RÉFORMES THÉORIQUES
rival d'Homère'. Las d'entendro célébrer les gestes des dieux entraînés dans la sphère d'action des hommes, on s'interrogea sur leur essence et sur la nature des choses ; au lieu de se reposer dans l'observance traditionnelle des rites, on chercha un moyen d'obtenir la manifestation de la volonté divine, de gagner et de conserver les faveurs célestes. Les oracles acquirent une importance dont il n'y a pas trace dans Homère. De nouvelles pratiques religieuses furent introduites et certains hommes furent lionorés et écoutés comme placés plus proche de la divinité et recevant directement ses inspirations. De ce nombre fut Epiménide do Crète. Au milieu des fables répandues s'ur son compte, on peut au moins démêler ceci, que non seulement il exposa des doctrines théosophiques et réforma le culte, mais qu'il tenta d'améliorer la vie morale et l'état politique de l'humanité. Un jour les Athéniens, désireux démettre en paix leur conscience troublée et d'apaiser les dieux par des expiations sévères, l'appelèrent à leur aide, et il paraît n'avoir pas été inutile à Solon pour rétablir la concorde entre les partis-. 11 visita aussi Sparte; comme souvenir de son séjour on conservait, dans le lieu où se réunissaient les Ephores, des sentences tracées par lui sur des peaux de bètes. Ou peut même admettre qu'il travailla efficacement à l'organisation politique de ce peuple, et qu'on lui dut en particulier l'institution des Ephores. placés comme surveillants en face de la royauté ^ Plus tard on lui imputa un écrit sur la Constitution Cretoise et sur les législateurs fabuleux Mi nos et Rhadamanthe'. Avant Epiménide le même nMe avait été rempli par un autre Cretois, Thalétas, qui avait eu pour luaître un légisUilciir-prophète inconnu d'ailleurs, Onomacrite de Locrcs, et pour disciples Lycurgue et Zaleucus ''. Si cette tradition n'est pas vraie,
1. Pausanias nous apprend (II, 1, J; t.) que le poète épitiue [ùinielos, qui vivait à Corinllie vers le milieu du vin" siècle, était un Bacchiade.