-ci, peiit-èti'e uri descendant de Sylosou, proiita aussi d'une fête pour surprendre et écraser à la tète de ses partisans armés les géomorcs sans armes, après quoi, il s'empara de la ville et de la forteresse, et soutenu par Lygdamis de Naxos, se fît le tyran de ses concitoyens^. Un peu plus tard, et dans les mêmes circonstances, plusieurs tyrans s'élevèrent en Italie. A Sybaris, qui devintplus tard Thurii, le peuple se révolta contre les olii:ar(jui'S, chassa trois cents des plus riches et des plus considérables, conlisqua leurs biens et conféra la souveraineté au démagogue Télys, qui d'ailleurs ne la garda pas longtemps, car les Crotoniates ayant embrassé la cause des bannis assiégèrent et détruisirent Sybaris*. A Cymé ou Cumes^ le pouvoir tomba entre les mains d'Arislodèuie surnommé MaXa/.:;. Aristodèmc appartenait à une famille distinguée et s'était noblement comporté dans la guerre contre les Gaulois; mais, ne se trouvant pas récompensé suivant ses mérites, il s'était enrôlé dans le parti des mécontents. Ce ne fut toutefois que vingt ans plus tard qu'il abolit le gouvernement oligarchique. Envoyé au secours
r. Arislole, Folit., V, 4, Jî 5 : lihflo,'. ad Alv.r., I. •-', § 7.